CHARME (n. m.)

BOUCHER, François
LE BOUYER DE FONTENELLE, Bernard

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Quotation

{III. Precepte. Du Sujet.} 
Cela posé, il faudra choisir *un Sujet beau, & noble, qui estant de soy-mesme capable de toutes les graces & de tous les charmes que peuvent recevoir les Couleurs & l’élégance du Dessein, donne ensuite à l’Art parfait & consommé un beau champ & une matiere ample de montrer tout ce qu’il peut, & de faire voir quelque chose de fin & de judicieux, *qui soit plein de sel, & qui soit propre à instruire & à éclairer les esprits. 

term translated by FORMA in DU FRESNOY, Charles-Alphonse, De arte graphica liber, Paris, Nicolas Langlois, 1668., p.9
term translated by CHARM in DE PILES, Roger et DU FRESNOY, Charles-Alphonse, The Art of Painting by C.A. DU FRESNOY with Remarks, trad. par DRYDEN, John, London, W. Rogers, 1695., p.11
term translated by ZIERDE in DU FRESNOY, Charles-Alphonse, Kurtzer Begriff Der Theoretischen Mahler-Kunst, trad. par GERICKE, Samuel Theodor, Berlin, Johann Michael Rüdigen, 1699., p.16

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CONCEPTS ESTHETIQUES → beauté, grâce et perfection
L’HISTOIRE ET LA FIGURE → sujet et choix

Quotation

Puis qu’il n y a que cette seule difference qui rende la fin du Peintre particuliere & qui le distingue d’avec les autres arts : car de pretendre que la fin du Peintre soit de plaire & de tromper, en feignant du relief sur une superficie plate, à quoi le dessein juste, & correct, pourroit réussir simplement avec du crayon sans la couleur, s’étoit se tromper sois-même, puisque, si le but est de plaire, c’étoit à la couleur qu’appartient cet avantage ; que le dessein avec toute sa justesse n’étoit connu que de trés peu de personnes, au lieu que la couleur charme tout le monde : que c’étoit peu de chose de plaire aux ignorants, que c’étoit beaucoup de ne plaire qu’aux sçavants ; mais que c’étoit une perfection consommée de plaire à tous universellement ; qu’ainsi il étoit d’une trés grande consequence de s’étudier à bien connoître la couleur, & de se rendre ses charmes familiers, afin de ne pas s’y laisser surprendre, & de pouvoir étudier le reste avec plus de liberté : qu’un tableau dessigné mediocrement, où les couleurs seroient en tout leur éclat, feroit plus d’agreables effets à la vuë, qu’un autre où le dessein seroit en sa plus parfaite justesse où la couleur seroit negligée, parce que la couleur en sa perfection representoit toûjours la verité & que le dessein ne pouvoit representer que la possibilité.

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EFFET PICTURAL → qualité des couleurs
SPECTATEUR → perception et regard

Quotation

On peut rapporter sur ce sujet ce qui a été decidé en d’autres occasions touchant les mêmes sentimens, que quelque particulier avoit publiés, lesquels furent reduits à ces deux questions ; l’une, sçavoir si la perfection de la Peinture consiste en un charme attrayant qui surprenne la vûë dés le premier coup d’œil, ou si c’est en l’observation exacte des regles du dessein, la Compagnie prononça unanimement qu’on ne devoit pas juger d’un Ouvrage de Peinture, parce qu’il y a de brillant, mais suivant la correction & precision des parties se trouve conforme à la regularité des régles & du raisonnement.

Conceptual field(s)

SPECTATEUR → perception et regard
CONCEPTS ESTHETIQUES → beauté, grâce et perfection

Quotation

Tout est remarquable dans cet ouvrage [ndr : la Nativité de Boucher] : l’air fin & séduisant de la plûpart des figures, l’élégante naiveté de leurs attitudes, & la singuliere variété de leurs caracteres. Sa couleur semble le disputer à son dessin, & acheve d’en faire un tout parfait, par l’union admirable & l’entente qu’on y remarque. 
[...] M. Boucher n’en est pas moins admirable dans ses Pastorales : On ne sauroit y mettre plus d’esprit & de goût ; & de ce charme qui lui est tout particulier. Quelqu’un voudra peut-être objecter que ce n’est pas ici la place de l’esprit, & me renverra aux Eclogues de M. de Fontenelle ; où on l’y a trouvé si défectueux, & à juste titre. Mais avec sa permission, ces deux choses me paroissent fort différentes ; & ont besoin d’une courte explication. La Peinture & la Poësie se ressemblent ; mais l’une est muette, l’autre a cent façons de s’exprimer : on juge bien par conséquent que la première ne sauroit trop animer & réveiller ses compositions. Quelque abus qu’un Peintre fasse de son esprit, ses fautes ne seront ni si remarquables, ni si vicieuses que celles du Poëte : il aura beau fatiguer son pinceau, il est bien sur qu’il n’en sortira jamais ni Madrigaux ni Epigrammes.

BOUCHER, François
LE BOUYER DE FONTENELLE, Bernard

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L’ARTISTE → qualités