ARISTOTELES ( 384 av. J.-C.-322 av. J.-C. )

ARISTOTELES ( 384 av. J.-C.-322 av. J.-C. )

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Ainsi tous les Arts dans tout ce qu’ils ont de vraiment artificiel, ne sont que des choses imaginaires, des êtres feints, copiés & imités d’après les véritables. C’est pour cela qu’on met sans cesse l’Art en opposition avec la Nature : qu’on n’entend partout que ce cri, que c’est la Nature qu’il faut imiter : que l’Art est parfait quand il la représente parfaitement : enfin que les chefs-d’œuvres de l’Art, sont ceux qui imitent si bien la Nature, qu’on les prend pour la Nature elle-même.
Et cette imitation pour laquelle nous avons tous une disposition si naturelle, puisque c’est l’exemple qui instruit & qui règle le genre humain,
Vivimus ad exempla, cette imitation, dis-je, est une des principales sources du plaisir que causent les Arts. L’esprit s’exerce dans la comparaison du modèle avec le portrait, & le jugement qu’il en porte, fait sur lui une impression d’autant plus agréable, qu’elle lui est un témoignage de sa pénétration & de son intelligence.
Et cette doctrine n’est pas nouvelle.
On la trouve par-tout chez les anciens. Aristote commence sa Poëtique par ce principe : que la Musique, la Danse, la Poësie, la Peinture, sont des Arts imitateurs (a). [...]
(a) […] M. Remond de S. Mard qui a beaucoup réfléchi sur l’essence de la Poësie & qui n’écrivant que pour les plus délicats n’a dû prendre que la fleur de son sujet, dit formellement dans une de ses Notes que les beaux Arts ne consistent que dans l’imitation. Voici ses termes : On n’y songe pas assez, la Poësie, la Musique, la Peinture sont trois Arts consacrés au plaisir, tous trois faits pour imiter la nature, tous trois destinés à imiter les mouvemens de l’ame : les tirer de là, c’est les deshonorer, c’est les montrer par leur endroit foible. […]

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Fab. C’est avec justice qu’on a toujours estimé les peintres, parce qu’ils semblent surpasser en esprit, & en courage les autres hommes ; puisqu’ils osent par leur art imiter ce que Dieu a fait, & le representer de maniere qu’il semble vrai : c’est ce qui fait que je ne m’etonne pas que les Grecs, qui connoissoient le sublime de la peinture, deffendissent aux esclaves de la professer. Aussi Aristote se garde bien de confondre cet art parmi les mecaniques, disant qu’on devroit etablir des ecoles publiques dans les villes, ou les enfants allassent apprendre.

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A Bay colour.
In Latine it is called
Baius aut castaneus color, A Bay or a Chestnut color, of all others it is most to bee commended in Horses, it commeth from the Greeke Βαιων which is a flip of the Date tree pulled off with the fruit, which is of this colour, in French Bay, Baiard, in Italian Baio, in high Dutch Kestenbraune taht is Chesnut Browne, it is also called of some Phænicus colour from Dates, which the Grecians call φοὶνικας but as I take it improperly, for colour Phæniceus, is either the colour of bright Purple, or of the rednesse of a Summer morning according to Aristotle […].

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A Bay colour.
In Latine it is called
Baius aut castaneus color, A Bay or a Chestnut color, of all others it is most to bee commended in Horses, it commeth from the Greeke Βαιων which is a flip of the Date tree pulled off with the fruit, which is of this colour, in French Bay, Baiard, in Italian Baio, in high Dutch Kestenbraune taht is Chesnut Browne, it is also called of some Phænicus colour from Dates, which the Grecians call φοὶνικας but as I take it improperly, for colour Phæniceus, is either the colour of bright Purple, or of the rednesse of a Summer morning according to Aristotle […].

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A Bay colour.
In Latine it is called
Baius aut castaneus color, A Bay or a Chestnut color, of all others it is most to bee commended in Horses, it commeth from the Greeke Βαιων which is a flip of the Date tree pulled off with the fruit, which is of this colour, in French Bay, Baiard, in Italian Baio, in high Dutch Kestenbraune taht is Chesnut Browne, it is also called of some Phænicus colour from Dates, which the Grecians call φοὶνικας but as I take it improperly, for colour Phæniceus, is either the colour of bright Purple, or of the rednesse of a Summer morning according to Aristotle […].

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De mesme que je vous ay nommé des Peintres de ce temps, qui semblent aller du pair avec les meilleurs des anciens […] : Aussi en avons nous d’autres, comme il y en a eu de toute antiquité, qui ne sont bons qu’à barboüiller, & qui blanchissant une muraille devant que de la peindre, feroient mieux de la peindre premierement, & puis de la blanchir. Aristote {L. 9. met. c. 8. l. 8 polit. c. 5. & l. de poe. c. 2.} met au rang de ces derniers un Pauson, dont il deffend à la jeunesse de regarder les ouvrages dépourveus de toute Morale, & qui eut neantmoins l’addresse de mettre le premier du verre au devant d’un portrait pour l’adoucir & le rendre plus agreable.

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A Bay colour.
In Latine it is called
Baius aut castaneus color, A Bay or a Chestnut color, of all others it is most to bee commended in Horses, it commeth from the Greeke Βαιων which is a flip of the Date tree pulled off with the fruit, which is of this colour, in French Bay, Baiard, in Italian Baio, in high Dutch Kestenbraune taht is Chesnut Browne, it is also called of some Phænicus colour from Dates, which the Grecians call φοὶνικας but as I take it improperly, for colour Phæniceus, is either the colour of bright Purple, or of the rednesse of a Summer morning according to Aristotle […].

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Le plus grand avantage qu’on en tire vient de ce qu’elle nous apprend en quoy consiste la derniere beauté de tout ce qu’elle represente, & sur tout celle du corps humain. 
Car il ne faut point douter que les Peintres ne jugent ordinairement mieux que le reste des hommes de la beauté humaine, tant à cause des regles qu’ils ont à l’esgard de la proportion des membres & des couleurs qui leur conviennent, que pource qu’ils exerçent incessamment leur imagination à former des Idées les plus accomplies qui se puissent concevoir.

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Ainsi tous les Arts dans tout ce qu’ils ont de vraiment artificiel, ne sont que des choses imaginaires, des êtres feints, copiés & imités d’après les véritables. C’est pour cela qu’on met sans cesse l’Art en opposition avec la Nature : qu’on n’entend partout que ce cri, que c’est la Nature qu’il faut imiter : que l’Art est parfait quand il la représente parfaitement : enfin que les chefs-d’œuvres de l’Art, sont ceux qui imitent si bien la Nature, qu’on les prend pour la Nature elle-même.
Et cette imitation pour laquelle nous avons tous une disposition si naturelle, puisque c’est l’exemple qui instruit & qui règle le genre humain,
Vivimus ad exempla, cette imitation, dis-je, est une des principales sources du plaisir que causent les Arts. L’esprit s’exerce dans la comparaison du modèle avec le portrait, & le jugement qu’il en porte, fait sur lui une impression d’autant plus agréable, qu’elle lui est un témoignage de sa pénétration & de son intelligence.
Et cette doctrine n’est pas nouvelle.
On la trouve par-tout chez les anciens. Aristote commence sa Poëtique par ce principe : que la Musique, la Danse, la Poësie, la Peinture, sont des Arts imitateurs (a). [...]
(a) […] M. Remond de S. Mard qui a beaucoup réfléchi sur l’essence de la Poësie & qui n’écrivant que pour les plus délicats n’a dû prendre que la fleur de son sujet, dit formellement dans une de ses Notes que les beaux Arts ne consistent que dans l’imitation. Voici ses termes : On n’y songe pas assez, la Poësie, la Musique, la Peinture sont trois Arts consacrés au plaisir, tous trois faits pour imiter la nature, tous trois destinés à imiter les mouvemens de l’ame : les tirer de là, c’est les deshonorer, c’est les montrer par leur endroit foible. […]

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Whether all colours be compounded of white and black or no.
Theophrastus hath long since laboured to proove blacke to be no colour at all, his reason is, because that colour is proper to none of the elements, for faith he, water, ayre and earth are white, and the fire is yellow, but rather would fetch it from white and yellow, whereto Scaliger leaving Aristotle, perhaps for singularitie sake, seemeth to give consent, who sets downe four primary or first colours, viz.
 
White in the dry body as the earth.
Greene in thicke and moyst as the water.
Blew in the thin and moyst as the ayre.
Yellow in the hot as the fire.
 
Yet not without reason, for
Aristotle affirmed that blacke was the privation of white, as darknesse of light, to that whom Scaliger replyes nothing can be made of privation and habit, but we will leave their argument.

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Blacke is so called from the Saxon word black, in French Noir, in Italian Nero, in Spanish Negro, from the Latine Niger, and from the Greeke, νεκρός, which signifieth Dead, because all dead and corrupted things are properly of this colour, the reason why they are so, Aristotle plainly sheweth where he saith τὸ δὲ μελαν χρῶμα συνακολουθεῖ τοῖς στοιχείοις εἰς ἄλληλα μεταβάλλουσι, which is, blacknesse doth accompany the elements, confounded or commixed one with another, as for example, of ayre and water mixed together, and consumed with fire is made a blacke colour, […] : these be the blacks which you most commonly use in painting, this colour is simple of it selfe.
Harts Horne burned.
Ordinary Lampe blacke.
            Date stones burned.
Ivory burned.
Manchet or white bread burned.
The blacke of Walnut shels.

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Whether all colours be compounded of white and black or no.
Theophrastus hath long since laboured to proove blacke to be no colour at all, his reason is, because that colour is proper to none of the elements, for faith he, water, ayre and earth are white, and the fire is yellow, but rather would fetch it from white and yellow, whereto Scaliger leaving Aristotle, perhaps for singularitie sake, seemeth to give consent, who sets downe four primary or first colours, viz.
 
White in the dry body as the earth.
Greene in thicke and moyst as the water.
Blew in the thin and moyst as the ayre.
Yellow in the hot as the fire.
 
Yet not without reason, for
Aristotle affirmed that blacke was the privation of white, as darknesse of light, to that whom Scaliger replyes nothing can be made of privation and habit, but we will leave their argument.

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Ainsi tous les Arts dans tout ce qu’ils ont de vraiment artificiel, ne sont que des choses imaginaires, des êtres feints, copiés & imités d’après les véritables. C’est pour cela qu’on met sans cesse l’Art en opposition avec la Nature : qu’on n’entend partout que ce cri, que c’est la Nature qu’il faut imiter : que l’Art est parfait quand il la représente parfaitement : enfin que les chefs-d’œuvres de l’Art, sont ceux qui imitent si bien la Nature, qu’on les prend pour la Nature elle-même.
Et cette imitation pour laquelle nous avons tous une disposition si naturelle, puisque c’est l’exemple qui instruit & qui règle le genre humain,
Vivimus ad exempla, cette imitation, dis-je, est une des principales sources du plaisir que causent les Arts. L’esprit s’exerce dans la comparaison du modèle avec le portrait, & le jugement qu’il en porte, fait sur lui une impression d’autant plus agréable, qu’elle lui est un témoignage de sa pénétration & de son intelligence.
Et cette doctrine n’est pas nouvelle.
On la trouve par-tout chez les anciens. Aristote commence sa Poëtique par ce principe : que la Musique, la Danse, la Poësie, la Peinture, sont des Arts imitateurs (a). [...]
(a) […] M. Remond de S. Mard qui a beaucoup réfléchi sur l’essence de la Poësie & qui n’écrivant que pour les plus délicats n’a dû prendre que la fleur de son sujet, dit formellement dans une de ses Notes que les beaux Arts ne consistent que dans l’imitation. Voici ses termes : On n’y songe pas assez, la Poësie, la Musique, la Peinture sont trois Arts consacrés au plaisir, tous trois faits pour imiter la nature, tous trois destinés à imiter les mouvemens de l’ame : les tirer de là, c’est les deshonorer, c’est les montrer par leur endroit foible. […]

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Colour according to Scaliger is a qualitie compounded of the elements and the light, so farre forth as it is the light. Averrois and Avenpace, said it was actus corporis terminati ; others a bare superficies. Aristotle called it corporis extremitatem, the extremitie or outmost of a body. The object of the sight is any thing whatsoever may be visible, […].
Whether all colours be compounded of white and black or no.
Theophrastus hath long since laboured to proove blacke to be no colour at all, his reason is, because that colour is proper to none of the elements, for faith he, water, ayre and earth are white, and the fire is yellow, but rather would fetch it from white and yellow, whereto Scaliger leaving Aristotle, perhaps for singularitie sake, seemeth to give consent, who sets downe four primary or first colours, viz.
 
White in the dry body as the earth.
Greene in thicke and moyst as the water.
Blew in the thin and moyst as the ayre.
Yellow in the hot as the fire.
 
Yet not without reason, for
Aristotle affirmed that blacke was the privation of white, as darknesse of light, to that whom Scaliger replyes nothing can be made of privation and habit, but we will leave their argument.

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Mais son principal usage [ndr : la peinture] n’est pas seulement en de semblables observations, ny, comme dit Aristote {L. 8. Polit. c. 3.}, à donner une si parfaite connoissance des tableaus qu’on n’y puisse jamais estre trompé, soit pour la main ou la maniere des grands maistres, soit pour le fin discernement des copies d’avec les originaux, soit pour le prix qui depend presque tousjours de la fantaisie. Le plus grand avantage qu’on en tire vient de ce qu’elle nous apprend en quoy consiste la derniere beauté de tout ce qu’elle represente, & sur tout celle du corps humain. 
Car il ne faut point douter que les Peintres ne jugent ordinairement mieux que le reste des hommes de la beauté humaine, tant à cause des regles qu’ils ont à l’esgard de la proportion des membres & des couleurs qui leur conviennent, que pource qu’ils exerçent incessamment leur imagination à former des Idées les plus accomplies qui se puissent concevoir.

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Mais son principal usage [ndr : la peinture] n’est pas seulement en de semblables observations, ny, comme dit Aristote {L. 8. Polit. c. 3.}, à donner une si parfaite connoissance des tableaus qu’on n’y puisse jamais estre trompé, soit pour la main ou la maniere des grands maistres, soit pour le fin discernement des copies d’avec les originaux, soit pour le prix qui depend presque tousjours de la fantaisie.

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Car il ne faut point douter que les Peintres ne jugent ordinairement mieux que le reste des hommes de la beauté humaine, tant à cause des regles qu’ils ont à l’esgard de la proportion des membres & des couleurs qui leur conviennent, que pource qu’ils exerçent incessamment leur imagination à former des Idées les plus accomplies qui se puissent concevoir.

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Chap. XIII, Of Drawing, Limning, and Painting: with the lives of the famous Italian Painters.
Since
Aristotle numbreth Graphicè, generally taken, for whatsoever is done with the Pen or Pencill (as writing fair, Drawing, Limning and Painting (amongst those his παιδενματα, or generous Practises of youth in a well governed Common-wealth : I am bound also to give it you in charge for your exercise at leasure, it being a quality most commendable, and so many waies usefull to a Gentleman. For should you (if necessity required) be employed for your Countries service in following the warre, you can describe no plot, manner of fortification, form of Battalia, situation of Town, Castle, Fort, Haven, Island, course of River, passage thorow Wood, Marish ; over Rock, Mountain, &c. […] without the help of the same. {The manifold use of Painting or Limning.} In all Mathematicall Demonstrations, nothing is more required in our travail in forrain Regions. It bringeth home with us from the farthest part of the world in our bosomes, whatsoever is rare and worthy the observance, as the generall Mappe of the Country, the Rivers, Harbourgs, Havens, Promontories, &c within the Landscap, of fair Hils, fruitfull Valleyes : the forms and colours of all Fruits, severall beauties of their Flowers ; […]. And since it is only the imitation of the surface of Nature, by it as in a book of golden and rare-limmed Letters, the chief use end of it, we read a continuall Lecture of the Wisdome of the Almighty Creator […].

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A l’égard de ce que dit Aristote, que les Arts qui se servent du secours de la main sont les moins nobles, & de ce que l’on ajoûte, que la Poësie est toute spirituelle, au lieu que la Peinture est en partie spirituelle & en partie materielle ; on répond, que la main n’est à la Peinture que ce que la parole est à la Poësie. Elles sont les Ministres de l’esprit & le canal par où les pensées se communiquent. Pour ce qui est de l’esprit, il est égal dans ces deux Arts. Le même Horace qui nous a donné des Regles si excellentes de la Poësie dit, (a) qu’un Tableau tient également en suspend les yeux du corps & ceux de l’esprit.
Ce qu’on veut appeller partie matérielle dans la Peinture, n’est autre chose que l’execution de la partie spirituelle qu’on lui accorde, & qui est proprement l’effet de la pensée du Peintre, comme la déclamation est l’effet de la pensée du Poëte.
Mais il faut bien un autre Art pour executer la pensée d’un Tableau que pour déclamer une Tragédie. […] Mais le Peintre ne doit pas seulement entrer dans son sujet, quand il l’exécute, il faut encore qu’il ait, comme nous l’avons dit, une grande connoissance du Dessein & du Coloris, & qu’il exprime finement les différentes physionomies, & les différens mouvemens des passions.
(a)
Suspendit picta vultum mentemque Tabella. Epist. 1. lib. 2.

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Aristote {L. de Poet. c. 6} le [ndr : Zeuxis] reprent aussi de n’avoir pas exprimé comme Polygnotus les mœurs, ny fait comprendre les passions, quoy que Pline {L. 35. c. 9. & 10.} dise qu’elles étoient visibles dans sa Penelope qui fit un de ses chefs-d’œuvres […]. Le peintre Aristide est le premier de tous qui se servit de la Morale dans sa profession, & qui sçeut pendre l’Ame avecque ses pensées aussi bien que le corps, par l’expression visible de tous les mouvemens interieurs ; les couleurs dont il [ndr : Aristide] se servoit estoient neantmois trouvées un peu rudes de son tems.

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Blijckt dan dat de rechte Konst-minne haer selven niet en kan onthouden in een ghemoedt 't welck met de sorghvuldigheydt van daghelickschen noodt-druft beslet ende belemmert is. De reden hier van behoeft niet verde gesocht te worden; dewijl het blijckelick is dat onse fantasije ofte verbeeldenskracht, die in dit werck seer vele vermagh, door een sorghledighe ende onverhinderde eensaemheydt dapper op gescherpt ende verweckt wordt. Want aenghesien het een oprecht Lief-hebber toe-staet de levendighe verbeeldinghen van allerley naturelicke dinghen in sijn ghemoedt op te leggen, ten eynde dat hy de selvighe te sijner tijdt met de wercken der Konstenaeren mocht verghelijcken; soo is 't klaer dat men sulcks niet en kan te weghe brenghen sonder het toe-doen van een stercke imaginatie, en dat de imaginatie gantsch en gaer krachteloos wesen sal soo langhe als wy alle daegh van den morghen tot den avond het loopen en draeven van de woelende menichte onder-hevigh blijven: oversulcks plachten oock vele treffelicke Konst-lievende mannen haeren ledigen tijdt somwijlen door te brenghen met het oeffenen ende verrijcken haerer fantasije. De fantasije, seght Michael Ephesius {in Aristot. De Memoria & reminiscentia}, is in ons gemoedt ghestelt als een Register ofte aenwijser van 't gunt wy oyt met onse ooghen gesien ofte met ons verstands begrepen hebben. Daerom houdt oock Apollonius Tyaneus staende, dat daer een sonderlinghe verbeeldenskracht vereyst wordt in dieghene welcke de wercken der Schilder-Konste recht wel meynen te besichtighen. Want het onmoghelick is, seght hy {apud Philostr. De vita apollonii lib. II. cap. 10. vide quo que Platonem lib. 2 de Legib}, dat yemant een bequaem oordeel strijcken sal van een geschildert Paerdt ofte Stier, tensy dat hem sijn gemoedt een waere verbeeldinghe der nae-gheboetster dinghen vaerdighlick voordraeghe.

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{Vorzeiten hat man/ nur vier Farben/ gezehlet und gebrauchet.} Vorzeiten hat man/ nach der Elementen Anzahl/ nur vier Farben gezehlet: maßen Aristoteles allein Weiß/ Schwarz/ Gelb und Roht benennet. Also hat man auch anfangs bey den Griechen/ wie Euphranor und andere melden/ nur mit vier Farben gemahlet: woraus fast zu vermuhten/ weil sie ja das Blau am Himmel und das Grüne an Laub und Gras gesehen/ und daher diese beyde nicht können ausgeschlossen haben/ sie müßen Schwarz und Weiß/ als Liecht und Schatten/ nicht hierunter/ sondern allein die vier bunte Farben/ als Roht/ Gelb/ Blau und Grün/ damit verstanden haben.Dann wie solten sie allein mit zweyen von diesen letzern/ alles haben mahlen und ausbilden können? Es erscheinet aber nicht/ wie man/ besagte vier Farben Aristotelis, mit den Elementen vergleichen könne: weil zwar Roht und Schwarz dem Feuer und der Erde zu zueignen sind/ aber Weiß und Gelb keine Gleichheit mit Luft und Wasser haben.

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L’on dit que Marc de Sienne Disciple de Michel l’Ange receut un jour cét advis de son Maistre qu’il fist tousjours sa figure Pyramidale, serpentée, & multipliée par un, deux, & trois. Et croy-je qu’en ce precepte consiste tout le secret de la Peinture, parce que la plus grande grace d’une figure est qu’elle semble se mouvoir, ce que les Peintres appellent fureur, ou esprit de la figure. Et pour representer ce mouvement, il n’y a point de forme qui s’y accommode mieux que celle de la flamme du feu, lequel, suivant ce que dit Aristote, & tous les autres Philosophes, est l’élement le plus actif de tous, & la forme de sa flamme est de toutes la plus propre au mouvement parce qu’elle a l’angle & la pointe aiguë avec laquelle elle semble fendre l’air pour monter à sa Sphère. De sorte que lors que la figure aura cette forme, elle sera tres belle. Et cecy se peut encore observer de deux manières, l’une est, que l’angle de la Pyramide, qui est la partie la plus aiguë tienne le haut, & la basse qui est le plus ample de la Pyramide soit en bas, comme le feu : & alors le bas de la figure, sçavoir les jambes & les draperies doit estre large, & le haut d’icelle ira en retressissant en forme de Piramide, monstrant une espaule, & que l’autre fuye & soit racourcie, faisant tordre le corps, qui en cachera l’une & découvrira & fera relever l’autre. La figure peut encore estre peinte, comme une Pyramide renversée, c’est à dire, qui ait la base en haut & la pointe en bas ; & ainsi les parties superieures de la figure seront larges, monstrant les deux palerons, ou estendant les bras, monstrant une jambe, & cachant l’autre, ou d’autre façon, comme il semblera mieux au sage Peintre. […] le Peintre doit accompagner cette forme Pyramidale, avec la forme serpentée, qui represente la tortuosité d’une coleuvre vivant lors qu’il chemine, qui est la propre forme de la flamme du feu qui ondoye. Cela veut dire que la figure doit representer la forme de la lettre S. droite ou renversée, comme est celle icy .S. [ndr : S renversé] parce qu’alors elle aura sa beauté.

Quotation

L’on dit que Marc de Sienne Disciple de Michel l’Ange receut un jour cét advis de son Maistre qu’il fist tousjours sa figure Pyramidale, serpentée, & multipliée par un, deux, & trois. Et croy-je qu’en ce precepte consiste tout le secret de la Peinture, parce que la plus grande grace d’une figure est qu’elle semble se mouvoir, ce que les Peintres appellent fureur, ou esprit de la figure. Et pour representer ce mouvement, il n’y a point de forme qui s’y accommode mieux que celle de la flamme du feu, lequel, suivant ce que dit Aristote, & tous les autres Philosophes, est l’élement le plus actif de tous, & la forme de sa flamme est de toutes la plus propre au mouvement parce qu’elle a l’angle & la pointe aiguë avec laquelle elle semble fendre l’air pour monter à sa Sphère. De sorte que lors que la figure aura cette forme, elle sera tres belle. Et cecy se peut encore observer de deux manières, l’une est, que l’angle de la Pyramide, qui est la partie la plus aiguë tienne le haut, & la basse qui est le plus ample de la Pyramide soit en bas, comme le feu : & alors le bas de la figure, sçavoir les jambes & les draperies doit estre large, & le haut d’icelle ira en retressissant en forme de Piramide, monstrant une espaule, & que l’autre fuye & soit racourcie, faisant tordre le corps, qui en cachera l’une & découvrira & fera relever l’autre. La figure peut encore estre peinte, comme une Pyramide renversée, c’est à dire, qui ait la base en haut & la pointe en bas ; & ainsi les parties superieures de la figure seront larges, monstrant les deux palerons, ou estendant les bras, monstrant une jambe, & cachant l’autre, ou d’autre façon, comme il semblera mieux au sage Peintre. […] le Peintre doit accompagner cette forme Pyramidale, avec la forme serpentée, qui represente la tortuosité d’une coleuvre vivant lors qu’il chemine, qui est la propre forme de la flamme du feu qui ondoye. Cela veut dire que la figure doit representer la forme de la lettre S. droite ou renversée, comme est celle icy .S. [ndr : S renversé] parce qu’alors elle aura sa beauté.

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L’on dit que Marc de Sienne Disciple de Michel l’Ange receut un jour cét advis de son Maistre qu’il fist tousjours sa figure Pyramidale, serpentée, & multipliée par un, deux, & trois. Et croy-je qu’en ce precepte consiste tout le secret de la Peinture, parce que la plus grande grace d’une figure est qu’elle semble se mouvoir, ce que les Peintres appellent fureur, ou esprit de la figure. Et pour representer ce mouvement, il n’y a point de forme qui s’y accommode mieux que celle de la flamme du feu, lequel, suivant ce que dit Aristote, & tous les autres Philosophes, est l’élement le plus actif de tous, & la forme de sa flamme est de toutes la plus propre au mouvement parce qu’elle a l’angle & la pointe aiguë avec laquelle elle semble fendre l’air pour monter à sa Sphère. De sorte que lors que la figure aura cette forme, elle sera tres belle. Et cecy se peut encore observer de deux manières, l’une est, que l’angle de la Pyramide, qui est la partie la plus aiguë tienne le haut, & la basse qui est le plus ample de la Pyramide soit en bas, comme le feu : & alors le bas de la figure, sçavoir les jambes & les draperies doit estre large, & le haut d’icelle ira en retressissant en forme de Piramide, monstrant une espaule, & que l’autre fuye & soit racourcie, faisant tordre le corps, qui en cachera l’une & découvrira & fera relever l’autre. La figure peut encore estre peinte, comme une Pyramide renversée, c’est à dire, qui ait la base en haut & la pointe en bas ; & ainsi les parties superieures de la figure seront larges, monstrant les deux palerons, ou estendant les bras, monstrant une jambe, & cachant l’autre, ou d’autre façon, comme il semblera mieux au sage Peintre. […] le Peintre doit accompagner cette forme Pyramidale, avec la forme serpentée, qui represente la tortuosité d’une coleuvre vivant lors qu’il chemine, qui est la propre forme de la flamme du feu qui ondoye. Cela veut dire que la figure doit representer la forme de la lettre S. droite ou renversée, comme est celle icy .S. [ndr : S renversé] parce qu’alors elle aura sa beauté.

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Of Yellow.
Yellow is so called from the Italian word
Giallo, which signifieth the same ; Giallo hath his Etymology from Geel the high Dutch, which signifieth lucere, to shine, and also hence commeth Gelt, and our English word Gold, in French Jaulne, in Spanish Ialdo, or Amarillo, in Latine Flavus, luteus, of lutum, in Greeke ξανθὸς so that blacke, white, and yellow according to Aristotle are the foure primary or principall colours as immediately proceeding from the elements, and from those all other colours have their beginning.
 Your principall yellow be these.
Orpiment.
Masticot.
Saffron.
Pinke Yellow.
Oker de Luce.
Umber.

Quotation

L’on dit que Marc de Sienne Disciple de Michel l’Ange receut un jour cét advis de son Maistre qu’il fist tousjours sa figure Pyramidale, serpentée, & multipliée par un, deux, & trois. Et croy-je qu’en ce precepte consiste tout le secret de la Peinture, parce que la plus grande grace d’une figure est qu’elle semble se mouvoir, ce que les Peintres appellent fureur, ou esprit de la figure. Et pour representer ce mouvement, il n’y a point de forme qui s’y accommode mieux que celle de la flamme du feu, lequel, suivant ce que dit Aristote, & tous les autres Philosophes, est l’élement le plus actif de tous, & la forme de sa flamme est de toutes la plus propre au mouvement parce qu’elle a l’angle & la pointe aiguë avec laquelle elle semble fendre l’air pour monter à sa Sphère.

Quotation

Of Yellow.
Yellow is so called from the Italian word
Giallo, which signifieth the same ; Giallo hath his Etymology from Geel the high Dutch, which signifieth lucere, to shine, and also hence commeth Gelt, and our English word Gold, in French Jaulne, in Spanish Ialdo, or Amarillo, in Latine Flavus, luteus, of lutum, in Greeke ξανθὸς so that blacke, white, and yellow according to Aristotle are the foure primary or principall colours as immediately proceeding from the elements, and from those all other colours have their beginning.
 Your principall yellow be these.
Orpiment.
Masticot.
Saffron.
Pinke Yellow.
Oker de Luce.
Umber.

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Of Yellow.
Yellow is so called from the Italian word
Giallo, which signifieth the same ; Giallo hath his Etymology from Geel the high Dutch, which signifieth lucere, to shine, and also hence commeth Gelt, and our English word Gold, in French Jaulne, in Spanish Ialdo, or Amarillo, in Latine Flavus, luteus, of lutum, in Greeke ξανθὸς so that blacke, white, and yellow according to Aristotle are the foure primary or principall colours as immediately proceeding from the elements, and from those all other colours have their beginning.
 Your principall yellow be these.
Orpiment.
Masticot.
Saffron.
Pinke Yellow.
Oker de Luce.
Umber.

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L’on dit que Marc de Sienne Disciple de Michel l’Ange receut un jour cét advis de son Maistre qu’il fist tousjours sa figure Pyramidale, serpentée, & multipliée par un, deux, & trois. Et croy-je qu’en ce precepte consiste tout le secret de la Peinture, parce que la plus grande grace d’une figure est qu’elle semble se mouvoir, ce que les Peintres appellent fureur, ou esprit de la figure. Et pour representer ce mouvement, il n’y a point de forme qui s’y accommode mieux que celle de la flamme du feu, lequel, suivant ce que dit Aristote, & tous les autres Philosophes, est l’élement le plus actif de tous, & la forme de sa flamme est de toutes la plus propre au mouvement parce qu’elle a l’angle & la pointe aiguë avec laquelle elle semble fendre l’air pour monter à sa Sphère.

Quotation

Chap. XIII, Of Drawing, Limning, and Painting: with the lives of the famous Italian Painters.
Since
Aristotle numbreth Graphicè, generally taken, for whatsoever is done with the Pen or Pencill (as writing fair, Drawing, Limning and Painting (amongst those his παιδενματα, or generous Practises of youth in a well governed Common-wealth : I am bound also to give it you in charge for your exercise at leasure, it being a quality most commendable, and so many waies usefull to a Gentleman. For should you (if necessity required) be employed for your Countries service in following the warre, you can describe no plot, manner of fortification, form of Battalia, situation of Town, Castle, Fort, Haven, Island, course of River, passage thorow Wood, Marish ; over Rock, Mountain, &c. […] without the help of the same. {The manifold use of Painting or Limning.} In all Mathematicall Demonstrations, nothing is more required in our travail in forrain Regions. It bringeth home with us from the farthest part of the world in our bosomes, whatsoever is rare and worthy the observance, as the generall Mappe of the Country, the Rivers, Harbourgs, Havens, Promontories, &c within the Landscap, of fair Hils, fruitfull Valleyes : the forms and colours of all Fruits, severall beauties of their Flowers ; […]. And since it is only the imitation of the surface of Nature, by it as in a book of golden and rare-limmed Letters, the chief use end of it, we read a continuall Lecture of the Wisdome of the Almighty Creator […].

Quotation

Whether all colours be compounded of white and black or no.
Theophrastus hath long since laboured to proove blacke to be no colour at all, his reason is, because that colour is proper to none of the elements, for faith he, water, ayre and earth are white, and the fire is yellow, but rather would fetch it from white and yellow, whereto Scaliger leaving Aristotle, perhaps for singularitie sake, seemeth to give consent, who sets downe four primary or first colours, viz.
 
White in the dry body as the earth.
Greene in thicke and moyst as the water.
Blew in the thin and moyst as the ayre.
Yellow in the hot as the fire.
 
Yet not without reason, for
Aristotle affirmed that blacke was the privation of white, as darknesse of light, to that whom Scaliger replyes nothing can be made of privation and habit, but we will leave their argument.

Quotation

Mais son principal usage [ndr : la peinture] n’est pas seulement en de semblables observations, ny, comme dit Aristote {L. 8. Polit. c. 3.}, à donner une si parfaite connoissance des tableaus qu’on n’y puisse jamais estre trompé, soit pour la main ou la maniere des grands maistres, soit pour le fin discernement des copies d’avec les originaux, soit pour le prix qui depend presque tousjours de la fantaisie. Le plus grand avantage qu’on en tire vient de ce qu’elle nous apprend en quoy consiste la derniere beauté de tout ce qu’elle represente, & sur tout celle du corps humain. 
Car il ne faut point douter que les Peintres ne jugent ordinairement mieux que le reste des hommes de la beauté humaine, tant à cause des regles qu’ils ont à l’esgard de la proportion des membres & des couleurs qui leur conviennent, que pource qu’ils exerçent incessamment leur imagination à former des Idées les plus accomplies qui se puissent concevoir.

Quotation

Blijckt dan dat de rechte Konst-minne haer selven niet en kan onthouden in een ghemoedt 't welck met de sorghvuldigheydt van daghelickschen noodt-druft beslet ende belemmert is. De reden hier van behoeft niet verde gesocht te worden; dewijl het blijckelick is dat onse fantasije ofte verbeeldenskracht, die in dit werck seer vele vermagh, door een sorghledighe ende onverhinderde eensaemheydt dapper op gescherpt ende verweckt wordt. Want aenghesien het een oprecht Lief-hebber toe-staet de levendighe verbeeldinghen van allerley naturelicke dinghen in sijn ghemoedt op te leggen, ten eynde dat hy de selvighe te sijner tijdt met de wercken der Konstenaeren mocht verghelijcken; soo is 't klaer dat men sulcks niet en kan te weghe brenghen sonder het toe-doen van een stercke imaginatie, en dat de imaginatie gantsch en gaer krachteloos wesen sal soo langhe als wy alle daegh van den morghen tot den avond het loopen en draeven van de woelende menichte onder-hevigh blijven: oversulcks plachten oock vele treffelicke Konst-lievende mannen haeren ledigen tijdt somwijlen door te brenghen met het oeffenen ende verrijcken haerer fantasije. De fantasije, seght Michael Ephesius {in Aristot. De Memoria & reminiscentia}, is in ons gemoedt ghestelt als een Register ofte aenwijser van 't gunt wy oyt met onse ooghen gesien ofte met ons verstands begrepen hebben. Daerom houdt oock Apollonius Tyaneus staende, dat daer een sonderlinghe verbeeldenskracht vereyst wordt in dieghene welcke de wercken der Schilder-Konste recht wel meynen te besichtighen. Want het onmoghelick is, seght hy {apud Philostr. De vita apollonii lib. II. cap. 10. vide quo que Platonem lib. 2 de Legib}, dat yemant een bequaem oordeel strijcken sal van een geschildert Paerdt ofte Stier, tensy dat hem sijn gemoedt een waere verbeeldinghe der nae-gheboetster dinghen vaerdighlick voordraeghe.

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Mais son principal usage [ndr : la peinture] n’est pas seulement en de semblables observations, ny, comme dit Aristote {L. 8. Polit. c. 3.}, à donner une si parfaite connoissance des tableaus qu’on n’y puisse jamais estre trompé, soit pour la main ou la maniere des grands maistres, soit pour le fin discernement des copies d’avec les originaux, soit pour le prix qui depend presque tousjours de la fantaisie. Le plus grand avantage qu’on en tire vient de ce qu’elle nous apprend en quoy consiste la derniere beauté de tout ce qu’elle represente, & sur tout celle du corps humain. 
Car il ne faut point douter que les Peintres ne jugent ordinairement mieux que le reste des hommes de la beauté humaine, tant à cause des regles qu’ils ont à l’esgard de la proportion des membres & des couleurs qui leur conviennent, que pource qu’ils exerçent incessamment leur imagination à former des Idées les plus accomplies qui se puissent concevoir.

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la veritable Peinture doit appeller son Spectateur par la force & par la grande verité de son imitation ; & que le Spectateur surpris doit aller à elle, comme pour entrer en conversation avec les figures qu’elle represente. En effet quand elle porte le caractere du Vrai, elle semble ne nous avoir attirez que pour nous divertir, & nous instruire.

Quotation

Ainsi tous les Arts dans tout ce qu’ils ont de vraiment artificiel, ne sont que des choses imaginaires, des êtres feints, copiés & imités d’après les véritables. C’est pour cela qu’on met sans cesse l’Art en opposition avec la Nature : qu’on n’entend partout que ce cri, que c’est la Nature qu’il faut imiter : que l’Art est parfait quand il la représente parfaitement : enfin que les chefs-d’œuvres de l’Art, sont ceux qui imitent si bien la Nature, qu’on les prend pour la Nature elle-même.
Et cette imitation pour laquelle nous avons tous une disposition si naturelle, puisque c’est l’exemple qui instruit & qui règle le genre humain,
Vivimus ad exempla, cette imitation, dis-je, est une des principales sources du plaisir que causent les Arts. L’esprit s’exerce dans la comparaison du modèle avec le portrait, & le jugement qu’il en porte, fait sur lui une impression d’autant plus agréable, qu’elle lui est un témoignage de sa pénétration & de son intelligence.
Et cette doctrine n’est pas nouvelle.
On la trouve par-tout chez les anciens. Aristote commence sa Poëtique par ce principe : que la Musique, la Danse, la Poësie, la Peinture, sont des Arts imitateurs (a). [...]
(a) […] M. Remond de S. Mard qui a beaucoup réfléchi sur l’essence de la Poësie & qui n’écrivant que pour les plus délicats n’a dû prendre que la fleur de son sujet, dit formellement dans une de ses Notes que les beaux Arts ne consistent que dans l’imitation. Voici ses termes : On n’y songe pas assez, la Poësie, la Musique, la Peinture sont trois Arts consacrés au plaisir, tous trois faits pour imiter la nature, tous trois destinés à imiter les mouvemens de l’ame : les tirer de là, c’est les deshonorer, c’est les montrer par leur endroit foible. […]

Quotation

Fab. C’est avec justice qu’on a toujours estimé les peintres, parce qu’ils semblent surpasser en esprit, & en courage les autres hommes ; puisqu’ils osent par leur art imiter ce que Dieu a fait, & le representer de maniere qu’il semble vrai : c’est ce qui fait que je ne m’etonne pas que les Grecs, qui connoissoient le sublime de la peinture, deffendissent aux esclaves de la professer. Aussi Aristote se garde bien de confondre cet art parmi les mecaniques, disant qu’on devroit etablir des ecoles publiques dans les villes, ou les enfants allassent apprendre.

Quotation

Of Yellow.
Yellow is so called from the Italian word
Giallo, which signifieth the same ; Giallo hath his Etymology from Geel the high Dutch, which signifieth lucere, to shine, and also hence commeth Gelt, and our English word Gold, in French Jaulne, in Spanish Ialdo, or Amarillo, in Latine Flavus, luteus, of lutum, in Greeke ξανθὸς so that blacke, white, and yellow according to Aristotle are the foure primary or principall colours as immediately proceeding from the elements, and from those all other colours have their beginning.
 Your principall yellow be these.
Orpiment.
Masticot.
Saffron.
Pinke Yellow.
Oker de Luce.
Umber.

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Mais son principal usage [ndr : la peinture] n’est pas seulement en de semblables observations, ny, comme dit Aristote {L. 8. Polit. c. 3.}, à donner une si parfaite connoissance des tableaus qu’on n’y puisse jamais estre trompé, soit pour la main ou la maniere des grands maistres, soit pour le fin discernement des copies d’avec les originaux, soit pour le prix qui depend presque tousjours de la fantaisie. Le plus grand avantage qu’on en tire vient de ce qu’elle nous apprend en quoy consiste la derniere beauté de tout ce qu’elle represente, & sur tout celle du corps humain. 
Car il ne faut point douter que les Peintres ne jugent ordinairement mieux que le reste des hommes de la beauté humaine, tant à cause des regles qu’ils ont à l’esgard de la proportion des membres & des couleurs qui leur conviennent, que pource qu’ils exerçent incessamment leur imagination à former des Idées les plus accomplies qui se puissent concevoir.

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A Bay colour.
In Latine it is called
Baius aut castaneus color, A Bay or a Chestnut color, of all others it is most to bee commended in Horses, it commeth from the Greeke Βαιων which is a flip of the Date tree pulled off with the fruit, which is of this colour, in French Bay, Baiard, in Italian Baio, in high Dutch Kestenbraune taht is Chesnut Browne, it is also called of some Phænicus colour from Dates, which the Grecians call φοὶνικας but as I take it improperly, for colour Phæniceus, is either the colour of bright Purple, or of the rednesse of a Summer morning according to Aristotle […].

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Blijckt dan dat de rechte Konst-minne haer selven niet en kan onthouden in een ghemoedt 't welck met de sorghvuldigheydt van daghelickschen noodt-druft beslet ende belemmert is. De reden hier van behoeft niet verde gesocht te worden; dewijl het blijckelick is dat onse fantasije ofte verbeeldenskracht, die in dit werck seer vele vermagh, door een sorghledighe ende onverhinderde eensaemheydt dapper op gescherpt ende verweckt wordt. Want aenghesien het een oprecht Lief-hebber toe-staet de levendighe verbeeldinghen van allerley naturelicke dinghen in sijn ghemoedt op te leggen, ten eynde dat hy de selvighe te sijner tijdt met de wercken der Konstenaeren mocht verghelijcken; soo is 't klaer dat men sulcks niet en kan te weghe brenghen sonder het toe-doen van een stercke imaginatie, en dat de imaginatie gantsch en gaer krachteloos wesen sal soo langhe als wy alle daegh van den morghen tot den avond het loopen en draeven van de woelende menichte onder-hevigh blijven: oversulcks plachten oock vele treffelicke Konst-lievende mannen haeren ledigen tijdt somwijlen door te brenghen met het oeffenen ende verrijcken haerer fantasije. De fantasije, seght Michael Ephesius {in Aristot. De Memoria & reminiscentia}, is in ons gemoedt ghestelt als een Register ofte aenwijser van 't gunt wy oyt met onse ooghen gesien ofte met ons verstands begrepen hebben. Daerom houdt oock Apollonius Tyaneus staende, dat daer een sonderlinghe verbeeldenskracht vereyst wordt in dieghene welcke de wercken der Schilder-Konste recht wel meynen te besichtighen. Want het onmoghelick is, seght hy {apud Philostr. De vita apollonii lib. II. cap. 10. vide quo que Platonem lib. 2 de Legib}, dat yemant een bequaem oordeel strijcken sal van een geschildert Paerdt ofte Stier, tensy dat hem sijn gemoedt een waere verbeeldinghe der nae-gheboetster dinghen vaerdighlick voordraeghe.

Quotation

Blijckt dan dat de rechte Konst-minne haer selven niet en kan onthouden in een ghemoedt 't welck met de sorghvuldigheydt van daghelickschen noodt-druft beslet ende belemmert is. De reden hier van behoeft niet verde gesocht te worden; dewijl het blijckelick is dat onse fantasije ofte verbeeldenskracht, die in dit werck seer vele vermagh, door een sorghledighe ende onverhinderde eensaemheydt dapper op gescherpt ende verweckt wordt. Want aenghesien het een oprecht Lief-hebber toe-staet de levendighe verbeeldinghen van allerley naturelicke dinghen in sijn ghemoedt op te leggen, ten eynde dat hy de selvighe te sijner tijdt met de wercken der Konstenaeren mocht verghelijcken; soo is 't klaer dat men sulcks niet en kan te weghe brenghen sonder het toe-doen van een stercke imaginatie, en dat de imaginatie gantsch en gaer krachteloos wesen sal soo langhe als wy alle daegh van den morghen tot den avond het loopen en draeven van de woelende menichte onder-hevigh blijven: oversulcks plachten oock vele treffelicke Konst-lievende mannen haeren ledigen tijdt somwijlen door te brenghen met het oeffenen ende verrijcken haerer fantasije. De fantasije, seght Michael Ephesius {in Aristot. De Memoria & reminiscentia}, is in ons gemoedt ghestelt als een Register ofte aenwijser van 't gunt wy oyt met onse ooghen gesien ofte met ons verstands begrepen hebben. Daerom houdt oock Apollonius Tyaneus staende, dat daer een sonderlinghe verbeeldenskracht vereyst wordt in dieghene welcke de wercken der Schilder-Konste recht wel meynen te besichtighen. Want het onmoghelick is, seght hy {apud Philostr. De vita apollonii lib. II. cap. 10. vide quo que Platonem lib. 2 de Legib}, dat yemant een bequaem oordeel strijcken sal van een geschildert Paerdt ofte Stier, tensy dat hem sijn gemoedt een waere verbeeldinghe der nae-gheboetster dinghen vaerdighlick voordraeghe.

Quotation

Blijckt dan dat de rechte Konst-minne haer selven niet en kan onthouden in een ghemoedt 't welck met de sorghvuldigheydt van daghelickschen noodt-druft beslet ende belemmert is. De reden hier van behoeft niet verde gesocht te worden; dewijl het blijckelick is dat onse fantasije ofte verbeeldenskracht, die in dit werck seer vele vermagh, door een sorghledighe ende onverhinderde eensaemheydt dapper op gescherpt ende verweckt wordt. Want aenghesien het een oprecht Lief-hebber toe-staet de levendighe verbeeldinghen van allerley naturelicke dinghen in sijn ghemoedt op te leggen, ten eynde dat hy de selvighe te sijner tijdt met de wercken der Konstenaeren mocht verghelijcken; soo is 't klaer dat men sulcks niet en kan te weghe brenghen sonder het toe-doen van een stercke imaginatie, en dat de imaginatie gantsch en gaer krachteloos wesen sal soo langhe als wy alle daegh van den morghen tot den avond het loopen en draeven van de woelende menichte onder-hevigh blijven: oversulcks plachten oock vele treffelicke Konst-lievende mannen haeren ledigen tijdt somwijlen door te brenghen met het oeffenen ende verrijcken haerer fantasije. De fantasije, seght Michael Ephesius {in Aristot. De Memoria & reminiscentia}, is in ons gemoedt ghestelt als een Register ofte aenwijser van 't gunt wy oyt met onse ooghen gesien ofte met ons verstands begrepen hebben. Daerom houdt oock Apollonius Tyaneus staende, dat daer een sonderlinghe verbeeldenskracht vereyst wordt in dieghene welcke de wercken der Schilder-Konste recht wel meynen te besichtighen. Want het onmoghelick is, seght hy {apud Philostr. De vita apollonii lib. II. cap. 10. vide quo que Platonem lib. 2 de Legib}, dat yemant een bequaem oordeel strijcken sal van een geschildert Paerdt ofte Stier, tensy dat hem sijn gemoedt een waere verbeeldinghe der nae-gheboetster dinghen vaerdighlick voordraeghe.

Quotation

Chap. XIII, Of Drawing, Limning, and Painting: with the lives of the famous Italian Painters.
Since
Aristotle numbreth Graphicè, generally taken, for whatsoever is done with the Pen or Pencill (as writing fair, Drawing, Limning and Painting (amongst those his παιδενματα, or generous Practises of youth in a well governed Common-wealth : I am bound also to give it you in charge for your exercise at leasure, it being a quality most commendable, and so many waies usefull to a Gentleman. For should you (if necessity required) be employed for your Countries service in following the warre, you can describe no plot, manner of fortification, form of Battalia, situation of Town, Castle, Fort, Haven, Island, course of River, passage thorow Wood, Marish ; over Rock, Mountain, &c. […] without the help of the same. {The manifold use of Painting or Limning.} In all Mathematicall Demonstrations, nothing is more required in our travail in forrain Regions. It bringeth home with us from the farthest part of the world in our bosomes, whatsoever is rare and worthy the observance, as the generall Mappe of the Country, the Rivers, Harbourgs, Havens, Promontories, &c within the Landscap, of fair Hils, fruitfull Valleyes : the forms and colours of all Fruits, severall beauties of their Flowers ; […]. And since it is only the imitation of the surface of Nature, by it as in a book of golden and rare-limmed Letters, the chief use end of it, we read a continuall Lecture of the Wisdome of the Almighty Creator […].

Quotation

Ainsi tous les Arts dans tout ce qu’ils ont de vraiment artificiel, ne sont que des choses imaginaires, des êtres feints, copiés & imités d’après les véritables. C’est pour cela qu’on met sans cesse l’Art en opposition avec la Nature : qu’on n’entend partout que ce cri, que c’est la Nature qu’il faut imiter : que l’Art est parfait quand il la représente parfaitement : enfin que les chefs-d’œuvres de l’Art, sont ceux qui imitent si bien la Nature, qu’on les prend pour la Nature elle-même.
Et cette imitation pour laquelle nous avons tous une disposition si naturelle, puisque c’est l’exemple qui instruit & qui règle le genre humain,
Vivimus ad exempla, cette imitation, dis-je, est une des principales sources du plaisir que causent les Arts. L’esprit s’exerce dans la comparaison du modèle avec