BOLSWERT, Boëtius Adamsz. ( v. 1580-1633 )

ISNI:0000000108937170 Getty:500023653

Quotation

Si l’on travaille d’après des desseins originaux, ils doivent plutôt être gravés avec de grands jours & de grandes ombres, d’autant que quelque [p. 116 169] finis qu’ils puissent être, il n’y a jamais tant de détail que dans des Tableaux peints, qui requierent aussi beaucoup plus de soin & de travail à cause des différentes couleurs.
L’on m’objectera peut-être qu’il est impossible d’imiter les couleurs, vû que l’on n’a que du blanc & du noir. Mais quand je parle de les imiter, je ne prétens [sic] pas faire une distinction du vert au bleu, du jaune au rouge, & ainsi des autres couleurs, mais seulement en imiter les masses comme ont fait avec succès Wostermans, Bolswert, & quelques autres lorsqu’ils ont gravé d’après Rubens.
Il est certain que les ouvrages où cette partie sera traitée par un Graveur sçavant & entendu seront bien plus agréables & feront un plus bel effet. Il faut donc, comme je viens de le dire, que le graveur soit intelligent & habile homme, parce qu’il se rencontre quelquefois des couleurs claires sur d’autres claires, qui ne font d’effet que par leur différence, & qui causent ce que nous appellons un corps percé, accident fort à éviter, parce qu’il ruine l’intelligence du clair-obscur. Il faut aussi prendre garde à ne pas exterminer les principales lumieres, en affectant par trop d’imiter les couleurs, surtout aux Figures de devant, car cela les empêcheroit d’avancer, & romproit entierement l’intention du Peintre.
Nous ne nous étendrons pas davantage sur cette partie de la Gravûre qui elle seule demanderoit un Traité entier, si l’on vouloit entrer dans le détail de toutes ses parties & rendre compte de toutes ses circonstances, mais ce que nous venons d’en dire peut suffire à un homme intelligent, & avec le secours des Estampes des grands Maîtres que nous avons cités dans cet ouvrage, un peu de pratique [p. 117 170] poura le conduire à une plus grande perfection.

Quotation

Les draperies doivent être gravées suivant les mêmes principes : il faut prendre les tailles de maniere qu’elles en dessinent bien les plis, & pour cet effet ne point se gêner pour continuer une taille qui avoit servi à bien former une chose, lorsqu’elle n’est pas si propre à bien rendre la suivante ; il vaut beaucoup mieux la quitter, & en prendre une autre plus convenable, observant néanmoins qu’elles puissent se servir de seconde l’une de l’autre, ou du moins de troisiéme. Si elle peut produire heureusement une seconde, on peut la passer pardessus l’autre avec une pointe plus fine : si elle n’est propre qu’à une troisiéme, alors il faut laisser au Burin le soin de l’allonger & de la perdre doucement parmi les autres. Enfin il ne faut rien dans ce genre de gravûre qui sente l’esclavage ; cette continuation de la même taille n’est d’usage que dans les ouvrages purement au Burin, encore n’y est-elle pas fort nécessaire. Bolswert y étoit si habile, ne s’en est jamais embarrassé. Il ne seroit cependant pas à propos de se servir de sens de tailles diamétralement opposés dans le même morceau de draperie, lorsque les séparations causées par le jeu de plis ne sont pas extrêmement sensibles, car cela pourroit faire une draperie qui paroîtroit composée de différentes pieces, qui n’auroient aucune liaison l’une avec l’autre. C’est même cette opposition de travail jointe aux différens dégrés de couleur qu’inspire le tableau ou dessein original qui sert à détacher deux différentes draperies, & à faire [p. 74 128] connoître qu’elle ne dépendent point l’une de l’autre. C’est pourquoi l’on prendra à peu près de même façon, pourvû que cela se puisse sans contrainte, les différens sens de tailles qui servent à former les plis d’une même draperie, réservant à les prendre dans un sens contraire lorsque le jeu des draperies fera découvrir la doublûre de l’étoffe, car alors cette différence de tailles servira à faire distinguer plus facilement le dessus ou le dessous de ces draperies. 
Les tailles doivent serpenter d’une façon souple suivant les saillies & la profondeur des plis : ce seroit une mauvaise méthode que de former avec une seule taille, & en passer ensuite une roide & sans fléxibilité par dessus tout, seulement pour faire un ton plus noir ; il faut au contraire que tout le travail qu’on y met ait son intention & serve à assurer les formes de ce qu’on veut représenter, à moins que ce ne soit de certaines choses qu’on voudroit laisser indéterminées ou indécises pour faire du repos à côté de quelques autres, comme ne devant point attirer l’attention du spectateur. On doit éviter que les tailles qui vont se terminer au contour soit des plis, soit des membres, y finissent en faisant avec lui un angle droit, ni même rien d’aprochant, mais il faut qu’elles s’y perdent en lozange, & d’une maniere qui serve à le rendre moins sensible & plus moëlleux. À l’égard des tailles qui forment les racourcis, à moins que de sçavoir un peu de Perspective pour les bien ressentir, on court grand risque de les prendre souvent à contre-sens.

Quotation

Gravûre en grand, le Burin y est nécessaire. Il faut éviter d'appuyer les touches & les contours
Gravûre en grand, Accidens qui en arrivent. On ne doit les laisser mordre que très-peu afin de pouvoir les rectifier plus aisément au Burin.
[...]
Gravûre en petit doit être différemment traitée que celle en grand. Le trait doit en être frappé ave force & hardiesse. Les touches font toute l'ame du petit, 84.
Gravûre en petit Elle doit conserver une idée d'ébauche. Plus on la finit & plus on lui ôte de l'esprit, en quoi consiste son mérite, 86.
[...]
Gravûre fine & serrée plaît beaucoup au public. Ridicule du mauvais goût moderne, 85

Quotation

& il est certain qu’avant l’invention de l’eau forte il manquoit quelque chose à la Gravûre, surtout pour bien rendre les tableaux d’histoire lorsqu’ils sont peints avec facilité & hardiesse.
Les Portraits demandent à être faits au Burin & l’on voit peu d’exemples que ceux que l’on a avancés à l’au forte [sic] ayent bien réussi. L’expérience fait voir que quoiqu’il y en ait quelqu’uns qui soient estimés comme ceux de Morin, Suyderhoof & autres, néanmoins ceux de Nanteuil, Edelinck, [p. Xxiv 28] & Drevet, sont les chefs-d’oeuvre les plus estimés en ce genre ; la raison de cette préférence vient de la façon différente dont on peint l’histoire & le portrait. Dans l’histoire on supprime toutes les petites parties pour s’attacher aux grandes, & l’on peint sans s’arrêter à des détails peu importans, comme seroient les cristallins & paupieres ou petits plis qui environnent ordinairement les yeux : l’on néglige de marquer sensiblement les différentes petites demi-teintes qi se trouvent entre les ombres & les jours, ou si on le fait, c’est de maniere qui ne paroît point recherchée, & qui est toûjours subordonnée à l’effet général du Tableau. Le Peintre entierement maître de son sujet, & n’ayant point d’objet particulier en vûë qui puisse l’attacher servilement, n’est occupé que du soin de former des traits grands & hardis qui puissent concourir à l’intelligence générale du sujet.

Quotation

C’est ce fini & cette exécution précise qui est parfaitement rendue par la propreté du Burin ; au lieu que le pinceau libre de l’histoire est mieux rendu par la hardiesse & la facilité de la pointe à l’eau forte. 
On peut en donner pour exemple les morceaux d’histoire gravés par
P. Drevet le fils, qui sont admirables pour la finesse [p. XXV 29] & la beauté du travail, mais beaucoup trop finis pour le caractere de l’histoire, ce qui fait dire aux gens de goût que c’est un fort beau travail mais très-déplacé, & qui ne sert qu’à faire paroître les figures comme si elles étoient de bronze. On peut voir aussi la famille de Darius gravée par Edelinck dont la gravûre quoique parfaite pour le Burin, est beaucoup moins convenable dans un pareil morceau, que celle de Gerard Audran. On remarquera à cette occasion que plusieurs Graveurs au burin très-habiles, entr’autres Bolswert, ayant à graver des sujets d’histoire, ont imité autant que le burin le peut faire, ce désordre pittoresque & ce mélange de travail que l’eau forte produit avec tant de succès. 

Quotation

Laissons donc la Gravûre au Burin briller dans l’exécution des portraits où l’eau forte n’est pas si heureuse, & réservons-la pour les morceaux d’histoire où elle répand plus de goût & de facilité, & pour le petit à qui elle donne un esprit & un caractere de dessein que le Burin auroit bien de la peine à imiter.

Quotation

Si l’on travaille d’après des desseins originaux, ils doivent plutôt être gravés avec de grands jours & de grandes ombres, d’autant que quelque [p. 116 169] finis qu’ils puissent être, il n’y a jamais tant de détail que dans des Tableaux peints, qui requierent aussi beaucoup plus de soin & de travail à cause des différentes couleurs.
L’on m’objectera peut-être qu’il est impossible d’imiter les couleurs, vû que l’on n’a que du blanc & du noir. Mais quand je parle de les imiter, je ne prétens [sic] pas faire une distinction du vert au bleu, du jaune au rouge, & ainsi des autres couleurs, mais seulement en imiter les masses comme ont fait avec succès Wostermans, Bolswert, & quelques autres lorsqu’ils ont gravé d’après Rubens.

Quotation

On remarquera à cette occasion que plusieurs Graveurs au burin très-habiles, entr’autres Bolswert, ayant à graver des sujets d’histoire, ont imité autant que le burin le peut faire, ce désordre pittoresque & ce mélange de travail que l’eau forte produit avec tant de succès.

Quotation

Sometimes the Structure of a Picture, or the Tout-Ensemble of its Form, shall resemble dark Clouds on a Light Ground ; As in two Assumptions of the Virgin by Bolswert after Rubens ; indeed a part of These are such Clouds : But in both of them the Figures of these Masses are something too Indistinct. Le Brun in a Ceiling of the same Subject, grav’d, by young Simconneau, has put a Group of Angels, which almost hide the cloudy Voiture of the Virgin ; but this mass is too Regular, and Heavy a Shape. I refer you to Prints, because they are easy to be got, and explain This matter as well as Drawings, or Pictures, and in some Respects Better.

Quotation

Sometimes the Structure of a Picture, or the Tout-Ensemble of its Form, shall resemble dark Clouds on a Light Ground ; As in two Assumptions of the Virgin by Bolswert after Rubens ; indeed a part of These are such Clouds : But in both of them the Figures of these Masses are something too Indistinct. Le Brun in a Ceiling of the same Subject, grav’d, by young Simconneau, has put a Group of Angels, which almost hide the cloudy Voiture of the Virgin ; but this mass is too Regular, and Heavy a Shape.

Quotation

Sometimes the Structure of a Picture, or the Tout-Ensemble of its Form, shall resemble dark Clouds on a Light Ground ; As in two Assumptions of the Virgin by Bolswert after Rubens ; indeed a part of These are such Clouds : But in both of them the Figures of these Masses are something too Indistinct. Le Brun in a Ceiling of the same Subject, grav’d, by young Simconneau, has put a Group of Angels, which almost hide the cloudy Voiture of the Virgin ; but this mass is too Regular, and Heavy a Shape. I refer you to Prints, because they are easy to be got, and explain This matter as well as Drawings, or Pictures, and in some Respects Better.

Quotation

& il est certain qu’avant l’invention de l’eau forte il manquoit quelque chose à la Gravûre, surtout pour bien rendre les tableaux d’histoire lorsqu’ils sont peints avec facilité & hardiesse.
Les Portraits demandent à être faits au Burin & l’on voit peu d’exemples que ceux que l’on a avancés à l’au forte [sic] ayent bien réussi. L’expérience fait voir que quoiqu’il y en ait quelqu’uns qui soient estimés comme ceux de Morin, Suyderhoof & autres, néanmoins ceux de Nanteuil, Edelinck, [p. Xxiv 28] & Drevet, sont les chefs-d’oeuvre les plus estimés en ce genre ; la raison de cette préférence vient de la façon différente dont on peint l’histoire & le portrait. Dans l’histoire on supprime toutes les petites parties pour s’attacher aux grandes, & l’on peint sans s’arrêter à des détails peu importans, comme seroient les cristallins & paupieres ou petits plis qui environnent ordinairement les yeux : l’on néglige de marquer sensiblement les différentes petites demi-teintes qi se trouvent entre les ombres & les jours, ou si on le fait, c’est de maniere qui ne paroît point recherchée, & qui est toûjours subordonnée à l’effet général du Tableau. Le Peintre entierement maître de son sujet, & n’ayant point d’objet particulier en vûë qui puisse l’attacher servilement, n’est occupé que du soin de former des traits grands & hardis qui puissent concourir à l’intelligence générale du sujet.

Quotation

C’est ce fini & cette exécution précise qui est parfaitement rendue par la propreté du Burin ; au lieu que le pinceau libre de l’histoire est mieux rendu par la hardiesse & la facilité de la pointe à l’eau forte. 
On peut en donner pour exemple les morceaux d’histoire gravés par
P. Drevet le fils, qui sont admirables pour la finesse [p. XXV 29] & la beauté du travail, mais beaucoup trop finis pour le caractere de l’histoire, ce qui fait dire aux gens de goût que c’est un fort beau travail mais très-déplacé, & qui ne sert qu’à faire paroître les figures comme si elles étoient de bronze. On peut voir aussi la famille de Darius gravée par Edelinck dont la gravûre quoique parfaite pour le Burin, est beaucoup moins convenable dans un pareil morceau, que celle de Gerard Audran. On remarquera à cette occasion que plusieurs Graveurs au burin très-habiles, entr’autres Bolswert, ayant à graver des sujets d’histoire, ont imité autant que le burin le peut faire, ce désordre pittoresque & ce mélange de travail que l’eau forte produit avec tant de succès. 

Quotation

On remarquera à cette occasion que plusieurs Graveurs au burin très-habiles, entr’autres Bolswert, ayant à graver des sujets d’histoire, ont imité autant que le burin le peut faire, ce désordre pittoresque & ce mélange de travail que l’eau forte produit avec tant de succès.

Quotation

Les draperies doivent être gravées suivant les mêmes principes : il faut prendre les tailles de maniere qu’elles en dessinent bien les plis, & pour cet effet ne point se gêner pour continuer une taille qui avoit servi à bien former une chose, lorsqu’elle n’est pas si propre à bien rendre la suivante ; il vaut beaucoup mieux la quitter, & en prendre une autre plus convenable, observant néanmoins qu’elles puissent se servir de seconde l’une de l’autre, ou du moins de troisiéme. Si elle peut produire heureusement une seconde, on peut la passer pardessus l’autre avec une pointe plus fine : si elle n’est propre qu’à une troisiéme, alors il faut laisser au Burin le soin de l’allonger & de la perdre doucement parmi les autres. Enfin il ne faut rien dans ce genre de gravûre qui sente l’esclavage ; cette continuation de la même taille n’est d’usage que dans les ouvrages purement au Burin, encore n’y est-elle pas fort nécessaire. Bolswert y étoit si habile, ne s’en est jamais embarrassé. Il ne seroit cependant pas à propos de se servir de sens de tailles diamétralement opposés dans le même morceau de draperie, lorsque les séparations causées par le jeu de plis ne sont pas extrêmement sensibles, car cela pourroit faire une draperie qui paroîtroit composée de différentes pieces, qui n’auroient aucune liaison l’une avec l’autre. C’est même cette opposition de travail jointe aux différens dégrés de couleur qu’inspire le tableau ou dessein original qui sert à détacher deux différentes draperies, & à faire [p. 74 128] connoître qu’elle ne dépendent point l’une de l’autre. C’est pourquoi l’on prendra à peu près de même façon, pourvû que cela se puisse sans contrainte, les différens sens de tailles qui servent à former les plis d’une même draperie, réservant à les prendre dans un sens contraire lorsque le jeu des draperies fera découvrir la doublûre de l’étoffe, car alors cette différence de tailles servira à faire distinguer plus facilement le dessus ou le dessous de ces draperies. 
Les tailles doivent serpenter d’une façon souple suivant les saillies & la profondeur des plis : ce seroit une mauvaise méthode que de former avec une seule taille, & en passer ensuite une roide & sans fléxibilité par dessus tout, seulement pour faire un ton plus noir ; il faut au contraire que tout le travail qu’on y met ait son intention & serve à assurer les formes de ce qu’on veut représenter, à moins que ce ne soit de certaines choses qu’on voudroit laisser indéterminées ou indécises pour faire du repos à côté de quelques autres, comme ne devant point attirer l’attention du spectateur. On doit éviter que les tailles qui vont se terminer au contour soit des plis, soit des membres, y finissent en faisant avec lui un angle droit, ni même rien d’aprochant, mais il faut qu’elles s’y perdent en lozange, & d’une maniere qui serve à le rendre moins sensible & plus moëlleux. À l’égard des tailles qui forment les racourcis, à moins que de sçavoir un peu de Perspective pour les bien ressentir, on court grand risque de les prendre souvent à contre-sens.

Quotation

Si l’on travaille d’après des desseins originaux, ils doivent plutôt être gravés avec de grands jours & de grandes ombres, d’autant que quelque [p. 116 169] finis qu’ils puissent être, il n’y a jamais tant de détail que dans des Tableaux peints, qui requierent aussi beaucoup plus de soin & de travail à cause des différentes couleurs.
L’on m’objectera peut-être qu’il est impossible d’imiter les couleurs, vû que l’on n’a que du blanc & du noir. Mais quand je parle de les imiter, je ne prétens [sic] pas faire une distinction du vert au bleu, du jaune au rouge, & ainsi des autres couleurs, mais seulement en imiter les masses comme ont fait avec succès Wostermans, Bolswert, & quelques autres lorsqu’ils ont gravé d’après Rubens.

Quotation

Si l’on travaille d’après des desseins originaux, ils doivent plutôt être gravés avec de grands jours & de grandes ombres, d’autant que quelque [p. 116 169] finis qu’ils puissent être, il n’y a jamais tant de détail que dans des Tableaux peints, qui requierent aussi beaucoup plus de soin & de travail à cause des différentes couleurs.
L’on m’objectera peut-être qu’il est impossible d’imiter les couleurs, vû que l’on n’a que du blanc & du noir. Mais quand je parle de les imiter, je ne prétens [sic] pas faire une distinction du vert au bleu, du jaune au rouge, & ainsi des autres couleurs, mais seulement en imiter les masses comme ont fait avec succès Wostermans, Bolswert, & quelques autres lorsqu’ils ont gravé d’après Rubens.
Il est certain que les ouvrages où cette partie sera traitée par un Graveur sçavant & entendu seront bien plus agréables & feront un plus bel effet. Il faut donc, comme je viens de le dire, que le graveur soit intelligent & habile homme, parce qu’il se rencontre quelquefois des couleurs claires sur d’autres claires, qui ne font d’effet que par leur différence, & qui causent ce que nous appellons un corps percé, accident fort à éviter, parce qu’il ruine l’intelligence du clair-obscur. Il faut aussi prendre garde à ne pas exterminer les principales lumieres, en affectant par trop d’imiter les couleurs, surtout aux Figures de devant, car cela les empêcheroit d’avancer, & romproit entierement l’intention du Peintre.
Nous ne nous étendrons pas davantage sur cette partie de la Gravûre qui elle seule demanderoit un Traité entier, si l’on vouloit entrer dans le détail de toutes ses parties & rendre compte de toutes ses circonstances, mais ce que nous venons d’en dire peut suffire à un homme intelligent, & avec le secours des Estampes des grands Maîtres que nous avons cités dans cet ouvrage, un peu de pratique [p. 117 170] poura le conduire à une plus grande perfection.