FÉLIBIEN, André ( 1619-1695 )

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Eleve, pour dire disciple : ce mot est particuliérement affecté aux apprentifs ou disciples des Peintres fameux ; comme Raphaël a eu pour éleve Jules Romain : Hannibal Carache a eu le Guide, le Dominiquin, & plusieurs autres : le mot Italien est Allievo, […].

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Nous aprenons de Felibien dans la vie de Poussin, que ce Peintre consulté sur la Peinture, par un de ses amis, luy avoit écrit, qu'elle est une imitation faite avec lignes & couleurs, en quelque superficie, de tout ce qui se voit sous le Soleil, dont la fin est la delectation. Quoique cette définition parte de la main d'un des plus excellens Peintres qui ont paru dans ces derniers siecles : Il semble pourtant qu'on y pourroit ajouter quelque circonstance, pour en faire une description achevée : parce que l'étude des Peintres ne se borne pas seulement à l'imitation des choses visibles : Ils les doivent encore representer, dans la plus parfaite idée qu'elles peuvent donner ; Et la fin de cet Art n'est pas de plaire uniquement aux yeux : Mais d'avertir, d'enseigner, & de plaire à même tems.

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CONDUIRE, CONDUITE. 
Conduire signifie diriger, ménager, distribuer.
Des jours & des ombres
conduits judicieusement. Felibien a dit ; un tableau bien conduit de couleurs, c’est-à-dire, où les couleurs sont ménagées, & distribuées avec Art. Il y a beaucoup de conduite dans les compositions du Poussin, c’est-à-dire, beaucoup d’entente & d’ordonnance.

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COSTUMÉ, ce mot est tout Italien ; il signifie proprement usage, coutume. 
On l’entend ; 1°. de tout ce qui concerne les usages, les mœurs, les habillemens, les armes, la physionomie, & la façon de vivre de chaque peuple : ainsi c’est pécher contre le
costumé, que d’habiller ou d’armer des grecs, comme des Perses, des Romains, comme des François, de représenter César avec un chapeau, des gans une perruque ; 2°. on entend par Costumé, tout ce qui regarde la chronologie, l’ordre des temps, & la vérité de certains faits connus de tout le monde. 
Raphaël a péché contre le
costumé, lorsqu’il a représenté les modestes Archidiacres de l’Eglise Romaine du temps de S. Leon, avec tout l’éclat & tout le faste que la Cour de Rome avoit du temps de Leon X. 
Paul Veronese a péché contre le
costumé en plaçant des Bénédictins au festin de Cana ; 3°. on entend par costumé tout ce qui concerne les bienséances, le caractére & les convenances propres de chaque âge & de chaque condition : ainsi c’est pécher contre le costumé que de mettre la tête d’un jeune homme sur le corps d’un vieillard, ou une main blanche sur un corps halé, d’habiller un Hercule d’une étoffé légére, & un Apollon d’une grosse étoffe. 
4°. Enfin l’on entend par
costumé tout ce qui regarde la nature, la qualité & la propriété esentielle des élémens, des corps & de toutes les choses naturelles.
Ne pas observer toutes ces choses, c’est pécher contre le
costumé. Telle est la véritable signification du mot costumé, que les Auteurs du Dictionnaire de Trévoux ont bien mal entendu. Il seroit difficile de le définir plus mal qu’ils n’ont fait. Voici cet article tel que je l’ai trouvé dans l’Edition en 5 volumes de l’année 1721. 
« Costume, terme de Peinture. Delineatio. Les grands Peintres Lombards se sont plus attachés à ce qui regarde la couleur, qu’à ce qui regarde le dessein, & à ce qu’on appelle costumé. »
Felibien
Il seroit inutile de relever l’erreur visible de ces lexicographes, qui ont confondu le
costumé avec le dessein, Delineatio, comme si c’étoient des mots synonimes. Je remarquerai seulement que ce qui a occasionné cette erreur, c’est la passage même de Felibien qu’ils ont cité, & qu’il n’ont pas compris. Ils ont cru que ces derniéres paroles à ce qui est du dessein, & à ce qu’on appelle costumé, renfermoient précisément la même idée, & que par le mot de dessein & de costumé, Félibien n’entendoit qu’une même chose.

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Nous aprenons de Felibien dans la vie de Poussin, que ce Peintre consulté sur la Peinture, par un de ses amis, luy avoit écrit, qu'elle est une imitation faite avec lignes & couleurs, en quelque superficie, de tout ce qui se voit sous le Soleil, dont la fin est la delectation. Quoique cette définition parte de la main d'un des plus excellens Peintres qui ont paru dans ces derniers siecles : Il semble pourtant qu'on y pourroit ajouter quelque circonstance, pour en faire une description achevée : parce que l'étude des Peintres ne se borne pas seulement à l'imitation des choses visibles : Ils les doivent encore representer, dans la plus parfaite idée qu'elles peuvent donner ; Et la fin de cet Art n'est pas de plaire uniquement aux yeux : Mais d'avertir, d'enseigner, & de plaire à même tems.

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Nous aprenons de Felibien dans la vie de Poussin, que ce Peintre consulté sur la Peinture, par un de ses amis, luy avoit écrit, qu'elle est une imitation faite avec lignes & couleurs, en quelque superficie, de tout ce qui se voit sous le Soleil, dont la fin est la delectation. Quoique cette définition parte de la main d'un des plus excellens Peintres qui ont paru dans ces derniers siecles : Il semble pourtant qu'on y pourroit ajouter quelque circonstance, pour en faire une description achevée : parce que l'étude des Peintres ne se borne pas seulement à l'imitation des choses visibles : Ils les doivent encore representer, dans la plus parfaite idée qu'elles peuvent donner ; Et la fin de cet Art n'est pas de plaire uniquement aux yeux : Mais d'avertir, d'enseigner, & de plaire à même tems.

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Le Dessein est fort équivoque & se prend de differentes façons, qu'on peut reduire à trois, comme a fait M. Felibien dans ses Entretiens sur les vies des Peintres. L'on appelle Dessein, la volonté de faire ou de dire quelque chose, & c'est dans ce sens-là qu'on dit, Un tel est venu à bon ou à mauvais dessein. L'on appelle encore Dessein la pensée d'un Tableau que le Peintre met au dehors sur du papier ou sur de la toile pour juger de l'effet de l'Ouvrage qu'il medite ; & de cette maniere l'on peut appeller du nom de Dessein non seulement un esquisse : mais encore un Ouvrage bien entendu de lumieres & d'ombres, ou même un Tableau bien colorié. C’est de cette sorte que Rubens faisoit presque tous ses Desseins, & de la maniere qu'ont été faits ceux dont vous parlez. Enfin l'on appelle Dessein, les justes mesures, les proportions & les formes exterieures que doivent avoir les objets qui sont imitez d'aprés la Nature. Et c'est de cette derniere sorte que l'on entend le Dessein qui fait une des parties de la Peinture.

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Le Dessein est fort équivoque & se prend de differentes façons, qu'on peut reduire à trois, comme a fait M. Felibien dans ses Entretiens sur les vies des Peintres. L'on appelle Dessein, la volonté de faire ou de dire quelque chose, & c'est dans ce sens-là qu'on dit, Un tel est venu à bon ou à mauvais dessein. L'on appelle encore Dessein la pensée d'un Tableau que le Peintre met au dehors sur du papier ou sur de la toile pour juger de l'effet de l'Ouvrage qu'il medite ; & de cette maniere l'on peut appeller du nom de Dessein non seulement un esquisse : mais encore un Ouvrage bien entendu de lumieres & d'ombres, ou même un Tableau bien colorié. C’est de cette sorte que Rubens faisoit presque tous ses Desseins, & de la maniere qu'ont été faits ceux dont vous parlez. Enfin l'on appelle Dessein, les justes mesures, les proportions & les formes exterieures que doivent avoir les objets qui sont imitez d'aprés la Nature. Et c'est de cette derniere sorte que l'on entend le Dessein qui fait une des parties de la Peinture.

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Rede bey Examinirung eines Kunst-Gemäldes, p. 25-26
Die Griechen haben die Mahler-Kunst in fünff Theile getheilet/ und ob schon der berühmte Nicolaus Poussin/ selbige in neun/ der gelehrte Felibien in drey/ und die Französische
Academie in sechs Theile theilet/ so werde ich doch dessen ungeacht/ heute und nahero immerdar/ beym Examine eines Gemähldes/ der Griechischen Eintheilung mich bedienen :Dann ob gleich ich die Ordnung und Eintheilung der Französische Academie, was die Erlernung der Kunst betrifft/ vor unverbesserlich halte/ so muß sie doch bey Verfertigung  eines Kunst-Gemähldes (und folglich auch bey Examine desselben) der Griechischen Eintheilung weichen.
Die Ordnung und Namen der Griechischen Eintheilung aber seind. Erstlich
Inventio, Zweytens Proportio, Drittens Expressio, Vierdtens Colorit, und Fünfftens Perspectiv

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Eleve, pour dire disciple : ce mot est particuliérement affecté aux apprentifs ou disciples des Peintres fameux ; comme Raphaël a eu pour éleve Jules Romain : Hannibal Carache a eu le Guide, le Dominiquin, & plusieurs autres : le mot Italien est Allievo, […].

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ENTENTE, intelligence. Il y a beaucoup d’entente dans ce tableau. Il y a bien peu d’entente dans cet autre. Une belle entente de lumiéres & d’ombres. Félibien a dit : Un tableau bien conduit d’ententes de lumiéres. Mais cette phrase me paroit barbare.

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Rede bey Examinirung eines Kunst-Gemäldes, p. 25-26
Die Griechen haben die Mahler-Kunst in fünff Theile getheilet/ und ob schon der berühmte Nicolaus Poussin/ selbige in neun/ der gelehrte Felibien in drey/ und die Französische
Academie in sechs Theile theilet/ so werde ich doch dessen ungeacht/ heute und nahero immerdar/ beym Examine eines Gemähldes/ der Griechischen Eintheilung mich bedienen :Dann ob gleich ich die Ordnung und Eintheilung der Französische Academie, was die Erlernung der Kunst betrifft/ vor unverbesserlich halte/ so muß sie doch bey Verfertigung  eines Kunst-Gemähldes (und folglich auch bey Examine desselben) der Griechischen Eintheilung weichen.
Die Ordnung und Namen der Griechischen Eintheilung aber seind. Erstlich
Inventio, Zweytens Proportio, Drittens Expressio, Vierdtens Colorit, und Fünfftens Perspectiv

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Esquisse est un premier crayon, ou une legere ébauche d’un Ouvrage que l’on médite, les Italiens disent Schizzo.

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ESQUISSE, ESQUISSER. L’esquisse est le premier crayon d’un ouvrage que l’on médite. Les Italiens disent schizzo
« Les Peintres, dit Félibien, ne dessinent pas d’abord avec justesse toutes les parties, ils en font une légère
esquisse, où ils établissent l’ordre de leurs pensées. » Esquisser un bras, une tête, une pensée, un dessein ; son opposé est arrêter, finir, terminer. Les Sculpteurs ont emprunté ce terme, & ils appellent esquisse les premiers modéles de terre ou de cire qu’ils font. 
Ebauche &
esquisse ne sont pas des mots tout-à-fait synonimes. L’esquisse est proprement la premiere pensée d’un tableau que l’on jette rapidement sur un papier, sur un carton séparé. L’ébauche est le commencement du tableau même, dont on trace les premieres lignes sur la toile. L’esquisse est séparée du tableau. L’ébauche se fait sur le tableau même. Nous avons les esquisses de Raphaël, de Jules Romain : Nous ne sçaurions avoir leurs ébauches : cependant ces deux mots se confondent dans le langage ordinaire ; mais c’est aux Léxicographes à marquer exactement leur signification propre, & c’est ce que la plûpart des Dictionnaires n’ont pas fait, nommément le Trévoux.
Mr de Piles a fait ce mot masculin. 
Il a dit des es
quisses légers.

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Nous aprenons de Felibien dans la vie de Poussin, que ce Peintre consulté sur la Peinture, par un de ses amis, luy avoit écrit, qu'elle est une imitation faite avec lignes & couleurs, en quelque superficie, de tout ce qui se voit sous le Soleil, dont la fin est la delectation. Quoique cette définition parte de la main d'un des plus excellens Peintres qui ont paru dans ces derniers siecles : Il semble pourtant qu'on y pourroit ajouter quelque circonstance, pour en faire une description achevée : parce que l'étude des Peintres ne se borne pas seulement à l'imitation des choses visibles : Ils les doivent encore representer, dans la plus parfaite idée qu'elles peuvent donner ; Et la fin de cet Art n'est pas de plaire uniquement aux yeux : Mais d'avertir, d'enseigner, & de plaire à même tems.

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FINIMENT, FINIR. Finir, c’est achever avec soin, perfectionner. Ce tableau est bien fini. Finiment ne se dit gueres que des petits ouvrages de portraiture, ou de miniature, qui sont travaillés avec beaucoup d’exactitude & de délicatesse. Felibien a dit : il y a un grand finiment dans cet ouvrage.

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FINIMENT, FINIR. Finir, c’est achever avec soin, perfectionner. Ce tableau est bien fini. Finiment ne se dit gueres que des petits ouvrages de portraiture, ou de miniature, qui sont travaillés avec beaucoup d’exactitude & de délicatesse. Felibien a dit : il y a un grand finiment dans cet ouvrage.

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GRAVURE s’entend & de l’Art de graver, & de l’ouvrage même de gravure.
Il est étonnant que le secret de la
gravûre sur les cornalines, sur les agathes, & les autres pierres précieuses, secret que possédoient les anciens, ne les ait pas conduits à l’invention de la grâvure sur cuivre ; & qu’ils n’ayent pas imaginé que de même qu’on tiroit sur la cire & sur d’autres matiéres molles, des empreintes des pierres gravées, on pourroit aussi en tirer de pareilles des planches de cuivre : ce dernier secret n’a été connu que vers le milieu du quinziéme siécle. Il n’est pas vrai, comme le dit Felibien, que les Graveurs en pierre ayent été les Inventeurs. Il faut avouer que cette invention à l’autre, le trajet étoit court ; cependant on a été plus de deux mille ans à le faire. 
L’invention des estampes est dûe à Manso Finiguerra, où plutôt au hazard, puisque cet Orfévre Florentin rencontra ce secret sans la chercher.
Voyez ESTAMPE.
On
grave sur différentes matiéres, mais plus ordinairement sur le bois & sur le cuivre. Pour graver sur le bois, on à une planche de poirier ou de buis fort unie, on dessine son sujet sur cette planche, ensuite on évide le bois, en épargnant soigneusement les traits du dessein qui restent de relief. Les instrumens dont on se sert pour ce travail, sont le canif & le cizelet. 
Pour
graver en cuivre, on a une planche de cuivre rouge, bien battu & bien poli. On dessine son sujet sur cette planche, & on le grave avec le burin. Il faut que le burin soit bien acéré, & de bonne trempe. 
La
gravûre à l’eau forte demande plus de préparatifs : il faut d’abord chauffer la planche de cuivre sur le feu, ensuite on y étend un vernis que l’on noircit, en exposant la planche à une chandelle, du côté que l’on a appliqué le vernis : après cela on calque sur cette planche un dessein qu’on a fait à part, & que l’on a bien frotté de sanguine, ou d’une autre composition. Par ce moyen la sanguine s’imprime aisément sur le vernis, & y marque tous les traits du dessein. 
L’outil dont on se sert pour graver est l’échoppe. C’est une espece d’aiguille ovale le plus ou moins grosse selon la nature du travail. Quand les traits sont bien formés, on coule l’eau forte sur la planche, qu’on a eu soin de border de cire, ensorte que ses petits parois retiennent l’eau forte : on a aussi l’attention de prendre garde que l’eau ne morde pas également tout. Pour cela lorsque certaines parties qui doivent être plus épargnées, ont assez reçû de cette eau, on les frotte d’une composition d’huile & de suif, pour empêcher l’eau forte de pénétrer plus avant. 
La
gravure au burin est plus tendre & plus délicate.
La
gravure à l’eau forte est plus mâle, plus expressive, & plus propre aux grandes ordonnances. 
La
gravure en bois, quoique susceptible de beauté, est fort négligée aujourd’hui. 
Un certain Hugo de Carpi inventa une maniere de graver en bois qui paroissoient lavées de clair obscur. 
Il faisoit pour cet effet trois planches différentes pour la même estampe ; l’une servoit pour les jours & les grandes lumiéres, l’autre pour les demi-teintes, & la troisiéme pour les jours & les ombres fortes : ce secret a été renouvellé de nos jours par M..... dont les estampes coloriées ont causé plus de surprise que de plaisir : je dis renouvellé, car son secret pour imprimer des petits tableaux de clair obscur, ne différe de celui de Hugo Carpi, qu’en ce qu’il frotte ses planches de deux ou trois couleurs au lieu d’encre, ce qui forme ces ouvrages amphibies, qu’on ne peut appeller ni tableaux ni estampes.
Gravure à la maniére noire : c’est une maniere de graver, dont l’invention est assez nouvelle : on l’appelle ainsi parce qu’au lieu de préparer la planche en polissant, on la prépare par une gravure fine, croisée dans tous les sens & uniforme, qui l’occupe entierement, ensorte que si on l’imprimoit après la préparation, on en tireroit une empreinte très forte, & également noire par tout.
La
gravure noire est donc celle qui au lieu de burin pour former les traits & les ombres, se sert de brunissoir pour tirer les objets de l’obscurité, en leur distribuant peu à peu les lumieres qui leur conviennent.

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GRAVURE s’entend & de l’Art de graver, & de l’ouvrage même de gravure.
Il est étonnant que le secret de la
gravûre sur les cornalines, sur les agathes, & les autres pierres précieuses, secret que possédoient les anciens, ne les ait pas conduits à l’invention de la grâvure sur cuivre ; & qu’ils n’ayent pas imaginé que de même qu’on tiroit sur la cire & sur d’autres matiéres molles, des empreintes des pierres gravées, on pourroit aussi en tirer de pareilles des planches de cuivre : ce dernier secret n’a été connu que vers le milieu du quinziéme siécle. Il n’est pas vrai, comme le dit Felibien, que les Graveurs en pierre ayent été les Inventeurs. Il faut avouer que cette invention à l’autre, le trajet étoit court ; cependant on a été plus de deux mille ans à le faire. 
L’invention des estampes est dûe à Manso Finiguerra, où plutôt au hazard, puisque cet Orfévre Florentin rencontra ce secret sans la chercher.
Voyez ESTAMPE.
On
grave sur différentes matiéres, mais plus ordinairement sur le bois & sur le cuivre. Pour graver sur le bois, on à une planche de poirier ou de buis fort unie, on dessine son sujet sur cette planche, ensuite on évide le bois, en épargnant soigneusement les traits du dessein qui restent de relief. Les instrumens dont on se sert pour ce travail, sont le canif & le cizelet. 
Pour
graver en cuivre, on a une planche de cuivre rouge, bien battu & bien poli. On dessine son sujet sur cette planche, & on le grave avec le burin. Il faut que le burin soit bien acéré, & de bonne trempe. 
La
gravûre à l’eau forte demande plus de préparatifs : il faut d’abord chauffer la planche de cuivre sur le feu, ensuite on y étend un vernis que l’on noircit, en exposant la planche à une chandelle, du côté que l’on a appliqué le vernis : après cela on calque sur cette planche un dessein qu’on a fait à part, & que l’on a bien frotté de sanguine, ou d’une autre composition. Par ce moyen la sanguine s’imprime aisément sur le vernis, & y marque tous les traits du dessein. 
L’outil dont on se sert pour graver est l’échoppe. C’est une espece d’aiguille ovale le plus ou moins grosse selon la nature du travail. Quand les traits sont bien formés, on coule l’eau forte sur la planche, qu’on a eu soin de border de cire, ensorte que ses petits parois retiennent l’eau forte : on a aussi l’attention de prendre garde que l’eau ne morde pas également tout. Pour cela lorsque certaines parties qui doivent être plus épargnées, ont assez reçû de cette eau, on les frotte d’une composition d’huile & de suif, pour empêcher l’eau forte de pénétrer plus avant. 
La
gravure au burin est plus tendre & plus délicate.
La
gravure à l’eau forte est plus mâle, plus expressive, & plus propre aux grandes ordonnances. 
La
gravure en bois, quoique susceptible de beauté, est fort négligée aujourd’hui. 
Un certain Hugo de Carpi inventa une maniere de graver en bois qui paroissoient lavées de clair obscur. 
Il faisoit pour cet effet trois planches différentes pour la même estampe ; l’une servoit pour les jours & les grandes lumiéres, l’autre pour les demi-teintes, & la troisiéme pour les jours & les ombres fortes : ce secret a été renouvellé de nos jours par M..... dont les estampes coloriées ont causé plus de surprise que de plaisir : je dis renouvellé, car son secret pour imprimer des petits tableaux de clair obscur, ne différe de celui de Hugo Carpi, qu’en ce qu’il frotte ses planches de deux ou trois couleurs au lieu d’encre, ce qui forme ces ouvrages amphibies, qu’on ne peut appeller ni tableaux ni estampes.
Gravure à la maniére noire : c’est une maniere de graver, dont l’invention est assez nouvelle : on l’appelle ainsi parce qu’au lieu de préparer la planche en polissant, on la prépare par une gravure fine, croisée dans tous les sens & uniforme, qui l’occupe entierement, ensorte que si on l’imprimoit après la préparation, on en tireroit une empreinte très forte, & également noire par tout.
La
gravure noire est donc celle qui au lieu de burin pour former les traits & les ombres, se sert de brunissoir pour tirer les objets de l’obscurité, en leur distribuant peu à peu les lumieres qui leur conviennent.

Quotation

Nous aprenons de Felibien dans la vie de Poussin, que ce Peintre consulté sur la Peinture, par un de ses amis, luy avoit écrit, qu'elle est une imitation faite avec lignes & couleurs, en quelque superficie, de tout ce qui se voit sous le Soleil, dont la fin est la delectation. Quoique cette définition parte de la main d'un des plus excellens Peintres qui ont paru dans ces derniers siecles : Il semble pourtant qu'on y pourroit ajouter quelque circonstance, pour en faire une description achevée : parce que l'étude des Peintres ne se borne pas seulement à l'imitation des choses visibles : Ils les doivent encore representer, dans la plus parfaite idée qu'elles peuvent donner ; Et la fin de cet Art n'est pas de plaire uniquement aux yeux : Mais d'avertir, d'enseigner, & de plaire à même tems.

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[...] 
TRAIT, terme de Peinture. C’est la ligne que décrit la plume ou le pinceau.
Faire une tête d’un seul tr
ait, les traits du visage.
Félibien remarque que le mot
trait est plus pittoresque que Lineament.
On dit former, ébaucher les
traits d’un visage, d’une figure, le trait d’une perspective. 
Dans la voûte de l’Eglise des Carmelites de St. Jaques, il y a un morceau de perspective admirable, dont Desargues a donné le trait à Champagne. 
Donner le
trait d’une perspective, c’est en réduire les proportions rélativement à l’effet qu’elle doit produire.

Quotation

Nous aprenons de Felibien dans la vie de Poussin, que ce Peintre consulté sur la Peinture, par un de ses amis, luy avoit écrit, qu'elle est une imitation faite avec lignes & couleurs, en quelque superficie, de tout ce qui se voit sous le Soleil, dont la fin est la delectation.

Quotation

MŒLEUX, c’est ainsi qu’il faut l’écrire, & non pas mouelleux, comme a fait Felibien dans son Dictionaire. On dit des plis moëleux, un pinceau moëleux. Faire gras & moëleux, c’est l’opposé de faire sec.

Quotation

Rede bey Examinirung eines Kunst-Gemäldes, p. 25-26
Die Griechen haben die Mahler-Kunst in fünff Theile getheilet/ und ob schon der berühmte Nicolaus Poussin/ selbige in neun/ der gelehrte Felibien in drey/ und die Französische
Academie in sechs Theile theilet/ so werde ich doch dessen ungeacht/ heute und nahero immerdar/ beym Examine eines Gemähldes/ der Griechischen Eintheilung mich bedienen :Dann ob gleich ich die Ordnung und Eintheilung der Französische Academie, was die Erlernung der Kunst betrifft/ vor unverbesserlich halte/ so muß sie doch bey Verfertigung  eines Kunst-Gemähldes (und folglich auch bey Examine desselben) der Griechischen Eintheilung weichen.
Die Ordnung und Namen der Griechischen Eintheilung aber seind. Erstlich
Inventio, Zweytens Proportio, Drittens Expressio, Vierdtens Colorit, und Fünfftens Perspectiv

Quotation

PEINDRE, PEINTRE, PEINTURE. Peindre, c’est representer une chose avec des couleurs ; la Peinture est cette représentation ; le Peintre est celui qui la fait. Peindre en huile ; peindre en détrempe ; peindre à fraisque ; peindre en pastel ; peindre en miniature ; peindre en émail ; peindre sur verre, sur bois, sur cuivre, &c. Peindre l’Histoire, le Païsage, le Portrait, les Animaux, les Fleurs, les Grotesques, &c. 
M. de Piles définit ainsi la peinture. 
C’est un Art, dit-il, qui par le moyen du dessein & la couleur, imite sur une superficie plate tous les objets visibles
La
Peinture, suivant la division commune, renferme trois parties, la composition, le dessein & le coloris. 
On peut, comme je l’ai remarqué, y ajouter l’
expression. Voyez EXPRESSION. 
Il est naturel de penser que l’ombre de l’homme a fait naître la premiere idée de la Peinture. [...]
Felibien ne nous apprend rien de nouveau lorsqu’il dit dans son
Vocabulaire [car c’est tout le nom que mérite son dictionnaire imparfait, où il a obmis les trois quarts des termes de l’Art] qu’il faut dire peindre, & non pas peinturer
Peinturer est un mot barbare que Menage a essayé en vain de soutenir, & que l’usage, l’arbitre souverain des langues a proscrit. On est surpris de le trouver dans les Dictionnaires estimés, & de n’y point trouver d’autres termes qui sont dans la bouche de tous les Peintres. 
Les meilleurs Auteurs qui ayent écrit sur la Peinture, sont Leonard de Vinci, M. de Chambrai, Vazari, Felibien, de Piles, & M. Coypel. 
Nous avons deux Poëmes latins sur la Peinture, l’un d’Alphonse du Fresnoy, intitulé,
de Arte Graphica l’autre de Mr l’Abbé de M. qui a pour titre Pictura : l’un & l’autre ont été traduits en François, & imprimés plusieurs fois. 
Nous avons aussi deux Poëmes François sur le même sujet, l’un de Perrault & l’autre de Moliere. Celui de Perrault n’a pas fait plus de fortune que ses paralleles.

Quotation

PEINDRE, PEINTRE, PEINTURE. Peindre, c’est representer une chose avec des couleurs ; la Peinture est cette représentation ; le Peintre est celui qui la fait. Peindre en huile ; peindre en détrempe ; peindre à fraisque ; peindre en pastel ; peindre en miniature ; peindre en émail ; peindre sur verre, sur bois, sur cuivre, &c. Peindre l’Histoire, le Païsage, le Portrait, les Animaux, les Fleurs, les Grotesques, &c. 
M. de Piles définit ainsi la peinture. 
C’est un Art, dit-il, qui par le moyen du dessein & la couleur, imite sur une superficie plate tous les objets visibles
La
Peinture, suivant la division commune, renferme trois parties, la composition, le dessein & le coloris. 
On peut, comme je l’ai remarqué, y ajouter l’
expression. Voyez EXPRESSION. 
Il est naturel de penser que l’ombre de l’homme a fait naître la premiere idée de la Peinture. [...]
Felibien ne nous apprend rien de nouveau lorsqu’il dit dans son
Vocabulaire [car c’est tout le nom que mérite son dictionnaire imparfait, où il a obmis les trois quarts des termes de l’Art] qu’il faut dire peindre, & non pas peinturer
Peinturer est un mot barbare que Menage a essayé en vain de soutenir, & que l’usage, l’arbitre souverain des langues a proscrit. On est surpris de le trouver dans les Dictionnaires estimés, & de n’y point trouver d’autres termes qui sont dans la bouche de tous les Peintres. 
Les meilleurs Auteurs qui ayent écrit sur la Peinture, sont Leonard de Vinci, M. de Chambrai, Vazari, Felibien, de Piles, & M. Coypel. 
Nous avons deux Poëmes latins sur la Peinture, l’un d’Alphonse du Fresnoy, intitulé,
de Arte Graphica l’autre de Mr l’Abbé de M. qui a pour titre Pictura : l’un & l’autre ont été traduits en François, & imprimés plusieurs fois. 
Nous avons aussi deux Poëmes François sur le même sujet, l’un de Perrault & l’autre de Moliere. Celui de Perrault n’a pas fait plus de fortune que ses paralleles.

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Les livres qui sont propres aux Peintres, sont la Bible, l’Histoire des Juifs, de Joseph, l’Histoire Romaine, le Tite Live, Homere, l’Histoire Ecclesiastique de Godeau, Baronius, les Metamorphoses d’Ovide de Durier, les tableaux de Philostrate, Plutarque des hommes illustres, Pausanias, la religion des Romains, la Colomne [sic] Trajane, les livres de medailles, les bas Reliefs de Perier, Horace, certains Romans capables d’entretenir le genie, & de fortifier par les belles idées, qu’ils donnent des choses.
Le Peintre peut encore se servir, quand il en aura besoin de la Mitologie des Dieux, les images des Dieux, l’Inconologie [sic], les Fables d’Hyginus, la perspective pratique, Leonard de Vinci Paul Lomasse, Jean Baptiste Armeniny, Franciscus Junius, le Sieur de Cambray, Monsieur Felibien sur le tableau d’Alexandre de la main de Monsieur le Brun.
Voila a peu prés la bibliotheque d’un Peintre qu’il doit lire souvent, à moins qu’il ne veuille se contenter de posseder la peinture, comme le plus sale de tous les Métiers, & non comme le plus noble de tous les Arts.

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PEINDRE, PEINTRE, PEINTURE. Peindre, c’est representer une chose avec des couleurs ; la Peinture est cette représentation ; le Peintre est celui qui la fait. Peindre en huile ; peindre en détrempe ; peindre à fraisque ; peindre en pastel ; peindre en miniature ; peindre en émail ; peindre sur verre, sur bois, sur cuivre, &c. Peindre l’Histoire, le Païsage, le Portrait, les Animaux, les Fleurs, les Grotesques, &c. 
M. de Piles définit ainsi la peinture. 
C’est un Art, dit-il, qui par le moyen du dessein & la couleur, imite sur une superficie plate tous les objets visibles
La
Peinture, suivant la division commune, renferme trois parties, la composition, le dessein & le coloris. 
On peut, comme je l’ai remarqué, y ajouter l’
expression. Voyez EXPRESSION. 
Il est naturel de penser que l’ombre de l’homme a fait naître la premiere idée de la Peinture. [...]
Felibien ne nous apprend rien de nouveau lorsqu’il dit dans son
Vocabulaire [car c’est tout le nom que mérite son dictionnaire imparfait, où il a obmis les trois quarts des termes de l’Art] qu’il faut dire peindre, & non pas peinturer
Peinturer est un mot barbare que Menage a essayé en vain de soutenir, & que l’usage, l’arbitre souverain des langues a proscrit. On est surpris de le trouver dans les Dictionnaires estimés, & de n’y point trouver d’autres termes qui sont dans la bouche de tous les Peintres. 
Les meilleurs Auteurs qui ayent écrit sur la Peinture, sont Leonard de Vinci, M. de Chambrai, Vazari, Felibien, de Piles, & M. Coypel. 
Nous avons deux Poëmes latins sur la Peinture, l’un d’Alphonse du Fresnoy, intitulé,
de Arte Graphica l’autre de Mr l’Abbé de M. qui a pour titre Pictura : l’un & l’autre ont été traduits en François, & imprimés plusieurs fois. 
Nous avons aussi deux Poëmes François sur le même sujet, l’un de Perrault & l’autre de Moliere. Celui de Perrault n’a pas fait plus de fortune que ses paralleles.

Quotation

Nous aprenons de Felibien dans la vie de Poussin, que ce Peintre consulté sur la Peinture, par un de ses amis, luy avoit écrit, qu'elle est une imitation faite avec lignes & couleurs, en quelque superficie, de tout ce qui se voit sous le Soleil, dont la fin est la delectation. Quoique cette définition parte de la main d'un des plus excellens Peintres qui ont paru dans ces derniers siecles : Il semble pourtant qu'on y pourroit ajouter quelque circonstance, pour en faire une description achevée : parce que l'étude des Peintres ne se borne pas seulement à l'imitation des choses visibles : Ils les doivent encore representer, dans la plus parfaite idée qu'elles peuvent donner ; Et la fin de cet Art n'est pas de plaire uniquement aux yeux : Mais d'avertir, d'enseigner, & de plaire à même tems.

Quotation

PERSPECTIVE. C’est l’Art de réprésenter les objets selon les diférences qu’y cause l’éloignement, soit par la couleur, soit pour la figure. [...]
On appelle encore
perspective une Peinture qui représente des objets dans l’éloignement, comme des forêts, des bâtimens, des mers. 
[...]
La
Perspective Aërienne est celui qui represente les objets selon les diférences qu’y cause l’interposition de l’air plus ou moins épais.
A mesure que les objets s’enfoncent dans l’air, ils s’éloignent de nos yeux, & paroissent moins colorés. De même que dans l’eau les poissons qui nagent le plus près de la superficie se voient plus distinctement, ceux qui nagent plus bas paroissent moins, & disparoissent enfin à mesure qu’ils s’enfoncent : ainsi quand les images des objets passent par le milieu de l’air, ils diminuent, ils s’affoiblissent, ils se perdent, ils se confondent avec l’air même.
Félibien. 
Ainsi la
Perspective Aërienne, est la diminution des teintes & des couleurs, selon que l’air est plus ou moins chargé. 
La
Perspective lineale est la diminution des lignes, suivant les distances. 
On distingue dans la
perspective ordinaire trois lignes principales : la premiere est la ligne de terre, la seconde est la ligne horisontale, la troisiéme est la ligne de distance qui est toujours parallele à la ligne horisontale
La
perspective Aërienne est d’une grande pratique dans les Paysages. 
Le Poussin avoit une profonde connoissance de cette
perspective.

Quotation

PERSPECTIVE. C’est l’Art de réprésenter les objets selon les diférences qu’y cause l’éloignement, soit par la couleur, soit pour la figure. [...]
On appelle encore
perspective une Peinture qui représente des objets dans l’éloignement, comme des forêts, des bâtimens, des mers. 
[...]
La
Perspective Aërienne est celui qui represente les objets selon les diférences qu’y cause l’interposition de l’air plus ou moins épais.
A mesure que les objets s’enfoncent dans l’air, ils s’éloignent de nos yeux, & paroissent moins colorés. De même que dans l’eau les poissons qui nagent le plus près de la superficie se voient plus distinctement, ceux qui nagent plus bas paroissent moins, & disparoissent enfin à mesure qu’ils s’enfoncent : ainsi quand les images des objets passent par le milieu de l’air, ils diminuent, ils s’affoiblissent, ils se perdent, ils se confondent avec l’air même.
Félibien. 
Ainsi la
Perspective Aërienne, est la diminution des teintes & des couleurs, selon que l’air est plus ou moins chargé. 
La
Perspective lineale est la diminution des lignes, suivant les distances. 
On distingue dans la
perspective ordinaire trois lignes principales : la premiere est la ligne de terre, la seconde est la ligne horisontale, la troisiéme est la ligne de distance qui est toujours parallele à la ligne horisontale
La
perspective Aërienne est d’une grande pratique dans les Paysages. 
Le Poussin avoit une profonde connoissance de cette
perspective.

Quotation

PERSPECTIVE. C’est l’Art de réprésenter les objets selon les diférences qu’y cause l’éloignement, soit par la couleur, soit pour la figure. [...]
On appelle encore
perspective une Peinture qui représente des objets dans l’éloignement, comme des forêts, des bâtimens, des mers. 
[...]
La
Perspective Aërienne est celui qui represente les objets selon les diférences qu’y cause l’interposition de l’air plus ou moins épais.
A mesure que les objets s’enfoncent dans l’air, ils s’éloignent de nos yeux, & paroissent moins colorés. De même que dans l’eau les poissons qui nagent le plus près de la superficie se voient plus distinctement, ceux qui nagent plus bas paroissent moins, & disparoissent enfin à mesure qu’ils s’enfoncent : ainsi quand les images des objets passent par le milieu de l’air, ils diminuent, ils s’affoiblissent, ils se perdent, ils se confondent avec l’air même.
Félibien. 
Ainsi la
Perspective Aërienne, est la diminution des teintes & des couleurs, selon que l’air est plus ou moins chargé. 
La
Perspective lineale est la diminution des lignes, suivant les distances. 
On distingue dans la
perspective ordinaire trois lignes principales : la premiere est la ligne de terre, la seconde est la ligne horisontale, la troisiéme est la ligne de distance qui est toujours parallele à la ligne horisontale
La
perspective Aërienne est d’une grande pratique dans les Paysages. 
Le Poussin avoit une profonde connoissance de cette
perspective.

Quotation

[...]
PRÉCIEUX se dit en parlant du coloris, & se prend toujours en bonne part. 
Un coloris
précieux
Le Titien étoit
précieux dans son coloris ; « on trouve dans les tableaux du Titien, dit Felibien, de la vivacité, de la force, & je ne sçai quoi de précieux que l’on y admire. »
Les exemples que je viens de citer expliqueront mieux ce mot, que toutes les définitions auroit pû donner.

Quotation

REFLETS [Felibien écrit reflais, & se trompe] Lumieres fortes refléchies d’un tableau.
Les
reflets doivent être plus ou moins forts selon la densité & le poliment des corps d’où ils partent. Dans un tableau il y a des parties qui ne sont éclairées que par des reflets.

Quotation

RESSEMBLANCE, rapport d’une copie avec l’original. Attraper la ressemblance
Les Peintres médiocres saisissent la
ressemblance
Les grands Peintres la manquent quelquefois :
Voyez ce que dit Felibien à ce sujet. Entretiens sur les vies des Peintres. 
Tom. III. pag. 453.

Quotation

[...] 
RICHE. On dit, une composition
riche, des ornemens riches, de riches accommodemens.
Felibien a dit : le
Titien !avoit vêtir ses figures d’une maniere riche & avantageuse.

Quotation

Esquisse est un premier crayon, ou une legere ébauche d’un Ouvrage que l’on médite, les Italiens disent Schizzo.

Quotation

[...]
SVELTE. Agile, degagé : figure
svelte. Les Italiens disent Svelto
Felibien, ou son imprimeur, écrit
suelte par un u voyelle, c’est une faute.

Quotation

[...]
SVELTE. Agile, degagé : figure
svelte. Les Italiens disent Svelto
Felibien, ou son imprimeur, écrit
suelte par un u voyelle, c’est une faute.

Quotation

Rede bey Examinirung eines Kunst-Gemäldes, p. 25-26
Die Griechen haben die Mahler-Kunst in fünff Theile getheilet/ und ob schon der berühmte Nicolaus Poussin/ selbige in neun/ der gelehrte Felibien in drey/ und die Französische
Academie in sechs Theile theilet/ so werde ich doch dessen ungeacht/ heute und nahero immerdar/ beym Examine eines Gemähldes/ der Griechischen Eintheilung mich bedienen :Dann ob gleich ich die Ordnung und Eintheilung der Französische Academie, was die Erlernung der Kunst betrifft/ vor unverbesserlich halte/ so muß sie doch bey Verfertigung  eines Kunst-Gemähldes (und folglich auch bey Examine desselben) der Griechischen Eintheilung weichen.
Die Ordnung und Namen der Griechischen Eintheilung aber seind. Erstlich
Inventio, Zweytens Proportio, Drittens Expressio, Vierdtens Colorit, und Fünfftens Perspectiv

Quotation

[...] 
TESTE, c’est la premiere & la plus noble partie du corps humain, & celle qui veut être touchée avec plus de soin : voici en quoi consiste sa beauté. Sa forme doit être presque ronde, le front ne doit être ni trop grand, ni trop petit, ni trop plat, ni trop relevé, mais s’arrondir doucement du côté des tempes, ensorte qu’il paroisse uni & sans tache. Les yeux doivent être grands, bien fendus, vifs & doux, placés à fleur de
tête, couverts d’un sourcil noir, qui commençant auprès du nez, vienne à se courber doucement en forme d’un demi-cercle, jusqu’à l’angle extérieur de l’œil. Les jouës doivent avoir un embonpoint convenable, une fermeté délicate, de l’incarnat & de la blancheur, de la gayeté, de l’éclat & de la fraîcheur. Les oreilles, que les habiles Peintres ont coutume de laisser découvertes, doivent être petites, vermeilles, arrondies, avec ces tours & ces repris qui en font l’ornement. Le nez doit être un peu aquilin, & taillé de telle sorte que s’élevant un peu vers le milieu, il divise le visage en deux parties égales. Il faut que la bouche soit petite, les lévres vermeilles, délicates, & fermées, le menton bien arrondi, le cou blanc & poli , bien droit, & plutôt long que court, principalement dans les femmes. Félibien.

Quotation

[...] 
TUER, éteindre, détruire. On dit cette figure en
tuë une autre : une couleur tuë une autre couleur.
Felibien a dit, « Il faut imprimer sa toile de couleurs qui ne viennent pas à
tuer celles qu’on y mettra ensuite, comme seroit la terre d’ombre.

Quotation

Rede bey Examinirung eines Kunst-Gemäldes, p. 25-26
Die Griechen haben die Mahler-Kunst in fünff Theile getheilet/ und ob schon der berühmte Nicolaus Poussin/ selbige in neun/ der gelehrte Felibien in drey/ und die Französische
Academie in sechs Theile theilet/ so werde ich doch dessen ungeacht/ heute und nahero immerdar/ beym Examine eines Gemähldes/ der Griechischen Eintheilung mich bedienen :Dann ob gleich ich die Ordnung und Eintheilung der Französische Academie, was die Erlernung der Kunst betrifft/ vor unverbesserlich halte/ so muß sie doch bey Verfertigung  eines Kunst-Gemähldes (und folglich auch bey Examine desselben) der Griechischen Eintheilung weichen.
Die Ordnung und Namen der Griechischen Eintheilung aber seind. Erstlich
Inventio, Zweytens Proportio, Drittens Expressio, Vierdtens Colorit, und Fünfftens Perspectiv

Quotation

Les livres qui sont propres aux Peintres, sont la Bible, l’Histoire des Juifs, de Joseph, l’Histoire Romaine, le Tite Live, Homere, l’Histoire Ecclesiastique de Godeau, Baronius, les Metamorphoses d’Ovide de Durier, les tableaux de Philostrate, Plutarque des hommes illustres, Pausanias, la religion des Romains, la Colomne [sic] Trajane, les livres de medailles, les bas Reliefs de Perier, Horace, certains Romans capables d’entretenir le genie, & de fortifier par les belles idées, qu’ils donnent des choses.
Le Peintre peut encore se servir, quand il en aura besoin de la Mitologie des Dieux, les images des Dieux, l’Inconologie [sic], les Fables d’Hyginus, la perspective pratique, Leonard de Vinci Paul Lomasse, Jean Baptiste Armeniny, Franciscus Junius, le Sieur de Cambray, Monsieur Felibien sur le tableau d’Alexandre de la main de Monsieur le Brun.
Voila a peu prés la bibliotheque d’un Peintre qu’il doit lire souvent, à moins qu’il ne veuille se contenter de posseder la peinture, comme le plus sale de tous les Métiers, & non comme le plus noble de tous les Arts.

Quotation

Nous aprenons de Felibien dans la vie de Poussin, que ce Peintre consulté sur la Peinture, par un de ses amis, luy avoit écrit, qu'elle est une imitation faite avec lignes & couleurs, en quelque superficie, de tout ce qui se voit sous le Soleil, dont la fin est la delectation. Quoique cette définition parte de la main d'un des plus excellens Peintres qui ont paru dans ces derniers siecles : Il semble pourtant qu'on y pourroit ajouter quelque circonstance, pour en faire une description achevée : parce que l'étude des Peintres ne se borne pas seulement à l'imitation des choses visibles : Ils les doivent encore representer, dans la plus parfaite idée qu'elles peuvent donner ; Et la fin de cet Art n'est pas de plaire uniquement aux yeux : Mais d'avertir, d'enseigner, & de plaire à même tems.

Quotation

Le Dessein est fort équivoque & se prend de differentes façons, qu'on peut reduire à trois, comme a fait M. Felibien dans ses Entretiens sur les vies des Peintres. L'on appelle Dessein, la volonté de faire ou de dire quelque chose, & c'est dans ce sens-là qu'on dit, Un tel est venu à bon ou à mauvais dessein. L'on appelle encore Dessein la pensée d'un Tableau que le Peintre met au dehors sur du papier ou sur de la toile pour juger de l'effet de l'Ouvrage qu'il medite ; & de cette maniere l'on peut appeller du nom de Dessein non seulement un esquisse : mais encore un Ouvrage bien entendu de lumieres & d'ombres, ou même un Tableau bien colorié. C’est de cette sorte que Rubens faisoit presque tous ses Desseins, & de la maniere qu'ont été faits ceux dont vous parlez. Enfin l'on appelle Dessein, les justes mesures, les proportions & les formes exterieures que doivent avoir les objets qui sont imitez d'aprés la Nature. Et c'est de cette derniere sorte que l'on entend le Dessein qui fait une des parties de la Peinture.

Quotation

CONDUIRE, CONDUITE. 
Conduire signifie diriger, ménager, distribuer.
Des jours & des ombres
conduits judicieusement. Felibien a dit ; un tableau bien conduit de couleurs, c’est-à-dire, où les couleurs sont ménagées, & distribuées avec Art. Il y a beaucoup de conduite dans les compositions du Poussin, c’est-à-dire, beaucoup d’entente & d’ordonnance.

Quotation

COSTUMÉ, ce mot est tout Italien ; il signifie proprement usage, coutume. 
On l’entend ; 1°. de tout ce qui concerne les usages, les mœurs, les habillemens, les armes, la physionomie, & la façon de vivre de chaque peuple : ainsi c’est pécher contre le
costumé, que d’habiller ou d’armer des grecs, comme des Perses, des Romains, comme des François, de représenter César avec un chapeau, des gans une perruque ; 2°. on entend par Costumé, tout ce qui regarde la chronologie, l’ordre des temps, & la vérité de certains faits connus de tout le monde. 
Raphaël a péché contre le
costumé, lorsqu’il a représenté les modestes Archidiacres de l’Eglise Romaine du temps de S. Leon, avec tout l’éclat & tout le faste que la Cour de Rome avoit du temps de Leon X. 
Paul Veronese a péché contre le
costumé en plaçant des Bénédictins au festin de Cana ; 3°. on entend par costumé tout ce qui concerne les bienséances, le caractére & les convenances propres de chaque âge & de chaque condition : ainsi c’est pécher contre le costumé que de mettre la tête d’un jeune homme sur le corps d’un vieillard, ou une main blanche sur un corps halé, d’habiller un Hercule d’une étoffé légére, & un Apollon d’une grosse étoffe. 
4°. Enfin l’on entend par
costumé tout ce qui regarde la nature, la qualité & la propriété esentielle des élémens, des corps & de toutes les choses naturelles.
Ne pas observer toutes ces choses, c’est pécher contre le
costumé. Telle est la véritable signification du mot costumé, que les Auteurs du Dictionnaire de Trévoux ont bien mal entendu. Il seroit difficile de le définir plus mal qu’ils n’ont fait. Voici cet article tel que je l’ai trouvé dans l’Edition en 5 volumes de l’année 1721. 
« Costume, terme de Peinture. Delineatio. Les grands Peintres Lombards se sont plus attachés à ce qui regarde la couleur, qu’à ce qui regarde le dessein, & à ce qu’on appelle costumé. »
Felibien
Il seroit inutile de relever l’erreur visible de ces lexicographes, qui ont confondu le
costumé avec le dessein, Delineatio, comme si c’étoient des mots synonimes. Je remarquerai seulement que ce qui a occasionné cette erreur, c’est la passage même de Felibien qu’ils ont cité, & qu’il n’ont pas compris. Ils ont cru que ces derniéres paroles à ce qui est du dessein, & à ce qu’on appelle costumé, renfermoient précisément la même idée, & que par le mot de dessein & de costumé, Félibien n’entendoit qu’une même chose.

Quotation

ENTENTE, intelligence. Il y a beaucoup d’entente dans ce tableau. Il y a bien peu d’entente dans cet autre. Une belle entente de lumiéres & d’ombres. Félibien a dit : Un tableau bien conduit d’ententes de lumiéres. Mais cette phrase me paroit barbare.

Quotation

ESQUISSE, ESQUISSER. L’esquisse est le premier crayon d’un ouvrage que l’on médite. Les Italiens disent schizzo
« Les Peintres, dit Félibien, ne dessinent pas d’abord avec justesse toutes les parties, ils en font une légère
esquisse, où ils établissent l’ordre de leurs pensées. » Esquisser un bras, une tête, une pensée, un dessein ; son opposé est arrêter, finir, terminer. Les Sculpteurs ont emprunté ce terme, & ils appellent esquisse les premiers modéles de terre ou de cire qu’ils font. 
Ebauche &
esquisse ne sont pas des mots tout-à-fait synonimes. L’esquisse est proprement la premiere pensée d’un tableau que l’on jette rapidement sur un papier, sur un carton séparé. L’ébauche est le commencement du tableau même, dont on trace les premieres lignes sur la toile. L’esquisse est séparée du tableau. L’ébauche se fait sur le tableau même. Nous avons les esquisses de Raphaël, de Jules Romain : Nous ne sçaurions avoir leurs ébauches : cependant ces deux mots se confondent dans le langage ordinaire ; mais c’est aux Léxicographes à marquer exactement leur signification propre, & c’est ce que la plûpart des Dictionnaires n’ont pas fait, nommément le Trévoux.
Mr de Piles a fait ce mot masculin. 
Il a dit des es
quisses légers.

Quotation

FINIMENT, FINIR. Finir, c’est achever avec soin, perfectionner. Ce tableau est bien fini. Finiment ne se dit gueres que des petits ouvrages de portraiture, ou de miniature, qui sont travaillés avec beaucoup d’exactitude & de délicatesse. Felibien a dit : il y a un grand finiment dans cet ouvrage.

Quotation

GRAVURE s’entend & de l’Art de graver, & de l’ouvrage même de gravure.
Il est étonnant que le secret de la
gravûre sur les cornalines, sur les agathes, & les autres pierres précieuses, secret que possédoient les anciens, ne les ait pas conduits à l’invention de la grâvure sur cuivre ; & qu’ils n’ayent pas imaginé que de même qu’on tiroit sur la cire & sur d’autres matiéres molles, des empreintes des pierres gravées, on pourroit aussi en tirer de pareilles des planches de cuivre : ce dernier secret n’a été connu que vers le milieu du quinziéme siécle. Il n’est pas vrai, comme le dit Felibien, que les Graveurs en pierre ayent été les Inventeurs. Il faut avouer que cette invention à l’autre, le trajet étoit court ; cependant on a été plus de deux mille ans à le faire. 
L’invention des estampes est dûe à Manso Finiguerra, où plutôt au hazard, puisque cet Orfévre Florentin rencontra ce secret sans la chercher.
Voyez ESTAMPE.
On
grave sur différentes matiéres, mais plus ordinairement sur le bois & sur le cuivre. Pour graver sur le bois, on à une planche de poirier ou de buis fort unie, on dessine son sujet sur cette planche, ensuite on évide le bois, en épargnant soigneusement les traits du dessein qui restent de relief. Les instrumens dont on se sert pour ce travail, sont le canif & le cizelet. 
Pour
graver en cuivre, on a une planche de cuivre rouge, bien battu & bien poli. On dessine son sujet sur cette planche, & on le grave avec le burin. Il faut que le burin soit bien acéré, & de bonne trempe. 
La
gravûre à l’eau forte demande plus de préparatifs : il faut d’abord chauffer la planche de cuivre sur le feu, ensuite on y étend un vernis que l’on noircit, en exposant la planche à une chandelle, du côté que l’on a appliqué le vernis : après cela on calque sur cette planche un dessein qu’on a fait à part, & que l’on a bien frotté de sanguine, ou d’une autre composition. Par ce moyen la sanguine s’imprime aisément sur le vernis, & y marque tous les traits du dessein. 
L’outil dont on se sert pour graver est l’échoppe. C’est une espece d’aiguille ovale le plus ou moins grosse selon la nature du travail. Quand les traits sont bien formés, on coule l’eau forte sur la planche, qu’on a eu soin de border de cire, ensorte que ses petits parois retiennent l’eau forte : on a aussi l’attention de prendre garde que l’eau ne morde pas également tout. Pour cela lorsque certaines parties qui doivent être plus épargnées, ont assez reçû de cette eau, on les frotte d’une composition d’huile & de suif, pour empêcher l’eau forte de pénétrer plus avant. 
La
gravure au burin est plus tendre & plus délicate.
La
gravure à l’eau forte est plus mâle, plus expressive, & plus propre aux grandes ordonnances. 
La
gravure en bois, quoique susceptible de beauté, est fort négligée aujourd’hui. 
Un certain Hugo de Carpi inventa une maniere de graver en bois qui paroissoient lavées de clair obscur. 
Il faisoit pour cet effet trois planches différentes pour la même estampe ; l’une servoit pour les jours & les grandes lumiéres, l’autre pour les demi-teintes, & la troisiéme pour les jours & les ombres fortes : ce secret a été renouvellé de nos jours par M..... dont les estampes coloriées ont causé plus de surprise que de plaisir : je dis renouvellé, car son secret pour imprimer des petits tableaux de clair obscur, ne différe de celui de Hugo Carpi, qu’en ce qu’il frotte ses planches de deux ou trois couleurs au lieu d’encre, ce qui forme ces ouvrages amphibies, qu’on ne peut appeller ni tableaux ni estampes.
Gravure à la maniére noire : c’est une maniere de graver, dont l’invention est assez nouvelle : on l’appelle ainsi parce qu’au lieu de préparer la planche en polissant, on la prépare par une gravure fine, croisée dans tous les sens & uniforme, qui l’occupe entierement, ensorte que si on l’imprimoit après la préparation, on en tireroit une empreinte très forte, & également noire par tout.
La
gravure noire est donc celle qui au lieu de burin pour former les traits & les ombres, se sert de brunissoir pour tirer les objets de l’obscurité, en leur distribuant peu à peu les lumieres qui leur conviennent.