MELLAN, Claude ( 1598-1688 )

ISNI:0000000121394377 Getty:500026391

Quotation

Des différentes manieres de Graver.
Il y en a qui montrent une grande facilité de Burin, les autres ont une maniere fatiguée ; on en voit qui affectent de croiser leurs tailles fort en lozange, & d’autres les font toutes quarrées. Ces manieres faciles dont j’entends parler, sont celles de Goltzius, Muller, Lucas Kilian, Mellan, & quelques autres, qui semblent en plusieurs recontres ne s’être attachés qu’à faire voir par un tournoyement de tailles, qu’ils étoient maîtres de leur Burin, sans se mettre en peine de la justesse des contours, des expressions, ni de l’effet de clair-obscur qui se trouve dans les desseins & les Tableaux que l’on veut représenter.
Celles que je trouve fatiguées le sont par une infinité de traits et de points confondus les uns dans les autres & sans aucun ordre, qui ressemblent plutôt à un dessein qu’à de la gravûre.
Il ne faut jamais croiser les tailles trop lozanges particulierement dans les chairs, parce qu’elles forment des angles aigus, qui font une piece de treillis tabizé fort désagréable, ce qui ôte à la vûe le repros qu’elle souhaite sur toute sorte d’ouvrages.
On ne doit croiser les tailles si fort en lozange que dans quelques nuages, dans des tempêtes, pour représenter les vagues de la mer, dans les peaux des animaux velus, & cela fait aussi fort bien dans les feuilles des arbres.
La maniere entre quarré & lozange est me semble plus utile & plus agréable aux yeux : aussi est-elle plus difficile à cause que l’inégalité des traits [p. 107 160] s’en remarque davantage, & quand je dis de faire entre les deux, je ne dis point de faire tout à fait quarré, parce que cela tient trop de la pierre.

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Des différentes manieres de Graver.
Il y en a qui montrent une grande facilité de Burin, les autres ont une maniere fatiguée ; on en voit qui affectent de croiser leurs tailles fort en lozange, & d’autres les font toutes quarrées. Ces manieres faciles dont j’entends parler, sont celles de Goltzius, Muller, Lucas Kilian, Mellan, & quelques autres, qui semblent en plusieurs recontres ne s’être attachés qu’à faire voir par un tournoyement de tailles, qu’ils étoient maîtres de leur Burin, sans se mettre en peine de la justesse des contours, des expressions, ni de l’effet de clair-obscur qui se trouve dans les desseins & les Tableaux que l’on veut représenter.
Celles que je trouve fatiguées le sont par une infinité de traits et de points confondus les uns dans les autres & sans aucun ordre, qui ressemblent plutôt à un dessein qu’à de la gravûre.
Il ne faut jamais croiser les tailles trop lozanges particulierement dans les chairs, parce qu’elles forment des angles aigus, qui font une piece de treillis tabizé fort désagréable, ce qui ôte à la vûe le repros qu’elle souhaite sur toute sorte d’ouvrages.
On ne doit croiser les tailles si fort en lozange que dans quelques nuages, dans des tempêtes, pour représenter les vagues de la mer, dans les peaux des animaux velus, & cela fait aussi fort bien dans les feuilles des arbres.
La maniere entre quarré & lozange est me semble plus utile & plus agréable aux yeux : aussi est-elle plus difficile à cause que l’inégalité des traits [p. 107 160] s’en remarque davantage, & quand je dis de faire entre les deux, je ne dis point de faire tout à fait quarré, parce que cela tient trop de la pierre.

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Des différentes manieres de Graver.
Il y en a qui montrent une grande facilité de Burin, les autres ont une maniere fatiguée ; on en voit qui affectent de croiser leurs tailles fort en lozange, & d’autres les font toutes quarrées. Ces manieres faciles dont j’entends parler, sont celles de Goltzius, Muller, Lucas Kilian, Mellan, & quelques autres, qui semblent en plusieurs recontres ne s’être attachés qu’à faire voir par un tournoyement de tailles, qu’ils étoient maîtres de leur Burin, sans se mettre en peine de la justesse des contours, des expressions, ni de l’effet de clair-obscur qui se trouve dans les desseins & les Tableaux que l’on veut représenter.
Celles que je trouve fatiguées le sont par une infinité de traits et de points confondus les uns dans les autres & sans aucun ordre, qui ressemblent plutôt à un dessein qu’à de la gravûre.
Il ne faut jamais croiser les tailles trop lozanges particulierement dans les chairs, parce qu’elles forment des angles aigus, qui font une piece de treillis tabizé fort désagréable, ce qui ôte à la vûe le repros qu’elle souhaite sur toute sorte d’ouvrages.
On ne doit croiser les tailles si fort en lozange que dans quelques nuages, dans des tempêtes, pour représenter les vagues de la mer, dans les peaux des animaux velus, & cela fait aussi fort bien dans les feuilles des arbres.
La maniere entre quarré & lozange est me semble plus utile & plus agréable aux yeux : aussi est-elle plus difficile à cause que l’inégalité des traits [p. 107 160] s’en remarque davantage, & quand je dis de faire entre les deux, je ne dis point de faire tout à fait quarré, parce que cela tient trop de la pierre.

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Des différentes manieres de Graver.
Il y en a qui montrent une grande facilité de Burin, les autres ont une maniere fatiguée ; on en voit qui affectent de croiser leurs tailles fort en lozange, & d’autres les font toutes quarrées. Ces manieres faciles dont j’entends parler, sont celles de Goltzius, Muller, Lucas Kilian, Mellan, & quelques autres, qui semblent en plusieurs recontres ne s’être attachés qu’à faire voir par un tournoyement de tailles, qu’ils étoient maîtres de leur Burin, sans se mettre en peine de la justesse des contours, des expressions, ni de l’effet de clair-obscur qui se trouve dans les desseins & les Tableaux que l’on veut représenter.
Celles que je trouve fatiguées le sont par une infinité de traits et de points confondus les uns dans les autres & sans aucun ordre, qui ressemblent plutôt à un dessein qu’à de la gravûre.
Il ne faut jamais croiser les tailles trop lozanges particulierement dans les chairs, parce qu’elles forment des angles aigus, qui font une piece de treillis tabizé fort désagréable, ce qui ôte à la vûe le repros qu’elle souhaite sur toute sorte d’ouvrages.
On ne doit croiser les tailles si fort en lozange que dans quelques nuages, dans des tempêtes, pour représenter les vagues de la mer, dans les peaux des animaux velus, & cela fait aussi fort bien dans les feuilles des arbres.
La maniere entre quarré & lozange est me semble plus utile & plus agréable aux yeux : aussi est-elle plus difficile à cause que l’inégalité des traits [p. 107 160] s’en remarque davantage, & quand je dis de faire entre les deux, je ne dis point de faire tout à fait quarré, parce que cela tient trop de la pierre.