BELLINI, Giovanni ( 1431-1516 )

BELLINI, Giovanni ( 1431-1516 )

ISNI:0000000114532217 Getty:500019244

Quotation

Are. Peu de tems aprés on le chargea de faire un grand tableau pour le maitre autel de l’eglise des freres Mineurs, dans le quel Titien encore tout jeune, peignit à l’huile, la Vierge qui monte au Ciel entre une multitude d’Anges qui l’accompagnent, […] il paroit veritablement qu’elle monte avec un visage plein d’humilité, & ses habits volent delicatement ; au bas sont les Apôtres, qui par differentes attitudes montrent la joye, & l’etonnement ; pour la plus part ils excedent la grandeur du naturel. Il est certain qu’on voit dans ce tableau la grandeur & le terrible de Michel Ange, la douceur, la grace de Rafael, & le vrai coloris de la nature. Ce fut là cependant le premier ouvrage qu’il fit à l’huile, il le fit en tres peu de tems, & tout jeune. Avec tout cela les peintres grossiers, & le sot peuple, qui jusqu’alors n’avoient vû autre chose que les peintures mortes & froides de Jean Bellin, de Gentil, & de Vivarino, car Georgion n’avoit point encore fait d’ouvrage à huile en public, & tout au plus y avoit peint quelque demi figure, quelques portraits qui etoient sans mouvement, & sans relief ; ils disoient tout le mal possible de ce tableau : l’envie venant ensuite à se reffroidir*, & la verité leur ouvrant peu à peu les yeux, on commença à admirer à Venise avec etonnement la nouvelle maniere que Titien tenoit ; & depuis ce tems là tous les peintres s’appliquerent à l’imiter ; mais parcequ’elle etoit hors de leur portée ils se trouverent egarés.
 
*Il est vrai que ce tableau ne plut point aux Moines ; mais l’Ambassadeur de l’Empereur l’aiant voulut acheter, ceci leur fit ouvrir les yeux, & en faire plus de cas.

Quotation

D’ordinaire chaque Peintre à une maniere affectée, si ce n’est à l’air, disposition, ordonnance & agencement des corps qu’il veut representer, ce sera en la forme, au Colory, ou au maniement du Pinceau, les uns representant ainsi que j’ay dit, des choses Modernes, d’autres des anciennes, & suivant leurs temps ; tels taschent de Peindre en rendant la superficie de leurs Tableaux unie, ainsi qu’a fait entre plusieurs autres Leonard d’Avincy, Jean Belin, Albert, & Olbins, & les couleurs fort esclatantes & vives.

Quotation

Are. Peu de tems aprés on le chargea de faire un grand tableau pour le maitre autel de l’eglise des freres Mineurs, dans le quel Titien encore tout jeune, peignit à l’huile, la Vierge qui monte au Ciel entre une multitude d’Anges qui l’accompagnent, […] il paroit veritablement qu’elle monte avec un visage plein d’humilité, & ses habits volent delicatement ; au bas sont les Apôtres, qui par differentes attitudes montrent la joye, & l’etonnement ; pour la plus part ils excedent la grandeur du naturel. Il est certain qu’on voit dans ce tableau la grandeur & le terrible de Michel Ange, la douceur, la grace de Rafael, & le vrai coloris de la nature. Ce fut là cependant le premier ouvrage qu’il fit à l’huile, il le fit en tres peu de tems, & tout jeune. Avec tout cela les peintres grossiers, & le sot peuple, qui jusqu’alors n’avoient vû autre chose que les peintures mortes & froides de Jean Bellin, de Gentil, & de Vivarino, car Georgion n’avoit point encore fait d’ouvrage à huile en public, & tout au plus y avoit peint quelque demi figure, quelques portraits qui etoient sans mouvement, & sans relief ; ils disoient tout le mal possible de ce tableau : l’envie venant ensuite à se reffroidir*, & la verité leur ouvrant peu à peu les yeux, on commença à admirer à Venise avec etonnement la nouvelle maniere que Titien tenoit ; & depuis ce tems là tous les peintres s’appliquerent à l’imiter ; mais parcequ’elle etoit hors de leur portée ils se trouverent egarés.
 
*Il est vrai que ce tableau ne plut point aux Moines ; mais l’Ambassadeur de l’Empereur l’aiant voulut acheter, ceci leur fit ouvrir les yeux, & en faire plus de cas.

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Are. Peu de tems aprés on le chargea de faire un grand tableau pour le maitre autel de l’eglise des freres Mineurs, dans le quel Titien encore tout jeune, peignit à l’huile, la Vierge qui monte au Ciel entre une multitude d’Anges qui l’accompagnent, […] il paroit veritablement qu’elle monte avec un visage plein d’humilité, & ses habits volent delicatement ; au bas sont les Apôtres, qui par differentes attitudes montrent la joye, & l’etonnement ; pour la plus part ils excedent la grandeur du naturel. Il est certain qu’on voit dans ce tableau la grandeur & le terrible de Michel Ange, la douceur, la grace de Rafael, & le vrai coloris de la nature. Ce fut là cependant le premier ouvrage qu’il fit à l’huile, il le fit en tres peu de tems, & tout jeune. Avec tout cela les peintres grossiers, & le sot peuple, qui jusqu’alors n’avoient vû autre chose que les peintures mortes & froides de Jean Bellin, de Gentil, & de Vivarino, car Georgion n’avoit point encore fait d’ouvrage à huile en public, & tout au plus y avoit peint quelque demi figure, quelques portraits qui etoient sans mouvement, & sans relief ; ils disoient tout le mal possible de ce tableau : l’envie venant ensuite à se reffroidir*, & la verité leur ouvrant peu à peu les yeux, on commença à admirer à Venise avec etonnement la nouvelle maniere que Titien tenoit ; & depuis ce tems là tous les peintres s’appliquerent à l’imiter ; mais parcequ’elle etoit hors de leur portée ils se trouverent egarés.
 
*Il est vrai que ce tableau ne plut point aux Moines ; mais l’Ambassadeur de l’Empereur l’aiant voulut acheter, ceci leur fit ouvrir les yeux, & en faire plus de cas.

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Are. Peu de tems aprés on le chargea de faire un grand tableau pour le maitre autel de l’eglise des freres Mineurs, dans le quel Titien encore tout jeune, peignit à l’huile, la Vierge qui monte au Ciel entre une multitude d’Anges qui l’accompagnent, […] il paroit veritablement qu’elle monte avec un visage plein d’humilité, & ses habits volent delicatement ; au bas sont les Apôtres, qui par differentes attitudes montrent la joye, & l’etonnement ; pour la plus part ils excedent la grandeur du naturel. Il est certain qu’on voit dans ce tableau la grandeur & le terrible de Michel Ange, la douceur, la grace de Rafael, & le vrai coloris de la nature. Ce fut là cependant le premier ouvrage qu’il fit à l’huile, il le fit en tres peu de tems, & tout jeune. Avec tout cela les peintres grossiers, & le sot peuple, qui jusqu’alors n’avoient vû autre chose que les peintures mortes & froides de Jean Bellin, de Gentil, & de Vivarino, car Georgion n’avoit point encore fait d’ouvrage à huile en public, & tout au plus y avoit peint quelque demi figure, quelques portraits qui etoient sans mouvement, & sans relief ; ils disoient tout le mal possible de ce tableau : l’envie venant ensuite à se reffroidir*, & la verité leur ouvrant peu à peu les yeux, on commença à admirer à Venise avec etonnement la nouvelle maniere que Titien tenoit ; & depuis ce tems là tous les peintres s’appliquerent à l’imiter ; mais parcequ’elle etoit hors de leur portée ils se trouverent egarés.
 
*Il est vrai que ce tableau ne plut point aux Moines ; mais l’Ambassadeur de l’Empereur l’aiant voulut acheter, ceci leur fit ouvrir les yeux, & en faire plus de cas.

Quotation

Il me souvient d’avoir veu à Rome dans la Vigne Aldobrandine, une Baccanale que ce mesme Peintre [ndr : Bellini] avoit commencée pour Alfonse I. Duc de Ferrare ; mais sa mort l’ayant empesché de la finir, le Titian y fit un païsage admirable. Il est vray que les Figures de Bellin paroissent d’une maniere fort seiche auprés de l’Ouvrage du Titian, & on voit que Jean n’avoit pas encore acquis cette tendresse & cette belle façon de peindre, qui depuis a rendu la pluspart des Peintres de Lombardie si recommandables.

Quotation

[...] En Italie il y avoit entre plusieurs autres ; Leonard Davinci, André Manteigne, Jean Belin, Correge, Giorgion, Michel Ange, Bonarroti, tres-excellent Sculpteur, mais non si bon Peintre, Polidore de Carravage, André Del Sarte, Le Titian, RAPHAËL D’URBIN, & Jules Romain, la plupart d’iceux & principalement en leurs commencemens avoient des manieres de Peindre fort finies, & souvent de telle sorte que la plus grande partie paroist seiche, dure, tranchée & maigre, causée comme je croy par avoir voulu trop finir & achever, comme si l’on eust deû regarder desdits Ouvrages chaque partie à part, & non le tout d’une seule œillade & d’une raisonnable distance ainsi qu’il se doit.
Leonard Davinci, avoit une maniere de Peindre tres-finie, & les couleurs appliquées & estenduës fort uniement, & tiens avec plusieurs qu’elle luy estoit toute particuliere ; Car à ce que j’en ay peu voir, il semble que les Jours & Ombres, soient par maniere de dire comme souflez, noyez, fondus ou perdus ensemble, & grande partie des Eminences des Corps tres-arrondis, principalement les petites parties, ainsi que cela se peut voir en divers Tableaux qu’il a faits, & mesme en deux, l’un de la Gioconde qui est à Fontainebelle-eau, l’autre d’une Flora qui estoit jadis au Cabinet de la feuë Reyne Mere Marie de Medicis, Toutefois une partie des œuvres que j’ay veuës de luy, tiennent tousjours en quelque sorte de la maniere de P. Perrugin, Jean Bellin, & de plusieurs de ces Anciens cy-devant nommez, neantmoins bien plus excellentes à mon gré. 

Quotation

[...] 
SEC. Un pinceau
sec, faire sec ; faire sec & dur : c’est peindre séchement & durement. 
Bellin peignoit extrêment
sec
On le dit d’un tableau dont les clairs sont trop près des bruns, & dont les contours ne sont pas assez mêlés.
Tendre & moëleux s’opposent à
sec
Un ouvrage sec est donc celui qui n’a point de tendresse, soit dans les carnations, soit dans les draperies, & qui a quelque chose qui tranche, soit dans le dessein, soit dans les couleurs. [...]

Quotation

Il me souvient d’avoir veu à Rome dans la Vigne Aldobrandine, une Baccanale que ce mesme Peintre [ndr : Bellini] avoit commencée pour Alfonse I. Duc de Ferrare ; mais sa mort l’ayant empesché de la finir, le Titian y fit un païsage admirable. Il est vray que les Figures de Bellin paroissent d’une maniere fort seiche auprés de l’Ouvrage du Titian, & on voit que Jean n’avoit pas encore acquis cette tendresse & cette belle façon de peindre, qui depuis a rendu la pluspart des Peintres de Lombardie si recommandables.

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Are. Peu de tems aprés on le chargea de faire un grand tableau pour le maitre autel de l’eglise des freres Mineurs, dans le quel Titien encore tout jeune, peignit à l’huile, la Vierge qui monte au Ciel entre une multitude d’Anges qui l’accompagnent, […] il paroit veritablement qu’elle monte avec un visage plein d’humilité, & ses habits volent delicatement ; au bas sont les Apôtres, qui par differentes attitudes montrent la joye, & l’etonnement ; pour la plus part ils excedent la grandeur du naturel. Il est certain qu’on voit dans ce tableau la grandeur & le terrible de Michel Ange, la douceur, la grace de Rafael, & le vrai coloris de la nature. Ce fut là cependant le premier ouvrage qu’il fit à l’huile, il le fit en tres peu de tems, & tout jeune. Avec tout cela les peintres grossiers, & le sot peuple, qui jusqu’alors n’avoient vû autre chose que les peintures mortes & froides de Jean Bellin, de Gentil, & de Vivarino, car Georgion n’avoit point encore fait d’ouvrage à huile en public, & tout au plus y avoit peint quelque demi figure, quelques portraits qui etoient sans mouvement, & sans relief ; ils disoient tout le mal possible de ce tableau : l’envie venant ensuite à se reffroidir*, & la verité leur ouvrant peu à peu les yeux, on commença à admirer à Venise avec etonnement la nouvelle maniere que Titien tenoit ; & depuis ce tems là tous les peintres s’appliquerent à l’imiter ; mais parcequ’elle etoit hors de leur portée ils se trouverent egarés.
 
*Il est vrai que ce tableau ne plut point aux Moines ; mais l’Ambassadeur de l’Empereur l’aiant voulut acheter, ceci leur fit ouvrir les yeux, & en faire plus de cas.

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Dergleichen Unterschiedlichkeit [ndr: im gerecht-mahlen] ware auch und ist noch bey den Italiänern/ Hoch-und Nieder-Teutschen zu finden/ und zwar mit größerer Vollkommenheit/ sonderlich im gerecht-mahlen/ und darzu gehörenden Kräften der Farben: welches aus der natürlichen applicirung/ vollkommenen Erhebung und sonderbaren Geschwindigkeit der Mahler von unsern Zeiten abzunehmen. {Die alte und neue Italiäner.} Solche waren/ Cimabue der große Wieder-Erfinder dieser Kunst/ Gaddo sein Nachfolger/ und Giotto. Also waren fürtreflich/ Giovan Bellini, in Sauberkeit; Michaël Angelo in Bildern und hohem Verstand; Leonardo da Vinci, in vernünftigen affecten; Andrea del Sarto, in Angenemheit; Raphaël d'Urbino in meisterlicher invention ; Julius Romanus, in ungemeinen Gedanken;Titian, in Anmutigkeit/ sonderlich der Coloriten; Corregio , in gratiositeten; Verones in reichen Gedanken; Tintoreti, in Seltsamkeit; Carazo, in fresco; Caravaggio und Manfredo , in Lebhaftigkeit ; Guido Bolognse in Holdseligkeit; Albano in zierlicher invention; Bernini Bernini in der Bild- und Bau Kunst; Francisco du Quesnoy, in scultur-Warheit; Algardon,in Geschicklichkeit; Peter Corton in fresco; La Franch in Geschwindigkeit; Domenicho in Tieffsinnigkeit; Claudio Gilli in Landschaften.
{Die alte Hoch-Teutschen} Nächst diesen/ machten sich auch verwunderbar unsere Teutschen: als Martin Schön/ im hochsteigen; Matthias von Aschaffenburg/ in zierlichem Geist; Albrecht Dürer/ im universal-Verstand; Hans Holbein/ in glückseliger Hand; Amberger/ in der Warheit; Pocksberger/ im Geistreichtum; Schwarz/ in Erfahrenheit; Adam Elzheimer/ in verwunderlichem Verstand.
{und Nieder-Teutschen} Gleichfalls waren fürberühmt die Niederländer/ in Erfindung der Oelfarben/ Johann und Hubert von Eyk; Lucas von Leyden/ im Fleiß; der alte Bruegel, im Verstand; also auch Sotte Clef und Johann von Calcar/ in der Hand; Floris, in der Meisterschaft; Brauer/ in bildung der Bauren; Fochiers, in Landschaft-Bäumen; Rubens in Geistreichheit; der von Dick/ in Zierlichkeit; Hundhorst in Wolgemälden; Rembrand/ in Arbeitsamkeit; Perselles in Schiffahrten und Wassern; Pulenburg/ in kleinen Bildlein; Bambotio, in Bildung der Bettler ; Botte, in Landschaften; auch der Gerhart Daro und, Mires hoch-preiswürdig in kleinen Oelfarben.
{Von des Autoris [ndr: Joachim von Sandrart ] Werken/ in dieser Kunst.} […]

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[...] En Italie il y avoit entre plusieurs autres ; Leonard Davinci, André Manteigne, Jean Belin, Correge, Giorgion, Michel Ange, Bonarroti, tres-excellent Sculpteur, mais non si bon Peintre, Polidore de Carravage, André Del Sarte, Le Titian, RAPHAËL D’URBIN, & Jules Romain, la plupart d’iceux & principalement en leurs commencemens avoient des manieres de Peindre fort finies, & souvent de telle sorte que la plus grande partie paroist seiche, dure, tranchée & maigre, causée comme je croy par avoir voulu trop finir & achever, comme si l’on eust deû regarder desdits Ouvrages chaque partie à part, & non le tout d’une seule œillade & d’une raisonnable distance ainsi qu’il se doit.
Leonard Davinci, avoit une maniere de Peindre tres-finie, & les couleurs appliquées & estenduës fort uniement, & tiens avec plusieurs qu’elle luy estoit toute particuliere ; Car à ce que j’en ay peu voir, il semble que les Jours & Ombres, soient par maniere de dire comme souflez, noyez, fondus ou perdus ensemble, & grande partie des Eminences des Corps tres-arrondis, principalement les petites parties, ainsi que cela se peut voir en divers Tableaux qu’il a faits, & mesme en deux, l’un de la Gioconde qui est à Fontainebelle-eau, l’autre d’une Flora qui estoit jadis au Cabinet de la feuë Reyne Mere Marie de Medicis, Toutefois une partie des œuvres que j’ay veuës de luy, tiennent tousjours en quelque sorte de la maniere de P. Perrugin, Jean Bellin, & de plusieurs de ces Anciens cy-devant nommez, neantmoins bien plus excellentes à mon gré. 

Quotation

D’ordinaire chaque Peintre à une maniere affectée, si ce n’est à l’air, disposition, ordonnance & agencement des corps qu’il veut representer, ce sera en la forme, au Colory, ou au maniement du Pinceau, les uns representant ainsi que j’ay dit, des choses Modernes, d’autres des anciennes, & suivant leurs temps ; tels taschent de Peindre en rendant la superficie de leurs Tableaux unie, ainsi qu’a fait entre plusieurs autres Leonard d’Avincy, Jean Belin, Albert, & Olbins, & les couleurs fort esclatantes & vives.

Quotation

Il me souvient d’avoir veu à Rome dans la Vigne Aldobrandine, une Baccanale que ce mesme Peintre [ndr : Bellini] avoit commencée pour Alfonse I. Duc de Ferrare ; mais sa mort l’ayant empesché de la finir, le Titian y fit un païsage admirable. Il est vray que les Figures de Bellin paroissent d’une maniere fort seiche auprés de l’Ouvrage du Titian, & on voit que Jean n’avoit pas encore acquis cette tendresse & cette belle façon de peindre, qui depuis a rendu la pluspart des Peintres de Lombardie si recommandables.

Quotation

Dergleichen Unterschiedlichkeit [ndr: im gerecht-mahlen] ware auch und ist noch bey den Italiänern/ Hoch-und Nieder-Teutschen zu finden/ und zwar mit größerer Vollkommenheit/ sonderlich im gerecht-mahlen/ und darzu gehörenden Kräften der Farben: welches aus der natürlichen applicirung/ vollkommenen Erhebung und sonderbaren Geschwindigkeit der Mahler von unsern Zeiten abzunehmen. {Die alte und neue Italiäner.} Solche waren/ Cimabue der große Wieder-Erfinder dieser Kunst/ Gaddo sein Nachfolger/ und Giotto. Also waren fürtreflich/ Giovan Bellini, in Sauberkeit; Michaël Angelo in Bildern und hohem Verstand; Leonardo da Vinci, in vernünftigen affecten; Andrea del Sarto, in Angenemheit; Raphaël d'Urbino in meisterlicher invention ; Julius Romanus, in ungemeinen Gedanken;Titian, in Anmutigkeit/ sonderlich der Coloriten; Corregio , in gratiositeten; Verones in reichen Gedanken; Tintoreti, in Seltsamkeit; Carazo, in fresco; Caravaggio und Manfredo , in Lebhaftigkeit ; Guido Bolognse in Holdseligkeit; Albano in zierlicher invention; Bernini Bernini in der Bild- und Bau Kunst; Francisco du Quesnoy, in scultur-Warheit; Algardon,in Geschicklichkeit; Peter Corton in fresco; La Franch in Geschwindigkeit; Domenicho in Tieffsinnigkeit; Claudio Gilli in Landschaften.
{Die alte Hoch-Teutschen} Nächst diesen/ machten sich auch verwunderbar unsere Teutschen: als Martin Schön/ im hochsteigen; Matthias von Aschaffenburg/ in zierlichem Geist; Albrecht Dürer/ im universal-Verstand; Hans Holbein/ in glückseliger Hand; Amberger/ in der Warheit; Pocksberger/ im Geistreichtum; Schwarz/ in Erfahrenheit; Adam Elzheimer/ in verwunderlichem Verstand.
{und Nieder-Teutschen} Gleichfalls waren fürberühmt die Niederländer/ in Erfindung der Oelfarben/ Johann und Hubert von Eyk; Lucas von Leyden/ im Fleiß; der alte Bruegel, im Verstand; also auch Sotte Clef und Johann von Calcar/ in der Hand; Floris, in der Meisterschaft; Brauer/ in bildung der Bauren; Fochiers, in Landschaft-Bäumen; Rubens in Geistreichheit; der von Dick/ in Zierlichkeit; Hundhorst in Wolgemälden; Rembrand/ in Arbeitsamkeit; Perselles in Schiffahrten und Wassern; Pulenburg/ in kleinen Bildlein; Bambotio, in Bildung der Bettler ; Botte, in Landschaften; auch der Gerhart Daro und, Mires hoch-preiswürdig in kleinen Oelfarben.
{Von des Autoris [ndr: Joachim von Sandrart ] Werken/ in dieser Kunst.} […]

Quotation

Are. Peu de tems aprés on le chargea de faire un grand tableau pour le maitre autel de l’eglise des freres Mineurs, dans le quel Titien encore tout jeune, peignit à l’huile, la Vierge qui monte au Ciel entre une multitude d’Anges qui l’accompagnent, […] il paroit veritablement qu’elle monte avec un visage plein d’humilité, & ses habits volent delicatement ; au bas sont les Apôtres, qui par differentes attitudes montrent la joye, & l’etonnement ; pour la plus part ils excedent la grandeur du naturel. Il est certain qu’on voit dans ce tableau la grandeur & le terrible de Michel Ange, la douceur, la grace de Rafael, & le vrai coloris de la nature. Ce fut là cependant le premier ouvrage qu’il fit à l’huile, il le fit en tres peu de tems, & tout jeune. Avec tout cela les peintres grossiers, & le sot peuple, qui jusqu’alors n’avoient vû autre chose que les peintures mortes & froides de Jean Bellin, de Gentil, & de Vivarino, car Georgion n’avoit point encore fait d’ouvrage à huile en public, & tout au plus y avoit peint quelque demi figure, quelques portraits qui etoient sans mouvement, & sans relief ; ils disoient tout le mal possible de ce tableau : l’envie venant ensuite à se reffroidir*, & la verité leur ouvrant peu à peu les yeux, on commença à admirer à Venise avec etonnement la nouvelle maniere que Titien tenoit ; & depuis ce tems là tous les peintres s’appliquerent à l’imiter ; mais parcequ’elle etoit hors de leur portée ils se trouverent egarés.
 
*Il est vrai que ce tableau ne plut point aux Moines ; mais l’Ambassadeur de l’Empereur l’aiant voulut acheter, ceci leur fit ouvrir les yeux, & en faire plus de cas.

Quotation

[...] 
SEC. Un pinceau
sec, faire sec ; faire sec & dur : c’est peindre séchement & durement. 
Bellin peignoit extrêment
sec
On le dit d’un tableau dont les clairs sont trop près des bruns, & dont les contours ne sont pas assez mêlés.
Tendre & moëleux s’opposent à
sec
Un ouvrage sec est donc celui qui n’a point de tendresse, soit dans les carnations, soit dans les draperies, & qui a quelque chose qui tranche, soit dans le dessein, soit dans les couleurs. [...]