TIBULLUS ( v. 54 av. J.-C.-v. 19 av. J.-C. )

TIBULLUS ( v. 54 av. J.-C.-v. 19 av. J.-C. )

ISNI:0000000121452039
Poète de l'époque romaine

Quotation

Ainsi quand il n’y a qu’une symetrie des parties corporelles les unes avec les autres, la beauté qui en resulte, est une beauté sans grace. Mais lors qu’à cette belle proportion on voit encore un rapport & une harmonie de tous les mouvemens interieurs, qui non seulement s’unissent avec les autres parties du corps, mais qui les animent & les font agir avec un certain accord & une cadence tres juste & tres-uniforme ; Alors il s’en engendre cette grace que l’on admire dans les personnes les plus accomplies, & sans laquelle la plus belle proportion des membres n’est point dans sa dernière perfection. Et mesme lors qu’il arrive que cette uniformité de mouvemens vient à paroistre sur des visages moins beaux, & dont les traits ne sont pas achevez, on ne laisse pas de les admirer, parce qu’on y voit de la grace

Quotation

Quelle difference, reprit Pymandre, mettez-vous donc entre la grace et la beauté, & comment les separez-vous l’une de l’autre ? Car si la beauté vient de la proportion des parties, la grace peut-elle se trouver dans des sujets qui ne sont ny beaux ny proportionnez ?
Je puis vous dire en peu de mots, lui repartis-je, la difference qu’il y a entre ces deux charmantes qualitez. C’est que la beauté naist de la proportion & de la symetrie qui se rencontre entre les parties corporelles & materielles. Et la grace s’engendre de l’uniformité des mouvemens interieurs causés par les affections et les sentiments de l’ame.
Ainsi quand il n’y a qu’une symetrie des parties corporelles les unes avec les autres, la beauté qui en resulte, est une beauté sans grace. Mais lors qu’à cette belle proportion on voit encore un rapport & une harmonie de tous les mouvemens interieurs, qui non seulement s’unissent avec les autres parties du corps, mais qui les animent & les font agir avec un certain accord & une cadence tres juste & tres-uniforme ; Alors il s’en engendre cette grace que l’on admire dans les personnes les plus accomplies, & sans laquelle la plus belle proportion des membres n’est point dans sa dernière perfection. [...] Il en est de mesme des Ouvrages de Sculture & de Peinture, où la grace ne paroist point si les Ouvriers ne sçavent donner à leurs figures un tour & un mouvement conforme à la beauté de leurs membres & à l'action qu'elles doivent faire ; C'est pourquoy quand il y en a quelques-unes où ils ont heureusement exprimé ces mouvemens, on les admire, quoy que d'ailleurs elles n'ayent pas cette proportion qui les rendroient accomplies.
Que s'il en sort de la main des plus excellens Maistres où l'on rencontre une juste convenance de toutes les parties du corps & une belle uniformité de mouvemens qui concourent à une mesme fin, c'est alors qu'on admire comme quoy la beauté, & la grace forment un ouvrage parfait.

Quotation

Quelle difference, reprit Pymandre, mettez-vous donc entre la grace et la beauté, & comment les separez-vous l’une de l’autre ? Car si la beauté vient de la proportion des parties, la grace peut-elle se trouver dans des sujets qui ne sont ny beaux ny proportionnez ?
Je puis vous dire en peu de mots, lui repartis-je, la difference qu’il y a entre ces deux charmantes qualitez. C’est que la beauté naist de la proportion & de la symetrie qui se rencontre entre les parties corporelles & materielles. Et la grace s’engendre de l’uniformité des mouvemens interieurs causés par les affections et les sentiments de l’ame.
Ainsi quand il n’y a qu’une symetrie des parties corporelles les unes avec les autres, la beauté qui en resulte, est une beauté sans grace. Mais lors qu’à cette belle proportion on voit encore un rapport & une harmonie de tous les mouvemens interieurs, qui non seulement s’unissent avec les autres parties du corps, mais qui les animent & les font agir avec un certain accord & une cadence tres juste & tres-uniforme ; Alors il s’en engendre cette grace que l’on admire dans les personnes les plus accomplies, & sans laquelle la plus belle proportion des membres n’est point dans sa dernière perfection. Et mesme lors qu’il arrive que cette uniformité de mouvemens vient à paroistre sur des visages moins beaux, & dont les traits ne sont pas achevez, on ne laisse pas de les admirer, parce qu’on y voit de la grace ; [...] Pour vous faire voir que la grace est un mouvement de l’ame, c’est qu’en voyant une belle femme on juge bien d’abord de sa beauté par le juste rapport qu’il y a entre toutes les parties de son corps ; mais on ne juge point de sa grace, si elle ne parle, si elle ne rit, ou si elle ne fait quelque mouvement.
Il en est de mesme des Ouvrages de Sculture & de Peinture, où la grace ne paroist point si les Ouvriers ne sçavent donner à leurs figures un tour & un mouvement conforme à la beauté de leurs membres & à l'action qu'elles doivent faire ; C'est pourquoy quand il y en a quelques-unes où ils ont heureusement exprimé ces mouvemens, on les admire, quoy que d'ailleurs elles n'ayent pas cette proportion qui les rendroient accomplies.
Que s'il en sort de la main des plus excellens Maistres où l'on rencontre une juste convenance de toutes les parties du corps & une belle uniformité de mouvemens qui concourent à une mesme fin, c'est alors qu'on admire comme quoy la beauté, & la grace forment un ouvrage parfait.

Quotation

Quelle difference, reprit Pymandre, mettez-vous donc entre la grace et la beauté, & comment les separez-vous l’une de l’autre ? Car si la beauté vient de la proportion des parties, la grace peut-elle se trouver dans des sujets qui ne sont ny beaux ny proportionnez ?
Je puis vous dire en peu de mots, lui repartis-je, la difference qu’il y a entre ces deux charmantes qualitez. C’est que la beauté naist de la proportion & de la symetrie qui se rencontre entre les parties corporelles & materielles. Et la grace s’engendre de l’uniformité des mouvemens interieurs causés par les affections et les sentiments de l’ame.
Ainsi quand il n’y a qu’une symetrie des parties corporelles les unes avec les autres, la beauté qui en resulte, est une beauté sans grace. Mais lors qu’à cette belle proportion on voit encore un rapport & une harmonie de tous les mouvemens interieurs, qui non seulement s’unissent avec les autres parties du corps, mais qui les animent & les font agir avec un certain accord & une cadence tres juste & tres-uniforme ; Alors il s’en engendre cette grace que l’on admire dans les personnes les plus accomplies, & sans laquelle la plus belle proportion des membres n’est point dans sa dernière perfection. Et mesme lors qu’il arrive que cette uniformité de mouvemens vient à paroistre sur des visages moins beaux, & dont les traits ne sont pas achevez, on ne laisse pas de les admirer, parce qu’on y voit de la grace ; [...] Pour vous faire voir que la grace est un mouvement de l’ame, c’est qu’en voyant une belle femme on juge bien d’abord de sa beauté par le juste rapport qu’il y a entre toutes les parties de son corps ; mais on ne juge point de sa grace, si elle ne parle, si elle ne rit, ou si elle ne fait quelque mouvement.
Il en est de mesme des Ouvrages de Sculture & de Peinture, où la grace ne paroist point si les Ouvriers ne sçavent donner à leurs figures un tour & un mouvement conforme à la beauté de leurs membres & à l'action qu'elles doivent faire ; C'est pourquoy quand il y en a quelques-unes où ils ont heureusement exprimé ces mouvemens, on les admire, quoy que d'ailleurs elles n'ayent pas cette proportion qui les rendroient accomplies.
Que s'il en sort de la main des plus excellens Maistres où l'on rencontre une juste convenance de toutes les parties du corps & une belle uniformité de mouvemens qui concourent à une mesme fin, c'est alors qu'on admire comme quoy la beauté, & la grace forment un ouvrage parfait.

Quotation

Ainsi quand il n’y a qu’une symetrie des parties corporelles les unes avec les autres, la beauté qui en resulte, est une beauté sans grace. Mais lors qu’à cette belle proportion on voit encore un rapport & une harmonie de tous les mouvemens interieurs, qui non seulement s’unissent avec les autres parties du corps, mais qui les animent & les font agir avec un certain accord & une cadence tres juste & tres-uniforme ; Alors il s’en engendre cette grace que l’on admire dans les personnes les plus accomplies, & sans laquelle la plus belle proportion des membres n’est point dans sa dernière perfection. Et mesme lors qu’il arrive que cette uniformité de mouvemens vient à paroistre sur des visages moins beaux, & dont les traits ne sont pas achevez, on ne laisse pas de les admirer, parce qu’on y voit de la grace