OVIDIUS ( 43 av. J.-C.-v. 18 ap. J.-C. )

ISNI:0000000121427757 Getty:500246979

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Wat het woord Harmoge belanght, het schijnt maer alleenlick een onondervindelicke Konst-grepe te beteyckenen, door welcke d’allerbehendighste Konstenaers onghevoelighlick en steelsch-wijse van d’eene verwe in d’andere vallen, sonder datmen de rechte verwisselingh en ’t rechte afscheydsel der selvigher verwen eenighsins kan bespeuren. Wy oordeelen ’t oversulcks niet onghevoeglick tot breeder verstand van dese Harmoge, ofte dit verschiet, een exempel of twee uyt de nature voord te brengen. Want indien wy de gantsch seldsaeme vermenghinge van Zee en Lucht in haer ontwijcken ende ververren oyt hebben aenghemerckt, het en kan ons niet onbekent sijn, hoe wijse beyde ontrent den Horizont ofte ontrent den ghesichteynde, uyt ons ghesicht verliesen; dewijsse nae haer verflauwende verschiet sachtelick in malckander loopen, sich in eenen bedommelden nevel-mist soo wonderbaerlick vereenighende, dat het ons onmogelick is ’t rechte affscheydsel der selvigher aen te wijsen, siet Stat. Papinius Lib. V. Thebaid. Daer is noch in den reghen-boghe een klaerer bewijs van sulcken verschiet der verwen te vinden. Want alhoewelmen in dit veelverwige wonder-werck der nature een groote verscheydenheyd der Coleuren ghewaer wordt, nochtans kanmen niet sien dat de selvighe erghens hardelick aen malckander stooten, dewijlse door een seer aerdigh ververuwde verdrijvinghe niet alleen sachtelick in malckander schijnen te vloeyen, maer oock uyt malckander te groeyen; offe schoon in haere uyterste deylen dapper verschillen, evenwel wordense een in ’t raeken; wantse weder-sijds in haeren tusschen grond soo gantsch soetelick verdwijnen, dat men noch d’eene noch d’andere bescheydenlick sien kan; ende in stede van d’een of d’ander vindt men maer alleen de verstervinghe van twee verwen, die allenghskens verbleyckende heymelick in malckander worden versmolten, siet Ovid. Lib. VI. Metamorph. en Seneca Lib. I. Nat. quaest. Cap. 3.

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Are. On doit donc choisir la forme la plus parfaite, imitant en partie la nature. C’est ce que faisoit Apelles, qui peignit d’apres Phriné la plus fameuse courtisane de son tems, sa celebre Venus sortant de la mer (de la quelle Ovide dit, que si elle n’eut pas eté peinte par Apelles, elle seroit toujours restée cachée dans les eaux.) Tout ainsi Praxitele fit la belle statue de la Venus Gnidienne d’apres la meme Phriné. On doit en partie imiter les belles statues de marbre ou de bronze des anciens. Quiconque goutera & possedera pleinement les perfections admirables de ces statues, pourra corriger a coup sûr plusieurs defauts de la nature meme, & rendre ses peintures agreables, & estimables a tout le monde, parceque l’antique renferme toute la perfection de l’art, & peut servir de modelle a toute sorte de beauté.

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La beauté ne consiste point dans les parures, & dans les ornemens. Un peintre ne doit pas s’arrester aux petits ajustements, sur tout dans les sujets d’histoires, où il pretend representer quelque chose de grand & d’heroïque. Il y doit faire paroistre de la grandeur, de la force, & de la noblesse, mais rien de petit & de delicat, ny de trop recherché. Il est des ouvrages de Peinture, comme de ceux de Poësie. Il ne faut pas qu’il paroisse que l’ouvrier ait pris plus de plaisir à se satisfaire luy-mesme, & à faire connoistre le jeu de son esprit & la delicatesse de son pinceau qu’à considerer le merite de son sujet. Quintilien blame Ovide de cette trop grande délicatesse.

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222. [Et de la Grace.] Il est assez difficile de dire ce que c’est que cette Grace de la Peinture : on la conçoit & on la sent bien mieux qu’on ne la peut expliquer. Elle vient des Lumieres d’une excellente Nature, qui ne se peuvent acquerir, par lesquelles nous donnons un certain tour aux choses qui les rendent agreables. Une Figure sera dessinée avec toutes ses Proportions, & aura toutes ses Parties regulieres, laquelle pour cela ne sera pas agreable, si toutes ces Parties ne sont mises ensemble d’une certaine maniere qui attire les yeux, & qui les tiennent comme immobiles. C’est pourquoy il y a difference entre la Beauté & la Grace, & il semble qu’Ovide les ait voulu distinguer, […] Et Suetone [ …]. Et combien voyons-nous de personnes belles qui nous plaisent beaucoup moins que d’autres qui n’ont pas de si beaux traits. C’est par cette Grace que Raphaël s’est rendu le plus celebre de tous les Italiens, de mesme qu’Apelle l’a esté de tous les Grecs.

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Les beaux effets de lumiere, & un éclat de jour que l’on voit au haut d’une montagne qui semble veritablement éclairée du Soleil ne paroistroient ny si vrays ny si agreables, s’il [ndr : Titien] n’eust  ménagé les couleurs les plus claires ; ou s’il les eust répanduës également dans tout son tableau. Aussi ce sont ces coups de maistre qui sont dans un ouvrage ce qu’on nomme le precieux ; il ne doit y avoir guere de ces richesses, & mesme comme bien souvent ce n’est pas une petite perfection à un Orateur de sçavoir supprimer beaucoup de choses. {Plin. lib 7. epist. 6.} […]

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Quand un Peintre sçait mesler ses couleurs, les lier & noyer tendrement, on appelle cela bien peindre ; C’est la partie qu’avoit le Corege, comme je vous ay dit assez de fois, & ce beau meslange de couleurs non seulement se doit faire dans les superficies égales en clarté, mais encore dans la jonction ou nouëment des parties claires avec les brunes.
Ce nouëment, interrompit Pymandre, & ce meslange de couleurs qui se fait avec tendresse, est-ce point ce que Pline appelle
commissura & transitus colorum ? Et ce qu’Ovide entend lors qu’il parle des couleurs de l’arc-en-ciel, quand il dit :
In quo diversiniteant cum mille colores,
Transitus ipse tamen spectantia lumina fallit,
Usque adeo quod tangit idem & tamen ultima distant. {Ovid. 6. Meth. v. 65.}
Je ne croy pas qu’on puisse mieux exprimer le passage presqu’insensible qui se fait d’une couleur à une autre. Il me souvient que Philostrate traitant de l’education d’Achilles, observe que ce qui paroissoit de plus merveilleux dans la representation de Chiron peint en Centaure, estoit l’assemblage de la Nature humaine avec celle du cheval, que le Peintre avoit si adroitement jointes ensemble, qu’on ne pouvoit connoistre la separation de l’une d’avec l’autre, ny s’apercevoir où elle commençoit, & où elle finissoit.

Les plus beaux exemples qu’un en voye dans la peinture, repartis-je sont dans la Gallerie de Farnese, où  les Caraches ont representé Persée qui change des hommes en pierres : Et dans le Cabinet du Roy, où le Guide a peint le Cantaure Nesse qui enleve Dejanire.

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Siet eens wat meer ghegolden heeft in barmherricheyt te verwecken, een rouwe Schets met Houts-kool op een Muyr getrocken van Appelus, of alle het zoet-vloyende Schrijven van Ovidius? Neen seecker: Appellus dede het stuyr ghesichte van den Coninck Ptolomeo seer haest in een vriendelicke oogh-luyckinghe veranderen, wanneer hy hem een ontwerp maeckte van het Conterfeytsel Plani.

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Wat het woord Harmoge belanght, het schijnt maer alleenlick een onondervindelicke Konst-grepe te beteyckenen, door welcke d’allerbehendighste Konstenaers onghevoelighlick en steelsch-wijse van d’eene verwe in d’andere vallen, sonder datmen de rechte verwisselingh en ’t rechte afscheydsel der selvigher verwen eenighsins kan bespeuren. Wy oordeelen ’t oversulcks niet onghevoeglick tot breeder verstand van dese Harmoge, ofte dit verschiet, een exempel of twee uyt de nature voord te brengen. Want indien wy de gantsch seldsaeme vermenghinge van Zee en Lucht in haer ontwijcken ende ververren oyt hebben aenghemerckt, het en kan ons niet onbekent sijn, hoe wijse beyde ontrent den Horizont ofte ontrent den ghesichteynde, uyt ons ghesicht verliesen; dewijsse nae haer verflauwende verschiet sachtelick in malckander loopen, sich in eenen bedommelden nevel-mist soo wonderbaerlick vereenighende, dat het ons onmogelick is ’t rechte affscheydsel der selvigher aen te wijsen, siet Stat. Papinius Lib. V. Thebaid. Daer is noch in den reghen-boghe een klaerer bewijs van sulcken verschiet der verwen te vinden. Want alhoewelmen in dit veelverwige wonder-werck der nature een groote verscheydenheyd der Coleuren ghewaer wordt, nochtans kanmen niet sien dat de selvighe erghens hardelick aen malckander stooten, dewijlse door een seer aerdigh ververuwde verdrijvinghe niet alleen sachtelick in malckander schijnen te vloeyen, maer oock uyt malckander te groeyen; offe schoon in haere uyterste deylen dapper verschillen, evenwel wordense een in ’t raeken; wantse weder-sijds in haeren tusschen grond soo gantsch soetelick verdwijnen, dat men noch d’eene noch d’andere bescheydenlick sien kan; ende in stede van d’een of d’ander vindt men maer alleen de verstervinghe van twee verwen, die allenghskens verbleyckende heymelick in malckander worden versmolten, siet Ovid. Lib. VI. Metamorph. en Seneca Lib. I. Nat. quaest. Cap. 3.

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222. [Et de la Grace.] Il est assez difficile de dire ce que c’est que cette Grace de la Peinture : on la conçoit & on la sent bien mieux qu’on ne la peut expliquer. Elle vient des Lumieres d’une excellente Nature, qui ne se peuvent acquerir, par lesquelles nous donnons un certain tour aux choses qui les rendent agreables. Une Figure sera dessinée avec toutes ses Proportions, & aura toutes ses Parties regulieres, laquelle pour cela ne sera pas agreable, si toutes ces Parties ne sont mises ensemble d’une certaine maniere qui attire les yeux, & qui les tiennent comme immobiles. C’est pourquoy il y a difference entre la Beauté & la Grace, & il semble qu’Ovide les ait voulu distinguer, […] Et Suetone [ …]. Et combien voyons-nous de personnes belles qui nous plaisent beaucoup moins que d’autres qui n’ont pas de si beaux traits. C’est par cette Grace que Raphaël s’est rendu le plus celebre de tous les Italiens, de mesme qu’Apelle l’a esté de tous les Grecs.

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[…] La beauté ne consiste point dans les parures, & dans les ornemens. Un peintre ne doit pas s’arrester aux petits ajustements, sur tout dans les sujets d’histoires, où il pretend representer quelque chose de grand & d’heroïque. Il y doit faire paroistre de la grandeur, de la force, & de la noblesse, mais rien de petit & de delicat, ny de trop recherché.

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Wat het woord Harmoge belanght, het schijnt maer alleenlick een onondervindelicke Konst-grepe te beteyckenen, door welcke d’allerbehendighste Konstenaers onghevoelighlick en steelsch-wijse van d’eene verwe in d’andere vallen, sonder datmen de rechte verwisselingh en ’t rechte afscheydsel der selvigher verwen eenighsins kan bespeuren. Wy oordeelen ’t oversulcks niet onghevoeglick tot breeder verstand van dese Harmoge, ofte dit verschiet, een exempel of twee uyt de nature voord te brengen. Want indien wy de gantsch seldsaeme vermenghinge van Zee en Lucht in haer ontwijcken ende ververren oyt hebben aenghemerckt, het en kan ons niet onbekent sijn, hoe wijse beyde ontrent den Horizont ofte ontrent den ghesichteynde, uyt ons ghesicht verliesen; dewijsse nae haer verflauwende verschiet sachtelick in malckander loopen, sich in eenen bedommelden nevel-mist soo wonderbaerlick vereenighende, dat het ons onmogelick is ’t rechte affscheydsel der selvigher aen te wijsen, siet Stat. Papinius Lib. V. Thebaid. Daer is noch in den reghen-boghe een klaerer bewijs van sulcken verschiet der verwen te vinden. Want alhoewelmen in dit veelverwige wonder-werck der nature een groote verscheydenheyd der Coleuren ghewaer wordt, nochtans kanmen niet sien dat de selvighe erghens hardelick aen malckander stooten, dewijlse door een seer aerdigh ververuwde verdrijvinghe niet alleen sachtelick in malckander schijnen te vloeyen, maer oock uyt malckander te groeyen; offe schoon in haere uyterste deylen dapper verschillen, evenwel wordense een in ’t raeken; wantse weder-sijds in haeren tusschen grond soo gantsch soetelick verdwijnen, dat men noch d’eene noch d’andere bescheydenlick sien kan; ende in stede van d’een of d’ander vindt men maer alleen de verstervinghe van twee verwen, die allenghskens verbleyckende heymelick in malckander worden versmolten, siet Ovid. Lib. VI. Metamorph. en Seneca Lib. I. Nat. quaest. Cap. 3.

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[…] La beauté ne consiste point dans les parures, & dans les ornemens. Un peintre ne doit pas s’arrester aux petits ajustements, sur tout dans les sujets d’histoires, où il pretend representer quelque chose de grand & d’heroïque. Il y doit faire paroistre de la grandeur, de la force, & de la noblesse, mais rien de petit & de delicat, ny de trop recherché. Il est des ouvrages de Peinture, comme de ceux de Poësie. Il ne faut pas qu’il paroisse que l’ouvrier ait pris plus de plaisir à se satisfaire luy-mesme, & à faire connoistre le jeu de son esprit & la delicatesse de son pinceau qu’à considerer le merite de son sujet. Quintilien blame Ovide de cette trop grande délicatesse.

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Wat het woord Harmoge belanght, het schijnt maer alleenlick een onondervindelicke Konst-grepe te beteyckenen, door welcke d’allerbehendighste Konstenaers onghevoelighlick en steelsch-wijse van d’eene verwe in d’andere vallen, sonder datmen de rechte verwisselingh en ’t rechte afscheydsel der selvigher verwen eenighsins kan bespeuren. Wy oordeelen ’t oversulcks niet onghevoeglick tot breeder verstand van dese Harmoge, ofte dit verschiet, een exempel of twee uyt de nature voord te brengen. Want indien wy de gantsch seldsaeme vermenghinge van Zee en Lucht in haer ontwijcken ende ververren oyt hebben aenghemerckt, het en kan ons niet onbekent sijn, hoe wijse beyde ontrent den Horizont ofte ontrent den ghesichteynde, uyt ons ghesicht verliesen; dewijsse nae haer verflauwende verschiet sachtelick in malckander loopen, sich in eenen bedommelden nevel-mist soo wonderbaerlick vereenighende, dat het ons onmogelick is ’t rechte affscheydsel der selvigher aen te wijsen, siet Stat. Papinius Lib. V. Thebaid. Daer is noch in den reghen-boghe een klaerer bewijs van sulcken verschiet der verwen te vinden. Want alhoewelmen in dit veelverwige wonder-werck der nature een groote verscheydenheyd der Coleuren ghewaer wordt, nochtans kanmen niet sien dat de selvighe erghens hardelick aen malckander stooten, dewijlse door een seer aerdigh ververuwde verdrijvinghe niet alleen sachtelick in malckander schijnen te vloeyen, maer oock uyt malckander te groeyen; offe schoon in haere uyterste deylen dapper verschillen, evenwel wordense een in ’t raeken; wantse weder-sijds in haeren tusschen grond soo gantsch soetelick verdwijnen, dat men noch d’eene noch d’andere bescheydenlick sien kan; ende in stede van d’een of d’ander vindt men maer alleen de verstervinghe van twee verwen, die allenghskens verbleyckende heymelick in malckander worden versmolten, siet Ovid. Lib. VI. Metamorph. en Seneca Lib. I. Nat. quaest. Cap. 3.

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De tous ces differents meslanges de couleurs s’engendre cette multitude de differentes teintes qui se rencontrent dans les tableaux, sans lesquelles le Peintre ne peut bien imiter, ny les carnations, ny les draperies, ny generallement toutes les autres choses qu’il veut representer. Et comme il doit faire le meslange de ses teintes sur sa palette ou sur son tableau selon les couleurs qui luy paroissent dans le naturel, il faut qu’il soit extraordinairement soigneux d’observer dans la Nature de quelle maniere elles y paroissent : c’est à dire qu’il doit, en considerant les corps des hommes, regarder de quelle façon ils sont colorez ; quelles parties sont plus vives, & quelles parties sont plus claires ; celles qui sont plus rouges & celles qui ont une apparence un peu bluastre, comme sont d’ordinaire les chairs plus délicates ; & prendre bien garde comment toutes ces differentes couleurs s’unissent & se meslent si bien ensemble, qu’il semble qu’une infinité de diverses teintes ne fassent qu’une seule couleur.
Quand un Peintre sçait mesler ses couleurs, les lier & noyer tendrement, on appelle cela bien peindre ; C’est la partie qu’avoit le Corege, comme je vous ay dit assez de fois, & ce beau meslange de couleurs non seulement se doit faire dans les superficies égales en clarté, mais encore dans la jonction ou nouëment des parties claires avec les brunes.
Ce nouëment, interrompit Pymandre, & ce meslange de couleurs qui se fait avec tendresse, est-ce point ce que Pline appelle
commissura & transitus colorum ? Et ce qu’Ovide entend lors qu’il parle des couleurs de l’arc-en-ciel, quand il dit :
In quo diversiniteant cum mille colores,
Transitus ipse tamen spectantia lumina fallit,
Usque adeo quod tangit idem & tamen ultima distant. {Ovid. 6. Meth. v. 65.}
Je ne croy pas qu’on puisse mieux exprimer le passage presqu’insensible qui se fait d’une couleur à une autre. Il me souvient que Philostrate traitant de l’education d’Achilles, observe que ce qui paroissoit de plus merveilleux dans la representation de Chiron peint en Centaure, estoit l’assemblage de la Nature humaine avec celle du cheval, que le Peintre avoit si adroitement jointes ensemble, qu’on ne pouvoit connoistre la separation de l’une d’avec l’autre, ny s’apercevoir où elle commençoit, & où elle finissoit.

Les plus beaux exemples qu’un en voye dans la peinture, repartis-je sont dans la Gallerie de Farnese, où  les Caraches ont representé Persée qui change des hommes en pierres : Et dans le Cabinet du Roy, où le Guide a peint le Cantaure Nesse qui enleve Dejanire.

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Quand un Peintre sçait mesler ses couleurs, les lier & noyer tendrement, on appelle cela bien peindre ; C’est la partie qu’avoit le Corege, comme je vous ay dit assez de fois, & ce beau meslange de couleurs non seulement se doit faire dans les superficies égales en clarté, mais encore dans la jonction ou nouëment des parties claires avec les brunes.
Ce nouëment, interrompit Pymandre, & ce meslange de couleurs qui se fait avec tendresse, est-ce point ce que Pline appelle
commissura & transitus colorum ? Et ce qu’Ovide entend lors qu’il parle des couleurs de l’arc-en-ciel, quand il dit :
In quo diversiniteant cum mille colores,
Transitus ipse tamen spectantia lumina fallit,
Usque adeo quod tangit idem & tamen ultima distant. {Ovid. 6. Meth. v. 65.}
Je ne croy pas qu’on puisse mieux exprimer le passage presqu’insensible qui se fait d’une couleur à une autre. Il me souvient que Philostrate traitant de l’education d’Achilles, observe que ce qui paroissoit de plus merveilleux dans la representation de Chiron peint en Centaure, estoit l’assemblage de la Nature humaine avec celle du cheval, que le Peintre avoit si adroitement jointes ensemble, qu’on ne pouvoit connoistre la separation de l’une d’avec l’autre, ny s’apercevoir où elle commençoit, & où elle finissoit.

Les plus beaux exemples qu’un en voye dans la peinture, repartis-je sont dans la Gallerie de Farnese, où  les Caraches ont representé Persée qui change des hommes en pierres : Et dans le Cabinet du Roy, où le Guide a peint le Cantaure Nesse qui enleve Dejanire.

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Doch soo is onder alle d'andere ghemeynschappen dit wel een van de voornaemste, dat soo wel de Schilders als de Poëten tot de liefde deser Konsten niet soo seer door een voor-bedachten raedt, als wel door ick en wete niet wat voor een voordtvaerende toegheneyghtheyd haerer nature worden aenghevoert, van de Poëten geeft den uytnemenden Poete Ovidius dit ghetuyghenis. Daer is een sekere Goddelicke kracht in ons, ende wy worden gaende ghemaeckt, seght hy {Fastor. Lib. VI}, als ons de selvighe begint t'ontroeren. Dese voordt vaerenheydt heeft in sich 't saedt van eenen Goddelicken Geest. Van de Schilders segt Plinius {nat.hist. Xxxv.10}, Nicophanes had eenen voorde vaerenden Geest, soo dat weynighe hem daer in ghelijck sijn. En wederom in de selvighe plaetse, een sekere voordt-vaerenheydt sijnes ghemoedts, ende eene sekeren lust der Konste heeft Protogenes tot dese dinghen aen ghedreven.

Quotation

Dans l’art de traiter les couleurs, & dans le meslange que l’on fait des unes avec les autres, il se rencontre beaucoup de choses à considerer. Car il y a le meslange des couleurs qui se fait sur la palette avec le couteau lors que l’on compose les principales teintes dont on croit avoir besoin : Et le meslange qui se fait avec le pinceau sur la palette ou sur le Tableau mesme pour joindre ensemble toutes les couleurs & pour les noyer les unes avec les autres. De tous ces differents meslanges de couleurs s’engendre cette multitude de differentes teintes qui se rencontrent dans les tableaux, sans lesquelles le Peintre ne peut bien imiter, ny les carnations, ny les draperies, ny generallement toutes les autres choses qu’il veut representer. Et comme il doit faire le meslange de ses teintes sur sa palette ou sur son tableau selon les couleurs qui luy paroissent dans le naturel, il faut qu’il soit extraordinairement soigneux d’observer dans la Nature de quelle maniere elles y paroissent : c’est à dire qu’il doit, en considerant les corps des hommes, regarder de quelle façon ils sont colorez ; quelles parties sont plus vives, & quelles parties sont plus claires ; celles qui sont plus rouges & celles qui ont une apparence un peu bluastre, comme sont d’ordinaire les chairs plus délicates ; & prendre bien garde comment toutes ces differentes couleurs s’unissent & se meslent si bien ensemble, qu’il semble qu’une infinité de diverses teintes ne fassent qu’une seule couleur.
Quand un Peintre sçait mesler ses couleurs, les lier & noyer tendrement, on appelle cela bien peindre ; C’est la partie qu’avoit le Corege, comme je vous ay dit assez de fois, & ce beau meslange de couleurs non seulement se doit faire dans les superficies égales en clarté, mais encore dans la jonction ou nouëment des parties claires avec les brunes.
Ce nouëment, interrompit Pymandre, & ce meslange de couleurs qui se fait avec tendresse, est-ce point ce que Pline appelle
commissura & transitus colorum ? Et ce qu’Ovide entend lors qu’il parle des couleurs de l’arc-en-ciel, quand il dit :
In quo diversiniteant cum mille colores,
Transitus ipse tamen spectantia lumina fallit,
Usque adeo quod tangit idem & tamen ultima distant. {Ovid. 6. Meth. v. 65.}
Je ne croy pas qu’on puisse mieux exprimer le passage presqu’insensible qui se fait d’une couleur à une autre. Il me souvient que Philostrate traitant de l’education d’Achilles, observe que ce qui paroissoit de plus merveilleux dans la representation de Chiron peint en Centaure, estoit l’assemblage de la Nature humaine avec celle du cheval, que le Peintre avoit si adroitement jointes ensemble, qu’on ne pouvoit connoistre la separation de l’une d’avec l’autre, ny s’apercevoir où elle commençoit, & où elle finissoit.

Les plus beaux exemples qu’un en voye dans la peinture, repartis-je sont dans la Gallerie de Farnese, où  les Caraches ont representé Persée qui change des hommes en pierres : Et dans le Cabinet du Roy, où le Guide a peint le Cantaure Nesse qui enleve Dejanire.

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Quand un Peintre sçait mesler ses couleurs, les lier & noyer tendrement, on appelle cela bien peindre ; C’est la partie qu’avoit le Corege, comme je vous ay dit assez de fois, & ce beau meslange de couleurs non seulement se doit faire dans les superficies égales en clarté, mais encore dans la jonction ou nouëment des parties claires avec les brunes.
Ce nouëment, interrompit Pymandre, & ce meslange de couleurs qui se fait avec tendresse, est-ce point ce que Pline appelle
commissura & transitus colorum ? Et ce qu’Ovide entend lors qu’il parle des couleurs de l’arc-en-ciel, quand il dit :
In quo diversiniteant cum mille colores,
Transitus ipse tamen spectantia lumina fallit,
Usque adeo quod tangit idem & tamen ultima distant. {Ovid. 6. Meth. v. 65.}
Je ne croy pas qu’on puisse mieux exprimer le passage presqu’insensible qui se fait d’une couleur à une autre. Il me souvient que Philostrate traitant de l’education d’Achilles, observe que ce qui paroissoit de plus merveilleux dans la representation de Chiron peint en Centaure, estoit l’assemblage de la Nature humaine avec celle du cheval, que le Peintre avoit si adroitement jointes ensemble, qu’on ne pouvoit connoistre la separation de l’une d’avec l’autre, ny s’apercevoir où elle commençoit, & où elle finissoit.

Les plus beaux exemples qu’un en voye dans la peinture, repartis-je sont dans la Gallerie de Farnese, où  les Caraches ont representé Persée qui change des hommes en pierres : Et dans le Cabinet du Roy, où le Guide a peint le Cantaure Nesse qui enleve Dejanire.

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Dans l’art de traiter les couleurs, & dans le meslange que l’on fait des unes avec les autres, il se rencontre beaucoup de choses à considerer. Car il y a le meslange des couleurs qui se fait sur la palette avec le couteau lors que l’on compose les principales teintes dont on croit avoir besoin : Et le meslange qui se fait avec le pinceau sur la palette ou sur le Tableau mesme pour joindre ensemble toutes les couleurs & pour les noyer les unes avec les autres. De tous ces differents meslanges de couleurs s’engendre cette multitude de differentes teintes qui se rencontrent dans les tableaux, sans lesquelles le Peintre ne peut bien imiter, ny les carnations, ny les draperies, ny generallement toutes les autres choses qu’il veut representer. Et comme il doit faire le meslange de ses teintes sur sa palette ou sur son tableau selon les couleurs qui luy paroissent dans le naturel, il faut qu’il soit extraordinairement soigneux d’observer dans la Nature de quelle maniere elles y paroissent : c’est à dire qu’il doit, en considerant les corps des hommes, regarder de quelle façon ils sont colorez ; quelles parties sont plus vives, & quelles parties sont plus claires ; celles qui sont plus rouges & celles qui ont une apparence un peu bluastre, comme sont d’ordinaire les chairs plus délicates ; & prendre bien garde comment toutes ces differentes couleurs s’unissent & se meslent si bien ensemble, qu’il semble qu’une infinité de diverses teintes ne fassent qu’une seule couleur.
Quand un Peintre sçait mesler ses couleurs, les lier & noyer tendrement, on appelle cela bien peindre ; C’est la partie qu’avoit le Corege, comme je vous ay dit assez de fois, & ce beau meslange de couleurs non seulement se doit faire dans les superficies égales en clarté, mais encore dans la jonction ou nouëment des parties claires avec les brunes.
Ce nouëment, interrompit Pymandre, & ce meslange de couleurs qui se fait avec tendresse, est-ce point ce que Pline appelle
commissura & transitus colorum ? Et ce qu’Ovide entend lors qu’il parle des couleurs de l’arc-en-ciel, quand il dit :
In quo diversiniteant cum mille colores,
Transitus ipse tamen spectantia lumina fallit,
Usque adeo quod tangit idem & tamen ultima distant. {Ovid. 6. Meth. v. 65.}
Je ne croy pas qu’on puisse mieux exprimer le passage presqu’insensible qui se fait d’une couleur à une autre. Il me souvient que Philostrate traitant de l’education d’Achilles, observe que ce qui paroissoit de plus merveilleux dans la representation de Chiron peint en Centaure, estoit l’assemblage de la Nature humaine avec celle du cheval, que le Peintre avoit si adroitement jointes ensemble, qu’on ne pouvoit connoistre la separation de l’une d’avec l’autre, ny s’apercevoir où elle commençoit, & où elle finissoit.

Les plus beaux exemples qu’un en voye dans la peinture, repartis-je sont dans la Gallerie de Farnese, où  les Caraches ont representé Persée qui change des hommes en pierres : Et dans le Cabinet du Roy, où le Guide a peint le Cantaure Nesse qui enleve Dejanire.

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Quand un Peintre sçait mesler ses couleurs, les lier & noyer tendrement, on appelle cela bien peindre ; C’est la partie qu’avoit le Corege, comme je vous ay dit assez de fois, & ce beau meslange de couleurs non seulement se doit faire dans les superficies égales en clarté, mais encore dans la jonction ou nouëment des parties claires avec les brunes.
Ce nouëment, interrompit Pymandre, & ce meslange de couleurs qui se fait avec tendresse, est-ce point ce que Pline appelle
commissura & transitus colorum ? Et ce qu’Ovide entend lors qu’il parle des couleurs de l’arc-en-ciel, quand il dit :
In quo diversiniteant cum mille colores,
Transitus ipse tamen spectantia lumina fallit,
Usque adeo quod tangit idem & tamen ultima distant. {Ovid. 6. Meth. v. 65.}
Je ne croy pas qu’on puisse mieux exprimer le passage presqu’insensible qui se fait d’une couleur à une autre. Il me souvient que Philostrate traitant de l’education d’Achilles, observe que ce qui paroissoit de plus merveilleux dans la representation de Chiron peint en Centaure, estoit l’assemblage de la Nature humaine avec celle du cheval, que le Peintre avoit si adroitement jointes ensemble, qu’on ne pouvoit connoistre la separation de l’une d’avec l’autre, ny s’apercevoir où elle commençoit, & où elle finissoit.

Quotation

Dans l’art de traiter les couleurs, & dans le meslange que l’on fait des unes avec les autres, il se rencontre beaucoup de choses à considerer. Car il y a le meslange des couleurs qui se fait sur la palette avec le couteau lors que l’on compose les principales teintes dont on croit avoir besoin : Et le meslange qui se fait avec le pinceau sur la palette ou sur le Tableau mesme pour joindre ensemble toutes les couleurs & pour les noyer les unes avec les autres. De tous ces differents meslanges de couleurs s’engendre cette multitude de differentes teintes qui se rencontrent dans les tableaux, sans lesquelles le Peintre ne peut bien imiter, ny les carnations, ny les draperies, ny generallement toutes les autres choses qu’il veut representer. Et comme il doit faire le meslange de ses teintes sur sa palette ou sur son tableau selon les couleurs qui luy paroissent dans le naturel, il faut qu’il soit extraordinairement soigneux d’observer dans la Nature de quelle maniere elles y paroissent : c’est à dire qu’il doit, en considerant les corps des hommes, regarder de quelle façon ils sont colorez ; quelles parties sont plus vives, & quelles parties sont plus claires ; celles qui sont plus rouges & celles qui ont une apparence un peu bluastre, comme sont d’ordinaire les chairs plus délicates ; & prendre bien garde comment toutes ces differentes couleurs s’unissent & se meslent si bien ensemble, qu’il semble qu’une infinité de diverses teintes ne fassent qu’une seule couleur.
Quand un Peintre sçait mesler ses couleurs, les lier & noyer tendrement, on appelle cela bien peindre ; C’est la partie qu’avoit le Corege, comme je vous ay dit assez de fois, & ce beau meslange de couleurs non seulement se doit faire dans les superficies égales en clarté, mais encore dans la jonction ou nouëment des parties claires avec les brunes.
Ce nouëment, interrompit Pymandre, & ce meslange de couleurs qui se fait avec tendresse, est-ce point ce que Pline appelle
commissura & transitus colorum ? Et ce qu’Ovide entend lors qu’il parle des couleurs de l’arc-en-ciel, quand il dit :
In quo diversiniteant cum mille colores,
Transitus ipse tamen spectantia lumina fallit,
Usque adeo quod tangit idem & tamen ultima distant. {Ovid. 6. Meth. v. 65.}
Je ne croy pas qu’on puisse mieux exprimer le passage presqu’insensible qui se fait d’une couleur à une autre. Il me souvient que Philostrate traitant de l’education d’Achilles, observe que ce qui paroissoit de plus merveilleux dans la representation de Chiron peint en Centaure, estoit l’assemblage de la Nature humaine avec celle du cheval, que le Peintre avoit si adroitement jointes ensemble, qu’on ne pouvoit connoistre la separation de l’une d’avec l’autre, ny s’apercevoir où elle commençoit, & où elle finissoit.

Les plus beaux exemples qu’un en voye dans la peinture, repartis-je sont dans la Gallerie de Farnese, où  les Caraches ont representé Persée qui change des hommes en pierres : Et dans le Cabinet du Roy, où le Guide a peint le Cantaure Nesse qui enleve Dejanire.

Quotation

Siet eens wat meer ghegolden heeft in barmherricheyt te verwecken, een rouwe Schets met Houts-kool op een Muyr getrocken van Appelus, of alle het zoet-vloyende Schrijven van Ovidius? Neen seecker: Appellus dede het stuyr ghesichte van den Coninck Ptolomeo seer haest in een vriendelicke oogh-luyckinghe veranderen, wanneer hy hem een ontwerp maeckte van het Conterfeytsel Plani.

Quotation

[…] La beauté ne consiste point dans les parures, & dans les ornemens. Un peintre ne doit pas s’arrester aux petits ajustements, sur tout dans les sujets d’histoires, où il pretend representer quelque chose de grand & d’heroïque. Il y doit faire paroistre de la grandeur, de la force, & de la noblesse, mais rien de petit & de delicat, ny de trop recherché. Il est des ouvrages de Peinture, comme de ceux de Poësie. Il ne faut pas qu’il paroisse que l’ouvrier ait pris plus de plaisir à se satisfaire luy-mesme, & à faire connoistre le jeu de son esprit & la delicatesse de son pinceau qu’à considerer le merite de son sujet. Quintilien blame Ovide de cette trop grande délicatesse.
Si vous voulez, dit Pymandre, que les Peintres imitent les Poëtes, il faut pourtant, selon le sentiment des doctes qu’il y ait dans leurs tableaux quelque chose d’agreable & de touchant aussi bien que de grand & de fort.
Il est vray, répondis-je, mais cet agreable doit naistre toujours du sujet que l’on traitte, non pas des choses étrangeres : Car l’on ne pretend pas retrancher les choses belles, quand elles sont propres aux lieux où on les met, mais l’on condamne ceux qui gastent un sujet qui de soy est noble et grand, parce qu’ils s’arrestent trop à la recherche des ornemens de certaines parties inutiles.

Quotation

Les livres qui sont propres aux Peintres, sont la Bible, l’Histoire des Juifs, de Joseph, l’Histoire Romaine, le Tite Live, Homere, l’Histoire Ecclesiastique de Godeau, Baronius, les Metamorphoses d’Ovide de Durier, les tableaux de Philostrate, Plutarque des hommes illustres, Pausanias, la religion des Romains, la Colomne [sic] Trajane, les livres de medailles, les bas Reliefs de Perier, Horace, certains Romans capables d’entretenir le genie, & de fortifier par les belles idées, qu’ils donnent des choses.
Le Peintre peut encore se servir, quand il en aura besoin de la Mitologie des Dieux, les images des Dieux, l’Inconologie [sic], les Fables d’Hyginus, la perspective pratique, Leonard de Vinci Paul Lomasse, Jean Baptiste Armeniny, Franciscus Junius, le Sieur de Cambray, Monsieur Felibien sur le tableau d’Alexandre de la main de Monsieur le Brun.
Voila a peu prés la bibliotheque d’un Peintre qu’il doit lire souvent, à moins qu’il ne veuille se contenter de posseder la peinture, comme le plus sale de tous les Métiers, & non comme le plus noble de tous les Arts.

Quotation

Les beaux effets de lumiere, & un éclat de jour que l’on voit au haut d’une montagne qui semble veritablement éclairée du Soleil ne paroistroient ny si vrays ny si agreables, s’il [ndr : Titien] n’eust  ménagé les couleurs les plus claires ; ou s’il les eust répanduës également dans tout son tableau. Aussi ce sont ces coups de maistre qui sont dans un ouvrage ce qu’on nomme le precieux ; il ne doit y avoir guere de ces richesses, & mesme comme bien souvent ce n’est pas une petite perfection à un Orateur de sçavoir supprimer beaucoup de choses. {Plin. lib 7. epist. 6.} […]

Quotation

[…] La beauté ne consiste point dans les parures, & dans les ornemens. Un peintre ne doit pas s’arrester aux petits ajustements, sur tout dans les sujets d’histoires, où il pretend representer quelque chose de grand & d’heroïque. Il y doit faire paroistre de la grandeur, de la force, & de la noblesse, mais rien de petit & de delicat, ny de trop recherché. Il est des ouvrages de Peinture, comme de ceux de Poësie. Il ne faut pas qu’il paroisse que l’ouvrier ait pris plus de plaisir à se satisfaire luy-mesme, & à faire connoistre le jeu de son esprit & la delicatesse de son pinceau qu’à considerer le merite de son sujet. Quintilien blame Ovide de cette trop grande délicatesse.

Quotation

Siet eens wat meer ghegolden heeft in barmherricheyt te verwecken, een rouwe Schets met Houts-kool op een Muyr getrocken van Appelus, of alle het zoet-vloyende Schrijven van Ovidius? Neen seecker: Appellus dede het stuyr ghesichte van den Coninck Ptolomeo seer haest in een vriendelicke oogh-luyckinghe veranderen, wanneer hy hem een ontwerp maeckte van het Conterfeytsel Plani.

Quotation

Siet eens wat meer ghegolden heeft in barmherricheyt te verwecken, een rouwe Schets met Houts-kool op een Muyr getrocken van Appelus, of alle het zoet-vloyende Schrijven van Ovidius? Neen seecker: Appellus dede het stuyr ghesichte van den Coninck Ptolomeo seer haest in een vriendelicke oogh-luyckinghe veranderen, wanneer hy hem een ontwerp maeckte van het Conterfeytsel Plani.

Quotation

Quand un Peintre sçait mesler ses couleurs, les lier & noyer tendrement, on appelle cela bien peindre ; C’est la partie qu’avoit le Corege, comme je vous ay dit assez de fois, & ce beau meslange de couleurs non seulement se doit faire dans les superficies égales en clarté, mais encore dans la jonction ou nouëment des parties claires avec les brunes.
Ce nouëment, interrompit Pymandre, & ce meslange de couleurs qui se fait avec tendresse, est-ce point ce que Pline appelle
commissura & transitus colorum ? Et ce qu’Ovide entend lors qu’il parle des couleurs de l’arc-en-ciel, quand il dit :
In quo diversiniteant cum mille colores,
Transitus ipse tamen spectantia lumina fallit,
Usque adeo quod tangit idem & tamen ultima distant. {Ovid. 6. Meth. v. 65.}

Quotation

Quand un Peintre sçait mesler ses couleurs, les lier & noyer tendrement, on appelle cela bien peindre ; C’est la partie qu’avoit le Corege, comme je vous ay dit assez de fois, & ce beau meslange de couleurs non seulement se doit faire dans les superficies égales en clarté, mais encore dans la jonction ou nouëment des parties claires avec les brunes.
Ce nouëment, interrompit Pymandre, & ce meslange de couleurs qui se fait avec tendresse, est-ce point ce que Pline appelle
commissura & transitus colorum ? Et ce qu’Ovide entend lors qu’il parle des couleurs de l’arc-en-ciel, quand il dit :
In quo diversiniteant cum mille colores,
Transitus ipse tamen spectantia lumina fallit,
Usque adeo quod tangit idem & tamen ultima distant. {Ovid. 6. Meth. v. 65.}

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Doch soo is onder alle d'andere ghemeynschappen dit wel een van de voornaemste, dat soo wel de Schilders als de Poëten tot de liefde deser Konsten niet soo seer door een voor-bedachten raedt, als wel door ick en wete niet wat voor een voordtvaerende toegheneyghtheyd haerer nature worden aenghevoert, van de Poëten geeft den uytnemenden Poete Ovidius dit ghetuyghenis. Daer is een sekere Goddelicke kracht in ons, ende wy worden gaende ghemaeckt, seght hy {Fastor. Lib. VI}, als ons de selvighe begint t'ontroeren. Dese voordt vaerenheydt heeft in sich 't saedt van eenen Goddelicken Geest. Van de Schilders segt Plinius {nat.hist. Xxxv.10}, Nicophanes had eenen voorde vaerenden Geest, soo dat weynighe hem daer in ghelijck sijn. En wederom in de selvighe plaetse, een sekere voordt-vaerenheydt sijnes ghemoedts, ende eene sekeren lust der Konste heeft Protogenes tot dese dinghen aen ghedreven.

Quotation

Dans l’art de traiter les couleurs, & dans le meslange que l’on fait des unes avec les autres, il se rencontre beaucoup de choses à considerer. Car il y a le meslange des couleurs qui se fait sur la palette avec le couteau lors que l’on compose les principales teintes dont on croit avoir besoin : Et le meslange qui se fait avec le pinceau sur la palette ou sur le Tableau mesme pour joindre ensemble toutes les couleurs & pour les noyer les unes avec les autres. De tous ces differents meslanges de couleurs s’engendre cette multitude de differentes teintes qui se rencontrent dans les tableaux, sans lesquelles le Peintre ne peut bien imiter, ny les carnations, ny les draperies, ny generallement toutes les autres choses qu’il veut representer. Et comme il doit faire le meslange de ses teintes sur sa palette ou sur son tableau selon les couleurs qui luy paroissent dans le naturel, il faut qu’il soit extraordinairement soigneux d’observer dans la Nature de quelle maniere elles y paroissent : c’est à dire qu’il doit, en considerant les corps des hommes, regarder de quelle façon ils sont colorez ; quelles parties sont plus vives, & quelles parties sont plus claires ; celles qui sont plus rouges & celles qui ont une apparence un peu bluastre, comme sont d’ordinaire les chairs plus délicates ; & prendre bien garde comment toutes ces differentes couleurs s’unissent & se meslent si bien ensemble, qu’il semble qu’une infinité de diverses teintes ne fassent qu’une seule couleur.
Quand un Peintre sçait mesler ses couleurs, les lier & noyer tendrement, on appelle cela bien peindre ; C’est la partie qu’avoit le Corege, comme je vous ay dit assez de fois, & ce beau meslange de couleurs non seulement se doit faire dans les superficies égales en clarté, mais encore dans la jonction ou nouëment des parties claires avec les brunes.
Ce nouëment, interrompit Pymandre, & ce meslange de couleurs qui se fait avec tendresse, est-ce point ce que Pline appelle
commissura & transitus colorum ? Et ce qu’Ovide entend lors qu’il parle des couleurs de l’arc-en-ciel, quand il dit :
In quo diversiniteant cum mille colores,
Transitus ipse tamen spectantia lumina fallit,
Usque adeo quod tangit idem & tamen ultima distant. {Ovid. 6. Meth. v. 65.}
Je ne croy pas qu’on puisse mieux exprimer le passage presqu’insensible qui se fait d’une couleur à une autre. Il me souvient que Philostrate traitant de l’education d’Achilles, observe que ce qui paroissoit de plus merveilleux dans la representation de Chiron peint en Centaure, estoit l’assemblage de la Nature humaine avec celle du cheval, que le Peintre avoit si adroitement jointes ensemble, qu’on ne pouvoit connoistre la separation de l’une d’avec l’autre, ny s’apercevoir où elle commençoit, & où elle finissoit.

Les plus beaux exemples qu’un en voye dans la peinture, repartis-je sont dans la Gallerie de Farnese, où  les Caraches ont representé Persée qui change des hommes en pierres : Et dans le Cabinet du Roy, où le Guide a peint le Cantaure Nesse qui enleve Dejanire.

Quotation

Mais il y a de la difference de cette manière de passer d’une couleur à une autre, à cette autre union & à ce passage de couleurs dont nous venons de parler. Quoy que ce soit une chose tres-estimable de bien unir ensemble les couleurs pour joindre des corps de differentes especes, ce n’est rien neanmoins en comparaison de sçavoir peindre les contours & les extremitez de tous les corps en general, & faire qu’ils se perdent par une suite & un détour insensible, qui trompe la veuë de telle sorte qu’on ne laisse pas d’y comprendre ce qui ne se voit point.

Quotation

Wat het woord Harmoge belanght, het schijnt maer alleenlick een onondervindelicke Konst-grepe te beteyckenen, door welcke d’allerbehendighste Konstenaers onghevoelighlick en steelsch-wijse van d’eene verwe in d’andere vallen, sonder datmen de rechte verwisselingh en ’t rechte afscheydsel der selvigher verwen eenighsins kan bespeuren. Wy oordeelen ’t oversulcks niet onghevoeglick tot breeder verstand van dese Harmoge, ofte dit verschiet, een exempel of twee uyt de nature voord te brengen. Want indien wy de gantsch seldsaeme vermenghinge van Zee en Lucht in haer ontwijcken ende ververren oyt hebben aenghemerckt, het en kan ons niet onbekent sijn, hoe wijse beyde ontrent den Horizont ofte ontrent den ghesichteynde, uyt ons ghesicht verliesen; dewijsse nae haer verflauwende verschiet sachtelick in malckander loopen, sich in eenen bedommelden nevel-mist soo wonderbaerlick vereenighende, dat het ons onmogelick is ’t rechte affscheydsel der selvigher aen te wijsen, siet Stat. Papinius Lib. V. Thebaid. Daer is noch in den reghen-boghe een klaerer bewijs van sulcken verschiet der verwen te vinden. Want alhoewelmen in dit veelverwige wonder-werck der nature een groote verscheydenheyd der Coleuren ghewaer wordt, nochtans kanmen niet sien dat de selvighe erghens hardelick aen malckander stooten, dewijlse door een seer aerdigh ververuwde verdrijvinghe niet alleen sachtelick in malckander schijnen te vloeyen, maer oock uyt malckander te groeyen; offe schoon in haere uyterste deylen dapper verschillen, evenwel wordense een in ’t raeken; wantse weder-sijds in haeren tusschen grond soo gantsch soetelick verdwijnen, dat men noch d’eene noch d’andere bescheydenlick sien kan; ende in stede van d’een of d’ander vindt men maer alleen de verstervinghe van twee verwen, die allenghskens verbleyckende heymelick in malckander worden versmolten, siet Ovid. Lib. VI. Metamorph. en Seneca Lib. I. Nat. quaest. Cap. 3.

Quotation

Wat het woord Harmoge belanght, het schijnt maer alleenlick een onondervindelicke Konst-grepe te beteyckenen, door welcke d’allerbehendighste Konstenaers onghevoelighlick en steelsch-wijse van d’eene verwe in d’andere vallen, sonder datmen de rechte verwisselingh en ’t rechte afscheydsel der selvigher verwen eenighsins kan bespeuren. Wy oordeelen ’t oversulcks niet onghevoeglick tot breeder verstand van dese Harmoge, ofte dit verschiet, een exempel of twee uyt de nature voord te brengen. Want indien wy de gantsch seldsaeme vermenghinge van Zee en Lucht in haer ontwijcken ende ververren oyt hebben aenghemerckt, het en kan ons niet onbekent sijn, hoe wijse beyde ontrent den Horizont ofte ontrent den ghesichteynde, uyt ons ghesicht verliesen; dewijsse nae haer verflauwende verschiet sachtelick in malckander loopen, sich in eenen bedommelden nevel-mist soo wonderbaerlick vereenighende, dat het ons onmogelick is ’t rechte affscheydsel der selvigher aen te wijsen, siet Stat. Papinius Lib. V. Thebaid. Daer is noch in den reghen-boghe een klaerer bewijs van sulcken verschiet der verwen te vinden. Want alhoewelmen in dit veelverwige wonder-werck der nature een groote verscheydenheyd der Coleuren ghewaer wordt, nochtans kanmen niet sien dat de selvighe erghens hardelick aen malckander stooten, dewijlse door een seer aerdigh ververuwde verdrijvinghe niet alleen sachtelick in malckander schijnen te vloeyen, maer oock uyt malckander te groeyen; offe schoon in haere uyterste deylen dapper verschillen, evenwel wordense een in ’t raeken; wantse weder-sijds in haeren tusschen grond soo gantsch soetelick verdwijnen, dat men noch d’eene noch d’andere bescheydenlick sien kan; ende in stede van d’een of d’ander vindt men maer alleen de verstervinghe van twee verwen, die allenghskens verbleyckende heymelick in malckander worden versmolten, siet Ovid. Lib. VI. Metamorph. en Seneca Lib. I. Nat. quaest. Cap. 3.

Quotation

Wat het woord Harmoge belanght, het schijnt maer alleenlick een onondervindelicke Konst-grepe te beteyckenen, door welcke d’allerbehendighste Konstenaers onghevoelighlick en steelsch-wijse van d’eene verwe in d’andere vallen, sonder datmen de rechte verwisselingh en ’t rechte afscheydsel der selvigher verwen eenighsins kan bespeuren. Wy oordeelen ’t oversulcks niet onghevoeglick tot breeder verstand van dese Harmoge, ofte dit verschiet, een exempel of twee uyt de nature voord te brengen. Want indien wy de gantsch seldsaeme vermenghinge van Zee en Lucht in haer ontwijcken ende ververren oyt hebben aenghemerckt, het en kan ons niet onbekent sijn, hoe wijse beyde ontrent den Horizont ofte ontrent den ghesichteynde, uyt ons ghesicht verliesen; dewijsse nae haer verflauwende verschiet sachtelick in malckander loopen, sich in eenen bedommelden nevel-mist soo wonderbaerlick vereenighende, dat het ons onmogelick is ’t rechte affscheydsel der selvigher aen te wijsen, siet Stat. Papinius Lib. V. Thebaid. Daer is noch in den reghen-boghe een klaerer bewijs van sulcken verschiet der verwen te vinden. Want alhoewelmen in dit veelverwige wonder-werck der nature een groote verscheydenheyd der Coleuren ghewaer wordt, nochtans kanmen niet sien dat de selvighe erghens hardelick aen malckander stooten, dewijlse door een seer aerdigh ververuwde verdrijvinghe niet alleen sachtelick in malckander schijnen te vloeyen, maer oock uyt malckander te groeyen; offe schoon in haere uyterste deylen dapper verschillen, evenwel wordense een in ’t raeken; wantse weder-sijds in haeren tusschen grond soo gantsch soetelick verdwijnen, dat men noch d’eene noch d’andere bescheydenlick sien kan; ende in stede van d’een of d’ander vindt men maer alleen de verstervinghe van twee verwen, die allenghskens verbleyckende heymelick in malckander worden versmolten, siet Ovid. Lib. VI. Metamorph. en Seneca Lib. I. Nat. quaest. Cap. 3.

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V. Von der Mahlerey Verwandschafft mit andern Künsten, p. 133-137
Der Erfindung nach/ ist die Mahlerey befreundet mit de Poeterey/ daher Ovidius saget :
Der Mahler und Poet hat gleiche Macht zu dichten.
Ein schönes Kunstgemähl wird durch ein liebliches Gedicht gleichsam beseelet/ und die stummen Bilder deß Mahlers/ machet der Poet reden; ja beede machen etwas aus dem/nichts ist. 
Wie nun die Studia deß Menschen Verstand ins gemein zu möglichster Vollkommenheit fördern; also dienen sie auch absonderlich einen Mahler/ und machen ihn in den Erfindungen sinnreich und verständig. Was die äusserliche Gestalt belanget/ ist sein Buch die Natur/ welcher Gleicheit ersuchet und nachahmet: Was aber Antiquiteten, alte Historien/ Kunstrichtige Ausbildungen/ Neue und Frembde Aufzüge/ Ausländische Trachten und dergleichen betrifft/ das muß er von den Poeten lernen/ oder selbsten ein Poet seyn. [....] 
Hieraus ist nicht zu schliessen/ daß eine verständiger Mahler für sich nichts stellen und zu Wercke sollte bringen können: Nein/ sondern er wird viel Sachen/ welche die Natur für Augn stellet/ meisterlich abbilden/ und deß Poeten vonnöthen haben/ es lauffe dann eine Sache in Icologiam oder artem Emblematicam, da er deß Poeten Einrathen oder Erklärung nicht verachten wird. Was die äusserliche Gestalt belanget/ sind mit der befreundet die Wachspossiererey/ Bildhauerey/ Baukunst/ welcher Sprache ist das Gemähl oder der Abriß/ als der Mahl=Kunst Abc.
Viel Sachen lassen sich sagen und nicht mahlen: viel lassen sich mahlen / und nicht sagen [...]
[....] Zu deme hat die Mahlerey ihren Nutzen in Aufmunterung unserer Gedancken/ Erweckung der Andacht/ Erhaltung der hinfallendeb Gestalten/ Ehrengedächtnis der Verstorbenen/ und wie vorgedacht/ notwendig ist zu vor belobter Baukunste.

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Doch soo is onder alle d'andere ghemeynschappen dit wel een van de voornaemste, dat soo wel de Schilders als de Poëten tot de liefde deser Konsten niet soo seer door een voor-bedachten raedt, als wel door ick en wete niet wat voor een voordtvaerende toegheneyghtheyd haerer nature worden aenghevoert, van de Poëten geeft den uytnemenden Poete Ovidius dit ghetuyghenis. Daer is een sekere Goddelicke kracht in ons, ende wy worden gaende ghemaeckt, seght hy {Fastor. Lib. VI}, als ons de selvighe begint t'ontroeren. Dese voordt vaerenheydt heeft in sich 't saedt van eenen Goddelicken Geest. Van de Schilders segt Plinius {nat.hist. Xxxv.10}, Nicophanes had eenen voorde vaerenden Geest, soo dat weynighe hem daer in ghelijck sijn. En wederom in de selvighe plaetse, een sekere voordt-vaerenheydt sijnes ghemoedts, ende eene sekeren lust der Konste heeft Protogenes tot dese dinghen aen ghedreven.

Quotation

Doch soo is onder alle d'andere ghemeynschappen dit wel een van de voornaemste, dat soo wel de Schilders als de Poëten tot de liefde deser Konsten niet soo seer door een voor-bedachten raedt, als wel door ick en wete niet wat voor een voordtvaerende toegheneyghtheyd haerer nature worden aenghevoert, van de Poëten geeft den uytnemenden Poete Ovidius dit ghetuyghenis. Daer is een sekere Goddelicke kracht in ons, ende wy worden gaende ghemaeckt, seght hy {Fastor. Lib. VI}, als ons de selvighe begint t'ontroeren. Dese voordt vaerenheydt heeft in sich 't saedt van eenen Goddelicken Geest. Van de Schilders segt Plinius {nat.hist. Xxxv.10}, Nicophanes had eenen voorde vaerenden Geest, soo dat weynighe hem daer in ghelijck sijn. En wederom in de selvighe plaetse, een sekere voordt-vaerenheydt sijnes ghemoedts, ende eene sekeren lust der Konste heeft Protogenes tot dese dinghen aen ghedreven.

Quotation

Wat het woord Harmoge belanght, het schijnt maer alleenlick een onondervindelicke Konst-grepe te beteyckenen, door welcke d’allerbehendighste Konstenaers onghevoelighlick en steelsch-wijse van d’eene verwe in d’andere vallen, sonder datmen de rechte verwisselingh en ’t rechte afscheydsel der selvigher verwen eenighsins kan bespeuren. Wy oordeelen ’t oversulcks niet onghevoeglick tot breeder verstand van dese Harmoge, ofte dit verschiet, een exempel of twee uyt de nature voord te brengen. Want indien wy de gantsch seldsaeme vermenghinge van Zee en Lucht in haer ontwijcken ende ververren oyt hebben aenghemerckt, het en kan ons niet onbekent sijn, hoe wijse beyde ontrent den Horizont ofte ontrent den ghesichteynde, uyt ons ghesicht verliesen; dewijsse nae haer verflauwende verschiet sachtelick in malckander loopen, sich in eenen bedommelden nevel-mist soo wonderbaerlick vereenighende, dat het ons onmogelick is ’t rechte affscheydsel der selvigher aen te wijsen, siet Stat. Papinius Lib. V. Thebaid. Daer is noch in den reghen-boghe een klaerer bewijs van sulcken verschiet der verwen te vinden. Want alhoewelmen in dit veelverwige wonder-werck der nature een groote verscheydenheyd der Coleuren ghewaer wordt, nochtans kanmen niet sien dat de selvighe erghens hardelick aen malckander stooten, dewijlse door een seer aerdigh ververuwde verdrijvinghe niet alleen sachtelick in malckander schijnen te vloeyen, maer oock uyt malckander te groeyen; offe schoon in haere uyterste deylen dapper verschillen, evenwel wordense een in ’t raeken; wantse weder-sijds in haeren tusschen grond soo gantsch soetelick verdwijnen, dat men noch d’eene noch d’andere bescheydenlick sien kan; ende in stede van d’een of d’ander vindt men maer alleen de verstervinghe van twee verwen, die allenghskens verbleyckende heymelick in malckander worden versmolten, siet Ovid. Lib. VI. Metamorph. en Seneca Lib. I. Nat. quaest. Cap. 3.

Quotation

Siet eens wat meer ghegolden heeft in barmherricheyt te verwecken, een rouwe Schets met Houts-kool op een Muyr getrocken van Appelus, of alle het zoet-vloyende Schrijven van Ovidius? Neen seecker: Appellus dede het stuyr ghesichte van den Coninck Ptolomeo seer haest in een vriendelicke oogh-luyckinghe veranderen, wanneer hy hem een ontwerp maeckte van het Conterfeytsel Plani.

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222. [Et de la Grace.] Il est assez difficile de dire ce que c’est que cette Grace de la Peinture : on la conçoit & on la sent bien mieux qu’on ne la peut expliquer. Elle vient des Lumieres d’une excellente Nature, qui ne se peuvent acquerir, par lesquelles nous donnons un certain tour aux choses qui les rendent agreables. Une Figure sera dessinée avec toutes ses Proportions, & aura toutes ses Parties regulieres, laquelle pour cela ne sera pas agreable, si toutes ces Parties ne sont mises ensemble d’une certaine maniere qui attire les yeux, & qui les tiennent comme immobiles. C’est pourquoy il y a difference entre la Beauté & la Grace, & il semble qu’Ovide les ait voulu distinguer, […] Et Suetone [ …]. Et combien voyons-nous de personnes belles qui nous plaisent beaucoup moins que d’autres qui n’ont pas de si beaux traits. C’est par cette Grace que Raphaël s’est rendu le plus celebre de tous les Italiens, de mesme qu’Apelle l’a esté de tous les Grecs.

Quotation

Les livres qui sont propres aux Peintres, sont la Bible, l’Histoire des Juifs, de Joseph, l’Histoire Romaine, le Tite Live, Homere, l’Histoire Ecclesiastique de Godeau, Baronius, les Metamorphoses d’Ovide de Durier, les tableaux de Philostrate, Plutarque des hommes illustres, Pausanias, la religion des Romains, la Colomne [sic] Trajane, les livres de medailles, les bas Reliefs de Perier, Horace, certains Romans capables d’entretenir le genie, & de fortifier par les belles idées, qu’ils donnent des choses.
Le Peintre peut encore se servir, quand il en aura besoin de la Mitologie des Dieux, les images des Dieux, l’Inconologie [sic], les Fables d’Hyginus, la perspective pratique, Leonard de Vinci Paul Lomasse, Jean Baptiste Armeniny, Franciscus Junius, le Sieur de Cambray, Monsieur Felibien sur le tableau d’Alexandre de la main de Monsieur le Brun.
Voila a peu prés la bibliotheque d’un Peintre qu’il doit lire souvent, à moins qu’il ne veuille se contenter de posseder la peinture, comme le plus sale de tous les Métiers, & non comme le plus noble de tous les Arts.

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Dans l’art de traiter les couleurs, & dans le meslange que l’on fait des unes avec les autres, il se rencontre beaucoup de choses à considerer. Car il y a le meslange des couleurs qui se fait sur la palette avec le couteau lors que l’on compose les principales teintes dont on croit avoir besoin : Et le meslange qui se fait avec le pinceau sur la palette ou sur le Tableau mesme pour joindre ensemble toutes les couleurs & pour les noyer les unes avec les autres. De tous ces differents meslanges de couleurs s’engendre cette multitude de differentes teintes qui se rencontrent dans les tableaux, sans lesquelles le Peintre ne peut bien imiter, ny les carnations, ny les draperies, ny generallement toutes les autres choses qu’il veut representer. Et comme il doit faire le meslange de ses teintes sur sa palette ou sur son tableau selon les couleurs qui luy paroissent dans le naturel, il faut qu’il soit extraordinairement soigneux d’observer dans la Nature de quelle maniere elles y paroissent : c’est à dire qu’il doit, en considerant les corps des hommes, regarder de quelle façon ils sont colorez ; quelles parties sont plus vives, & quelles parties sont plus claires ; celles qui sont plus rouges & celles qui ont une apparence un peu bluastre, comme sont d’ordinaire les chairs plus délicates ; & prendre bien garde comment toutes ces differentes couleurs s’unissent & se meslent si bien ensemble, qu’il semble qu’une infinité de diverses teintes ne fassent qu’une seule couleur.
Quand un Peintre sçait mesler ses couleurs, les lier & noyer tendrement, on appelle cela bien peindre ; C’est la partie qu’avoit le Corege, comme je vous ay dit assez de fois, & ce beau meslange de couleurs non seulement se doit faire dans les superficies égales en clarté, mais encore dans la jonction ou nouëment des parties claires avec les brunes.
Ce nouëment, interrompit Pymandre, & ce meslange de couleurs qui se fait avec tendresse, est-ce point ce que Pline appelle
commissura & transitus colorum ? Et ce qu’Ovide entend lors qu’il parle des couleurs de l’arc-en-ciel, quand il dit :
In quo diversiniteant cum mille colores,
Transitus ipse tamen spectantia lumina fallit,
Usque adeo quod tangit idem & tamen ultima distant. {Ovid. 6. Meth. v. 65.}
Je ne croy pas qu’on puisse mieux exprimer le passage presqu’insensible qui se fait d’une couleur à une autre. Il me souvient que Philostrate traitant de l’education d’Achilles, observe que ce qui paroissoit de plus merveilleux dans la representation de Chiron peint en Centaure, estoit l’assemblage de la Nature humaine avec celle du cheval, que le Peintre avoit si adroitement jointes ensemble, qu’on ne pouvoit connoistre la separation de l’une d’avec l’autre, ny s’apercevoir où elle commençoit, & où elle finissoit.

Les plus beaux exemples qu’un en voye dans la peinture, repartis-je sont dans la Gallerie de Farnese, où  les Caraches ont representé Persée qui change des hommes en pierres : Et dans le Cabinet du Roy, où le Guide a peint le Cantaure Nesse qui enleve Dejanire.

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Quand un Peintre sçait mesler ses couleurs, les lier & noyer tendrement, on appelle cela bien peindre ; C’est la partie qu’avoit le Corege, comme je vous ay dit assez de fois, & ce beau meslange de couleurs non seulement se doit faire dans les superficies égales en clarté, mais encore dans la jonction ou nouëment des parties claires avec les brunes.
Ce nouëment, interrompit Pymandre, & ce meslange de couleurs qui se fait avec tendresse, est-ce point ce que Pline appelle
commissura & transitus colorum ? Et ce qu’Ovide entend lors qu’il parle des couleurs de l’arc-en-ciel, quand il dit :
In quo diversiniteant cum mille colores,
Transitus ipse tamen spectantia lumina fallit,
Usque adeo quod tangit idem & tamen ultima distant. {Ovid. 6. Meth. v. 65.}

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Quand un Peintre sçait mesler ses couleurs, les lier & noyer tendrement, on appelle cela bien peindre ; C’est la partie qu’avoit le Corege, comme je vous ay dit assez de fois, & ce beau meslange de couleurs non seulement se doit faire dans les superficies égales en clarté, mais encore dans la jonction ou nouëment des parties claires avec les brunes.
Ce nouëment, interrompit Pymandre, & ce meslange de couleurs qui se fait avec tendresse, est-ce point ce que Pline appelle
commissura & transitus colorum ? Et ce qu’Ovide entend lors qu’il parle des couleurs de l’arc-en-ciel, quand il dit :
In quo diversiniteant cum mille colores,
Transitus ipse tamen spectantia lumina fallit,
Usque adeo quod tangit idem & tamen ultima distant. {Ovid. 6. Meth. v. 65.}
Je ne croy pas qu’on puisse mieux exprimer le passage presqu’insensible qui se fait d’une couleur à une autre. Il me souvient que Philostrate traitant de l’education d’Achilles, observe que ce qui paroissoit de plus merveilleux dans la representation de Chiron peint en Centaure, estoit l’assemblage de la Nature humaine avec celle du cheval, que le Peintre avoit si adroitement jointes ensemble, qu’on ne pouvoit connoistre la separation de l’une d’avec l’autre, ny s’apercevoir où elle commençoit, & où elle finissoit.

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Mais il y a de la difference de cette manière de passer d’une couleur à une autre, à cette autre union & à ce passage de couleurs dont nous venons de parler. Quoy que ce soit une chose tres-estimable de bien unir ensemble les couleurs pour joindre des corps de differentes especes, ce n’est rien neanmoins en comparaison de sçavoir peindre les contours & les extremitez de tous les corps en general, & faire qu’ils se perdent par une suite & un détour insensible, qui trompe la veuë de telle sorte qu’on ne laisse pas d’y comprendre ce qui ne se voit point.

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Les beaux effets de lumiere, & un éclat de jour que l’on voit au haut d’une montagne qui semble veritablement éclairée du Soleil ne paroistroient ny si vrays ny si agreables, s’il [ndr : Titien] n’eust  ménagé les couleurs les plus claires ; ou s’il les eust répanduës également dans tout son tableau. Aussi ce sont ces coups de maistre qui sont dans un ouvrage ce qu’on nomme le precieux ; il ne doit y avoir guere de ces richesses, & mesme comme bien souvent ce n’est pas une petite perfection à un Orateur de sçavoir supprimer beaucoup de choses. {Plin. lib 7. epist. 6.} […]

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[…] La beauté ne consiste point dans les parures, & dans les ornemens. Un peintre ne doit pas s’arrester aux petits ajustements, sur tout dans les sujets d’histoires, où il pretend representer quelque chose de grand & d’heroïque. Il y doit faire paroistre de la grandeur, de la force, & de la noblesse, mais rien de petit & de delicat, ny de trop recherché. Il est des ouvrages de Peinture, comme de ceux de Poësie. Il ne faut pas qu’il paroisse que l’ouvrier ait pris plus de plaisir à se satisfaire luy-mesme, & à faire connoistre le jeu de son esprit & la delicatesse de son pinceau qu’à considerer le merite de son sujet. Quintilien blame Ovide de cette trop grande délicatesse.

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[…] La beauté ne consiste point dans les parures, & dans les ornemens. Un peintre ne doit pas s’arrester aux petits ajustements, sur tout dans les sujets d’histoires, où il pretend representer quelque chose de grand & d’heroïque. Il y doit faire paroistre de la grandeur, de la force, & de la noblesse, mais rien de petit & de delicat, ny de trop recherché.

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[…] La beauté ne consiste point dans les parures, & dans les ornemens. Un peintre ne doit pas s’arrester aux petits ajustements, sur tout dans les sujets d’histoires, où il pretend representer quelque chose de grand & d’heroïque. Il y doit faire paroistre de la grandeur, de la force, & de la noblesse, mais rien de petit & de delicat, ny de trop recherché. Il est des ouvrages de Peinture, comme de ceux de Poësie. Il ne faut pas qu’il paroisse que l’ouvrier ait pris plus de plaisir à se satisfaire luy-mesme, & à faire connoistre le jeu de son esprit & la delicatesse de son pinceau qu’à considerer le merite de son sujet. Quintilien blame Ovide de cette trop grande délicatesse.

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Are. On doit donc choisir la forme la plus parfaite, imitant en partie la nature. C’est ce que faisoit Apelles, qui peignit d’apres Phriné la plus fameuse courtisane de son tems, sa celebre Venus sortant de la mer (de la quelle Ovide dit, que si elle n’eut pas eté peinte par Apelles, elle seroit toujours restée cachée dans les eaux.) Tout ainsi Praxitele fit la belle statue de la Venus Gnidienne d’apres la meme Phriné. On doit en partie imiter les belles statues de marbre ou de bronze des anciens. Quiconque goutera & possedera pleinement les perfections admirables de ces statues, pourra corriger a coup sûr plusieurs defauts de la nature meme, & rendre ses peintures agreables, & estimables a tout le monde, parceque l’antique renferme toute la perfection de l’art, & peut servir de modelle a toute sorte de beauté.

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V. Von der Mahlerey Verwandschafft mit andern Künsten, p. 133-137
Der Erfindung nach/ ist die Mahlerey befreundet mit de Poeterey/ daher Ovidius saget :
Der Mahler und Poet hat gleiche Macht zu dichten.
Ein schönes Kunstgemähl wird durch ein liebliches Gedicht gleichsam beseelet/ und die stummen Bilder deß Mahlers/ machet der Poet reden; ja beede machen etwas aus dem/nichts ist. 
Wie nun die Studia deß Menschen Verstand ins gemein zu möglichster Vollkommenheit fördern; also dienen sie auch absonderlich einen Mahler/ und machen ihn in den Erfindungen sinnreich und verständig. Was die äusserliche Gestalt belanget/ ist sein Buch die Natur/ welcher Gleicheit ersuchet und nachahmet: Was aber Antiquiteten, alte Historien/ Kunstrichtige Ausbildungen/ Neue und Frembde Aufzüge/ Ausländische Trachten und dergleichen betrifft/ das muß er von den Poeten lernen/ oder selbsten ein Poet seyn. [....] 
Hieraus ist nicht zu schliessen/ daß eine verständiger Mahler für sich nichts stellen und zu Wercke sollte bringen können: Nein/ sondern er wird viel Sachen/ welche die Natur für Augn stellet/ meisterlich abbilden/ und deß Poeten vonnöthen haben/ es lauffe dann eine Sache in Icologiam oder artem Emblematicam, da er deß Poeten Einrathen oder Erklärung nicht verachten wird. Was die äusserliche Gestalt belanget/ sind mit der befreundet die Wachspossiererey/ Bildhauerey/ Baukunst/ welcher Sprache ist das Gemähl oder der Abriß/ als der Mahl=Kunst Abc.
Viel Sachen lassen sich sagen und nicht mahlen: viel lassen sich mahlen / und nicht sagen [...]
[....] Zu deme hat die Mahlerey ihren Nutzen in Aufmunterung unserer Gedancken/ Erweckung der Andacht/ Erhaltung der hinfallendeb Gestalten/ Ehrengedächtnis der Verstorbenen/ und wie vorgedacht/ notwendig ist zu vor belobter Baukunste.