SANDRART, Joachim von, Academia nobilissimae artis pictoriae eruditae, trad. par RHODIUS, Christian, Nürnberg, Froberger, 1683.

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La Teutsche Academie, est publiée dans le contexte de la création des académies, et plus particulièrement celle de Nuremberg dont Sandrart devient président à son arrivée dans la ville en 1674. Comme le Schilder-boek de Carel Van Mander (1604), la Teutsche Academie se compose d'une partie théorique et de biographies d'artistes. Seule la partie théorique sur la peinture a été prise en compte dans le cadre de cette étude. Sandrart publie trois éditions successives, en 1675, 1679 et 1683 (en latin). Leur plan et leur contenu ne sont pas identiques. Il ne s’agit ni d’une simple réédition, ni, pour la dernière, d’une simple traduction. Il semble même que les trois textes s’adressent à des publics différents.

L’édition latine de 1683 est plus proche de l’édition de 1675 que de celle de 1679. Il s’agit d’une traduction latine faite par Christian Detlev Rhode (1653-1717). Seule la peinture est prise en considération dans ce volume dédié à la Sérénissime République de Venise. L'ouvrage se compose de deux parties, la première concernant la théorie de la peinture, la seconde les biographies d’artistes auxquelles Sandrart a apporté quelques changements, et qu’il a étendues à d’autres peintres. Les chapitres de théorie de la peinture sont présentés dans un ordre à nouveau différent. Si le premier chapitre est consacré au dessin et à l’invention, le second traite des proportions, suivent les chapitres consacrés à la convenance, aux affects et au coloris. La présentation des techniques est dissociée : le chapitre sur la peinture à l’huile est suivi par ceux sur la distribution et l’union des couleurs, le bien-peindre et la peinture d’histoire suivent ceux sur la fresque, les vêtements et la lumière. Les deux derniers, sur la nature et la signification des couleurs et la peinture chinoise occupent la même place que dans l’édition de 1675. 
Cette édition est faite pour l’étranger, pour l’Italie, pour la France et sans doute pour l’Angleterre. Cela explique l'utilisaton du latin de même que la succession des chapitres. En plaçant dans l’ordre dessin, proportion, convenance, affects et couleurs, Sandrart se rapproche de la conception de l’Académie royale de peinture, de même en supprimant le chapitre sur la perspective dans lequel il énonce les principes de Bosse, il évite un sujet brûlant, source de querelle. C’est également dans ce contexte qu’il faut comprendre l’ajout des Tables de Testelin à la fin des chapitres de théorie. 
Faite pour un public plus averti et amateur, sensible à la question de l'élégance et de la belle manière.

Pour la bibliographie voir SIMONATO, Lucia, "L'Academia Nobilissimae Artis Pictoriae (1683) di Joachim von Sandrart : Genesi e fortuna in Italia",  Studi Secenteschi, vol..XLV, 2004, p. 139-173
et celle donnée pour l'édition de 1675.


Michèle-Caroline Heck
in-folio latin

Dedication
Sérenissime République de Venise , Ad lectorem Nobilissimum in Academiam hanc Picturae eruditae and Juventi, Pictoriae Artis Cultrici

Structure
Pars Prima : Academiae Picturae nobilis atque eruditate : De Ipsa arte pictoria (15 chapitres)
Pars Secunda : Quae continentur Pictorum (3 Livres)