CALLOT, Jacques ( 1592-1635 )

CALLOT, Jacques ( 1592-1635 )

ISNI:0000000121229857 Getty:500021688

Quotation

Callot, à leur exemple, commença à desseigner en petit. Il eut pour cela un genie si heureux, qu’il ne mit guéres à les surpasser ; aussi a-t-on vû dans la suite, comment il s’est rendu incomparable dans cette sorte de travail. Ce fut alors qu’il résolut de quitter le burin, pour s’appliquer à l’eau-forte : jugeant que c’estoit un veritable moyen de pouvoir mettre au jour, avec plus de facilité, de grandes ordonnances, & de produire beaucoup plus d’ouvrages, qui s’exécutant plus promptement qu’au burin, reçoivent aussi bien mieux l’esprit & le feu que l’Ouvrier leur inspire. […]
Aussi est-il tres-important, qu’un Graveur à l’eau-forte manie fort bien le burin, & sache comment il faut couper le cuivre, afin de réparer les manquemens qui peuvent arriver par le défaut du vernis, de l’eau-forte, ou quelque autre accident, & aussi pour retrouver & pour donner plus ou moins de force aux endroits qui peuvent en avoir besoin ; & c’est ce que Callot sçavoit faire excellemment bien.

Quotation

Il [ndr : Callot] regrava ensuite les Caprices qu’il avoit déjà faits à Florence ; un autre Caprice de Pantalons & de Comédiens, au nombre de vingt-quatre piéces, dont il avoit fait les desseins en Italie ; un autre Caprice de Bossus, qui contient vingt-une piéces ; un livre de douze piéces, représentant la Noblesse ; un autre de Gueux, de vingt-cinq pièces. C’estoit dans les temps qu’il vouloit se délasser l’esprit, & souvent à la lumiére de la lampe, qu’il travailloit à ces différentes fantaisies, choisissant des sujets extraordinaires & ridicules pour se divertir. Et comme il sçavoit que ce qui peut faire rire, se trouve toûjours dans quelque difformité & dans quelque defaut ; il jugeoit fort bien, que l’unique moyen de divertir & de donner du plaisir à ceux qui verroient ses Caprices, estoit de marquer quelque chose de defectueux & de difforme ; mais pourtant de le marquer d’une manière qui ne fût pas defectueuse. C’est aussi ce qu’il a fait si parfaitement, qu’on a donné le nom de postures de Callot, à toutes celles que l’on voit représentées.

Quotation

CHARGE, CHARGER. On appelle proprement charges ou tableaux chargés, des représentations où l’on exagére les choses en bien ou en mal, mais plûtôt ordinairement en mal. 
Un Peintre satyrique en trois ou quatre coups de pinceau, fait un portrait ridicule, mais fort ressemblant, quoiqu’en laid, en exagérant la difformité de la personne qu’il représente. 
On appelle encore
charges certains caprices, & certaines figures grotesques : par éxemple, des animaux avec une figure humaine, des hommes avec des pieds d’animaux, des femmes sous la figure d’un pot ou de quelqu’autre vase. 
C’est une espéce de genre burlesque que le mauvais goût, qui corrompt tous les Arts, a introduit dans la Peinture.  
[...] Il est une troisième espéce de
charges, qui sont à la vérité contre l’éxactitude du dessein, mais ce sont des licences permises aux Peintres, & même nécessaires en certains cas. Dans certaines distances, il faut nécessairement charger les objets : c’est la premiere régle de la perspective. « Il y a des contours chargés, qui plaisent, dit Mr de Piles... On ne peut s’empêcher de louer dans quelques grands ouvrages les choses chargées, quand une raisonnable distance, d’où on les voit les adoucit à nos yeux. »
On dit
charger un portrait, faire des charges, charger des contours ; les charges d’Annibal Carache, de Callot, &c.
Une belle
charge, une charge ridicule. 

Quotation

CHARGE, CHARGER. On appelle proprement charges ou tableaux chargés, des représentations où l’on exagére les choses en bien ou en mal, mais plûtôt ordinairement en mal. 
Un Peintre satyrique en trois ou quatre coups de pinceau, fait un portrait ridicule, mais fort ressemblant, quoiqu’en laid, en exagérant la difformité de la personne qu’il représente. 
On appelle encore
charges certains caprices, & certaines figures grotesques : par éxemple, des animaux avec une figure humaine, des hommes avec des pieds d’animaux, des femmes sous la figure d’un pot ou de quelqu’autre vase. 
C’est une espéce de genre burlesque que le mauvais goût, qui corrompt tous les Arts, a introduit dans la Peinture.  
[...] Il est une troisième espéce de
charges, qui sont à la vérité contre l’éxactitude du dessein, mais ce sont des licences permises aux Peintres, & même nécessaires en certains cas. Dans certaines distances, il faut nécessairement charger les objets : c’est la premiere régle de la perspective. « Il y a des contours chargés, qui plaisent, dit Mr de Piles... On ne peut s’empêcher de louer dans quelques grands ouvrages les choses chargées, quand une raisonnable distance, d’où on les voit les adoucit à nos yeux. »
On dit
charger un portrait, faire des charges, charger des contours ; les charges d’Annibal Carache, de Callot, &c.
Une belle
charge, une charge ridicule. 

Quotation

Callot, à leur exemple, commença à desseigner en petit. Il eut pour cela un genie si heureux, qu’il ne mit guéres à les surpasser ; aussi a-t-on vû dans la suite, comment il s’est rendu incomparable dans cette sorte de travail. Ce fut alors qu’il résolut de quitter le burin, pour s’appliquer à l’eau-forte : jugeant que c’estoit un veritable moyen de pouvoir mettre au jour, avec plus de facilité, de grandes ordonnances, & de produire beaucoup plus d’ouvrages, qui s’exécutant plus promptement qu’au burin, reçoivent aussi bien mieux l’esprit & le feu que l’Ouvrier leur inspire. […]
Aussi est-il tres-important, qu’un Graveur à l’eau-forte manie fort bien le burin, & sache comment il faut couper le cuivre, afin de réparer les manquemens qui peuvent arriver par le défaut du vernis, de l’eau-forte, ou quelque autre accident, & aussi pour retrouver & pour donner plus ou moins de force aux endroits qui peuvent en avoir besoin ; & c’est ce que Callot sçavoit faire excellemment bien.

Quotation

Il [ndr : Jacques Callot] fut le premier qui se servit du vernis dur. Car avant luy, les Graveurs à l’eau-forte n’employoient que du vernis mol. Mais pendant qu’il estoit à Florence, ayant examiné le vernis des faiseurs de luts, & observé comme il se séche & durcit promptement, il crut qu’il pourroit en faire un bon usage. En ayant essayé, il trouva qu’en effet, il estoit beaucoup plus propre pour les ouvrages qu’il faisoit, que le vernis mol, tant parce que l’aiguille & l’eschope gravent plus nettement sur cette sorte de vernis, qu’à cause qu’on est plus assûré de ne le pas gâter, lorsqu’en travaillant on appuye la main dessus : outre cela, on a l’avantage de n’y mettre l’eau forte, que quand on veut, pouvant laisser six mois & un an tout entier une planche avec le vernis dessus sans y toucher. Ce qui ne se peut faire sur le vernis mol, où l’eau-forte de mord pas, si on ne la met aussi-tost qu’on a gravé, ou peu de temps après.
On peut encore ajoûter à ces considérations, que pour ce qui regarde l’Architecture, on tire des lignes beaucoup mieux sur le vernis dur, où toutes les choses, comme j’ay dit, s’y gravent plus nettement. Il est vray, que pour le paysage qui se doit toucher d’une maniére libre & facile, il paroist plus moëlleux & moins sec, lorsqu’on se sert du vernis mol.

Quotation

En suitte est venu Jacques Callot Lorrain, lequel a extremement perfectionné cét art, & de telle sorte qu’on peut dire qu’il la mis au plus haut poinct qu’on le puisse faire aller, principalement pour les ouvrages en petit […].; quoi qu’il en ait fait quelques uns en grand autant hardiment gravez qu’il se puisse faire, & n’eust esté que son genie l’a porté aux petites figures, il eust fait sans doute à l’eau forte en grand tout ce qui se peut faire à l’imitation du burin, comme cela se peut voir en plusieurs de ses ouvrages, & principalement en quelques pourtraits qu’il a fait a Florence ausquels je ne vois encore rien de pareil.

Quotation

FANTAISIE, peindre de fantaisie. Les fantaisies de Callot.

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Callot, à leur exemple, commença à desseigner en petit. Il eut pour cela un genie si heureux, qu’il ne mit guéres à les surpasser ; aussi a-t-on vû dans la suite, comment il s’est rendu incomparable dans cette sorte de travail. Ce fut alors qu’il résolut de quitter le burin, pour s’appliquer à l’eau-forte : jugeant que c’estoit un veritable moyen de pouvoir mettre au jour, avec plus de facilité, de grandes ordonnances, & de produire beaucoup plus d’ouvrages, qui s’exécutant plus promptement qu’au burin, reçoivent aussi bien mieux l’esprit & le feu que l’Ouvrier leur inspire. […]
Aussi est-il tres-important, qu’un Graveur à l’eau-forte manie fort bien le burin, & sache comment il faut couper le cuivre, afin de réparer les manquemens qui peuvent arriver par le défaut du vernis, de l’eau-forte, ou quelque autre accident, & aussi pour retrouver & pour donner plus ou moins de force aux endroits qui peuvent en avoir besoin ; & c’est ce que Callot sçavoit faire excellemment bien.

Quotation

Estienne La Belle, qu’on peut regarder comme un modèle de perfection pour la Gravûre en petit, infiniment préférable à Callot pour la gentillesse de son travail, en un mot qui est dans son genre ce que Gerard Audran est dans le grand, ne s’est pas non plus piqué de cette roideur & de cet arrangement de belles tailles que M. Bosse recommande avec tant de soin. Au contraire sa maniere est un composé de petites tailles courtes & mêlées les unes avec les autres avec un goût & un esprit inexprimable, & il est étonnant que se servant du vernis dur, il ait pû graver d’une façon si souple, & éviter l’infléxibilité que l’on aperçoit dans les ouvrages de ses prédécesseurs.

Quotation

19. [ndr: Regel] Wann du willens bist/ etwas nach dem Leben zu zeichnen/ so stehe zwey- auch wol dreymal so weit von deme/ was du nachzeichnen wilst/ als dessen Größe ist/ und habe vor dir etliche gleiche Linien in der imagination, damit besichtige/ was du zeichnest: alsdann werden dir/ solche Vorbildungs-Linien/ dessen rechte Erkäntnis geben. Dieses ist in allem Vornehmen/ auch in nachzeichnung der Antich-Studien/ zu observiren. Hierbey aber ist zu merken/ weil die berühmteste Antichen in der Vollkommenheit all-hoch gestiegen/ daß man denen just nachfolge/ und weder davon/ noch darzu thue: dann sonst irret man sehr weit/ wie vielen Franzosen/ auch Niederländern/ oft wiederfahren/ die ihre Sachen/ mit der von ihren Lehrmeistern angenommenen eignen bösen Manier/ nach den Antichen/ gemacht; daher solche/ wann sie auf dem Papier gestanden/ des guten wenig gehabt/ sondern mehr ihrem Callot oder Perier, auch des Sprangers/ Golzius oder Rubens Manier gefolget/ oder wenigst das ansehen gehabt/ daß sie ihnen gefolget. Ist derowegen den gerechten guten Antichen/ sowol als den raresten Gemählen/ ohne änderung/ geraden Wegs nachzufolgen: weil selbige/ gleichwie die heilige Schrift/ weder Castrirung noch Zusatz leiden.

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19. [ndr: Regel] Wann du willens bist/ etwas nach dem Leben zu zeichnen/ so stehe zwey- auch wol dreymal so weit von deme/ was du nachzeichnen wilst/ als dessen Größe ist/ und habe vor dir etliche gleiche Linien in der imagination, damit besichtige/ was du zeichnest: alsdann werden dir/ solche Vorbildungs-Linien/ dessen rechte Erkäntnis geben. Dieses ist in allem Vornehmen/ auch in nachzeichnung der Antich-Studien/ zu observiren. Hierbey aber ist zu merken/ weil die berühmteste Antichen in der Vollkommenheit all-hoch gestiegen/ daß man denen just nachfolge/ und weder davon/ noch darzu thue: dann sonst irret man sehr weit/ wie vielen Franzosen/ auch Niederländern/ oft wiederfahren/ die ihre Sachen/ mit der von ihren Lehrmeistern angenommenen eignen bösen Manier/ nach den Antichen/ gemacht; daher solche/ wann sie auf dem Papier gestanden/ des guten wenig gehabt/ sondern mehr ihrem Callot oder Perier, auch des Sprangers/ Golzius oder Rubens Manier gefolget/ oder wenigst das ansehen gehabt/ daß sie ihnen gefolget. Ist derowegen den gerechten guten Antichen/ sowol als den raresten Gemählen/ ohne änderung/ geraden Wegs nachzufolgen: weil selbige/ gleichwie die heilige Schrift/ weder Castrirung noch Zusatz leiden.

Quotation

Il [ndr : Jacques Callot] fut le premier qui se servit du vernis dur. Car avant luy, les Graveurs à l’eau-forte n’employoient que du vernis mol. Mais pendant qu’il estoit à Florence, ayant examiné le vernis des faiseurs de luts, & observé comme il se séche & durcit promptement, il crut qu’il pourroit en faire un bon usage. En ayant essayé, il trouva qu’en effet, il estoit beaucoup plus propre pour les ouvrages qu’il faisoit, que le vernis mol, tant parce que l’aiguille & l’eschope gravent plus nettement sur cette sorte de vernis, qu’à cause qu’on est plus assûré de ne le pas gâter, lorsqu’en travaillant on appuye la main dessus : outre cela, on a l’avantage de n’y mettre l’eau forte, que quand on veut, pouvant laisser six mois & un an tout entier une planche avec le vernis dessus sans y toucher. Ce qui ne se peut faire sur le vernis mol, où l’eau-forte de mord pas, si on ne la met aussi-tost qu’on a gravé, ou peu de temps après.
On peut encore ajoûter à ces considérations, que pour ce qui regarde l’Architecture, on tire des lignes beaucoup mieux sur le vernis dur, où toutes les choses, comme j’ay dit, s’y gravent plus nettement. Il est vray, que pour le paysage qui se doit toucher d’une maniére libre & facile, il paroist plus moëlleux & moins sec, lorsqu’on se sert du vernis mol.

Quotation

[...]
VERNIS. Les Peintres se servent de différens
vernis pour donner du lustre à leurs tableaux. Les uns le font avec la therébentine & la sandaraque, les autres avec l’esprit de vin, le mastic, la gomme laque, la sandaraque, ou l’ambre blanc.
On se sert de ce dernier pour l’appliquer sur les mignatures, & sur les estampes.
Mais c’est une fort mauvaise pratique de
vernir les estampes. La seule maniere de les conserver est de ne les point exposer à l’air, à moins de les bien couvrir d’un verre ou d’une glace. 
Le
vernis le plus prompt à sécher est celui qui se fait avec la therébentine & l’esprit de vin, quantité égale. 
[...]
On se sert pour les estampes à l’eau forte de deux sortes de
vernis : du vernis dur, & du vernis mol. Callot fut le premier qui employa le vernis dur, & il trouva qu’il étoit beaucoup plus propre pour les ouvrages qu’il faisoit, que le vernis mol ; en effet l’aiguille & l’échope gravent plus nettement sur le vernis dur, & d’ailleurs celui-ci est moins sujet à se gâter, lorsqu’en travaillant on passe la main dessus. Outre cela on a l’avantahe de n’y mettre point l’eau forte que quand on veut, & l’on peut laisser un an tout entier une planche avec le vernis dessus, sans y toucher, ce qui ne se peut faire avec le vernis mol sur lequel l’eau forte ne mord pas, à moins qu’on ne la mette aussi-tôt qu’on a gravé. Félibien.
Vernis d’Estampe, c’est un vernis blanc qu’on met sur les estampes, pour les conserver : le meilleur qu’on puisse employer, est celui dont je vais donner la recette [...]
On se servira de ce
vernis pour mettre des couches sur des estampes, observant de laisser sécher la premiere, avant d’en mettre une deuxiéme : on en mettra deux seulement par jour ; après que l’on en aura mis dix ou douze cela suffira, & l’on aura des estampes d’une blancheur & d’une beauté extraordinaire. Lorsque vos couches seront séches vous pourrez encadrer vos estampes avec un verre blanc par dessus, afin de les préserver  de la poussiere & du mauvais air. Au reste je ne conseille point, ainsi que je l’ai dit, d’appliquer aucun vernis sur les estampes.

Quotation

19. [ndr: Regel] Wann du willens bist/ etwas nach dem Leben zu zeichnen/ so stehe zwey- auch wol dreymal so weit von deme/ was du nachzeichnen wilst/ als dessen Größe ist/ und habe vor dir etliche gleiche Linien in der imagination, damit besichtige/ was du zeichnest: alsdann werden dir/ solche Vorbildungs-Linien/ dessen rechte Erkäntnis geben. Dieses ist in allem Vornehmen/ auch in nachzeichnung der Antich-Studien/ zu observiren. Hierbey aber ist zu merken/ weil die berühmteste Antichen in der Vollkommenheit all-hoch gestiegen/ daß man denen just nachfolge/ und weder davon/ noch darzu thue: dann sonst irret man sehr weit/ wie vielen Franzosen/ auch Niederländern/ oft wiederfahren/ die ihre Sachen/ mit der von ihren Lehrmeistern angenommenen eignen bösen Manier/ nach den Antichen/ gemacht; daher solche/ wann sie auf dem Papier gestanden/ des guten wenig gehabt/ sondern mehr ihrem Callot oder Perier, auch des Sprangers/ Golzius oder Rubens Manier gefolget/ oder wenigst das ansehen gehabt/ daß sie ihnen gefolget. Ist derowegen den gerechten guten Antichen/ sowol als den raresten Gemählen/ ohne änderung/ geraden Wegs nachzufolgen: weil selbige/ gleichwie die heilige Schrift/ weder Castrirung noch Zusatz leiden.

Quotation

En suitte est venu Jacques Callot Lorrain, lequel a extremement perfectionné cét art, & de telle sorte qu’on peut dire qu’il la mis au plus haut poinct qu’on le puisse faire aller, principalement pour les ouvrages en petit […].; quoi qu’il en ait fait quelques uns en grand autant hardiment gravez qu’il se puisse faire, & n’eust esté que son genie l’a porté aux petites figures, il eust fait sans doute à l’eau forte en grand tout ce qui se peut faire à l’imitation du burin, comme cela se peut voir en plusieurs de ses ouvrages, & principalement en quelques pourtraits qu’il a fait a Florence ausquels je ne vois encore rien de pareil.

Quotation

19. [ndr: Regel] Wann du willens bist/ etwas nach dem Leben zu zeichnen/ so stehe zwey- auch wol dreymal so weit von deme/ was du nachzeichnen wilst/ als dessen Größe ist/ und habe vor dir etliche gleiche Linien in der imagination, damit besichtige/ was du zeichnest: alsdann werden dir/ solche Vorbildungs-Linien/ dessen rechte Erkäntnis geben. Dieses ist in allem Vornehmen/ auch in nachzeichnung der Antich-Studien/ zu observiren. Hierbey aber ist zu merken/ weil die berühmteste Antichen in der Vollkommenheit all-hoch gestiegen/ daß man denen just nachfolge/ und weder davon/ noch darzu thue: dann sonst irret man sehr weit/ wie vielen Franzosen/ auch Niederländern/ oft wiederfahren/ die ihre Sachen/ mit der von ihren Lehrmeistern angenommenen eignen bösen Manier/ nach den Antichen/ gemacht; daher solche/ wann sie auf dem Papier gestanden/ des guten wenig gehabt/ sondern mehr ihrem Callot oder Perier, auch des Sprangers/ Golzius oder Rubens Manier gefolget/ oder wenigst das ansehen gehabt/ daß sie ihnen gefolget. Ist derowegen den gerechten guten Antichen/ sowol als den raresten Gemählen/ ohne änderung/ geraden Wegs nachzufolgen: weil selbige/ gleichwie die heilige Schrift/ weder Castrirung noch Zusatz leiden.

Quotation

Callot, à leur exemple, commença à desseigner en petit. Il eut pour cela un genie si heureux, qu’il ne mit guéres à les surpasser ; aussi a-t-on vû dans la suite, comment il s’est rendu incomparable dans cette sorte de travail. Ce fut alors qu’il résolut de quitter le burin, pour s’appliquer à l’eau-forte : jugeant que c’estoit un veritable moyen de pouvoir mettre au jour, avec plus de facilité, de grandes ordonnances, & de produire beaucoup plus d’ouvrages, qui s’exécutant plus promptement qu’au burin, reçoivent aussi bien mieux l’esprit & le feu que l’Ouvrier leur inspire. […]
Aussi est-il tres-important, qu’un Graveur à l’eau-forte manie fort bien le burin, & sache comment il faut couper le cuivre, afin de réparer les manquemens qui peuvent arriver par le défaut du vernis, de l’eau-forte, ou quelque autre accident, & aussi pour retrouver & pour donner plus ou moins de force aux endroits qui peuvent en avoir besoin ; & c’est ce que Callot sçavoit faire excellemment bien.

Quotation

Il [ndr : Jacques Callot] fut le premier qui se servit du vernis dur. Car avant luy, les Graveurs à l’eau-forte n’employoient que du vernis mol. Mais pendant qu’il estoit à Florence, ayant examiné le vernis des faiseurs de luts, & observé comme il se séche & durcit promptement, il crut qu’il pourroit en faire un bon usage. En ayant essayé, il trouva qu’en effet, il estoit beaucoup plus propre pour les ouvrages qu’il faisoit, que le vernis mol, tant parce que l’aiguille & l’eschope gravent plus nettement sur cette sorte de vernis, qu’à cause qu’on est plus assûré de ne le pas gâter, lorsqu’en travaillant on appuye la main dessus : outre cela, on a l’avantage de n’y mettre l’eau forte, que quand on veut, pouvant laisser six mois & un an tout entier une planche avec le vernis dessus sans y toucher. Ce qui ne se peut faire sur le vernis mol, où l’eau-forte de mord pas, si on ne la met aussi-tost qu’on a gravé, ou peu de temps après.
On peut encore ajoûter à ces considérations, que pour ce qui regarde l’Architecture, on tire des lignes beaucoup mieux sur le vernis dur, où toutes les choses, comme j’ay dit, s’y gravent plus nettement. Il est vray, que pour le paysage qui se doit toucher d’une maniére libre & facile, il paroist plus moëlleux & moins sec, lorsqu’on se sert du vernis mol.

Quotation

Il [ndr : Callot] regrava ensuite les Caprices qu’il avoit déjà faits à Florence ; un autre Caprice de Pantalons & de Comédiens, au nombre de vingt-quatre piéces, dont il avoit fait les desseins en Italie ; un autre Caprice de Bossus, qui contient vingt-une piéces ; un livre de douze piéces, représentant la Noblesse ; un autre de Gueux, de vingt-cinq pièces. C’estoit dans les temps qu’il vouloit se délasser l’esprit, & souvent à la lumiére de la lampe, qu’il travailloit à ces différentes fantaisies, choisissant des sujets extraordinaires & ridicules pour se divertir. Et comme il sçavoit que ce qui peut faire rire, se trouve toûjours dans quelque difformité & dans quelque defaut ; il jugeoit fort bien, que l’unique moyen de divertir & de donner du plaisir à ceux qui verroient ses Caprices, estoit de marquer quelque chose de defectueux & de difforme ; mais pourtant de le marquer d’une manière qui ne fût pas defectueuse. C’est aussi ce qu’il a fait si parfaitement, qu’on a donné le nom de postures de Callot, à toutes celles que l’on voit représentées.

Quotation

CHARGE, CHARGER. On appelle proprement charges ou tableaux chargés, des représentations où l’on exagére les choses en bien ou en mal, mais plûtôt ordinairement en mal. 
Un Peintre satyrique en trois ou quatre coups de pinceau, fait un portrait ridicule, mais fort ressemblant, quoiqu’en laid, en exagérant la difformité de la personne qu’il représente. 
On appelle encore
charges certains caprices, & certaines figures grotesques : par éxemple, des animaux avec une figure humaine, des hommes avec des pieds d’animaux, des femmes sous la figure d’un pot ou de quelqu’autre vase. 
C’est une espéce de genre burlesque que le mauvais goût, qui corrompt tous les Arts, a introduit dans la Peinture.  
[...] Il est une troisième espéce de
charges, qui sont à la vérité contre l’éxactitude du dessein, mais ce sont des licences permises aux Peintres, & même nécessaires en certains cas. Dans certaines distances, il faut nécessairement charger les objets : c’est la premiere régle de la perspective. « Il y a des contours chargés, qui plaisent, dit Mr de Piles... On ne peut s’empêcher de louer dans quelques grands ouvrages les choses chargées, quand une raisonnable distance, d’où on les voit les adoucit à nos yeux. »
On dit
charger un portrait, faire des charges, charger des contours ; les charges d’Annibal Carache, de Callot, &c.
Une belle
charge, une charge ridicule. 

Quotation

FANTAISIE, peindre de fantaisie. Les fantaisies de Callot.

Quotation

[...]
VERNIS. Les Peintres se servent de différens
vernis pour donner du lustre à leurs tableaux. Les uns le font avec la therébentine & la sandaraque, les autres avec l’esprit de vin, le mastic, la gomme laque, la sandaraque, ou l’ambre blanc.
On se sert de ce dernier pour l’appliquer sur les mignatures, & sur les estampes.
Mais c’est une fort mauvaise pratique de
vernir les estampes. La seule maniere de les conserver est de ne les point exposer à l’air, à moins de les bien couvrir d’un verre ou d’une glace. 
Le
vernis le plus prompt à sécher est celui qui se fait avec la therébentine & l’esprit de vin, quantité égale. 
[...]
On se sert pour les estampes à l’eau forte de deux sortes de
vernis : du vernis dur, & du vernis mol. Callot fut le premier qui employa le vernis dur, & il trouva qu’il étoit beaucoup plus propre pour les ouvrages qu’il faisoit, que le vernis mol ; en effet l’aiguille & l’échope gravent plus nettement sur le vernis dur, & d’ailleurs celui-ci est moins sujet à se gâter, lorsqu’en travaillant on passe la main dessus. Outre cela on a l’avantahe de n’y mettre point l’eau forte que quand on veut, & l’on peut laisser un an tout entier une planche avec le vernis dessus, sans y toucher, ce qui ne se peut faire avec le vernis mol sur lequel l’eau forte ne mord pas, à moins qu’on ne la mette aussi-tôt qu’on a gravé. Félibien.
Vernis d’Estampe, c’est un vernis blanc qu’on met sur les estampes, pour les conserver : le meilleur qu’on puisse employer, est celui dont je vais donner la recette [...]
On se servira de ce
vernis pour mettre des couches sur des estampes, observant de laisser sécher la premiere, avant d’en mettre une deuxiéme : on en mettra deux seulement par jour ; après que l’on en aura mis dix ou douze cela suffira, & l’on aura des estampes d’une blancheur & d’une beauté extraordinaire. Lorsque vos couches seront séches vous pourrez encadrer vos estampes avec un verre blanc par dessus, afin de les préserver  de la poussiere & du mauvais air. Au reste je ne conseille point, ainsi que je l’ai dit, d’appliquer aucun vernis sur les estampes.

Quotation

Estienne La Belle, qu’on peut regarder comme un modèle de perfection pour la Gravûre en petit, infiniment préférable à Callot pour la gentillesse de son travail, en un mot qui est dans son genre ce que Gerard Audran est dans le grand, ne s’est pas non plus piqué de cette roideur & de cet arrangement de belles tailles que M. Bosse recommande avec tant de soin. Au contraire sa maniere est un composé de petites tailles courtes & mêlées les unes avec les autres avec un goût & un esprit inexprimable, & il est étonnant que se servant du vernis dur, il ait pû graver d’une façon si souple, & éviter l’infléxibilité que l’on aperçoit dans les ouvrages de ses prédécesseurs.

Quotation

REMARQUE
(...)
Vernis dur dont Callot se servoit, appellé communement Vernis de Florence. (...)