SURPRENANT (adj.)

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Il ne reste plus pour finir cette Préface, que de dire ce que Longin entend par Sublime. Car comme il escrit de cette matiere aprés Cecilius qui avoit presque emploié tout son Livre à montrer ce que cest que Sublime, il na pas crû devoir rebatre une chose qui navoit esté dêja que trop discutée par un autre. Il faut donc sçavoir que par Sublime, Longin n’entend pas ce que les Orateurs appellent le Stile Sublime : mais cet extraordinaire & ce merveilleux qui frappe dans le Discours, &  qui fait qu’un Ouvrage enleve, ravit, transporte. Le Stile Sublime veut toûjours de grands mots : mais le Sublime se peut trouver dans une seule pensée, dans une seule figure, dans un seul tour de paroles. Une chose peut estre dans le Stile Sublime, et n’estre pourtant pas Sublime ; c’est à dire n’avoir rien d’extraordinaire ni de surprenant. Par exemple, Le souverain Arbitre de la Nature d’une seule parole forma la lumiere. Voilà qui est dans le Stile Sublime : cela n’est pas neanmoins Sublime : parce qu’il n’y a rien là de fort merveilleux, & qu’un autre ne pust aisément trouver. Mais. Dieu dit : Que la lumière se fasse, et la lumière se fit. Ce tour extraordinaire d’expression qui marque si bien l’obéïssance de la Creature aux ordres de Createur est veritablement sublime, & a quelque chose de divin. Il faut donc entendre par Sublime dans Longin, l’Extraordinaire, le Surprenant & comme je l’ay traduit, le Merveilleux dans le discours.

Boileau est l'auteur de cette préface.

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CONCEPTS ESTHETIQUES → merveilleux et sublime