LANFRANCO, Giovanni ( 1582-1647 )

ISNI:0000000083431594 Getty:500022495

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[....] La Place estoit ornée tout au tour de Statuës, que les Cabalistes avoient fait ériger à leurs Princes, entre lesquelles celle de Michelange occupoit le premier lieu, accompagné de celles du Titien, du Georgion, de Paul Veronese, du Tintoret, des Bassans, du Correge, du Guide, de Rubens, Vandick, Zuccaro, Lanfranc, Joseph Pin, Maistre Rousse, Saint Martin, Ribera, Pietre Teste, Freminet, Tempeste, Blœmaret, P. ….. V ….. B. …. V. … &c toutes posées sur leurs piedestaux, avec chacune une Inscription à leur loüange.
On ne voyait là ny les Apelles, ny les Timanthes, ny les Raphaëls, ny les Poussins, ny les Leonards de Vincy, ny les Jules Romains, ny les autres de ce merite, dont on ne se doit pas étonner, veu qu’ayans tous esté les Antagonistes de ces faux Peintres, les Cabalistes n’avoient garde de leur donner place parmi ceux dont ils ont méprisé les ouvrages & les maximes.

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Ce que fait, dit Pymandre, que les Tableaux sont si differents les uns des autres dans le coloris, n’est-ce point que les ouvriers n’ont pas une égale connoissance de ce meslange ; car Denis d’Halicarnasse semble s’estonner de ce qu’encore que ceux qui peignent des animaux se servent tous de mesmes couleurs ; il y a cependant toujours beaucoup de difference dans leurs coloris. Or non seulement je remarque cette diversité dans ceux qui font des animaux & qui imitent les choses les plus simples de la Nature, mais aussi dans tous les grands Peintres qui ont représenté le corps humain. Car chacun le peint differemment & d’une maniere particuliere, comme ont fait le Guide, le Dominiquin, Lanfranc & tant d’autres, quoy qu’ils eussent estudié en mesme école, & qu’ils eussent, si vous voulez, un mesme sujet à imiter.
Ce n’est pas, luy respondis-je, le meslange seul des couleurs qui fait cette difference, mais ç’a esté un goust particulier, & une volonté propre à chacun de ces grands hommes qui les a portez à suivre une maniere particuliere selon qu’elle leur a semblé plus vraye & plus forte ; Et ce choix que chacun d’eux en a fait est d’autant plus estimable qu’on voit qu’ils approchent du vray & du beau.

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[...] que pourra-[t]-on dire de l'aveuglement des Peintres de nostre temps qui luy prefererent [ndr : Le Dominiquin] des Josepins, des Lanfrancs, et d'autres semblables manieristes, dont les Ouvrages n'ayant que le faux esclat d'une je ne sçay quelle nouveauté que ceux d'aujourd'hui appellent une furie du Dessein et une franchise du Pinceau, que l'ignorance des veritables beautez et des principes de l'Art leur fait admirer, n'ont eu aussi de reputation qu'autant qu'a duré cette faveur passagere de la Fortune ; si bien qu'ils ne trouvent plus maintenant de place dans les cabinets des Curieux, qui s'en sont lasséz tout aussi-tost et detrompez.

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Comme naturellement la douceur & la grace plaisent aux yeux, & gagnent le cœur plus promptement que la force & la grandeur ne touche l’esprit ; il ne faut pas s’étonner si les tableaux du Guide ont esté mieux reçûs que ceux de Lanfranc.

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Zy word van de natuur verkozen, en is van de bevalligheeden altyt geoeffent, om de waereld uitmuntende mannen te leeveren, voornamentlyk in deze Edele Konst, die zo veel Weetenschappen in zich behelst: Ja ik derf zeggen, dat ‘er geen Konst of Weetenschap in de waereld hoorde te zijn, of een volmaakt Schilder, dienden ‘er eenige kennis van te hebben. De Natuur verschaft aan de vaardige geesten, meer voordeel, dan de Leer-oeffening, aan d’anderen. Vind men niet meer voorbeelden van Doorluchtige Meesters in deze Konst, die op den hoogsten top geklommen zyn geweest, welke vrolijk en vol snakeryen waaren: dan van de geenen, die een zwaarmoedigen aart hadden? Raphael, Polidoor da Caravaggio, Leonard da Vinci, Peryndel Vaga, Parmezan, Primaticcio, Pietro de Corton, Tintoret, Giorgon, Lodewyk en Annibal Carats, Albaan, Bassan, Lanfranc, en meer andere; zyn die niet alle vrolijk en vaardig van geest geweest?

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Es ist noch übrig, daß ich auch zeige, wie eine bekleidete Figur vollends gar im Schatten und Licht auszuführen. […]

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Comme naturellement la douceur & la grace plaisent aux yeux, & gagnent le cœur plus promptement que la force & la grandeur ne touche l’esprit ; il ne faut pas s’étonner si les tableaux du Guide ont esté mieux reçûs que ceux de Lanfranc.

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[...] que pourra-[t]-on dire de l'aveuglement des Peintres de nostre temps qui luy prefererent [ndr : Le Dominiquin] des Josepins, des Lanfrancs, et d'autres semblables manieristes, dont les Ouvrages n'ayant que le faux esclat d'une je ne sçay quelle nouveauté que ceux d'aujourd'hui appellent une furie du Dessein et une franchise du Pinceau, que l'ignorance des veritables beautez et des principes de l'Art leur fait admirer, n'ont eu aussi de reputation qu'autant qu'a duré cette faveur passagere de la Fortune ; si bien qu'ils ne trouvent plus maintenant de place dans les cabinets des Curieux, qui s'en sont lasséz tout aussi-tost et detrompez.

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For Works at a Great Distance Lanfranc had a Noble Manner of Handling ; as particularly in the Cupola of S. Andrea della Valle, which is in Fresco, and where the Colours are flung on with a Spunge instead of a Pencil, or a Brush ; not for a Whim, but as most proper to the purpose ; and an Eye (for example) appears Near, as one Rude Spot, but as it ought at its intended Distance.

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Ce que fait, dit Pymandre, que les Tableaux sont si differents les uns des autres dans le coloris, n’est-ce point que les ouvriers n’ont pas une égale connoissance de ce meslange ; car Denis d’Halicarnasse semble s’estonner de ce qu’encore que ceux qui peignent des animaux se servent tous de mesmes couleurs ; il y a cependant toujours beaucoup de difference dans leurs coloris. Or non seulement je remarque cette diversité dans ceux qui font des animaux & qui imitent les choses les plus simples de la Nature, mais aussi dans tous les grands Peintres qui ont représenté le corps humain. Car chacun le peint differemment & d’une maniere particuliere, comme ont fait le Guide, le Dominiquin, Lanfranc & tant d’autres, quoy qu’ils eussent estudié en mesme école, & qu’ils eussent, si vous voulez, un mesme sujet à imiter.
Ce n’est pas, luy respondis-je, le meslange seul des couleurs qui fait cette difference, mais ç’a esté un goust particulier, & une volonté propre à chacun de ces grands hommes qui les a portez à suivre une maniere particuliere selon qu’elle leur a semblé plus vraye & plus forte ; Et ce choix que chacun d’eux en a fait est d’autant plus estimable qu’on voit qu’ils approchent du vray & du beau.
De sorte que si dans les Tableaux de ces differents Peintres que vous avez nommez, il y a des carnations qui sont plus grises, d’autres plus rouges, & d’autres plus noires que le naturel, c’est un effet de l’inclination & du differend goust de ces maistres.

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Comme naturellement la douceur & la grace plaisent aux yeux, & gagnent le cœur plus promptement que la force & la grandeur ne touche l’esprit ; il ne faut pas s’étonner si les tableaux du Guide ont esté mieux reçûs que ceux de Lanfranc.

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Alors il [ndr : Giovanni Lanfranco] donna pour ainsi dire, carriére à son esprit, & en desseignant ensuite, après les tableaux du Corrége, qui sont au Dome de Parme, il se forma une maniére grande & terrible, qu’il a mise en pratique dans les ouvrages que l’on voit de luy.

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Comme naturellement la douceur & la grace plaisent aux yeux, & gagnent le cœur plus promptement que la force & la grandeur ne touche l’esprit ; il ne faut pas s’étonner si les tableaux du Guide ont esté mieux reçûs que ceux de Lanfranc.

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Ce que fait, dit Pymandre, que les Tableaux sont si differents les uns des autres dans le coloris, n’est-ce point que les ouvriers n’ont pas une égale connoissance de ce meslange ; car Denis d’Halicarnasse semble s’estonner de ce qu’encore que ceux qui peignent des animaux se servent tous de mesmes couleurs ; il y a cependant toujours beaucoup de difference dans leurs coloris. Or non seulement je remarque cette diversité dans ceux qui font des animaux & qui imitent les choses les plus simples de la Nature, mais aussi dans tous les grands Peintres qui ont représenté le corps humain. Car chacun le peint differemment & d’une maniere particuliere, comme ont fait le Guide, le Dominiquin, Lanfranc & tant d’autres, quoy qu’ils eussent estudié en mesme école, & qu’ils eussent, si vous voulez, un mesme sujet à imiter.
Ce n’est pas, luy respondis-je, le meslange seul des couleurs qui fait cette difference, mais ç’a esté un goust particulier, & une volonté propre à chacun de ces grands hommes qui les a portez à suivre une maniere particuliere selon qu’elle leur a semblé plus vraye & plus forte ; Et ce choix que chacun d’eux en a fait est d’autant plus estimable qu’on voit qu’ils approchent du vray & du beau.
De sorte que si dans les Tableaux de ces differents Peintres que vous avez nommez, il y a des carnations qui sont plus grises, d’autres plus rouges, & d’autres plus noires que le naturel, c’est un effet de l’inclination & du differend goust de ces maistres.

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Zy word van de natuur verkozen, en is van de bevalligheeden altyt geoeffent, om de waereld uitmuntende mannen te leeveren, voornamentlyk in deze Edele Konst, die zo veel Weetenschappen in zich behelst: Ja ik derf zeggen, dat ‘er geen Konst of Weetenschap in de waereld hoorde te zijn, of een volmaakt Schilder, dienden ‘er eenige kennis van te hebben. De Natuur verschaft aan de vaardige geesten, meer voordeel, dan de Leer-oeffening, aan d’anderen. Vind men niet meer voorbeelden van Doorluchtige Meesters in deze Konst, die op den hoogsten top geklommen zyn geweest, welke vrolijk en vol snakeryen waaren: dan van de geenen, die een zwaarmoedigen aart hadden? Raphael, Polidoor da Caravaggio, Leonard da Vinci, Peryndel Vaga, Parmezan, Primaticcio, Pietro de Corton, Tintoret, Giorgon, Lodewyk en Annibal Carats, Albaan, Bassan, Lanfranc, en meer andere; zyn die niet alle vrolijk en vaardig van geest geweest?

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Zy word van de natuur verkozen, en is van de bevalligheeden altyt geoeffent, om de waereld uitmuntende mannen te leeveren, voornamentlyk in deze Edele Konst, die zo veel Weetenschappen in zich behelst: Ja ik derf zeggen, dat ‘er geen Konst of Weetenschap in de waereld hoorde te zijn, of een volmaakt Schilder, dienden ‘er eenige kennis van te hebben. De Natuur verschaft aan de vaardige geesten, meer voordeel, dan de Leer-oeffening, aan d’anderen. Vind men niet meer voorbeelden van Doorluchtige Meesters in deze Konst, die op den hoogsten top geklommen zyn geweest, welke vrolijk en vol snakeryen waaren: dan van de geenen, die een zwaarmoedigen aart hadden? Raphael, Polidoor da Caravaggio, Leonard da Vinci, Peryndel Vaga, Parmezan, Primaticcio, Pietro de Corton, Tintoret, Giorgon, Lodewyk en Annibal Carats, Albaan, Bassan, Lanfranc, en meer andere; zyn die niet alle vrolijk en vaardig van geest geweest?

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Es ist noch übrig, daß ich auch zeige, wie eine bekleidete Figur vollends gar im Schatten und Licht auszuführen. […]

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Ce que fait, dit Pymandre, que les Tableaux sont si differents les uns des autres dans le coloris, n’est-ce point que les ouvriers n’ont pas une égale connoissance de ce meslange ; car Denis d’Halicarnasse semble s’estonner de ce qu’encore que ceux qui peignent des animaux se servent tous de mesmes couleurs ; il y a cependant toujours beaucoup de difference dans leurs coloris. Or non seulement je remarque cette diversité dans ceux qui font des animaux & qui imitent les choses les plus simples de la Nature, mais aussi dans tous les grands Peintres qui ont représenté le corps humain. Car chacun le peint differemment & d’une maniere particuliere, comme ont fait le Guide, le Dominiquin, Lanfranc & tant d’autres, quoy qu’ils eussent estudié en mesme école, & qu’ils eussent, si vous voulez, un mesme sujet à imiter.
Ce n’est pas, luy respondis-je, le meslange seul des couleurs qui fait cette difference, mais ç’a esté un goust particulier, & une volonté propre à chacun de ces grands hommes qui les a portez à suivre une maniere particuliere selon qu’elle leur a semblé plus vraye & plus forte ; Et ce choix que chacun d’eux en a fait est d’autant plus estimable qu’on voit qu’ils approchent du vray & du beau.
De sorte que si dans les Tableaux de ces differents Peintres que vous avez nommez, il y a des carnations qui sont plus grises, d’autres plus rouges, & d’autres plus noires que le naturel, c’est un effet de l’inclination & du differend goust de ces maistres.

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Alors il [ndr : Giovanni Lanfranco] donna pour ainsi dire, carriére à son esprit, & en desseignant ensuite, après les tableaux du Corrége, qui sont au Dome de Parme, il se forma une maniére grande & terrible, qu’il a mise en pratique dans les ouvrages que l’on voit de luy.

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[...] que pourra-[t]-on dire de l'aveuglement des Peintres de nostre temps qui luy prefererent [ndr : Le Dominiquin] des Josepins, des Lanfrancs, et d'autres semblables manieristes, dont les Ouvrages n'ayant que le faux esclat d'une je ne sçay quelle nouveauté que ceux d'aujourd'hui appellent une furie du Dessein et une franchise du Pinceau, que l'ignorance des veritables beautez et des principes de l'Art leur fait admirer, n'ont eu aussi de reputation qu'autant qu'a duré cette faveur passagere de la Fortune ; si bien qu'ils ne trouvent plus maintenant de place dans les cabinets des Curieux, qui s'en sont lasséz tout aussi-tost et detrompez.

Quotation

Zy word van de natuur verkozen, en is van de bevalligheeden altyt geoeffent, om de waereld uitmuntende mannen te leeveren, voornamentlyk in deze Edele Konst, die zo veel Weetenschappen in zich behelst: Ja ik derf zeggen, dat ‘er geen Konst of Weetenschap in de waereld hoorde te zijn, of een volmaakt Schilder, dienden ‘er eenige kennis van te hebben. De Natuur verschaft aan de vaardige geesten, meer voordeel, dan de Leer-oeffening, aan d’anderen. Vind men niet meer voorbeelden van Doorluchtige Meesters in deze Konst, die op den hoogsten top geklommen zyn geweest, welke vrolijk en vol snakeryen waaren: dan van de geenen, die een zwaarmoedigen aart hadden? Raphael, Polidoor da Caravaggio, Leonard da Vinci, Peryndel Vaga, Parmezan, Primaticcio, Pietro de Corton, Tintoret, Giorgon, Lodewyk en Annibal Carats, Albaan, Bassan, Lanfranc, en meer andere; zyn die niet alle vrolijk en vaardig van geest geweest?

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J’ay ouy dire à quelques-uns, interrompis Pymandre que pour ce qui regarde la portraiture, vous sçavez mieux que moy ce qu’ils entendent par ce mot, je m’imagine que c’est la representation lineale de toutes sortes de corps : je leur ay, dis-je, entendu soustenir que la perspective enseigne à faire cette representation dans l’estat le plus parfait, où elle puisse parvenir ; que les Peintres ne manquent dans la ressemblance que faute de bien sçavoir la perspective ; que c’est elle qui leur fournit des moyens asseurez & faciles pour que leurs tableaux fassent toujours l’effet qu’ils desirent dans quelqu’endroit qu’ils soient placez ; sans estre obligez à tastonner, effacer & defaire des choses qui ne reüssissent jamais quand elles ont esté faites au hazard, comme dans des voutes & des platfonds, ou faute d’avoir bien sçeu la raison de ce qu’ils font, il se trouve qu’après avoir pris beaucoup de peine, il y a souvent bien des choses à redire.
Ces gens-là, repartis-je, qui vantent si fort ce qu’ils sçavent n’ont pas asseurement produit des ouvrages qui répondent à ce qu’ils promettent.
Car pour moy j’ay appris des plus grands Peintres qui sçavent bien la perspective & qui n’ignorent pas tous les avantages qu’on en peut recevoir, qu’il y a bien des choses où il est impossible de tirer aucun secours des regles & des lignes dont l’on se sert d’ordinaire, qu’il faut que ce soit l’œil qui jusge & qui soit le principal instrument. Qu’il se trouve dans la pratique des difficultez que la theorie ne peut prévoir, & où les regles ne servent de guere, à cause que ceux qui regardent ne peuvent pas toujours estre placez dans un mesme lieu, & ne voir les tableaux qu’au travers d’une pinulle, principalement dans les grands ouvrages qu’on ne peut voir d’un seul endroit. […].

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[....] La Place estoit ornée tout au tour de Statuës, que les Cabalistes avoient fait ériger à leurs Princes, entre lesquelles celle de Michelange occupoit le premier lieu, accompagné de celles du Titien, du Georgion, de Paul Veronese, du Tintoret, des Bassans, du Correge, du Guide, de Rubens, Vandick, Zuccaro, Lanfranc, Joseph Pin, Maistre Rousse, Saint Martin, Ribera, Pietre Teste, Freminet, Tempeste, Blœmaret, P. ….. V ….. B. …. V. … &c toutes posées sur leurs piedestaux, avec chacune une Inscription à leur loüange.
On ne voyait là ny les Apelles, ny les Timanthes, ny les Raphaëls, ny les Poussins, ny les Leonards de Vincy, ny les Jules Romains, ny les autres de ce merite, dont on ne se doit pas étonner, veu qu’ayans tous esté les Antagonistes de ces faux Peintres, les Cabalistes n’avoient garde de leur donner place parmi ceux dont ils ont méprisé les ouvrages & les maximes.

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[...] J’en dis de mesme de la perspective qu’ils ne doivent jamais ignorer. Mais je suis bien aise de vous faire remarquer que le plus difficile de cet art ne dépend point si absolument de sçavoir les regles de la perspective, qu’il y en a qui se l’imaginent, & mesme qui veulent faire croire que c’est le seul secret de faire de grands Peintres : car il y a bien d’autres parties plus difficiles & plus necessaires pour rendre un ouvrage accomply. Je voudrois bien sçavoir, si ces grands Maistres en perspective pretendent par la pratique qu’ils en ont, estre capables d’instruire les autres Peintres en ce qui regarde l’ordonnance des tableaux, le choix & l’élection des attitudes, le bon goust dans le dessein & dans la proportion des corps, l’agencement des draperies, & une infinité d’autres choses.

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J’ay ouy dire à quelques-uns, interrompis Pymandre que pour ce qui regarde la portraiture, vous sçavez mieux que moy ce qu’ils entendent par ce mot, je m’imagine que c’est la representation lineale de toutes sortes de corps : je leur ay, dis-je, entendu soustenir que la perspective enseigne à faire cette representation dans l’estat le plus parfait, où elle puisse parvenir ; que les Peintres ne manquent dans la ressemblance que faute de bien sçavoir la perspective ; que c’est elle qui leur fournit des moyens asseurez & faciles pour que leurs tableaux fassent toujours l’effet qu’ils desirent dans quelqu’endroit qu’ils soient placez ; sans estre obligez à tastonner, effacer & defaire des choses qui ne reüssissent jamais quand elles ont esté faites au hazard, comme dans des voutes & des platfonds, ou faute d’avoir bien sçeu la raison de ce qu’ils font, il se trouve qu’après avoir pris beaucoup de peine, il y a souvent bien des choses à redire.
Ces gens-là, repartis-je, qui vantent si fort ce qu’ils sçavent n’ont pas asseurement produit des ouvrages qui répondent à ce qu’ils promettent.
Car pour moy j’ay appris des plus grands Peintres qui sçavent bien la perspective & qui n’ignorent pas tous les avantages qu’on en peut recevoir, qu’il y a bien des choses où il est impossible de tirer aucun secours des regles & des lignes dont l’on se sert d’ordinaire, qu’il faut que ce soit l’œil qui jusge & qui soit le principal instrument. Qu’il se trouve dans la pratique des difficultez que la theorie ne peut prévoir, & où les regles ne servent de guere, à cause que ceux qui regardent ne peuvent pas toujours estre placez dans un mesme lieu, & ne voir les tableaux qu’au travers d’une pinulle, principalement dans les grands ouvrages qu’on ne peut voir d’un seul endroit. […].

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Zy word van de natuur verkozen, en is van de bevalligheeden altyt geoeffent, om de waereld uitmuntende mannen te leeveren, voornamentlyk in deze Edele Konst, die zo veel Weetenschappen in zich behelst: Ja ik derf zeggen, dat ‘er geen Konst of Weetenschap in de waereld hoorde te zijn, of een volmaakt Schilder, dienden ‘er eenige kennis van te hebben. De Natuur verschaft aan de vaardige geesten, meer voordeel, dan de Leer-oeffening, aan d’anderen. Vind men niet meer voorbeelden van Doorluchtige Meesters in deze Konst, die op den hoogsten top geklommen zyn geweest, welke vrolijk en vol snakeryen waaren: dan van de geenen, die een zwaarmoedigen aart hadden? Raphael, Polidoor da Caravaggio, Leonard da Vinci, Peryndel Vaga, Parmezan, Primaticcio, Pietro de Corton, Tintoret, Giorgon, Lodewyk en Annibal Carats, Albaan, Bassan, Lanfranc, en meer andere; zyn die niet alle vrolijk en vaardig van geest geweest?

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Zy word van de natuur verkozen, en is van de bevalligheeden altyt geoeffent, om de waereld uitmuntende mannen te leeveren, voornamentlyk in deze Edele Konst, die zo veel Weetenschappen in zich behelst: Ja ik derf zeggen, dat ‘er geen Konst of Weetenschap in de waereld hoorde te zijn, of een volmaakt Schilder, dienden ‘er eenige kennis van te hebben. De Natuur verschaft aan de vaardige geesten, meer voordeel, dan de Leer-oeffening, aan d’anderen. Vind men niet meer voorbeelden van Doorluchtige Meesters in deze Konst, die op den hoogsten top geklommen zyn geweest, welke vrolijk en vol snakeryen waaren: dan van de geenen, die een zwaarmoedigen aart hadden? Raphael, Polidoor da Caravaggio, Leonard da Vinci, Peryndel Vaga, Parmezan, Primaticcio, Pietro de Corton, Tintoret, Giorgon, Lodewyk en Annibal Carats, Albaan, Bassan, Lanfranc, en meer andere; zyn die niet alle vrolijk en vaardig van geest geweest?

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Zy word van de natuur verkozen, en is van de bevalligheeden altyt geoeffent, om de waereld uitmuntende mannen te leeveren, voornamentlyk in deze Edele Konst, die zo veel Weetenschappen in zich behelst: Ja ik derf zeggen, dat ‘er geen Konst of Weetenschap in de waereld hoorde te zijn, of een volmaakt Schilder, dienden ‘er eenige kennis van te hebben. De Natuur verschaft aan de vaardige geesten, meer voordeel, dan de Leer-oeffening, aan d’anderen. Vind men niet meer voorbeelden van Doorluchtige Meesters in deze Konst, die op den hoogsten top geklommen zyn geweest, welke vrolijk en vol snakeryen waaren: dan van de geenen, die een zwaarmoedigen aart hadden? Raphael, Polidoor da Caravaggio, Leonard da Vinci, Peryndel Vaga, Parmezan, Primaticcio, Pietro de Corton, Tintoret, Giorgon, Lodewyk en Annibal Carats, Albaan, Bassan, Lanfranc, en meer andere; zyn die niet alle vrolijk en vaardig van geest geweest?

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Dergleichen Unterschiedlichkeit [ndr: im gerecht-mahlen] ware auch und ist noch bey den Italiänern/ Hoch-und Nieder-Teutschen zu finden/ und zwar mit größerer Vollkommenheit/ sonderlich im gerecht-mahlen/ und darzu gehörenden Kräften der Farben: welches aus der natürlichen applicirung/ vollkommenen Erhebung und sonderbaren Geschwindigkeit der Mahler von unsern Zeiten abzunehmen. {Die alte und neue Italiäner.} Solche waren/ Cimabue der große Wieder-Erfinder dieser Kunst/ Gaddo sein Nachfolger/ und Giotto. Also waren fürtreflich/ Giovan Bellini, in Sauberkeit; Michaël Angelo in Bildern und hohem Verstand; Leonardo da Vinci, in vernünftigen affecten; Andrea del Sarto, in Angenemheit; Raphaël d'Urbino in meisterlicher invention ; Julius Romanus, in ungemeinen Gedanken;Titian, in Anmutigkeit/ sonderlich der Coloriten; Corregio , in gratiositeten; Verones in reichen Gedanken; Tintoreti, in Seltsamkeit; Carazo, in fresco; Caravaggio und Manfredo , in Lebhaftigkeit ; Guido Bolognse in Holdseligkeit; Albano in zierlicher invention; Bernini Bernini in der Bild- und Bau Kunst; Francisco du Quesnoy, in scultur-Warheit; Algardon,in Geschicklichkeit; Peter Corton in fresco; La Franch in Geschwindigkeit; Domenicho in Tieffsinnigkeit; Claudio Gilli in Landschaften.
{Die alte Hoch-Teutschen} Nächst diesen/ machten sich auch verwunderbar unsere Teutschen: als Martin Schön/ im hochsteigen; Matthias von Aschaffenburg/ in zierlichem Geist; Albrecht Dürer/ im universal-Verstand; Hans Holbein/ in glückseliger Hand; Amberger/ in der Warheit; Pocksberger/ im Geistreichtum; Schwarz/ in Erfahrenheit; Adam Elzheimer/ in verwunderlichem Verstand.
{und Nieder-Teutschen} Gleichfalls waren fürberühmt die Niederländer/ in Erfindung der Oelfarben/ Johann und Hubert von Eyk; Lucas von Leyden/ im Fleiß; der alte Bruegel, im Verstand; also auch Sotte Clef und Johann von Calcar/ in der Hand; Floris, in der Meisterschaft; Brauer/ in bildung der Bauren; Fochiers, in Landschaft-Bäumen; Rubens in Geistreichheit; der von Dick/ in Zierlichkeit; Hundhorst in Wolgemälden; Rembrand/ in Arbeitsamkeit; Perselles in Schiffahrten und Wassern; Pulenburg/ in kleinen Bildlein; Bambotio, in Bildung der Bettler ; Botte, in Landschaften; auch der Gerhart Daro und, Mires hoch-preiswürdig in kleinen Oelfarben.
{Von des Autoris [ndr: Joachim von Sandrart ] Werken/ in dieser Kunst.} […]

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Zy word van de natuur verkozen, en is van de bevalligheeden altyt geoeffent, om de waereld uitmuntende mannen te leeveren, voornamentlyk in deze Edele Konst, die zo veel Weetenschappen in zich behelst: Ja ik derf zeggen, dat ‘er geen Konst of Weetenschap in de waereld hoorde te zijn, of een volmaakt Schilder, dienden ‘er eenige kennis van te hebben. De Natuur verschaft aan de vaardige geesten, meer voordeel, dan de Leer-oeffening, aan d’anderen. Vind men niet meer voorbeelden van Doorluchtige Meesters in deze Konst, die op den hoogsten top geklommen zyn geweest, welke vrolijk en vol snakeryen waaren: dan van de geenen, die een zwaarmoedigen aart hadden? Raphael, Polidoor da Caravaggio, Leonard da Vinci, Peryndel Vaga, Parmezan, Primaticcio, Pietro de Corton, Tintoret, Giorgon, Lodewyk en Annibal Carats, Albaan, Bassan, Lanfranc, en meer andere; zyn die niet alle vrolijk en vaardig van geest geweest?

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[...] que pourra-[t]-on dire de l'aveuglement des Peintres de nostre temps qui luy prefererent [ndr : Le Dominiquin] des Josepins, des Lanfrancs, et d'autres semblables manieristes, dont les Ouvrages n'ayant que le faux esclat d'une je ne sçay quelle nouveauté que ceux d'aujourd'hui appellent une furie du Dessein et une franchise du Pinceau, que l'ignorance des veritables beautez et des principes de l'Art leur fait admirer, n'ont eu aussi de reputation qu'autant qu'a duré cette faveur passagere de la Fortune ; si bien qu'ils ne trouvent plus maintenant de place dans les cabinets des Curieux, qui s'en sont lasséz tout aussi-tost et detrompez.

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Dergleichen Unterschiedlichkeit [ndr: im gerecht-mahlen] ware auch und ist noch bey den Italiänern/ Hoch-und Nieder-Teutschen zu finden/ und zwar mit größerer Vollkommenheit/ sonderlich im gerecht-mahlen/ und darzu gehörenden Kräften der Farben: welches aus der natürlichen applicirung/ vollkommenen Erhebung und sonderbaren Geschwindigkeit der Mahler von unsern Zeiten abzunehmen. {Die alte und neue Italiäner.} Solche waren/ Cimabue der große Wieder-Erfinder dieser Kunst/ Gaddo sein Nachfolger/ und Giotto. Also waren fürtreflich/ Giovan Bellini, in Sauberkeit; Michaël Angelo in Bildern und hohem Verstand; Leonardo da Vinci, in vernünftigen affecten; Andrea del Sarto, in Angenemheit; Raphaël d'Urbino in meisterlicher invention ; Julius Romanus, in ungemeinen Gedanken;Titian, in Anmutigkeit/ sonderlich der Coloriten; Corregio , in gratiositeten; Verones in reichen Gedanken; Tintoreti, in Seltsamkeit; Carazo, in fresco; Caravaggio und Manfredo , in Lebhaftigkeit ; Guido Bolognse in Holdseligkeit; Albano in zierlicher invention; Bernini Bernini in der Bild- und Bau Kunst; Francisco du Quesnoy, in scultur-Warheit; Algardon,in Geschicklichkeit; Peter Corton in fresco; La Franch in Geschwindigkeit; Domenicho in Tieffsinnigkeit; Claudio Gilli in Landschaften.
{Die alte Hoch-Teutschen} Nächst diesen/ machten sich auch verwunderbar unsere Teutschen: als Martin Schön/ im hochsteigen; Matthias von Aschaffenburg/ in zierlichem Geist; Albrecht Dürer/ im universal-Verstand; Hans Holbein/ in glückseliger Hand; Amberger/ in der Warheit; Pocksberger/ im Geistreichtum; Schwarz/ in Erfahrenheit; Adam Elzheimer/ in verwunderlichem Verstand.
{und Nieder-Teutschen} Gleichfalls waren fürberühmt die Niederländer/ in Erfindung der Oelfarben/ Johann und Hubert von Eyk; Lucas von Leyden/ im Fleiß; der alte Bruegel, im Verstand; also auch Sotte Clef und Johann von Calcar/ in der Hand; Floris, in der Meisterschaft; Brauer/ in bildung der Bauren; Fochiers, in Landschaft-Bäumen; Rubens in Geistreichheit; der von Dick/ in Zierlichkeit; Hundhorst in Wolgemälden; Rembrand/ in Arbeitsamkeit; Perselles in Schiffahrten und Wassern; Pulenburg/ in kleinen Bildlein; Bambotio, in Bildung der Bettler ; Botte, in Landschaften; auch der Gerhart Daro und, Mires hoch-preiswürdig in kleinen Oelfarben.
{Von des Autoris [ndr: Joachim von Sandrart ] Werken/ in dieser Kunst.} […]

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Ce que fait, dit Pymandre, que les Tableaux sont si differents les uns des autres dans le coloris, n’est-ce point que les ouvriers n’ont pas une égale connoissance de ce meslange ; car Denis d’Halicarnasse semble s’estonner de ce qu’encore que ceux qui peignent des animaux se servent tous de mesmes couleurs ; il y a cependant toujours beaucoup de difference dans leurs coloris. Or non seulement je remarque cette diversité dans ceux qui font des animaux & qui imitent les choses les plus simples de la Nature, mais aussi dans tous les grands Peintres qui ont représenté le corps humain. Car chacun le peint differemment & d’une maniere particuliere, comme ont fait le Guide, le Dominiquin, Lanfranc & tant d’autres, quoy qu’ils eussent estudié en mesme école, & qu’ils eussent, si vous voulez, un mesme sujet à imiter.
Ce n’est pas, luy respondis-je, le meslange seul des couleurs qui fait cette difference, mais ç’a esté un goust particulier, & une volonté propre à chacun de ces grands hommes qui les a portez à suivre une maniere particuliere selon qu’elle leur a semblé plus vraye & plus forte ; Et ce choix que chacun d’eux en a fait est d’autant plus estimable qu’on voit qu’ils approchent du vray & du beau.
De sorte que si dans les Tableaux de ces differents Peintres que vous avez nommez, il y a des carnations qui sont plus grises, d’autres plus rouges, & d’autres plus noires que le naturel, c’est un effet de l’inclination & du differend goust de ces maistres.

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J’ay ouy dire à quelques-uns, interrompis Pymandre que pour ce qui regarde la portraiture, vous sçavez mieux que moy ce qu’ils entendent par ce mot, je m’imagine que c’est la representation lineale de toutes sortes de corps : je leur ay, dis-je, entendu soustenir que la perspective enseigne à faire cette representation dans l’estat le plus parfait, où elle puisse parvenir ; que les Peintres ne manquent dans la ressemblance que faute de bien sçavoir la perspective ; que c’est elle qui leur fournit des moyens asseurez & faciles pour que leurs tableaux fassent toujours l’effet qu’ils desirent dans quelqu’endroit qu’ils soient placez ; sans estre obligez à tastonner, effacer & defaire des choses qui ne reüssissent jamais quand elles ont esté faites au hazard, comme dans des voutes & des platfonds, ou faute d’avoir bien sçeu la raison de ce qu’ils font, il se trouve qu’après avoir pris beaucoup de peine, il y a souvent bien des choses à redire.
Ces gens-là, repartis-je, qui vantent si fort ce qu’ils sçavent n’ont pas asseurement produit des ouvrages qui répondent à ce qu’ils promettent.
Car pour moy j’ay appris des plus grands Peintres qui sçavent bien la perspective & qui n’ignorent pas tous les avantages qu’on en peut recevoir, qu’il y a bien des choses où il est impossible de tirer aucun secours des regles & des lignes dont l’on se sert d’ordinaire, qu’il faut que ce soit l’œil qui jusge & qui soit le principal instrument. Qu’il se trouve dans la pratique des difficultez que la theorie ne peut prévoir, & où les regles ne servent de guere, à cause que ceux qui regardent ne peuvent pas toujours estre placez dans un mesme lieu, & ne voir les tableaux qu’au travers d’une pinulle, principalement dans les grands ouvrages qu’on ne peut voir d’un seul endroit. […].

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J’ay ouy dire à quelques-uns, interrompis Pymandre que pour ce qui regarde la portraiture, vous sçavez mieux que moy ce qu’ils entendent par ce mot, je m’imagine que c’est la representation lineale de toutes sortes de corps : je leur ay, dis-je, entendu soustenir que la perspective enseigne à faire cette representation dans l’estat le plus parfait, où elle puisse parvenir ; que les Peintres ne manquent dans la ressemblance que faute de bien sçavoir la perspective ; que c’est elle qui leur fournit des moyens asseurez & faciles pour que leurs tableaux fassent toujours l’effet qu’ils desirent dans quelqu’endroit qu’ils soient placez ; sans estre obligez à tastonner, effacer & defaire des choses qui ne reüssissent jamais quand elles ont esté faites au hazard, comme dans des voutes & des platfonds, ou faute d’avoir bien sçeu la raison de ce qu’ils font, il se trouve qu’après avoir pris beaucoup de peine, il y a souvent bien des choses à redire.
Ces gens-là, repartis-je, qui vantent si fort ce qu’ils sçavent n’ont pas asseurement produit des ouvrages qui répondent à ce qu’ils promettent.
Car pour moy j’ay appris des plus grands Peintres qui sçavent bien la perspective & qui n’ignorent pas tous les avantages qu’on en peut recevoir, qu’il y a bien des choses où il est impossible de tirer aucun secours des regles & des lignes dont l’on se sert d’ordinaire, qu’il faut que ce soit l’œil qui jusge & qui soit le principal instrument. Qu’il se trouve dans la pratique des difficultez que la theorie ne peut prévoir, & où les regles ne servent de guere, à cause que ceux qui regardent ne peuvent pas toujours estre placez dans un mesme lieu, & ne voir les tableaux qu’au travers d’une pinulle, principalement dans les grands ouvrages qu’on ne peut voir d’un seul endroit. […].

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[....] La Place estoit ornée tout au tour de Statuës, que les Cabalistes avoient fait ériger à leurs Princes, entre lesquelles celle de Michelange occupoit le premier lieu, accompagné de celles du Titien, du Georgion, de Paul Veronese, du Tintoret, des Bassans, du Correge, du Guide, de Rubens, Vandick, Zuccaro, Lanfranc, Joseph Pin, Maistre Rousse, Saint Martin, Ribera, Pietre Teste, Freminet, Tempeste, Blœmaret, P. ….. V ….. B. …. V. … &c toutes posées sur leurs piedestaux, avec chacune une Inscription à leur loüange.
On ne voyait là ny les Apelles, ny les Timanthes, ny les Raphaëls, ny les Poussins, ny les Leonards de Vincy, ny les Jules Romains, ny les autres de ce merite, dont on ne se doit pas étonner, veu qu’ayans tous esté les Antagonistes de ces faux Peintres, les Cabalistes n’avoient garde de leur donner place parmi ceux dont ils ont méprisé les ouvrages & les maximes.

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Comme naturellement la douceur & la grace plaisent aux yeux, & gagnent le cœur plus promptement que la force & la grandeur ne touche l’esprit ; il ne faut pas s’étonner si les tableaux du Guide ont esté mieux reçûs que ceux de Lanfranc.

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Alors il [ndr : Giovanni Lanfranco] donna pour ainsi dire, carriére à son esprit, & en desseignant ensuite, après les tableaux du Corrége, qui sont au Dome de Parme, il se forma une maniére grande & terrible, qu’il a mise en pratique dans les ouvrages que l’on voit de luy.

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Zy word van de natuur verkozen, en is van de bevalligheeden altyt geoeffent, om de waereld uitmuntende mannen te leeveren, voornamentlyk in deze Edele Konst, die zo veel Weetenschappen in zich behelst: Ja ik derf zeggen, dat ‘er geen Konst of Weetenschap in de waereld hoorde te zijn, of een volmaakt Schilder, dienden ‘er eenige kennis van te hebben. De Natuur verschaft aan de vaardige geesten, meer voordeel, dan de Leer-oeffening, aan d’anderen. Vind men niet meer voorbeelden van Doorluchtige Meesters in deze Konst, die op den hoogsten top geklommen zyn geweest, welke vrolijk en vol snakeryen waaren: dan van de geenen, die een zwaarmoedigen aart hadden? Raphael, Polidoor da Caravaggio, Leonard da Vinci, Peryndel Vaga, Parmezan, Primaticcio, Pietro de Corton, Tintoret, Giorgon, Lodewyk en Annibal Carats, Albaan, Bassan, Lanfranc, en meer andere; zyn die niet alle vrolijk en vaardig van geest geweest?

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For Works at a Great Distance Lanfranc had a Noble Manner of Handling ; as particularly in the Cupola of S. Andrea della Valle, which is in Fresco, and where the Colours are flung on with a Spunge instead of a Pencil, or a Brush ; not for a Whim, but as most proper to the purpose ; and an Eye (for example) appears Near, as one Rude Spot, but as it ought at its intended Distance.

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Es ist noch übrig, daß ich auch zeige, wie eine bekleidete Figur vollends gar im Schatten und Licht auszuführen. […]