DREVET, Pierre ( XVIe siècle )

DREVET, Pierre ( XVIe siècle )

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Quotation

& il est certain qu’avant l’invention de l’eau forte il manquoit quelque chose à la Gravûre, surtout pour bien rendre les tableaux d’histoire lorsqu’ils sont peints avec facilité & hardiesse.
Les Portraits demandent à être faits au Burin & l’on voit peu d’exemples que ceux que l’on a avancés à l’au forte [sic] ayent bien réussi. L’expérience fait voir que quoiqu’il y en ait quelqu’uns qui soient estimés comme ceux de Morin, Suyderhoof & autres, néanmoins ceux de Nanteuil, Edelinck, [p. Xxiv 28] & Drevet, sont les chefs-d’oeuvre les plus estimés en ce genre ; la raison de cette préférence vient de la façon différente dont on peint l’histoire & le portrait. Dans l’histoire on supprime toutes les petites parties pour s’attacher aux grandes, & l’on peint sans s’arrêter à des détails peu importans, comme seroient les cristallins & paupieres ou petits plis qui environnent ordinairement les yeux : l’on néglige de marquer sensiblement les différentes petites demi-teintes qi se trouvent entre les ombres & les jours, ou si on le fait, c’est de maniere qui ne paroît point recherchée, & qui est toûjours subordonnée à l’effet général du Tableau. Le Peintre entierement maître de son sujet, & n’ayant point d’objet particulier en vûë qui puisse l’attacher servilement, n’est occupé que du soin de former des traits grands & hardis qui puissent concourir à l’intelligence générale du sujet.

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C’est ce fini & cette exécution précise qui est parfaitement rendue par la propreté du Burin ; au lieu que le pinceau libre de l’histoire est mieux rendu par la hardiesse & la facilité de la pointe à l’eau forte. 
On peut en donner pour exemple les morceaux d’histoire gravés par
P. Drevet le fils, qui sont admirables pour la finesse [p. XXV 29] & la beauté du travail, mais beaucoup trop finis pour le caractere de l’histoire, ce qui fait dire aux gens de goût que c’est un fort beau travail mais très-déplacé, & qui ne sert qu’à faire paroître les figures comme si elles étoient de bronze. On peut voir aussi la famille de Darius gravée par Edelinck dont la gravûre quoique parfaite pour le Burin, est beaucoup moins convenable dans un pareil morceau, que celle de Gerard Audran. On remarquera à cette occasion que plusieurs Graveurs au burin très-habiles, entr’autres Bolswert, ayant à graver des sujets d’histoire, ont imité autant que le burin le peut faire, ce désordre pittoresque & ce mélange de travail que l’eau forte produit avec tant de succès. 

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L’expérience fait voir que quoiqu’il y en ait quelqu’uns qui soient estimés comme ceux de Morin, Suyderhoof & autres, néanmoins ceux de Nanteuil, Edelinck, [p. Xxiv 28] & Drevet, sont les chefs-d’oeuvre les plus estimés en ce genre ; la raison de cette préférence vient de la façon différente dont on peint l’histoire & le portrait.

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Le Portrait se peint à la vérité suivant les mêmes principes, mais avec cette différence que l’exactitude avec laquelle le Peintre suit le modéle qu’il a devant les yeux, l’oblige à rendre avec le plus grand soin tout ce qu’il découvre dans la nature jusqu’aux moindres choses, parce que c’est souvent de-là que dépend la fidele ressemblance. Ayant fini la tête avec une si grande précision, il est obligé de terminer le reste à proportion, sans cela il ne paroîtroit qu’une ébauche en comparaison de la tête. C’est ce fini & cette exécution précise qui est parfaitement rendue par la propreté du Burin ; au lieu que le pinceau libre de l’histoire est mieux rendu par la hardiesse & la facilité de la pointe à l’eau forte.

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Belangend nun die Ebenmaß oder Symmetriam des Menschlichen Cörpers/ ist nicht ohne Verwunderung zu betrachten daß […]

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& il est certain qu’avant l’invention de l’eau forte il manquoit quelque chose à la Gravûre, surtout pour bien rendre les tableaux d’histoire lorsqu’ils sont peints avec facilité & hardiesse.
Les Portraits demandent à être faits au Burin & l’on voit peu d’exemples que ceux que l’on a avancés à l’au forte [sic] ayent bien réussi. L’expérience fait voir que quoiqu’il y en ait quelqu’uns qui soient estimés comme ceux de Morin, Suyderhoof & autres, néanmoins ceux de Nanteuil, Edelinck, [p. Xxiv 28] & Drevet, sont les chefs-d’oeuvre les plus estimés en ce genre ; la raison de cette préférence vient de la façon différente dont on peint l’histoire & le portrait. Dans l’histoire on supprime toutes les petites parties pour s’attacher aux grandes, & l’on peint sans s’arrêter à des détails peu importans, comme seroient les cristallins & paupieres ou petits plis qui environnent ordinairement les yeux : l’on néglige de marquer sensiblement les différentes petites demi-teintes qi se trouvent entre les ombres & les jours, ou si on le fait, c’est de maniere qui ne paroît point recherchée, & qui est toûjours subordonnée à l’effet général du Tableau. Le Peintre entierement maître de son sujet, & n’ayant point d’objet particulier en vûë qui puisse l’attacher servilement, n’est occupé que du soin de former des traits grands & hardis qui puissent concourir à l’intelligence générale du sujet.

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L’expérience fait voir que quoiqu’il y en ait quelqu’uns qui soient estimés comme ceux de Morin, Suyderhoof & autres, néanmoins ceux de Nanteuil, Edelinck, [p. Xxiv 28] & Drevet, sont les chefs-d’oeuvre les plus estimés en ce genre ; la raison de cette préférence vient de la façon différente dont on peint l’histoire & le portrait.

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C’est ce fini & cette exécution précise qui est parfaitement rendue par la propreté du Burin ; au lieu que le pinceau libre de l’histoire est mieux rendu par la hardiesse & la facilité de la pointe à l’eau forte. 
On peut en donner pour exemple les morceaux d’histoire gravés par
P. Drevet le fils, qui sont admirables pour la finesse [p. XXV 29] & la beauté du travail, mais beaucoup trop finis pour le caractere de l’histoire, ce qui fait dire aux gens de goût que c’est un fort beau travail mais très-déplacé, & qui ne sert qu’à faire paroître les figures comme si elles étoient de bronze. On peut voir aussi la famille de Darius gravée par Edelinck dont la gravûre quoique parfaite pour le Burin, est beaucoup moins convenable dans un pareil morceau, que celle de Gerard Audran. On remarquera à cette occasion que plusieurs Graveurs au burin très-habiles, entr’autres Bolswert, ayant à graver des sujets d’histoire, ont imité autant que le burin le peut faire, ce désordre pittoresque & ce mélange de travail que l’eau forte produit avec tant de succès.