FÉLIBIEN, André, Des principes de l’architecture, de la sculpture, de la peinture, et des autres arts qui en dépendent. Avec un dictionnaire des Termes propres à chacun de ces Arts, Paris, Jean-Baptiste Coignard, 1676.

Bibliothèque Nationale de France Paris RES-V-1430 Images hors-texte Images in-texte 328 quotations 252 terms
Paru en 1676, dix-huit ans avant le Dictionnaire de l’Académie française, l’ouvrage de Félibien, comme son titre l’indique est divisé en deux parties : les principes d’abord, composés de trois livres théoriques, un consacré à l’architecture (Livre 1), un autre à la sculpture (Livre 2) et le dernier à la peinture (Livre 3), puis un dictionnaire contenant près de 2400 entrées. L’interdépendance et l’articulation entre les principes et le dictionnaire dont les définitions comportent de nombreux renvois vers les développements théoriques de la première partie de l’ouvrage sont justifiées par Félibien dans sa Préface : « bien que ce Traité ne soit qu’un abregé de chaque art, il pourra suffire pour en avoir une legere connoissance, & aider beaucoup à l’intelligence des mots contenus dans le Dictionnaire qui fait la seconde partie de ce livre ; parce que, comme il y a des noms qu’il est malaisé de bien definir, on les entendra mieux, quand ils seront enchaînez dans la suite d’un discours » (n.p.). Ainsi, l’explication des termes de l’art qui est sa visée première, est contenue dans chacune des parties du texte » (n.p.).
Le travail lexicographique entrepris par Félibien se traduit par l’appropriation du langage spécifique employé par les artistes, leur jargon : « Je me suis particulierement attaché à l’usage [des mots] de ceux qui travaillent, jugeant qu’il doit prevaloir sur toutes sortes de regles, & sur la raison mesme » (Préface, n.p.). C’est aussi la défense du français comme langue de l’art : « Car si dans les Arts dont il est parlé icy, il y a plusieurs mots qui tirent leur origine du grec, du latin, ou de quelques autres langues estrangeres, il y en a bien davantage qui sont tout à fait françois, & qui mesme sont formez par les Ouvriers, & apportez de differens pays ; les uns tels qu’ils ont esté trouvez dans leur commencement, les autres corrompus. Ainsi il se rencontre que dans Paris un mesme mot se prononce en plusieurs manieres, & qu’un mesme outil a differens noms ; parce que ceux qui s’en servent sont nez dans differentes Provinces » (Préface, n.p.). 
Les définitions proposées par Félibien concernent à la fois des noms des verbes et des adjectifs et comportent parfois seulement des exemples lui permettant d’illustrer le mot. Si le texte des « principes » regroupe les notions les plus complexes de manière développée, la partie dictionnaire fixe en revanche de façon très synthétique des termes pouvant être expliqués dans les « principes ».

Matthieu Lett et Marianne Freyssinet
in-4 french

Dedication
Jean-Jules-Armand Colbert

Structure
Table des matières at n.p.
Épître(s) at n.p.
Préface at n.p.
Privilèges at n.p.
Avertissement at 781
Additions et corrections at 781

FÉLIBIEN, André, Des principes de l'architecture, de la sculpture, de la peinture, et des autres arts qui en dépendent. Avec un dictionnaire des Termes propres à chacun de ces Arts. Par André Félibien. Seconde Édition, Paris, Veuve et fils de Jean-Baptiste Coignard, 1690.

FÉLIBIEN, André, Des principes de l'architecture, de la sculpture, de la peinture, et des autres arts qui en dépendent. Avec un dictionnaire des Termes propres à chacun de ces Arts. Par M. Félibien, Secretaire de l’Academie des Sciences, & Historiographe des Bastimens du Roy. Troisième édition, Paris, Veuve et fils de Jean-Baptiste Coignard, 1697.

FÉLIBIEN, André, Des Principes de l’architecture, de la sculpture, de la peinture, et des autres arts qui en dépendent. Avec un Dictionnaire des Termes propres à chacun de ces Arts. Par M. Félibien, Secretaire de l’Academie des Sciences, & Historiographe des Bastimens du Roy. Troisième Édition, Paris, Veuve et fils de Jean-Baptiste Coignard, 1699.

FÉLIBIEN, André, Des Principes de l’architecture, de la sculpture, de la peinture, et des autres arts qui en dépendent. Avec un Dictionnaire des Termes propres à chacun de ces Arts. Par M. Félibien, Secretaire de l’Academie des Sciences, & Historiographe des Bastimens du Roy. Troisième Édition, Farnborough, Gregg Press, 1966.

VERBRAEKEN, René, « André Félibien et le vocabulaire artistique en France au XVIIe siècle », dans VERBRAEKEN, René (éd.), Termes de couleur et lexicographie artistique : recueil d’essais suivi de quelques articles sur la critique d’art, Paris, Éd. du Panthéon, 1997, p. 81-93.

GRIENER, Pascal et HURLEY, Cecilia, « Une norme en transformation. La systématique du vocabulaire artistique au XVIIIe siècle », dans GAEHTGENS, Thomas W. (éd.), L'art et les normes sociales au XVIIIe siècle, Paris, Éd. de la Maison des sciences de l’homme, 2005, p. 3-14.

GERMER, Stefan, Art, pouvoir, discours : la carrière intellectuelle d'André Félibien dans la France de Louis XIV, Paris, Éd. de la Maison des sciences de l’homme, 2016.

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QUOTATIONS

On trouvera encore plusieurs mots que l’on a employez, qui ne sont point dans l’usage ordinaire, comme par exemple le mot de tendresse, dont l’on ne se sert que moralement pour exprimer les sentiments du cœur : Cependant parmy les Peintres & les Sculpteurs, ce mot est opposé à seicheresse, & l’on dit qu’un tableau est peint avec beaucoup de tendresse, & qu’une statuë de marbre est travaillée avec beaucoup de tendresse. On dit mesme la dureté du marbre ou d’une pierre, ou sa tendresse ; parce qu’on ne peut point opposer en cet endroit le mot de mol à celuy de dur ; & je ne croy pas mesme qu’on puisse blasmer cette maniere de parler, quoy qu’extraordinaire, puisqu’elle n’a rien de barbare, & qui ne signifie assez bien ce que l’on veut dire.

sécheresse

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MANIÈRE ET STYLE → le faire et la main

Un des plus grands avantages que l’Art de Portraire ait receu, pour eterniser ses Ouvrages, est la Graveure sur le Bois, & sur le Cuivre, par le moyen de laquelle, on tire un grand nombre d’Estampes, qui multiplient presque à l’infiny un mesme Dessein, & font voir en differens lieux la pensée d’un Ouvrier, qui auparavent n’estoit connuë que par le seul travail qui sortoit de ses mains.

Félibien différencie gravure et estampe, c’est-à-dire la technique et l’œuvre matérielle. La notion de gravure est associée à celle de dessein, comme pensée.

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PEINTURE, TABLEAU, IMAGE → définition de la gravure
PEINTURE, TABLEAU, IMAGE → statut de l'oeuvre : copie, original...

Félibien différencie ici gravure et estampe, c’est-à-dire la technique et l’œuvre matérielle. La notion de gravure est associée à celle de dessein, comme pensée.

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PEINTURE, TABLEAU, IMAGE → définition de la gravure

Félibien différencie ici gravure et estampe, c’est-à-dire la technique et l’œuvre matérielle. La notion de gravure est associée à celle de dessein, comme pensée.

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PEINTURE, TABLEAU, IMAGE → définition de la gravure

Un certain Hugo de Carpi inventa une maniere de Graver en Bois par le moyen de laquelle les Estampes paraissent comme lavées de clair-obscur. Il faisoit pour cet effet trois sortes de Planches d’un mesme dessein, lesquelles se tiroient l’une après l’autre sous la Presse pour Imprimer une mesme Estampe. Elles estoient gravées de telle façon, que l’une servoit pour les jours, & les grandes lumieres ; l’autre pour les demi teintes, & la troisiéme pour les contours et les ombres fortes.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la gravure

Celle [ndr : manière] qui se fait à l’eau forte, semble plus commode pour les grandes ordonnances, & pour les pieces où l’on veut faire paraistre plus d’art, & de dessein, que de delicatesse, & de douceur.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la gravure

Ceux qui Gravent sur le Bois commencent par faire preparer une planche de la grandeur, & espaisseur qu’ils desirent, & fort unie du costé qu’on veut graver. L’on prend ordinairement pour cela du bois de poirier, ou du buis : le dernier est meilleur par ce qu’il est plus solide, & moins sujet à estre percé des vers. Sur cette Planche, ils desseignent leur sujet à la plume de la mesme sorte qu’ils veulent qu’il soit imprimé. Ceux qui ne sçavent pas bien desseigner, comme il s’en rencontre assez, se servent du mesme dessein qu’on leur donne, qu’ils collent sur la Planche, avec de la colle faite de bonne farine, d’eau, & d’un peu de vinaigre. Il faut que les traits soient collez contre le bois, & lors que le papier est bien sec, ils le lavent doucement, & avec de l’eau, & le bout du doigt l’ostent peu à peu, en sorte qu’il ne reste plus sur le bois que les traits d’encre qui forment le dessein, lesquels marquent sur la Planche tout ce qui doit estre espargné ; & pour le reste ils le coupent, & l’enlevent délicatement avec des pointes de Canifs bien tranchans, ou de petits Ciselets, ou des Gouges, selon la grandeur, & la delicatesse du travail, car ils n’ont pas besoin d’autres Outils.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la gravure

Conceptual field(s)

MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la gravure
MATERIALITE DE L’ŒUVRE → outils

Pour graver sur le Cuivre avec le Burin, il n’est pas non plus necessaire de grands apprests. Quand la Planche qui doit estre de Cuivre rouge est bien polie, & que l’on a desseigné dessus avec la pierre de mine, une pointe, ou autrement, ce que l’on veut representer, il n’est plus besoin que de Burins bien acerez, & de bonne trempe pour graver & donner plus ou moins de force selon le travail que l’on fait, & les Figures que l’on represente.
On a aussi un Outil d’Acier d’environ six pouces de long, dont un des bouts qu’on appelle qu’on appelle Gratoir est formé en triangle, tranchant des trois costez, pour ratisser sur le cuivre, quand il est necessaire : Et l’autre bout qu’on nomme Brunissoir, a la figure d’un cœur dont la pointe est alongée, ronde, & fort mince ; il sert à polir le Cuivre, reparer les fautes, & adoucir les traits. Pour connoistre, & mieux voir ce que l’on fait, on a un Tempon de feustre noircy, dont on frotte la Planche, & dont l’on remplit les traits à mesure que l’on grave. On a aussi un petit Coussinet de cuir, sur lequel on appuye le cuivre en travaillant.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la gravure

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la gravure
MATERIALITE DE L’ŒUVRE → outils

Quant à la Graveure à l’Eau-forte, il y a plus de sujettion. Il est necessaire que la Planche soit bien polie & bien nette, après quoy on la chauffe sur le feu, on la couvre d’un Vernix sec, ou liquide ; car il y en a de deux façons. Ensuite l’on noircit ce Vernix par le moyen d’une chandelle allumée au dessus de laquelle on met la Planche du costé du Vernix.
Cela estant fait, il n’est plus question que de Calquer son dessein sur cette Planche, ce qui est bien plus facile que pour graver au burin ; car en frottant le dessous du dessein avec de la sanguine, ou autrement, & le posant ensuite sur le cuivre pour le Calquer avec une pointe d’éguille, la sanguine qui est derriere le dessein, marquant aisément sur le Vernix, fait que l’on suit bien mieux dans cette sorte de travail, les mesmes traits du dessein, & qu’on est beaucoup plus correct dans les contours, & les expressions de toutes les Figures. Ce qui est cause que les Peintres qui font graver eux-mesmes leurs Ouvrages, travaillent souvent à former les premiers traits des Figures pour conserver la force, & la beauté du dessein. Aussi dans les pieces faites à l’Eau forte, on y voit plus d’art que dans les autres qui sont gravées au burin, ou quelquefois on se sert aussi de l’Eau-forte pour former legerement les contours des Figures, afin de les avoir plus correctes.
Ce qu’il y a d’avantageux dans la graveure à l’Eau-forte, est que non seulement la maniere en est beaucoup plus expeditive, qu’au burin ; mais le travail en est encore ordinairement plus beau dans les païsages, dont les arbres & les terrasses estant touchées avec plus de facilité, paroissent plus naturelles. 
Il est vray aussi qu’il est quelquefois besoin de retoucher au burin certaines parties qui n’ont pas assez de force, ou bien que l’eau-forte n’a pas assez mangées ; car il est mal-aisé que dans une grande Planche toutes les parties viennent à estre penetrées avec une si grande égalité qu’il n’y ait quelque chose à redire. 
Il ne suffit pas que le Graveur travaille avec la pointe de son
Eguille, ou de son Eschope dans tous les endroits de son Ouvrage avec la force, & la tendresse necessaire à faire paroistre les parties éloignées, & les plus proches. Il faut encore qu’il prenne garde, quand il vient à mettre l’eau-forte sur la Planche, qu’elle ne morde pas également par tout ; ce qu’il se fait avec une mixion d’huile, & de suif de chandelle.
Pour cet effet, il a une espece de quaisse de bois, poissée, contre laquelle il attache sa planche un peu inclinée, & jette l’Eau-forte dessus, en sorte qu’elle n’y fait que couler, & retomber aussi-tost dans un vase de terre qui est dessous. Il prend garde lors que les parties qui ne doivent pas estre si mangées ont assez receu de cette eau, & ostant la planche, il la lave bien avec de l’eau claire qu’il jette dessus, la fait seicher doucement auprés du feu, puis il couvre les parties les plus éloignées, & les hacheures qu’on veut laisser les plus foibles, avec de cette mixtion d’huile & de suif, dont j’ay parlé, afin que l’eau forte n’y penetre pas davantage ; & ainsi couvrante à diverses fois, & autant qu’il veut les endroits qui doivent estre les moins forts, il fait que les Figures qui sont devant, sont toujours lavées de l’eau-forte, qui les penetre, jusques à ce qu’il voye qu’elles sont assez gravées suivant la force qu’il desire leur donner.
L’on se sert de deux sortes de Vernix, l’un que l’on appelle mol, & l’autre dur ; il y a aussi deux sortes d’Eau-forte, l’une d’Affineur, qu’on appelle Eau blanche, & l’autre qu’on nomme de l’Eau verte qui se fait avec du vinaigre, du sel commun, du sel armoniac, & du vert de gris. Celle-cy se coule sur les planches, comme j’ay dit, & l’on peut s’en servir avec les deux vernix. L’autre au contraire n’est bonne que pour le vernix mol, & ne se jette pas comme l’autre, on met la planche sur une table tout à plat, & après l’avoir bordée de cire, on la couvre de cette Eau blanche que l’on tempere plus ou moins avec de l’eau commune.
Au regard des Pointes ou Echopes, dont l’on travaille, l’on prend de grosses ou moyennes éguilles, dont l’on fait les unes en pointes, & les autres plus grosses que l’on coupe d’une maniere qui forme une ovalle, comme les Echopes des Orfevres Ces sortes d’outils que l’on a de plusieurs façons, & de differentes grosseurs, sont les seuls necessaires pour cette maniere de travail. L’on a une Pierre pour les aiguiser, & un gros pinceau de Poil de gris, ou une plume pour servir d’Espousettes, afin d’oster de dessus la planche, les ordures, ou le vernix qui s’enleve à mesure qu’on grave.

Conceptual field(s)

MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la gravure

Conceptual field(s)

MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la gravure
MATERIALITE DE L’ŒUVRE → outils

La Peinture est un Art qui par des lignes, & des couleurs represente sur une surface égale & unie tous les objets de la Nature, en sorte qu’il n’y a point de corps que l’on ne reconnoisse. L’Image quelle en fait, soit de plusieurs corps ensemble, ou d’un seul en particulier, s’appelle Tableau, dans lequel il y a trois choses à considerer ; sçavoir la Composition, le Dessein, & le Coloris, qui toutes trois dépendent du raisonnement, & de l’execution, ce qu’on nomme la Theorie, & la Pratique ; le raisonnement est comme le Pere de la Peinture, & l’execution comme la Mere.

tableau

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PEINTURE, TABLEAU, IMAGE → définition de la peinture

Conceptual field(s)

PEINTURE, TABLEAU, IMAGE → définition de la peinture

exécution

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PEINTURE, TABLEAU, IMAGE → définition de la peinture
MANIÈRE ET STYLE → le faire et la main

image

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PEINTURE, TABLEAU, IMAGE → définition de la peinture

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PEINTURE, TABLEAU, IMAGE → définition de la peinture

La Composition que quelques-uns nomment aussi Invention, comprend la distribution des Figures dans le Tableau ; le choix des attitudes ; les accomodemens des Draperies ; la convenance des ornemens ; la situation des lieux ; les bastimens ; les païsages ; les diverses expressions des mouvemens du corps, & les passions de l’ame, & enfin tout ce que l’imagination se peut former, & qu’on ne peut pas imiter sur le naturel. [...] Ainsi dans la composition d’une histoire quand les Figures sont bien disposées avec de beaux groupes, & une belle election d’attitudes, selon la necessité du sujet ; que les situations, & le plan des lieux sont conformes à la Nature, & qu’il n’y a rien d’oublié de toutes les choses necessaires à l’expression, on dit que cela est bien inventé.

invention

Conceptual field(s)

CONCEPTION DE LA PEINTURE → composition
EFFET PICTURAL → qualité de la composition

Le Dessein a pour objet la figure des corps que l’on represente, & que l’on fait voir tels qu’ils paroissent simplement avec des lignes. Cette partie regarde les Peintres, les Sculpteurs, les Architectes, les Graveurs, & generalement tous les Artisans dont les Ouvrages ont besoin de grace, & de simmetrie.

Conceptual field(s)

CONCEPTION DE LA PEINTURE → dessin

Le Dessein a pour objet la figure des corps que l’on represente, & que l’on fait voir tels qu’ils paroissent simplement avec des lignes. Cette partie regarde les Peintres, les Sculpteurs, les Architectes, les Graveurs, & generalement tous les Artisans dont les Ouvrages ont besoin de grace, & de simmetrie. Elle demande la connoissance de l’Anatomie qui est la science des os, des muscles, & des nerfs, comme ils paroissent exterieurement dans le corps humain. C’est elle encore qui doit poser les Figures sur un centre & equilibre, soit par leur propre poids, ou par un autre qui leur soit accidentel, pour paroistre fermes dans toutes les actions qu’on veut représenter pour bien imiter les divers mouvemens que la nature peut faire.

Conceptual field(s)

L’HISTOIRE ET LA FIGURE → figure et corps

Conceptual field(s)

L’HISTOIRE ET LA FIGURE → figure et corps

Conceptual field(s)

CONCEPTION DE LA PEINTURE → dessin
PEINTURE, TABLEAU, IMAGE → définition du dessin

Conceptual field(s)

L’HISTOIRE ET LA FIGURE → figure et corps
L’HISTOIRE ET LA FIGURE → proportion
L’HISTOIRE ET LA FIGURE → action et attitude

Conceptual field(s)

CONCEPTS ESTHETIQUES → beauté, grâce et perfection
EFFET PICTURAL → qualité du dessin

Conceptual field(s)

CONCEPTION DE LA PEINTURE → dessin

Le Coloris a pour objet la couleur, la lumiere & l’ombre ; car c’est en mettant les couleurs qu’on observe l’amitié ou l’antipatie qui est entre elles ; leur union & leur douceur.

Conceptual field(s)

CONCEPTION DE LA PEINTURE → couleur
EFFET PICTURAL → qualité des couleurs

Conceptual field(s)

EFFET PICTURAL → qualité des couleurs
CONCEPTION DE LA PEINTURE → couleur

Le Coloris a pour objet la couleur, la lumiere & l’ombre ; car c’est en mettant les couleurs qu’on observe l’amitié ou l’antipatie qui est entre elles ; leur union & leur douceur. Qu’on regarde comment il faut donner de la force, du relief, de la fierté, & de la grace aux Tableaux.

Conceptual field(s)

EFFET PICTURAL → qualité des couleurs

Conceptual field(s)

CONCEPTS ESTHETIQUES → beauté, grâce et perfection
EFFET PICTURAL → qualité des couleurs

Le Coloris a pour objet la couleur, la lumiere & l’ombre ; car c’est en mettant les couleurs qu’on observe l’amitié ou l’antipatie qui est entre elles ; leur union & leur douceur. Qu’on regarde comment il faut donner de la force, du relief, de la fierté, & de la grace aux Tableaux. Qu’on fait des remarques sur les lumieres plus ou moins evidentes, & en degrez de diminution sur les corps accompagnez de lumieres & d’ombres, selon les accidens du lumineux, du diaphane, de la nature du corps illuminé, de l’aspect de celuy qui regarde, & des reflez en differens degrez.

Conceptual field(s)

EFFET PICTURAL → qualité de la lumière

antipathie

Conceptual field(s)

CONCEPTION DE LA PEINTURE → couleur

amitié

Conceptual field(s)

CONCEPTION DE LA PEINTURE → couleur

Conceptual field(s)

CONCEPTION DE LA PEINTURE → couleur
CONCEPTION DE LA PEINTURE → lumière

Conceptual field(s)

CONCEPTION DE LA PEINTURE → couleur
EFFET PICTURAL → qualité des couleurs

Conceptual field(s)

CONCEPTION DE LA PEINTURE → lumière

Conceptual field(s)

EFFET PICTURAL → qualité des couleurs

Conceptual field(s)

CONCEPTION DE LA PEINTURE → lumière
EFFET PICTURAL → qualité de la lumière

Conceptual field(s)

EFFET PICTURAL → qualité des couleurs

L’habitude que l’on fait en ces trois principales parties [ndr : la composition, le dessein, le coloris] s’appelle Maniere qui est bonne ou mauvaise, selon qu’elle aura esté plus ou moins pratiquée sur le vray, avec connoissance, & estude ; Et le bon ou mauvais choix qu’on en fait, se nomme bon ou mauvais Goust.

bon choix
mauvais goût

Conceptual field(s)

MANIÈRE ET STYLE → école

Conceptual field(s)

MANIÈRE ET STYLE → le faire et la main
MANIÈRE ET STYLE → école

mauvais choix
bon goût

Conceptual field(s)

MANIÈRE ET STYLE → école

Conceptual field(s)

MANIÈRE ET STYLE → école
MANIÈRE ET STYLE → le faire et la main

Conceptual field(s)

MANIÈRE ET STYLE → école
MANIÈRE ET STYLE → le faire et la main

Si la lumiere est bien choisie, pour faire avancer les parties ou les Figures les plus proches, & que cette lumiere soit bien répanduë sur les masses, en sorte qu’elle diminuë peu à peu & avec douceur, & qu’elle finisse, & se termine dans une ombre large, diffuse, legere, & qui enfin devienne comme insensible, & de nulle couleur, alors on dit que cela est de grand relief, qu’il y a bien de la force, que le clair-obscur est bien entendu.

Conceptual field(s)

EFFET PICTURAL → qualité de la lumière

Conceptual field(s)

EFFET PICTURAL → qualité de la lumière

Conceptual field(s)

EFFET PICTURAL → qualité de la lumière

Conceptual field(s)

EFFET PICTURAL → qualité de la lumière

Si ensuite parmy les lumieres, & les ombres l’on y voit les vrayes teintes du naturel ; qu’il s’y rencontre des masses de couleurs, où l’on ait soigneusement observé cette amitié, & cette sympatie qui doit estre entre elles, soit pour les chairs avec les draperies, soit pour les draperies les unes prés des autres ; soit pour les vrayes teintes dans les païsages, en sorte que tout y paroisse si artistiquement lié ensemble qu’on n’y connoisse aucune piece separée, mais qu’il y ait une telle union que tout le Tableau semble avoir esté peint d’une suitte, & d’une mesme pallette de couleurs, on dit alors que cela est bien colorié.

Conceptual field(s)

EFFET PICTURAL → qualité des couleurs

Conceptual field(s)

EFFET PICTURAL → qualité des couleurs

La Grace est une partie toute divine ; que peu de personnes ont eüe, & qu’on ne peut definir qu’en disant, que c’est un agreément de beauté dans la Figure, qui procede d’un certain tour & noblesse d’attitude aisée & propre au sujet, & qui charme les yeux.

Dans ce passage, Félibien condense sa conception de la grâce en la liant à la notion de beauté qui s’applique à la figure et procure un agrément visuel.

Conceptual field(s)

CONCEPTS ESTHETIQUES → beauté, grâce et perfection
SPECTATEUR → perception et regard

Outre cela il y a certaines elegances qui brillent par endroits dans ces trois parties de la Peinture, comme les figures éclattent dans les parties de la Rhétorique ; ce qui releve, & fait paroistre les ouvrages des plus grands Peintres si fort au dessus des autres. Mais sur tout, il doit y avoir ce qu’on appelle Eurythmie ; c’est à dire une proportion, & une convenance de toutes les parties les unes avec les autres. La Grace est une partie toute divine ; que peu de personnes ont eüe, & qu’on ne peut definir qu’en disant, que c’est un agreément de beauté dans la Figure, qui procede d’un certain tour & noblesse d’attitude aisée & propre au sujet, & qui charme les yeux.

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L’HISTOIRE ET LA FIGURE → proportion

Dans la Peinture ce qu’on nomme ordinairement Dessein, est une expression apparente, ou une image visible des pensées de l’Esprit, & de ce qu’on s’est premierement formé dans l’imagination. Comme cette Image de nos pensées s’exprime en differentes manieres, les Artisans luy ont donné divers noms, selon quelle est plus ou moins achevée. Ils nomment esquisses, les Desseins qui sont les premieres productions de l’Esprit encore informes, & non arrestées, sinon grossierement avec la plume ou le crayon ; Et ceux dont les contours des figures sont achevez, ils les appellent Desseins ou traits Arrestez.
Cet Art de bien contourner les Figures, est le fondement de la Peinture ; car quand les Figures sont bien Desseignées, il n’est plus question que de donner les jours, & les ombres, & sçavoir appliquer les couleurs selon la nature des corps, ce qui veritablement est encore un grand secret de l’Art ; Mais le dessein sert beaucoup à en découvrir les mystères, & sans luy quelque connoissance que l’on ait de l’effet des lumieres, & des ombres, & de la nature des couleurs, il est impossible de rien faire de parfait.

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CONCEPTION DE LA PEINTURE → dessin
PEINTURE, TABLEAU, IMAGE → définition du dessin

Dans la Peinture ce qu’on nomme ordinairement Dessein, est une expression apparente, ou une image visible des pensées de l’Esprit, & de ce qu’on s’est premierement formé dans l’imagination. Comme cette Image de nos pensées s’exprime en differentes manieres, les Artisans luy ont donné divers noms, selon quelle est plus ou moins achevée. Ils nomment esquisses, les Desseins qui sont les premieres productions de l’Esprit encore informes, & non arrestées, sinon grossierement avec la plume ou le crayon ; Et ceux dont les contours des figures sont achevez, ils les appellent Desseins ou traits Arrestez.

Conceptual field(s)

CONCEPTION DE LA PEINTURE → dessin

dessin arrêté

Conceptual field(s)

CONCEPTION DE LA PEINTURE → dessin

Lors qu’on veut exprimer quelque sujet, si l’on ne se sert que du crayon ou de la plume, quoy que l’on acheve l’Ouvrage dans toutes les parties, & qu’on y observe les Jours, & les Ombres, on n’appellera neanmoins cet Ouvrage qu’un dessein, que l’on distinguera seulement par la couleur des crayons, ou par l’encre dont on s’est servy : Les uns employans avec les traits de la plume un peu de Lavis fait avec de l’encre de la Chine, ou le Bistre qui est de la suye bien détrempée ; d’autres de la Sanguine ; d’autres de la Pierre noire, & ainsi chacun à sa fantaisie.

Conceptual field(s)

MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique du dessin

Conceptual field(s)

MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique du dessin

Conceptual field(s)

MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique du dessin

Conceptual field(s)

MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique du dessin
MATERIALITE DE L’ŒUVRE → outils

Et l’on ne donne le nom de Peinture à quelque Ouvrage que ce soit que lors qu’on y employe des couleurs broyées à huile ou autrement. Car encore qu’on fasse de fort belles Figures avec des Pastels ou crayons de differentes couleurs, qui font quasi le mesme effet que la Peinture, neanmoins on n’appelle pas cela Peinture, bien que pour mieux exprimer la beauté de ce travail on puisse dire que cela soit bien peint.

Conceptual field(s)

MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique du dessin

Lors qu’on veut exprimer quelque sujet, si l’on ne se sert que du crayon ou de la plume, quoy que l’on acheve l’Ouvrage dans toutes les parties, & qu’on y observe les Jours, & les Ombres, on n’appellera neanmoins cet Ouvrage qu’un dessein, que l’on distinguera seulement par la couleur des crayons, ou par l’encre dont on s’est servy : Les uns employans avec les traits de la plume un peu de Lavis fait avec de l’encre de la Chine, ou le Bistre qui est de la suye bien détrempée ; d’autres de la Sanguine ; d’autres de la Pierre noire, & ainsi chacun à sa fantaisie. Et l’on ne donne le nom de Peinture à quelque Ouvrage que ce soit que lors qu’on y employe des couleurs broyées à huile ou autrement. Car encore qu’on fasse de fort belles Figures avec des Pastels ou crayons de differentes couleurs, qui font quasi le mesme effet que la Peinture, neanmoins on n’appelle pas cela Peinture, bien que pour mieux exprimer la beauté de ce travail on puisse dire que cela soit bien peint.

Conceptual field(s)

MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique du dessin
MATERIALITE DE L’ŒUVRE → outils

Conceptual field(s)

MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique du dessin
PEINTURE, TABLEAU, IMAGE → définition du dessin

Conceptual field(s)

MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la peinture
PEINTURE, TABLEAU, IMAGE → définition de la peinture

De toutes les sortes de Peintures qui se pratiquent aujourd’huy, il est certain que c’est dans celles que l’on fait à Fraisque qu’un excellent Ouvrier peut faire paroistre plus d’Art, & donner davantage de vivacité à son ouvrage ; Mais pour s’en bien acquitter, il faut estre bon Dessignateur, & avoir une grande pratique, & une forte intelligence de ce que l’on fait, autrement l’ouvrage sera pauvre, sec, & désagreable, parce que les couleurs ne se meslent pas comme à huile, ainsi que je diray cy-après. 
Ce travail se fait contre les murailles, & les voûtes fraischement enduites de mortier fait de chaux & de sable ; mais il ne faut faire l’enduit qu’à mesure que l’on peint, & n’en preparer qu’autant qu’on en peut peindre en un jour, pendant qu’il est frais & humide.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la peinture

Avant que de commencer à peindre l’on fait des Cartons, c’est à dire des desseins sur du papier, de la grandeur de l’ouvrage, lesquels on calcque par partie contre le mur, à mesure qu’on travaille, & une demie heure après que l’enduit est fait, bien pressé, & bien polly avec la truelle.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique du dessin
MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la peinture

L’Enduit se fait avec du sable de riviere bien passé au sas ou d’autre bon sable détrempé avec de la chaux vieille esteinte, que quelques-uns passent aussi de crainte qu’il n’y ait quelque petites pierres, comme il arrive souvent quand la chaux n’est pas bonne, assez cuite, & assez esteinte. L’on se sert à Rome de Pozzolane qui est une espece de sable, qu’on tire de terre en faisant des puits.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la peinture

L’Enduit se fait avec du sable de riviere bien passé au sas ou d’autre bon sable détrempé avec de la chaux vieille esteinte, que quelques-uns passent aussi de crainte qu’il n’y ait quelque petites pierres, comme il arrive souvent quand la chaux n’est pas bonne, assez cuite, & assez esteinte. L’on se sert à Rome de Pozzolane qui est une espece de sable, qu’on tire de terre en faisant des puits. […]
Les Anciens peignoit sur le stuc, & on peut voir dans Vitruve le soin qu’ils prenoient à bien faire les incrustations, ou enduits de leurs bastimens pour les rendre beaux, & durables. Les Peintres modernes ont trouvé neanmoins que les enduits de chaux & de sable estoient plus commodes pour peindre, parce qu’ils ne seichent pas si-tost que le stuc ; & à cause encore qu’estans grisâtres, ils sont plus propres pour coucher les couleurs, qu’un fond aussi blanc qu’est le stuc.

Anciens (les)
Modernes (Les)
VITRUVIUS

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la peinture

On a remarqué que les couleurs à fresque changent moins à Paris qu’en Italie, & en Languedoc, ce qui arrive peut-estre à cause qu’il y fait moins chaud, qu’en ces païs-là, ou bien que la chaux est meilleure icy.
Les couleurs qu’on employe sont :
[...] L’Ocre jaune est aussi une terre naturelle qui devient rouge quand on la brule. 
Le Jaune obscur ou Ocre de Ruth, qui est encore une terre naturelle & limoneuse, se prend aux ruisseaux des mines de fer ; estant calcinée elle reçoit une belle couleur. 
Le Jaune de Naples est une espece de crasse qui s’amasse au tour des mines de souffre ; & quoy qu’on s’en serve à fraisque, sa couleur neanmoins n’est pas si bonne que celle qui se fait de terre, ou d’ocre jaune avec le blanc.

Félibien évoque l’emploi du bleu dans la technique de la fresque.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → couleurs

Félibien évoque l’emploi du jaune dans la technique de la fresque.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → couleurs

Félibien évoque l’emploi du jaune dans la technique de la fresque.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → couleurs

Félibien évoque l’emploi du bleu dans la technique de la fresque.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → couleurs

Félibien évoque l’emploi du noir dans la technique de la fresque.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → couleurs

Félibien évoque l’emploi du noir dans la technique de la fresque.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → couleurs

Félibien évoque l’emploi de l'ocre dans la technique de la fresque.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → couleurs

Félibien évoque l’emploi de l'ocre dans la technique de la fresque.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → couleurs

Félibien évoque l’emploi de l'ocre dans la technique de la fresque.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → couleurs

Félibien évoque l’emploi du bleu dans la technique de la fresque.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → couleurs

Félibien évoque l’emploi du rouge dans la technique de la fresque.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → couleurs

Félibien évoque l’emploi du rouge dans la technique de la fresque.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → couleurs

Félibien évoque l’emploi du rouge dans la technique de la fresque.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → couleurs

Félibien évoque l’emploi du vert dans la technique de la fresque.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → couleurs

On a remarqué que les couleurs à fresque changent moins à Paris qu’en Italie, & en Languedoc, ce qui arrive peut-estre à cause qu’il y fait moins chaud, qu’en ces païs-là, ou bien que la chaux est meilleure icy.
Les couleurs qu’on employe sont :

Le Blanc ; il se fait avec de la chaux qui soit esteinte il y ait long-temps, & de la poudre de marbre blanc, presque autant de l’une que de l’autre. Quelquefois il suffit d’une quatriéme partie de poudre de marbre ; cela dépend de la qualité de la chaux, & ne se connoist que par la pratique ; car s’il y a trop de marbre, le blanc noircit.

Félibien évoque ici l’emploi du blanc dans la technique de la fresque.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → couleurs

Dans cette sorte de travail [ndr : la fresque] on rejette toutes les Couleurs qui sont composées, & artificielles, & la pluspart des mineraux, & l’on ne se sert presque que des terres qui peuvent conserver leur couleur, & la deffendre de la brulure de la chaux, resistant à son sel que Pline nomme son amertume. Et afin que l’ouvrage soit toujours beau, il faut les employer avec promptitude, pendant que l’enduit est humide, & ne retoucher jamais à sec avec des couleurs détrempées de jaunes d’œuf, ou de colle, ou de gomme, comme font beaucoup d’ouvriers, parce que ces couleurs détrempées de jaunes d’œuf, ou de colle, ou de gomme, comme font beaucoup d’ouvriers, parce que ces couleurs noircissent, & n’ont jamais tant de vivacité, comme quand elles sont mises au premier coup : Mais principalement lors qu’on travaille à l’air, où ce retouché ne vaut rien du tout. On a remarqué que les couleurs à fresque changent moins à Paris qu’en Italie, & en Languedoc, ce qui arrive peut-estre à cause qu’il y fait moins chaud, qu’en ces païs-là, ou bien que la chaux est meilleure icy.
Les couleurs qu’on employe sont :

Le Blanc ; il se fait avec de la chaux qui soit esteinte il y ait long-temps, & de la poudre de marbre blanc, presque autant de l’une que de l’autre. Quelquefois il suffit d’une quatriéme partie de poudre de marbre ; cela dépend de la qualité de la chaux, & ne se connoist que par la pratique ; car s’il y a trop de marbre, le blanc noircit.
 
L’Ocre ou Brun-rouge est une terre naturelle.
L’Ocre jaune est aussi une terre naturelle qui devient rouge quand on la brule. 
Le Jaune obscur ou Ocre de Ruth, qui est encore une terre naturelle & limoneuse, se prend aux ruisseaux des mines de fer ; estant calcinée elle reçoit une belle couleur. 
Le Jaune de Naples est une espece de crasse qui s’amasse au tour des mines de souffre ; & quoy qu’on s’en serve à fraisque, sa couleur neanmoins n’est pas si bonne que celle qui se fait de terre, ou d’ocre jaune avec le blanc. 
Le Rouge violet, est une terre naturelle, qui vient d’Angleterre, & qu’on employe au lieu de Lacque. Les Anciens avoient une couleur que nous n’avons pas qui estoit aussi vive que la Lacque. Car j’ay veu à Rome dans les termes de Tite une chambre, où il y avoit encore dans la voute des ornemens de stuc enrichis de filets d’or, d’azur, & d’un rouge qui sembloit de Lacque.
La Terre verte de Veronne en Lombardie, est une terre naturelle qui est fort dure & obscure. 
Une autre terre Verte plus claire.
 
L’Outre-mer, ou Lapis lazuli est une pierre dure & difficile à bien preparer. On la calcine au feu, ensuitte on la casse fort menuë dans un mortier, puis estant bien pilée, on la mesle avec de la Cire, de la Poix raisine, etc. dont on fait comme une pasteque l’on mannie, & qu’on lave dans de l’eau bien nette ; ce qui en sort le premier est tres-fin, & ensuite diminüe de beauté jusques au gravier qui est comme le marc. Cette couleur subsiste, & se conserve plus que pas  une autre couleur. Elle se détrempe sur la pallette quand on l'employe avec de l’huille, & ne se broye point. Elle estoit autrefois plus rare qu’apresent, neanmoins, comme elle est toujours chere, on peut l’espargner dans la fraisque, où l’Email fait le mesme effet, principalement pour les Ciels.
L’Email est une couleur bleuë, qui a peu de corps ; l’on s’en sert dans les grands païsages, & subsiste fort bien au grand air.

La Terre d’Ombre est une Terre obscure ; il faut la calciner dans une boëte de fer, si on veut la rendre plus belle, plus brune, & luy donner un plus bel œil.
La Terre de Cologne est un noir roussatre qui est sujet à se décherger, & à rougir.
Le Noir de Terre vient d’Allemagne. 
Il y a encore un autre Noir d’Allemagne qui est une Terre naturelle, qui fait un noir bluastre, comme le noir de charbon ; c’est dont les Imprimeurs font leur noir.
 
L’on se sert encore d’un autre Noir fait de lie de vin brûlée, que les Italiens appellent
Felicia di botta.
Toutes ces Couleurs sont les meilleures pour les Fraisques, comme aussi celles qui sont de terres naturelles y sont fort bonnes. On les broye, & on les détrempe avec de l’eau ; avant que de travailler on fait toutes les principales teintes que l’on met separement dans des Godets de terre. Mais il faut sçavoir que toutes les Couleurs s’éclaircissent à mesure que la fraisque vient à seicher, hormis le Rouge violet, appelé par les Italiens Pavonazzo, le brun-rouge, l’Ocre de Rut, & les Noirs, particulierement ceux qui ont passé par le feu.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → couleurs

Dans cette sorte de travail [ndr : la fresque] on rejette toutes les Couleurs qui sont composées, & artificielles, & la pluspart des mineraux, & l’on ne se sert presque que des terres qui peuvent conserver leur couleur, & la deffendre de la brulure de la chaux, resistant à son sel que Pline nomme son amertume. Et afin que l’ouvrage soit toujours beau, il faut les employer avec promptitude, pendant que l’enduit est humide, & ne retoucher jamais à sec avec des couleurs détrempées de jaunes d’œuf, ou de colle, ou de gomme, comme font beaucoup d’ouvriers, parce que ces couleurs détrempées de jaunes d’œuf, ou de colle, ou de gomme, comme font beaucoup d’ouvriers, parce que ces couleurs noircissent, & n’ont jamais tant de vivacité, comme quand elles sont mises au premier coup : Mais principalement lors qu’on travaille à l’air, où ce retouché ne vaut rien du tout. On a remarqué que les couleurs à fresque changent moins à Paris qu’en Italie, & en Languedoc, ce qui arrive peut-estre à cause qu’il y fait moins chaud, qu’en ces païs-là, ou bien que la chaux est meilleure icy. [...] Toutes ces Couleurs sont les meilleures pour les Fraisques, comme aussi celles qui sont de terres naturelles y sont fort bonnes. On les broye, & on les détrempe avec de l’eau ; avant que de travailler on fait toutes les principales teintes que l’on met separement dans des Godets de terre. Mais il faut sçavoir que toutes les Couleurs s’éclaircissent à mesure que la fraisque vient à seicher, hormis le Rouge violet, appelé par les Italiens Pavonazzo, le brun-rouge, l’Ocre de Rut, & les Noirs, particulierement ceux qui ont passé par le feu.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la peinture

Les Peintres ont d’ordinaire une tuile bien seiche & unie, où ils font les épreuves des teintes, dont ils veulent se servir ; car la tuile aspirant, & beuvant aussi-tost tout ce qu’il y a d’humide dans la couleur, & la laissant seiche, on voit l’effet qu’elle doit faire quand elle sera employée.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → couleurs
MATERIALITE DE L’ŒUVRE → outils

Avant qu’un Peintre de Flandre nommé Jean Van-Eyck, mais plus connu sous le nom de Jean de Bruge, eût trouvé le secret de peindre en huile, tous les Peintres ne travailloient qu’à Fraisque, & à Trempe, ou Détrempe, comme l’on dit d’ordinaire icy, soit qu’ils peignissent contre les murailles, soit sur des planches de bois, soit d’une autre maniere. Lors qu’ils se servoient de planches, ils y colloient souvent une toille fine, avec de bonne colle pour empescher les ais de se separer, puis mettoient dessus une couche de blanc. Ensuite, ils détrempoient leurs couleurs avec de l’eau, & de la colle, ou bien avec de l’eau & des jaunes d’œuf battus avec de petites branches de figuier, dont le lait se mesle avec les œufs, & de ce mélange ils peignoient leurs tableaux.
Dans cette sorte de travail [ndr : détrempe] toutes les couleurs sont propres, excepté le Blanc de chaux, qui ne sert que pour la fraisque ; mais il faut toujours employer l’Azur, & l’Outremer avec de la colle faite de peaux de gans, ou de parchemin, parce que les jaunes d’œufs font verdir les couleurs bleuës, ce que ne fait pas la colle, ny la gomme ; soit que l’on travaille contre les murs, soit sur des planches de bois, ou autrement, & prendre garde quand c’est contre des murailles qu’elles soient bien seiches ; Il faut mesme leur donner deux couches de colle toute chaude avant que d’y appliquer les couleurs qu’on détrempe si l’on veut seulement avec de la colle ; car la composition qu’on fait avec des œufs, & du lait de figuier n’est que pour retoucher plus commodement, & n’estre pas obligé d’avoir du feu qui est necessaire pour tenir la colle chaude. Cependant il est certain que les couleurs à colle tiennent mieux, & c’est ainsi qu’on a toujours peint sur le papier les Desseins ou Cartons qu’on a faits pour des tapisseries. Cette colle se fait comme j’ay dit de rogneures de gans ou de parchemin.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la peinture

trempe

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la peinture

Dans cette sorte de travail [ndr : détrempe] toutes les couleurs sont propres, excepté le Blanc de chaux, qui ne sert que pour la fraisque

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → couleurs
MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la peinture

Dans cette sorte de travail [ndr : détrempe] toutes les couleurs sont propres, excepté le Blanc de chaux, qui ne sert que pour la fraisque ; mais il faut toujours employer l’Azur, & l’Outremer avec de la colle faite de peaux de gans, ou de parchemin, parce que les jaunes d’œufs font verdir les couleurs bleuës, ce que ne fait pas la colle, ny la gomme ; soit que l’on travaille contre les murs, soit sur des planches de bois, ou autrement, & prendre garde quand c’est contre des murailles qu’elles soient bien seiches ; Il faut mesme leur donner deux couches de colle toute chaude avant que d’y appliquer les couleurs qu’on détrempe si l’on veut seulement avec de la colle ; car la composition qu’on fait avec des œufs, & du lait de figuier n’est que pour retoucher plus commodement, & n’estre pas obligé d’avoir du feu qui est necessaire pour tenir la colle chaude.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → couleurs

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → couleurs

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → couleurs

Dans cette sorte de travail [ndr : détrempe] toutes les couleurs sont propres, excepté le Blanc de chaux, qui ne sert que pour la fraisque ; mais il faut toujours employer l’Azur, & l’Outremer avec de la colle faite de peaux de gans, ou de parchemin, parce que les jaunes d’œufs font verdir les couleurs bleuës, ce que ne fait pas la colle, ny la gomme ; soit que l’on travaille contre les murs, soit sur des planches de bois, ou autrement, & prendre garde quand c’est contre des murailles qu’elles soient bien seiches ; Il faut mesme leur donner deux couches de colle toute chaude avant que d’y appliquer les couleurs qu’on détrempe si l’on veut seulement avec de la colle ; car la composition qu’on fait avec des œufs, & du lait de figuier n’est que pour retoucher plus commodement, & n’estre pas obligé d’avoir du feu qui est necessaire pour tenir la colle chaude. Cependant il est certain que les couleurs à colle tiennent mieux, & c’est ainsi qu’on a toujours peint sur le papier les Desseins ou Cartons qu’on a faits pour des tapisseries. Cette colle se fait comme j’ay dit de rogneures de gans ou de parchemin.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → couleurs
MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la peinture

Cependant il est certain que les couleurs à colle tiennent mieux, & c’est ainsi qu’on a toujours peint sur le papier les Desseins ou Cartons qu’on a faits pour des tapisseries. Cette colle se fait comme j’ay dit de rogneures de gans ou de parchemin.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique du dessin
MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la peinture

Quand on veut peindre sur de la Toille, on en choisit qui soit vieille, demy usée, & bien unie. On l’imprime de Blanc de craye ou de plastre broyé avec de la colle de gans ; & lorsque cette imprimeure est seiche, on passe encore une couche de la mesme colle par dessus.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la peinture

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la peinture

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la peinture

Si l’on veut vernir le Tableau lorsqu’il est finy, il ne faut que le frotter d’un blanc d’œuf bien battu, & après y mettre une couche de vernix, mais cela ne se fait guere, si ce n’est pour les conserver de l’eau ; car le plus grand avantage de la détrempe est de n’avoir point de luisant ; & de ce que toutes les couleurs demeurant mattes, on les voit dans toutes sortes de jours, ce qui ne se rencontre pas aux couleurs à huile, ou lorsqu’il y a un vernix.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la peinture

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la peinture

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la peinture

Car par ce moyen les couleurs d’un Tableau se conservent long-temps, & reçoivent un lustre, & une union que les anciens ne pouvoient donner à leurs ouvrages quelque vernix dont ils se servissent pour les couvrir. Ce secret qui a esté si long-temps caché ne consiste neanmoins qu’à broyer les couleurs avec de l’huile de noix, ou de l’huile de lin ; Mais il est vray que le travail est bien different de celuy de la fraisque et de la détrempe, parce que l’huile ne seichant pas si promptement, il faut retoucher plusieurs fois son ouvrage. Aussi le Peintre a-t-il davantage de temps pour le bien finir, & il retouche autant qu’il veut à toutes les parties de ses Figures, ce qu’il ne peut faire à fresque ni à détrempe. Il leur donne aussi plus de force, parce que le noir devient beaucoup plus noir, quand il est employé avec de l’huile qu’avec de l’eau ; & toutes les couleurs se meslant mieux ensemble, font un coloris plus doux, plus délicat, & plus agréable, & donnent une union & une tendresse à tout l’ouvrage, qui ne se peut faire dans les autres manieres.
L’on peint à huile contre les murailles, sur le bois, sur la toile, sur les pierres, & sur toutes sortes de metaux.

Anciens (les)
VAN EYCK, Jan

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la peinture

L’on peint à huile contre les murailles, sur le bois, sur la toile, sur les pierres, & sur toutes sortes de metaux. Il faut en premier lieu preparer les choses sur lesquelles on veut travailler, par une imprimeure, comme disent les ouvriers, qui serve de fond, & rendre la place ou le champ sur lequel on veut peindre bien égal, & bien uny.
Quand on veut peindre contre une muraille, il faut lorsqu’elle est bien seiche y donner deux ou trois couches d’huile toute boüillante ; & cela autant de fois qu’on le juge necessaire, & jusqu’à ce qu’on voye que l’enduit demeure gras, & qu’il
n’enboit plus. Après on l’imprime de couleurs sicatives. Pour cela on prend du blanc de craye, de l’ocre rouge, ou d’autres sortes de terres qu’on broye un peu ferme, dont l’on fait une couche sur le mur. Lorsque cette imprimeure est bien seiche, on peut desseigner ce que l’on veut, & peindre ensuite parmy les couleurs, afin de n’estre pas obligé de les vernir par après.
Il y en a qui preparent la muraille d’une autre sorte, afin qu’elle soit plus seiche, & que l’humidité n’en fasse pas détacher les couleurs par escailles, comme il arrive quelquefois à cause de l’huile qui luy resiste, & qui l’empesche de sortir. Il font un
Enduit avec de la chaux, & de la poudre de marbre, ou du ciment fait de tuiles bien battuës, lequel ils frottent avec la truelle pour le rendre bien uni, & l’imbibent d’huile de lin, avec une grosse brosse. Ensuite ils preparent une Composition de poix grecque, de mastic, & de gros vernix qu’on fait boüillir ensemble dans un pot de terre, puis avec une brosse, en couvrent la muraille qu’ils frottent avec une truelle chaude, pour estendre & unir mieux cette matiere. Cela fait on imprime tout le mur des couleurs que j’ay dites cy-dessus, avec que de rien desseigner.
D’autres en usent encore d’une autre maniere, ils font leur Enduit avec du mortier de chaux, du ciment de brique, & du sable, & lorsqu’il est bien sec, ils en font un second, avec de la chaux, du ciment bien tassé, & du machefer, ou escume de fer autant de l’un que de l’autre ; tout cela estant bien battu & incorporé ensemble, avec des blans d’œuf, & de l’huile de lin, il s’en fait un Enduit si ferme qu’on ne peut rien faire de meilleur : Mais il faut prendre garde de ne quiter pas l’Enduit pendant que la matiere y est mise tout fraischement, & de la bien estendre avec la Truelle, jusqu’à ce que le mur en soit tout couvert et poly ; car autrement l’enduit se fendroit en plusieurs endroits. Quand il est bien sec on l’imprime de la mesme maniere que j’ay dit.

fond

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la peinture

fond · enduit

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la peinture

Pour peindre sur le bois, après l’avoir bien encollé avec la brosse, on y donne d’ordinaire une couche de blanc détrempé avec de la colle, avant que de le couvrir de l’imprimeure à huile, dont j’ay parlé ; Mais il est vray qu’à present l’on se sert beaucoup plus de toile que d’autres choses, principalement pour les grands tableaux ; parce qu’elle est plus commode à transporter que le bois, qui est pesant, & d’ailleurs sujet à se fendre. On choisit du coutil, ou de la toile la plus unie, & lorsqu’elle est bien tenduë sur un chassis, l’on y donne une couche d’eau de colle, & après on passe par dessus une Pierre de ponce pour en oster les nœuds. L’eau de colle sert à coucher tous les petits fils sur la toile, & remplir les petits troux, afin que la couleur ne passe pas au travers. Quand la toile est bien seiche, on l’imprime d’une couleur simple, & qui ne fasse point mourir les autres couleurs, comme du Brun rouge qui est une terre naturelle qui a du corps, & qui subsite, & avec lequel on mesle quelquefois un peu de blanc de plomb, pour le faire plutost seicher. Cette imprimeure se fait aprés que la couleur est broyée avec de l’huile de lin ; & pour la coucher la moins épaisse que l’on peut, on prend un grand couteau propre pour cela. Quand cette couleur est seiche, on passe encore la Pierre de ponce par dessus pour la rendre plus unie ; puis l’on fait, si l’on veut, une seconde imprimeure composée de blanc de plomb, et d’un peu de noir de charbon, pour rendre le fond grisastre, & en l’une ou l’autre des deux manieres on met le moins de couleur que l’on peut, afin que la toile ne casse pas si-tost, & que les couleurs qu’on vient ensuitte à coucher dessus en peigant, se conservent mieux ; Car quand l’on n’imprimeroit point les toiles, & qu’on peindroit tout d’un coup dessus, les couleurs ne s’en porteroient que mieux, & demeureroient plus belles. L’on voit dans quelques Tableaux de Titien, & de Paul Veronese, qu’il observoient d’en faire l’imprimeure à détrempe, sur laquelle ils peignoient ensuitte avec des couleurs à huile ; Ce qui a beaucoup servi à rendre leurs ouvrages plus vifs, & plus frais : parce que l’imprimeure à détrempe attire, & boit l’huile qui est dans les couleurs, & fait qu’elles restent plus belles, l’huile ostant beaucoup de leur vivacité. C’est pourquoy ceux qui veulent que leurs Tableaux demeurent frais employent le moins d’huile qu’ils peuvent, & tiennent leurs couleurs plus fermes y meslant un peu d’huile d’Aspic, qui s’évapore aussi-tost ; mais qui sert à les faire couleur, & qui les rend plus maniables en travaillant. […].

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la peinture

[…] Et mesme quand il est besoin de donner plus de force à un Ouvrage, il faut attendre qu’il soit sec pour le retoucher, si c’est avec des Couleurs capables de nuire aux autres. La pratique fait connoistre cela, & il y a des Peintres qui pourroient faire ces observations, lesquels n’y pensent pas, ne songeant qu’au principal de leur sujet. Cependant c’est une chose assez considerable pour la conservation, & pour la beauté des Tableaux : Car on en a veu qui paroissent sur le chevalet, dont les couleurs n’ont guere duré, & se sont passées & esteintes en peu de temps, à cause que ceux qui travailloient, avoient beaucoup de feu & de boutade, mais qui tourmentoient, comme j’ay dit, les couleurs avec le brosse & le pinceau. Ceux qui peignent avec jugement, les couchent avec moins de precipitation, les mettent plus épaisses, couvrent & recouvrent plusieurs fois leurs carnations, ce que les Peintres appellent bien empaster.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la peinture

Pour ce qui est d’imprimer d’abord les toiles avec une couche à détrempe, il est vray que cela ne se pratique pas souvent, parce qu’elles peuvent s’escailler, & ne se roullent qu’avec difficulté. C’est pourquoy l’on se contente de leur donner une imprimeure de couleurs à huile. Mais quand la toile est bonne & bien fine, le moins qu’on peut y mettre de couleur pour l’imprimer est toujours le meilleur ; prenant garde, comme j’ay dit, que l’huile, & les couleurs soient bonnes. L’espargne que font ceux qui employent de meschantes couleurs, & de mauvaise huile, & qui mesme se servent de mine pour faire plustost seicher l’imprimeure, est beaucoup dommageable aux Tableaux, & en efface bientost la beauté du coloris.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la peinture

Toutes les couleurs qu’on employe pour la Fraisque, sont bonnes à Huile, hormis le blanc de Chaux, & la poudre de Marbre ; Mais on se sert encore de celles qui suivent. 
Du Blanc de plomb, qui se tire du plomb que l’on enterre : au bout de plusieurs années il se forme du plomb mesme, des escailles qui changent & deviennent un fort beau blanc. Quoy que ce blanc subsiste en peinture il a toujours une mauvaise qualité ; l’huile pourtant le corrige en le broyant sur la pierre. 
De la Ceruse, qui est aussi une roüille de plomb, mais plus grossiere. 
Du Massicot jaune & du Massicot blanc, que l’on fait avec du plomb calciné.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → couleurs

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → couleurs

Toutes les couleurs qu’on employe pour la Fraisque, sont bonnes à Huile, hormis le blanc de Chaux, & la poudre de Marbre ; Mais on se sert encore de celles qui suivent. 
Du Blanc de plomb, qui se tire du plomb que l’on enterre : au bout de plusieurs années il se forme du plomb mesme, des escailles qui changent & deviennent un fort beau blanc. Quoy que ce blanc subsiste en peinture il a toujours une mauvaise qualité ; l’huile pourtant le corrige en le broyant sur la pierre. 
De la Ceruse, qui est aussi une roüille de plomb, mais plus grossiere. 
Du Massicot jaune & du Massicot blanc, que l’on fait avec du plomb calciné. 
De l’Orpin. Il s’employe sans calciner & calciné. Pour le calciner on le met au feu dans une boëte de fer, ou dans un pot bien bouché ; mais peu de gens en calcinent, & en employent, parce que la fumée en est mortelle, & qu’il est fort dangereux méme de s’en servir. 
De la Mine de plomb, qui vient des mines de plomb. On s’en sert peu, parce qu’elle est mauvaise & ennemie des autres couleurs. 
Du Cinabre ou Vermillon qui vient des mines de Vif-Argent ; Comme c’est un mineral, il ne subsiste pas à l’air. 
De la Laque qui se fait avec de la Cochenille, ou avec de la Bourre d’Escarlatte, ou du bois de Bresil, ou d’autres differens bois. On en fait de plusieurs especes. Cette Couleur ne subsiste pas à l’air. 
Des Cendres bleuës, & des Cendres vertes : l’on ne s’en sert guere qu’aux Paysages. 
L’on employe aussi de l’Inde, soit à faire des Ciels, soit à faire des Draperies. Quand il est bien employé il se conserve long-temps beau. Il n’y faut pas mattre trop d’huile, mais le coucher un peu brun parce qu’il se décharge. L’on s’en sert à Détrempe avec assez de succez, estant bon à faire des verts.
 
Du Stil de grun. Il se fait de graine d’Avignon qu’on fait tremper & boüillir, puis on y jette des Cendres de ferment ou du blanc de Craye pour donner corps comme à la Laque, & après cela l’on passe le tout au travers d’un linge fort fin. 
Du Noir de fumée, qui est une mauvaise Couleur, mais facile à peindre des Draperies noires. 
Du Noir d’os & d’yvoire bruslé, dont Appelle trouva l’invention selon Pline. 
Le Vert-de-gris est la peste de toutes les Couleurs & capable de perdre tout un Tableau, s’il en entroit la moindre partie dans l’Imprimure d’une toile : cependant il a une couleur fort belle & agreable. Quelquefois on le calcine pour oster sa malignité, & empescher qu’il ne meure ; mais il est dangereux à calciner aussi-bien que l’Orpin ; & tout purifié qu’il puisse estre, il ne faut l’employer que seul, car il gasteroit les Couleurs avec lesquelles on pourroit le mesler. On en use à cause qu’il seiche beaucoup, & l’on en mesle seulement un peu dans les noirs qui ne seichent jamais seuls. Il faut bien prendre garde à ne pas se servir de pinceaux avec lesquels on ait peint du Vert-de-gris. 
Il y a encore d’autres sortes de Couleurs composées dont on ne se sert guere à huile.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → couleurs
MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la peinture

Toutes les couleurs qu’on employe pour la Fraisque, sont bonnes à Huile, hormis le blanc de Chaux, & la poudre de Marbre ; Mais on se sert encore de celles qui suivent. [...] Des Cendres bleuës, & des Cendres vertes : l’on ne s’en sert guere qu’aux Paysages. 
L’on employe aussi de l’Inde, soit à faire des Ciels, soit à faire des Draperies. Quand il est bien employé il se conserve long-temps beau. Il n’y faut pas mattre trop d’huile, mais le coucher un peu brun parce qu’il se décharge. L’on s’en sert à Détrempe avec assez de succez, estant bon à faire des verts.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → couleurs

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → couleurs

outes les couleurs qu’on employe pour la Fraisque, sont bonnes à Huile, hormis le blanc de Chaux, & la poudre de Marbre ; Mais on se sert encore de celles qui suivent. [...] De l’Orpin. Il s’employe sans calciner & calciné. Pour le calciner on le met au feu dans une boëte de fer, ou dans un pot bien bouché ; mais peu de gens en calcinent, & en employent, parce que la fumée en est mortelle, & qu’il est fort dangereux méme de s’en servir.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → couleurs

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → couleurs

Quand aux huiles, les meilleures qu’on puisse employer sont celles de Noix & de Lin
Pour faire couler les Couleurs, & retoucher plus aisément les Tableaux, l’on se sert d’huile d’
Aspic, qui fait boire, & oste le luisant d’un tableau. Elle est propre aussi à enlever la crasse, & à nettoyer les tableaux ; mais il faut prendre garde qu’elle n’emporte la Couleur. Elle est faite de fleurs de Lavande. 
Il y a une autre huile tirée de la Resine, que les Italiens appellent
Aqua di rasa, & nous Huile de Therebentine. Elle est encore bonne à mesler avec l’Outremer & les Emaux, parce qu’elle s’évapore aussi-tost. Lorsqu’on en veut user il n’est pas necessaire qu’il y ait dans la Couleur beaucoup d’autre huile, qui ne sert qu’à la faire jaunir. 
L’on employe encore des Huiles siccatives, pour faire que les autres seichent plus promptement. Il s’en fait de plusieurs sortes. Il y en a qui n’est composée que d’
Huile de noix qu’on fait boüillir avec de la Litarge d’or & un Oignon entier & pelé, qu’on retire après qu’il a boüilly ; Il sert à dégraisser l’huile & à la rendre plus claire. 
On en fait encore d’une autre sorte en faisant boüillir dans de l’Huile de noix de l’Azur en poudre, ou de l’Email. Quand le tout a boüilly, on laisse reposer l’huile, & on en prend le dessus. Elle sert à détremper le Blanc, & les autres Couleurs que l’on veut conserver les plus propres.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la peinture

Pour du Vernix il s’en fait aussi de diverses manieres, les uns avec de la Therebentine, & le Sandarac ; les autres avec l’Esprit de vin, le Mastic, & la Gomme laque, le Sandarac ou l’Ambre blanc. C’est de ce Vernix dont on se sert pour mettre sur des Miniatures & des Estampes ; on choisit les Gommes les plus blanches. 
Lorsqu’on veut avoir un vernix qui seiche promptement, on prend seulement de la
Therebentine dans une fiole & on y met autant d’Esprit de vin, puis remuant le tout ensemble, l’on en vernit aussi-tost ce qu’on a besoin.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la gravure
MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la peinture

Les principaux Outils necessaires aux Peintres sont une Pierre à broyer avec sa Molette. Les pierres de Porphyre ou d’Escaille de mer sont les meilleures. Un Coûteau, une Palette, l’Appuy-main, ou Baguette ; le Chevalet, les Pinceaux, un Pincelier, qui est une boëte de fer blanc ou l’on met de l’huile pour nettoyer les Pinceaux.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → outils

On se sert de peu de Couleurs, lorsqu’on veut faire un tableau dont toutes les Figures ne paroissent que d’une seule couleur, comme ce qui s’appelle Clair obscur, de l’Italien Chiaro-scuro ; ou bien quand on veut imiter les Bas-reliefs de marbre, de pierre ou de bronze. L’on voit à Rome, mesme dans les rües, & contre des maisons, plusieurs de ces sortes d’Ouvrages à Fraisque de la main de Polydore, & d’autres grands Peintres. Quand ces sortes de peintures sont d’un Jaune rougeatres, elles se nomment Cirage, parce qu’elles imitent la cire.
Toutes ces manières de peindre ne paroissent souvent que d’une seule Couleur, où sont observez les Jours, & les Ombres. Les petits Tableaux que l’on fait pour imiter les Basses-tailles, soit qu’ils se fassent à
Fraisque soit qu’ils soient à Detrempe ou à Huile, s’appellent aussi quelquefois Camaïus ; à cause qu’ils representent ces sortes de pierres.

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la peinture

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MATERIALITE DE L’ŒUVRE → couleurs
MATERIALITE DE L’ŒUVRE → technique de la peinture