Work of Art

PRESENTATION

AGESANDROS OF RHODES, ATHENODOROS et POLYDOROS, Laocoon et ses fils, 40 avant J.C. - 20 avant J.C., marbre, 208 x 163 x 112, Vatican, Vatican, Museo Pio-Clementino, Inv. 1059.

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Il faut aussi remarquer que les figures qui sont d’une belle proportion font ordinairement des actions grandes & majestueuses, par la relation qu’il y a entre la forme des corps & la disposition des esprits qui les animent ; que la noblesse & la majesté des actions consistent dans la grandeur & dans la liberté des parties ; que les belles proportions sont toûjours accompagnées de force & d’agilité ; que la force d’un homme paroît à avoir la poitrine large, les épaules grosses & pleines, les bras puissans, dont les muscles soient ressentis & les articles bien noüés ; que l’agilité se remarque par les hanches étroittes, les genoüils & les chevilles des pieds resserrées, le gras de la jambe troussé & un peu charnu, ce que l’on peut voir sur le naturel par les mouvemens que l’on lui peut faire prendre, & sur les figures antiques de l’APOLLON, du BACCHUS, des LUTTEURS & du GLADIATEUR.

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{Im messen Maß zu halten} Ich erinnere aber nochmals/ daß das zuviele / und kleine Abmessen mehr schädlich als nutzlich seye: […] Man soll und mus dißfalls/ auch in vorstellung der fürnemsten Bilder einer Historie/ zuweilen vergrößern/ auch im ausdrucken/ ausdehnen / strecken/ biegen/ umkehren/ einziehen/ verkürzen und einbucken/ viel Veränderung machen/ und zu besserer Erzeigung der Affecten/ mehren und mindern. Zur bässerer und klärerer Unterweisung/ist allhier in beygefügtem Abdruck […]

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Il faut aussi remarquer que les figures qui sont d’une belle proportion font ordinairement des actions grandes & majestueuses, par la relation qu’il y a entre la forme des corps & la disposition des esprits qui les animent ; que la noblesse & la majesté des actions consistent dans la grandeur & dans la liberté des parties ; que les belles proportions sont toûjours accompagnées de force & d’agilité ; que la force d’un homme paroît à avoir la poitrine large, les épaules grosses & pleines, les bras puissans, dont les muscles soient ressentis & les articles bien noüés ; que l’agilité se remarque par les hanches étroittes, les genoüils & les chevilles des pieds resserrées, le gras de la jambe troussé & un peu charnu, ce que l’on peut voir sur le naturel par les mouvemens que l’on lui peut faire prendre, & sur les figures antiques de l’APOLLON, du BACCHUS, des LUTTEURS & du GLADIATEUR.

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LE PEINTRE.
Cela est vray, Monsieur, & ce que je trouve admirable touchant la peinture est cette grande diversité de manières, lesquelles quoy que souvent remplies de deffauts & de contrastes, on ne laisse pas d’y trouver des parties merveilleuses, soit en la composition ou invention des divers objets, & au Coloris & Touches du Peinceau ; & enfin au Goust du bel Antique, mais il y en a peu qui y ayent donne universellement.

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La proportion que nous cherchons consiste dans la juste longueur, & grosseur des Membres, & dans le degré naturel de leur mouvement. Pour aprendre le premier, nous nous servons des observations de plusieurs Auteurs qui en ont écrit, ou de nôtre Etude particuliere, en mesurant les Figures antiques qui sont estimées les plus belles, savoir le Laocon, l’Hercule des Farneze, l’Apollon, le Gladiateur, l’Antinoüs, les Enfans de Niobe, la Venus de Médicis, & quelques autres qui sont de la main des plus habiles Grecs. Ceux qui vont étudier à Rome les voïent en marbre : mais on en peut tirer le méme avantage à Paris où elles sont jetées en Plâtre, & par tout ailleurs où il seroit aisé de les faire porter.
Pour ce qui est des regles du mouvement, & des atitudes naturelles, il y a plusieurs observations, qui ont été faites par des Peintres : mais qui dependent du jugement, & de l’œil : de sorte que le plus seur moïen, c’est de les étudier aprés les modele vivant. C’est n’est pas que les longueurs & largeurs ne dependent aussi du jugement & de l’œil de celuy qui dessine ou qui peint : mais il est bon d’en avoir quelques regles, qu’on peut avoir apris des autres, ou par ses propres lumieres.

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He that would rise to the Sublime must form an Idea of Something beyond all we have yet seen ; or which Art, or Nature has yet produc’d ; Painting, Such as when all the Excellencies of the several Masters are United, and their several Defects avoided.
The greatest Designers among the Moderns want much of that exquisite Beauty, in all the Several Characters, that is to be seen in the Antique ; the Airs of the Heads, even of
Rafaëlle himself, are Inferiour to what the Ancients have done ; and for Grace to some of Guido : the Colouring of Rubens and Van Dyck falls short of That of Titian, and Coreggio ; and the best Masters have Rarely Thought like Rafaëlle, or Compos’d like Rembrandt. Let us then imagine a Picture Design’d as the Laocoon, the Hercules, the Apollo, the Venus, or any of these Miraculous remains of Antiquity : The Airs of Heads like what is to be found in the Statues, Busts, Bas-releifs, or Medals, or like some of those of Guido ; and Colour’d like the most Celebrated Colourists ; with the Lightest Pencil, and the most Proper to the Subject ; and all this Suitably Invented, and Compos’d ; Here would be a Picture ! Such a one a Painter should Imagine, and So set before him for Imitation.
Nor must he stop Here, but Create an Original Idea of Perfection. The Utmost that the Best Masters have done, is not to be suppos’d the Utmost ‘tis possible for Humane Nature to arrive at ;

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On a dit en d'autres entrêtiens, que cette difference des proportions pouvoit être causée par la diversité des exercices, celui qui travaille son corps en des mouvemens libres & forts, [...], ce qui les rend beaucoup plus marqués que ceux qui vivent en un doux repos & dans l'oisiveté. [...] L'on representa que toutes les differences remarquées dans les proportions ce doivent aussi observer à l'égard des contours, puisque c'est par leur moyen que l'on peut former leur diversité. Ce qui fit considérer de quatre sortes de sujets qui forment autant de difference de proportions & de contours, que l'on nomma vulgaires, Pastoralles & Champestres, dont on dit que les contours doivent être grossiers, ondoyants & incertains, appellant ondoyants la maniere de dessigner, où l'on ne voit aucuns muscles, qui commande à lautre, mais qui s'entresuivent également, que les grossiers & incertains sont tels, que les muscles paroissent confondus avec les tendons & les artères, & où rien n'est articulé, ce qui est pour des sujets simples & des gens grossiers.
En des sujets serieux, où la nature doit être representée belle & agreable, les contours doivent être nobles & certains, passant doucement de l'un à l'autre, en formant les parties grandes & precises, comme il paroît aux figures des jeunes hommes & des filles, où l'on ne voit rien d'aigu, mais au contraire les contours bien coulants.
La troisiéme sorte de contours que l'on a nommé grands, forts, resolus & arrêtés sont ceux auxquels ne se trouvent rien de douteux, [...] où il n'y a rien de choisi & de bien ordonné, ce qui est propre à representer des Heros  qui ne doivent avoir rien que de parfait, car comme les Poëtes leur ont attribué, des vertus surnaturelles, les Peintres & Sculpteurs de l'Antiquité en avoient fait de même, choisissant en plusieurs corps, ce qu'il y avoit de plus beau pour en composer un, qui fût propre à de telles expressions & capable d'entrer en des sujets heroïques & extraordinaires.
En quatriéme lieu, l'on considera une maniere de contours artistes excedants le naturel, que l'on nomma puissans, austeres & terribles, puissans pour ce qu'ils font paroître les figures grandes & majestueuses, & qu'ils forment de grandes parties ; austeres parce qu'ils n'ont rien que de solide & de necessaire & qu'ils ne soustrent point de choses inutiles, [...], cette manière n'étant propre qu'à representer des divinités, que c'étoit ce que les anciens avoient soigneusement pratiqué [...].

Les contours terribles sont pour les Ouvrages éloignés de la vûë, & pour representer des geans.

[...] un Peintre doit éviter autant qu'il sera possible les contours petits & chetifs, à moins d'y être obligé par la necessité des sujets & la varieté du contraste, que l'oeconomie des contours doit servir à dégager la taille & la proportion, [...]. L'on trouva dans le Tableau de Raphaël un illustre exemple [...], qui fit dire que les proportions & les contours ont du rapport avec le mouvement des esprits, qui donna lieu de parler de lexpression, [...]

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Comme c’est sur ces Figures que vous devez faire vostre principale Etude, il est bon de vous faire observer que dans les plus belles on remarque des choses qu’on prendroit assurément pour des fautes, si on les voyoit dans les Ouvrages d’un Moderne. Le Laocoon a la jambe gauche plus longue que l’autre de quatre minutes ; L’Apollon a la jambe gauche plus longue que la droite d’environ neuf minutes. La Venus a la jambe qui ploye plus longue presque d’une partie trois minutes que celle qui porte. La jambe droite du grand Enfant de Laocoon est plus longue de prés de neuf minutes que la gauche.
Je ne puis cependant m’empescher d’avoir de la veneration mesmes pour ces fautes apparentes : je croy que les Sculpteurs ont eu leurs raisons, & qu’il y auroit de la temerité à les condamner ; le moyen de penser que ces grands Hommes qui ont fait des Ouvrages qu’on peut dire parfaits, soient tombez dans des fautes aussi grossieres que seroient celles dont nous venons de parler, s’ils ne les avoient pas faites à dessein ?
Entre plusieurs considerations qu’ils ont pû avoir, & que nous n’imaginons pas, il se peut faire qu’ils en ayent usé de la sorte, à cause du raccourcy. [...]

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Comme c’est sur ces Figures que vous devez faire vostre principale Etude, il est bon de vous faire observer que dans les plus belles on remarque des choses qu’on prendroit assurément pour des fautes, si on les voyoit dans les Ouvrages d’un Moderne.

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Inde Worstelaers ende Schermers de krachten daer vereyst, in Laocoön vasten ouderdom in Antinous een swacke swier van Lichaem by na Vrouwelijck; in Apollo een wel-gemaeckten Jongelinck, in Bacchus ront gedraeyde leden, in Satyrs en Faunen beklonckenheyt van vlees, ende in de Vrouwen nu een tenger, ende dan een wel-gevoet en poesel Lichaem uytgebeelt; swijghende vande verscheyden Ouderdom, stant, gebaer, wesen, kleedingh en meer sulcks, kan niet genoegh verwonderen de groote schoonheyt in yder en soo wel onderscheydentheyt in allen, met de meeste eenvoudigheyt ende veel meer andere deughden vergeselschapt:

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En une autre occasion l'on tomba sur le même sujet, ayant exposé la figure du Laocoon, on y representa, que la Geometrie contribuoit beaucoup à perfectionner les Arts de Peinture & de Sculpture, donnant des moyens necessaires pour bien reprensenter toutes les apparences des objets de la nature, étant certain, que quand un Ouvrage seroit très-beau en toutes les autres parties, si les mesures n'y étoient pas justes ce qui lui feroit une très grande defectuosité.

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Groupe ; C’est un assemblage de plusieurs corps les uns auprés des autres. L’on dit un groupe de trois ou quatre Figures, lorsqu’elles se joignent. On dit aussi un groupe d’animaux ; un groupe de fruits ; ce qui s’entend des Ouvrages de Sculpture, comme de ceux de Peinture. Car le Laocoon antique est un Groupe de trois belles Figures. Ce mot vient de l’Italien Groppo.

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Groupe ; C’est un assemblage de plusieurs corps les uns auprés des autres. L’on dit un groupe de trois ou quatre Figures, lorsqu’elles se joignent. On dit aussi un groupe d’animaux ; un groupe de fruits ; ce qui s’entend des Ouvrages de Sculpture, comme de ceux de Peinture. Car le Laocoon antique est un Groupe de trois belles Figures. Ce mot vient de l’Italien Groppo.

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La proportion que nous cherchons consiste dans la juste longueur, & grosseur des Membres, & dans le degré naturel de leur mouvement. Pour aprendre le premier, nous nous servons des observations de plusieurs Auteurs qui en ont écrit, ou de nôtre Etude particuliere, en mesurant les Figures antiques qui sont estimées les plus belles, savoir le Laocon, l’Hercule des Farneze, l’Apollon, le Gladiateur, l’Antinoüs, les Enfans de Niobe, la Venus de Médicis, & quelques autres qui sont de la main des plus habiles Grecs. Ceux qui vont étudier à Rome les voïent en marbre : mais on en peut tirer le méme avantage à Paris où elles sont jetées en Plâtre, & par tout ailleurs où il seroit aisé de les faire porter.
Pour ce qui est des regles du mouvement, & des atitudes naturelles, il y a plusieurs observations, qui ont été faites par des Peintres : mais qui dependent du jugement, & de l’œil : de sorte que le plus seur moïen, c’est de les étudier aprés les modele vivant. C’est n’est pas que les longueurs & largeurs ne dependent aussi du jugement & de l’œil de celuy qui dessine ou qui peint : mais il est bon d’en avoir quelques regles, qu’on peut avoir apris des autres, ou par ses propres lumieres.

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Inde Worstelaers ende Schermers de krachten daer vereyst, in Laocoön vasten ouderdom in Antinous een swacke swier van Lichaem by na Vrouwelijck; in Apollo een wel-gemaeckten Jongelinck, in Bacchus ront gedraeyde leden, in Satyrs en Faunen beklonckenheyt van vlees, ende in de Vrouwen nu een tenger, ende dan een wel-gevoet en poesel Lichaem uytgebeelt; swijghende vande verscheyden Ouderdom, stant, gebaer, wesen, kleedingh en meer sulcks, kan niet genoegh verwonderen de groote schoonheyt in yder en soo wel onderscheydentheyt in allen, met de meeste eenvoudigheyt ende veel meer andere deughden vergeselschapt:

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‘Tis observable that tho’ Tasso says only Erminia cuts off her hair, Poussin was forc’d to explain what she cut it off withal, and he has given her her Lover’s Sword [ndr : Poussin, Herminie et Tancrède]. We don’t at all question but there will be those who will fancy they have here discover’d a notorious Absurdity in Poussin, it being impossible to cut Hair with a Sword ; but though it be, a Pair of Scissars instead of it, though much the sitter for the purpose, had spoil’d the Picture ; Painting, and Poetry equally disdain such low, and common things. This is a Lycence much of the same kind with that of Raffael in the Carton of the Draught of Fishes, where the Boat is by much too little for the Figures that are in it ; or with the Laacon, who is naked, whereas being a Priest in his Sacerdotal Office, he must have been suppos’d to have been clad : But we need not tell you, Sir [ndr : ce passage est la retranscription d’une lettre de Richardson, père et fils, à un « gentleman at Rotterdam »], why those Noble pieces of Painting, and Sculpture were so managed.

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[...] il fut agité si on pouvoit fonder quelque certitude sur ces mesures là, & si les Anciens les avoient suivies dans leurs Ouvrages comme une regle infaillible, sur quoi on dit [...], qu'il est certain que les Antiques avoient observé cette proportion que même Vitruve, qui vivoit de leur tems, a écrit qu'il prenoit toutes ses mesures sur la faces de l'homme, qu'a la verité la maniere d'en diviser les parties n'étoit point prescrite, parce qu'il laissoit au jugement de chacun d'en faire telle division qu'il jugeroit à propos, qu'il sembleroit que le front devroit être la partie la plus propre pour en regler les mesures, puisque c'est l'endroit où étoit plus specialement marqué les Traits de la belle Physionomie, mais que les Anciens avoient plûtôt choisi la grandeur du nez [...], que cet usage de mesurer est observé dans l'Architecture, [...].
L'on remarqua ensuite, que la pratique de la mesure étoit plus propre à la Sculpture qu'à la Peinture, parce que le Peintre ne peut pas mesurer facilement à cause du racourci qu'il ne peut pas éviter de faire en quelque partie, pour peu de mouvement que fasse un Corps animé, [...], tellement qu'un Peintre qui voudroit s'assujettir aux mesures par l'observation des regles, [...], il feroit toûjours un Ouvrage amorti & sans vivacité, la fatigue du travail éteignant le feu de l'esprit, c'est pourquoi il doit se remplir l'entendement de la precision des Regles, & les imprimer fortement dans la memoire, pour en travaillant de jugement, en avoir toûjours les idées presentes, afin qu'elles puissent precisement le conduire avec justesse dans ses ouvrages, au lieu que dans la Sculpture il est très-aisé de mesurer toutes les parties d'une figure, ce qui a fait dire que le Sculpteur doit avoir toûjours le Compas à la main, & le Peintre au contraire dans l'oeil. On observa que ceux qui ont fait les belles figures Antiques ont augmenté les mesures selon la distance, dont elles devoient être vûës, se servant des Regles de l'Optique pour les faire paroître en leur legitime grandeur, [...].
En une autre occasion l'on tomba sur le même sujet, ayant exposé la figure du Laocoon, on y representa, que la Geometrie contribuoit beaucoup à perfectionner les Arts de Peinture & de Sculpture, donnant des moyens necessaires pour bien reprensenter toutes les apparences des objets de la nature, étant certain, que quand un Ouvrage seroit très-beau en toutes les autres parties, si les mesures n'y étoient pas justes ce qui lui feroit une très grande defectuosité.

Quotation

La proportion que nous cherchons consiste dans la juste longueur, & grosseur des Membres, & dans le degré naturel de leur mouvement. Pour aprendre le premier, nous nous servons des observations de plusieurs Auteurs qui en ont écrit, ou de nôtre Etude particuliere, en mesurant les Figures antiques qui sont estimées les plus belles, savoir le Laocon, l’Hercule des Farneze, l’Apollon, le Gladiateur, l’Antinoüs, les Enfans de Niobe, la Venus de Médicis, & quelques autres qui sont de la main des plus habiles Grecs. Ceux qui vont étudier à Rome les voïent en marbre : mais on en peut tirer le méme avantage à Paris où elles sont jetées en Plâtre, & par tout ailleurs où il seroit aisé de les faire porter.
Pour ce qui est des regles du mouvement, & des atitudes naturelles, il y a plusieurs observations, qui ont été faites par des Peintres : mais qui dependent du jugement, & de l’œil : de sorte que le plus seur moïen, c’est de les étudier aprés les modele vivant. C’est n’est pas que les longueurs & largeurs ne dependent aussi du jugement & de l’œil de celuy qui dessine ou qui peint : mais il est bon d’en avoir quelques regles, qu’on peut avoir apris des autres, ou par ses propres lumieres.

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L'on remarqua ensuite, que la pratique de la mesure étoit plus propre à la Sculpture qu'à la Peinture, parce que le Peintre ne peut pas mesurer facilement à cause du racourci qu'il ne peut pas éviter de faire en quelque partie, pour peu de mouvement que fasse un Corps animé, [...] [...] En une autre occasion l'on tomba sur le même sujet, ayant exposé la figure du Laocoon, on y representa, que la Geometrie contribuoit beaucoup à perfectionner les Arts de Peinture & de Sculpture, donnant des moyens necessaires pour bien reprensenter toutes les apparences des objets de la nature, étant certain, que quand un Ouvrage seroit très-beau en toutes les autres parties, si les mesures n'y étoient pas justes ce qui lui feroit une très grande defectuosité.

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LE PEINTRE.
Vostre pensée estoit fort bonne, car je vous assure, que la pluspart d’entre nous sont differents de Goust pour la proportion de leurs figures, & ainsi chacun estime le sien ; & comme nous nous trouvons à present reduits à parler de ce Goust des proportions, je prie, Monsieur, de ne se point ennuyer ny vous aussi, si ce que j’eu vais dire est un peu long.
ARISTE.
Monsieur, je suis tout preparé à vous entendre raisonner sur cette matiere tant qu’il vous plaira, puisque je sçay qu’elle n’est en partie fondée que sur des divers Gousts ou opinions.
LE PEINTRE.
Comme, Monsieur, a fort bien dit, que la belle proportion des figures humaines, autrement leur beauté, n’est point encore définie, & qu’ainsi tout ce que l’on en peut dire, n’est encore jusques à present que de pure opinion ou goust
 ; neantmoins avec sa permission, je ne laisseray pas d’avancer ; que nombre de personnes de sens, pourroient plûtost donner leur voix à la representation du corps d’un homme nud ou d’une femme, dont on en auroit recherché les proportions telles que je diray, que d’un autre tout contraire.
Car quand nous voyons une fille ou femme, qui nous semble belle de visage & de taille, & une autre toute contrefaite ou opposée à celle-là, nous la rejettons ou méprisons.
Mais afin de tâcher d’établir en gros pour cela quelque proportion aucunement raisonnée ; chacun sçait, que l’on dit communément qu’en fait de jambes, de testes & quelques autres parties du corps humain, que les plus grosses ne sont pas les meilleures.
[...]
Et pour moy je tiens, que comme nous ne sçavons pas bien encore toutes les belles pensées, meditations, & raisonnemens, sur la vision, qu’ont eus ces grands Architectes de l’Antiquité, & de la composition des membres ou parties de leurs Ordres de Colonnes en l’Architecture, sçavoir le Dorique, l’Ionique, & le Corinthien, qu’il en pourroit estre arrivé le mesme de leurs sçavants Sculpteurs sur la proportion de leurs belles figures, tant en Bas-reliefs, qu’en rondes Bosses.
Et pour moy, la pensée m’est venuë en voyant les excellens morceaux qui nous en restent, principalement à Rome ; que outre la belle & agreable proportion que l’on voit à la Venus de Medicis, à celle de Belvedere, à la Flore, au Commode, à l’Hercule de Farneze, au Meleagre, à l’Apollon, & au Lentin, puis en ce merveilleux ouvrage du l’Aocoom & de ses deux enfans, & à un grand nombre d’autres, qui sont tous differens au détail de leurs proportions, taille & air de testes, qu’ils estoient tres-sçavans en l’Anatomie & en la Physionomie, car j’ay remarqué dans les airs de testes de leurs diverses figures faites à plaisir, ou à volonté, qui representoient mesme des fleuves, une grave sagesse, douce, beninne, au lieu que la pluspart de nos Sculpteurs d’apresent, leurs donneroient volontiers un air de visage rustique et furieux.

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La proportion que nous cherchons consiste dans la juste longueur, & grosseur des Membres, & dans le degré naturel de leur mouvement. Pour aprendre le premier, nous nous servons des observations de plusieurs Auteurs qui en ont écrit, ou de nôtre Etude particuliere, en mesurant les Figures antiques qui sont estimées les plus belles, savoir le Laocon, l’Hercule des Farneze, l’Apollon, le Gladiateur, l’Antinoüs, les Enfans de Niobe, la Venus de Médicis, & quelques autres qui sont de la main des plus habiles Grecs. Ceux qui vont étudier à Rome les voïent en marbre : mais on en peut tirer le méme avantage à Paris où elles sont jetées en Plâtre, & par tout ailleurs où il seroit aisé de les faire porter.
Pour ce qui est des regles du mouvement, & des atitudes naturelles, il y a plusieurs observations, qui ont été faites par des Peintres : mais qui dependent du jugement, & de l’œil : de sorte que le plus seur moïen, c’est de les étudier aprés les modele vivant. C’est n’est pas que les longueurs & largeurs ne dependent aussi du jugement & de l’œil de celuy qui dessine ou qui peint : mais il est bon d’en avoir quelques regles, qu’on peut avoir apris des autres, ou par ses propres lumieres.

Quotation

Inde Worstelaers ende Schermers de krachten daer vereyst, in Laocoön vasten ouderdom in Antinous een swacke swier van Lichaem by na Vrouwelijck; in Apollo een wel-gemaeckten Jongelinck, in Bacchus ront gedraeyde leden, in Satyrs en Faunen beklonckenheyt van vlees, ende in de Vrouwen nu een tenger, ende dan een wel-gevoet en poesel Lichaem uytgebeelt; swijghende vande verscheyden Ouderdom, stant, gebaer, wesen, kleedingh en meer sulcks, kan niet genoegh verwonderen de groote schoonheyt in yder en soo wel onderscheydentheyt in allen, met de meeste eenvoudigheyt ende veel meer andere deughden vergeselschapt:

Quotation

Inde Worstelaers ende Schermers de krachten daer vereyst, in Laocoön vasten ouderdom in Antinous een swacke swier van Lichaem by na Vrouwelijck; in Apollo een wel-gemaeckten Jongelinck, in Bacchus ront gedraeyde leden, in Satyrs en Faunen beklonckenheyt van vlees, ende in de Vrouwen nu een tenger, ende dan een wel-gevoet en poesel Lichaem uytgebeelt; swijghende vande verscheyden Ouderdom, stant, gebaer, wesen, kleedingh en meer sulcks, kan niet genoegh verwonderen de groote schoonheyt in yder en soo wel onderscheydentheyt in allen, met de meeste eenvoudigheyt ende veel meer andere deughden vergeselschapt:

Quotation

He that would rise to the Sublime must form an Idea of Something beyond all we have yet seen ; or which Art, or Nature has yet produc’d ; Painting, Such as when all the Excellencies of the several Masters are United, and their several Defects avoided.
The greatest Designers among the Moderns want much of that exquisite Beauty, in all the Several Characters, that is to be seen in the Antique ; the Airs of the Heads, even of
Rafaëlle himself, are Inferiour to what the Ancients have done ; and for Grace to some of Guido : the Colouring of Rubens and Van Dyck falls short of That of Titian, and Coreggio ; and the best Masters have Rarely Thought like Rafaëlle, or Compos’d like Rembrandt. Let us then imagine a Picture Design’d as the Laocoon, the Hercules, the Apollo, the Venus, or any of these Miraculous remains of Antiquity : The Airs of Heads like what is to be found in the Statues, Busts, Bas-releifs, or Medals, or like some of those of Guido ; and Colour’d like the most Celebrated Colourists ; with the Lightest Pencil, and the most Proper to the Subject ; and all this Suitably Invented, and Compos’d ; Here would be a Picture ! Such a one a Painter should Imagine, and So set before him for Imitation.
Nor must he stop Here, but Create an Original Idea of Perfection. The Utmost that the Best Masters have done, is not to be suppos’d the Utmost ‘tis possible for Humane Nature to arrive at ;

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{Teykenen na ront boetseer en Plaester-werck.} Dus soo sal het dan ten hooghsten van nooden wesen te recommandeeren het Teyckenen na ront Werck, het sy Geboetseert ofte Playster-Werck van goede Meesters, welcke wy in onse dagen voor eengeringen Prijs konnen bekomen: Daer van wy wel eenige vande gemeenste Beelden souden konnen op-tellen, als daer zijn alle de dingen van Francisco, die een menighte van fraeye Kinderkens ghemaeckt heeft, oock sijnen Gladiator dat een uytnement schoon Beeldt is, de Roof van de Sabine van Ian de Bolonge. Den Laocôôn; de Worstelaers, de Grieckse Venus, den Hercules, den Hermes, de Anatomie Mannen van verscheyden actien; oock eenighe Beesten als Paerden, Ossen, Koeytjens, Leeuwen, Honden en diergelijcke, die oock als nut en noodigh zijn; (…) {Teyckenen na Playster geeft aenleydingh tot het leven.} De reden waerom het Teyckenen naer Playster soo noodig is, is om dat het tot een aenleydinge van het leven kan dienen: En gelijck als het Teyckenen na Schilderyen swaerder is als na Teyckeningen om reden als geseyt is, soo is oock het Teyckenen na Playster, swaerder als na Schilderye, om datmen in het Playster de wissigheyt van de omtrecken, minder dan in een Schilderye, noch de bepalinge van licht en schaduwe, soodanigh niet en siet aengewesen, als wel in een Schilderye of Teyckeningh;

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{Im messen Maß zu halten} Ich erinnere aber nochmals/ daß das zuviele / und kleine Abmessen mehr schädlich als nutzlich seye: […] Man soll und mus dißfalls/ auch in vorstellung der fürnemsten Bilder einer Historie/ zuweilen vergrößern/ auch im ausdrucken/ ausdehnen / strecken/ biegen/ umkehren/ einziehen/ verkürzen und einbucken/ viel Veränderung machen/ und zu besserer Erzeigung der Affecten/ mehren und mindern. Zur bässerer und klärerer Unterweisung/ist allhier in beygefügtem Abdruck […]

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Inde Worstelaers ende Schermers de krachten daer vereyst, in Laocoön vasten ouderdom in Antinous een swacke swier van Lichaem by na Vrouwelijck; in Apollo een wel-gemaeckten Jongelinck, in Bacchus ront gedraeyde leden, in Satyrs en Faunen beklonckenheyt van vlees, ende in de Vrouwen nu een tenger, ende dan een wel-gevoet en poesel Lichaem uytgebeelt; swijghende vande verscheyden Ouderdom, stant, gebaer, wesen, kleedingh en meer sulcks, kan niet genoegh verwonderen de groote schoonheyt in yder en soo wel onderscheydentheyt in allen, met de meeste eenvoudigheyt ende veel meer andere deughden vergeselschapt:

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Comme c’est sur ces Figures que vous devez faire vostre principale Etude, il est bon de vous faire observer que dans les plus belles on remarque des choses qu’on prendroit assurément pour des fautes, si on les voyoit dans les Ouvrages d’un Moderne. Le Laocoon a la jambe gauche plus longue que l’autre de quatre minutes ; L’Apollon a la jambe gauche plus longue que la droite d’environ neuf minutes. La Venus a la jambe qui ploye plus longue presque d’une partie trois minutes que celle qui porte. La jambe droite du grand Enfant de Laocoon est plus longue de prés de neuf minutes que la gauche.
Je ne puis cependant m’empescher d’avoir de la veneration mesmes pour ces fautes apparentes : je croy que les Sculpteurs ont eu leurs raisons, & qu’il y auroit de la temerité à les condamner ; le moyen de penser que ces grands Hommes qui ont fait des Ouvrages qu’on peut dire parfaits, soient tombez dans des fautes aussi grossieres que seroient celles dont nous venons de parler, s’ils ne les avoient pas faites à dessein ?
Entre plusieurs considerations qu’ils ont pû avoir, & que nous n’imaginons pas, il se peut faire qu’ils en ayent usé de la sorte, à cause du raccourcy. [...]

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Comme c’est sur ces Figures que vous devez faire vostre principale Etude, il est bon de vous faire observer que dans les plus belles on remarque des choses qu’on prendroit assurément pour des fautes, si on les voyoit dans les Ouvrages d’un Moderne.

Quotation

LE PEINTRE.
Cela est vray, Monsieur, & ce que je trouve admirable touchant la peinture est cette grande diversité de manières, lesquelles quoy que souvent remplies de deffauts & de contrastes, on ne laisse pas d’y trouver des parties merveilleuses, soit en la composition ou invention des divers objets, & au Coloris & Touches du Peinceau ; & enfin au Goust du bel Antique, mais il y en a peu qui y ayent donne universellement.

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LE PEINTRE.
Vostre pensée estoit fort bonne, car je vous assure, que la pluspart d’entre nous sont differents de Goust pour la proportion de leurs figures, & ainsi chacun estime le sien ; & comme nous nous trouvons à present reduits à parler de ce Goust des proportions, je prie, Monsieur, de ne se point ennuyer ny vous aussi, si ce que j’eu vais dire est un peu long.
ARISTE.
Monsieur, je suis tout preparé à vous entendre raisonner sur cette matiere tant qu’il vous plaira, puisque je sçay qu’elle n’est en partie fondée que sur des divers Gousts ou opinions.
LE PEINTRE.
Comme, Monsieur, a fort bien dit, que la belle proportion des figures humaines, autrement leur beauté, n’est point encore définie, & qu’ainsi tout ce que l’on en peut dire, n’est encore jusques à present que de pure opinion ou goust
 ; neantmoins avec sa permission, je ne laisseray pas d’avancer ; que nombre de personnes de sens, pourroient plûtost donner leur voix à la representation du corps d’un homme nud ou d’une femme, dont on en auroit recherché les proportions telles que je diray, que d’un autre tout contraire.
Car quand nous voyons une fille ou femme, qui nous semble belle de visage & de taille, & une autre toute contrefaite ou opposée à celle-là, nous la rejettons ou méprisons.
Mais afin de tâcher d’établir en gros pour cela quelque proportion aucunement raisonnée ; chacun sçait, que l’on dit communément qu’en fait de jambes, de testes & quelques autres parties du corps humain, que les plus grosses ne sont pas les meilleures.
[...]
Et pour moy je tiens, que comme nous ne sçavons pas bien encore toutes les belles pensées, meditations, & raisonnemens, sur la vision, qu’ont eus ces grands Architectes de l’Antiquité, & de la composition des membres ou parties de leurs Ordres de Colonnes en l’Architecture, sçavoir le Dorique, l’Ionique, & le Corinthien, qu’il en pourroit estre arrivé le mesme de leurs sçavants Sculpteurs sur la proportion de leurs belles figures, tant en Bas-reliefs, qu’en rondes Bosses.
Et pour moy, la pensée m’est venuë en voyant les excellens morceaux qui nous en restent, principalement à Rome ; que outre la belle & agreable proportion que l’on voit à la Venus de Medicis, à celle de Belvedere, à la Flore, au Commode, à l’Hercule de Farneze, au Meleagre, à l’Apollon, & au Lentin, puis en ce merveilleux ouvrage du l’Aocoom & de ses deux enfans, & à un grand nombre d’autres, qui sont tous differens au détail de leurs proportions, taille & air de testes, qu’ils estoient tres-sçavans en l’Anatomie & en la Physionomie, car j’ay remarqué dans les airs de testes de leurs diverses figures faites à plaisir, ou à volonté, qui representoient mesme des fleuves, une grave sagesse, douce, beninne, au lieu que la pluspart de nos Sculpteurs d’apresent, leurs donneroient volontiers un air de visage rustique et furieux.

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La proportion que nous cherchons consiste dans la juste longueur, & grosseur des Membres, & dans le degré naturel de leur mouvement. Pour aprendre le premier, nous nous servons des observations de plusieurs Auteurs qui en ont écrit, ou de nôtre Etude particuliere, en mesurant les Figures antiques qui sont estimées les plus belles, savoir le Laocon, l’Hercule des Farneze, l’Apollon, le Gladiateur, l’Antinoüs, les Enfans de Niobe, la Venus de Médicis, & quelques autres qui sont de la main des plus habiles Grecs. Ceux qui vont étudier à Rome les voïent en marbre : mais on en peut tirer le méme avantage à Paris où elles sont jetées en Plâtre, & par tout ailleurs où il seroit aisé de les faire porter.
Pour ce qui est des regles du mouvement, & des atitudes naturelles, il y a plusieurs observations, qui ont été faites par des Peintres : mais qui dependent du jugement, & de l’œil : de sorte que le plus seur moïen, c’est de les étudier aprés les modele vivant. C’est n’est pas que les longueurs & largeurs ne dependent aussi du jugement & de l’œil de celuy qui dessine ou qui peint : mais il est bon d’en avoir quelques regles, qu’on peut avoir apris des autres, ou par ses propres lumieres.

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Groupe ; C’est un assemblage de plusieurs corps les uns auprés des autres. L’on dit un groupe de trois ou quatre Figures, lorsqu’elles se joignent. On dit aussi un groupe d’animaux ; un groupe de fruits ; ce qui s’entend des Ouvrages de Sculpture, comme de ceux de Peinture. Car le Laocoon antique est un Groupe de trois belles Figures. Ce mot vient de l’Italien Groppo.

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{Teykenen na ront boetseer en Plaester-werck.} Dus soo sal het dan ten hooghsten van nooden wesen te recommandeeren het Teyckenen na ront Werck, het sy Geboetseert ofte Playster-Werck van goede Meesters, welcke wy in onse dagen voor eengeringen Prijs konnen bekomen: Daer van wy wel eenige vande gemeenste Beelden souden konnen op-tellen, als daer zijn alle de dingen van Francisco, die een menighte van fraeye Kinderkens ghemaeckt heeft, oock sijnen Gladiator dat een uytnement schoon Beeldt is, de Roof van de Sabine van Ian de Bolonge. Den Laocôôn; de Worstelaers, de Grieckse Venus, den Hercules, den Hermes, de Anatomie Mannen van verscheyden actien; oock eenighe Beesten als Paerden, Ossen, Koeytjens, Leeuwen, Honden en diergelijcke, die oock als nut en noodigh zijn; (…) {Teyckenen na Playster geeft aenleydingh tot het leven.} De reden waerom het Teyckenen naer Playster soo noodig is, is om dat het tot een aenleydinge van het leven kan dienen: En gelijck als het Teyckenen na Schilderyen swaerder is als na Teyckeningen om reden als geseyt is, soo is oock het Teyckenen na Playster, swaerder als na Schilderye, om datmen in het Playster de wissigheyt van de omtrecken, minder dan in een Schilderye, noch de bepalinge van licht en schaduwe, soodanigh niet en siet aengewesen, als wel in een Schilderye of Teyckeningh;

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Inde Worstelaers ende Schermers de krachten daer vereyst, in Laocoön vasten ouderdom in Antinous een swacke swier van Lichaem by na Vrouwelijck; in Apollo een wel-gemaeckten Jongelinck, in Bacchus ront gedraeyde leden, in Satyrs en Faunen beklonckenheyt van vlees, ende in de Vrouwen nu een tenger, ende dan een wel-gevoet en poesel Lichaem uytgebeelt; swijghende vande verscheyden Ouderdom, stant, gebaer, wesen, kleedingh en meer sulcks, kan niet genoegh verwonderen de groote schoonheyt in yder en soo wel onderscheydentheyt in allen, met de meeste eenvoudigheyt ende veel meer andere deughden vergeselschapt:

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Il faut aussi remarquer que les figures qui sont d’une belle proportion font ordinairement des actions grandes & majestueuses, par la relation qu’il y a entre la forme des corps & la disposition des esprits qui les animent ; que la noblesse & la majesté des actions consistent dans la grandeur & dans la liberté des parties ; que les belles proportions sont toûjours accompagnées de force & d’agilité ; que la force d’un homme paroît à avoir la poitrine large, les épaules grosses & pleines, les bras puissans, dont les muscles soient ressentis & les articles bien noüés ; que l’agilité se remarque par les hanches étroittes, les genoüils & les chevilles des pieds resserrées, le gras de la jambe troussé & un peu charnu, ce que l’on peut voir sur le naturel par les mouvemens que l’on lui peut faire prendre, & sur les figures antiques de l’APOLLON, du BACCHUS, des LUTTEURS & du GLADIATEUR.

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Il faut aussi remarquer que les figures qui sont d’une belle proportion font ordinairement des actions grandes & majestueuses, par la relation qu’il y a entre la forme des corps & la disposition des esprits qui les animent ; que la noblesse & la majesté des actions consistent dans la grandeur & dans la liberté des parties ; que les belles proportions sont toûjours accompagnées de force & d’agilité ; que la force d’un homme paroît à avoir la poitrine large, les épaules grosses & pleines, les bras puissans, dont les muscles soient ressentis & les articles bien noüés ; que l’agilité se remarque par les hanches étroittes, les genoüils & les chevilles des pieds resserrées, le gras de la jambe troussé & un peu charnu, ce que l’on peut voir sur le naturel par les mouvemens que l’on lui peut faire prendre, & sur les figures antiques de l’APOLLON, du BACCHUS, des LUTTEURS & du GLADIATEUR.

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He that would rise to the Sublime must form an Idea of Something beyond all we have yet seen ; or which Art, or Nature has yet produc’d ; Painting, Such as when all the Excellencies of the several Masters are United, and their several Defects avoided.
The greatest Designers among the Moderns want much of that exquisite Beauty, in all the Several Characters, that is to be seen in the Antique ; the Airs of the Heads, even of
Rafaëlle himself, are Inferiour to what the Ancients have done ; and for Grace to some of Guido : the Colouring of Rubens and Van Dyck falls short of That of Titian, and Coreggio ; and the best Masters have Rarely Thought like Rafaëlle, or Compos’d like Rembrandt. Let us then imagine a Picture Design’d as the Laocoon, the Hercules, the Apollo, the Venus, or any of these Miraculous remains of Antiquity : The Airs of Heads like what is to be found in the Statues, Busts, Bas-releifs, or Medals, or like some of those of Guido ; and Colour’d like the most Celebrated Colourists ; with the Lightest Pencil, and the most Proper to the Subject ; and all this Suitably Invented, and Compos’d ; Here would be a Picture ! Such a one a Painter should Imagine, and So set before him for Imitation.
Nor must he stop Here, but Create an Original Idea of Perfection. The Utmost that the Best Masters have done, is not to be suppos’d the Utmost ‘tis possible for Humane Nature to arrive at ;

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‘Tis observable that tho’ Tasso says only Erminia cuts off her hair, Poussin was forc’d to explain what she cut it off withal, and he has given her her Lover’s Sword [ndr : Poussin, Herminie et Tancrède]. We don’t at all question but there will be those who will fancy they have here discover’d a notorious Absurdity in Poussin, it being impossible to cut Hair with a Sword ; but though it be, a Pair of Scissars instead of it, though much the sitter for the purpose, had spoil’d the Picture ; Painting, and Poetry equally disdain such low, and common things. This is a Lycence much of the same kind with that of Raffael in the Carton of the Draught of Fishes, where the Boat is by much too little for the Figures that are in it ; or with the Laacon, who is naked, whereas being a Priest in his Sacerdotal Office, he must have been suppos’d to have been clad : But we need not tell you, Sir [ndr : ce passage est la retranscription d’une lettre de Richardson, père et fils, à un « gentleman at Rotterdam »], why those Noble pieces of Painting, and Sculpture were so managed.

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{Im messen Maß zu halten} Ich erinnere aber nochmals/ daß das zuviele / und kleine Abmessen mehr schädlich als nutzlich seye: […] Man soll und mus dißfalls/ auch in vorstellung der fürnemsten Bilder einer Historie/ zuweilen vergrößern/ auch im ausdrucken/ ausdehnen / strecken/ biegen/ umkehren/ einziehen/ verkürzen und einbucken/ viel Veränderung machen/ und zu besserer Erzeigung der Affecten/ mehren und mindern. Zur bässerer und klärerer Unterweisung/ist allhier in beygefügtem Abdruck […]

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[...] il fut agité si on pouvoit fonder quelque certitude sur ces mesures là, & si les Anciens les avoient suivies dans leurs Ouvrages comme une regle infaillible, sur quoi on dit [...], qu'il est certain que les Antiques avoient observé cette proportion que même Vitruve, qui vivoit de leur tems, a écrit qu'il prenoit toutes ses mesures sur la faces de l'homme, qu'a la verité la maniere d'en diviser les parties n'étoit point prescrite, parce qu'il laissoit au jugement de chacun d'en faire telle division qu'il jugeroit à propos, qu'il sembleroit que le front devroit être la partie la plus propre pour en regler les mesures, puisque c'est l'endroit où étoit plus specialement marqué les Traits de la belle Physionomie, mais que les Anciens avoient plûtôt choisi la grandeur du nez [...], que cet usage de mesurer est observé dans l'Architecture, [...].
L'on remarqua ensuite, que la pratique de la mesure étoit plus propre à la Sculpture qu'à la Peinture, parce que le Peintre ne peut pas mesurer facilement à cause du racourci qu'il ne peut pas éviter de faire en quelque partie, pour peu de mouvement que fasse un Corps animé, [...], tellement qu'un Peintre qui voudroit s'assujettir aux mesures par l'observation des regles, [...], il feroit toûjours un Ouvrage amorti & sans vivacité, la fatigue du travail éteignant le feu de l'esprit, c'est pourquoi il doit se remplir l'entendement de la precision des Regles, & les imprimer fortement dans la memoire, pour en travaillant de jugement, en avoir toûjours les idées presentes, afin qu'elles puissent precisement le conduire avec justesse dans ses ouvrages, au lieu que dans la Sculpture il est très-aisé de mesurer toutes les parties d'une figure, ce qui a fait dire que le Sculpteur doit avoir toûjours le Compas à la main, & le Peintre au contraire dans l'oeil. On observa que ceux qui ont fait les belles figures Antiques ont augmenté les mesures selon la distance, dont elles devoient être vûës, se servant des Regles de l'Optique pour les faire paroître en leur legitime grandeur, [...].
En une autre occasion l'on tomba sur le même sujet, ayant exposé la figure du Laocoon, on y representa, que la Geometrie contribuoit beaucoup à perfectionner les Arts de Peinture & de Sculpture, donnant des moyens necessaires pour bien reprensenter toutes les apparences des objets de la nature, étant certain, que quand un Ouvrage seroit très-beau en toutes les autres parties, si les mesures n'y étoient pas justes ce qui lui feroit une très grande defectuosité.

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En une autre occasion l'on tomba sur le même sujet, ayant exposé la figure du Laocoon, on y representa, que la Geometrie contribuoit beaucoup à perfectionner les Arts de Peinture & de Sculpture, donnant des moyens necessaires pour bien reprensenter toutes les apparences des objets de la nature, étant certain, que quand un Ouvrage seroit très-beau en toutes les autres parties, si les mesures n'y étoient pas justes ce qui lui feroit une très grande defectuosité.

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On a dit en d'autres entrêtiens, que cette difference des proportions pouvoit être causée par la diversité des exercices, celui qui travaille son corps en des mouvemens libres & forts, [...], ce qui les rend beaucoup plus marqués que ceux qui vivent en un doux repos & dans l'oisiveté. [...] L'on representa que toutes les differences remarquées dans les proportions ce doivent aussi observer à l'égard des contours, puisque c'est par leur moyen que l'on peut former leur diversité. Ce qui fit considérer de quatre sortes de sujets qui forment autant de difference de proportions & de contours, que l'on nomma vulgaires, Pastoralles & Champestres, dont on dit que les contours doivent être grossiers, ondoyants & incertains, appellant ondoyants la maniere de dessigner, où l'on ne voit aucuns muscles, qui commande à lautre, mais qui s'entresuivent également, que les grossiers & incertains sont tels, que les muscles paroissent confondus avec les tendons & les artères, & où rien n'est articulé, ce qui est pour des sujets simples & des gens grossiers.
En des sujets serieux, où la nature doit être representée belle & agreable, les contours doivent être nobles & certains, passant doucement de l'un à l'autre, en formant les parties grandes & precises, comme il paroît aux figures des jeunes hommes & des filles, où l'on ne voit rien d'aigu, mais au contraire les contours bien coulants.
La troisiéme sorte de contours que l'on a nommé grands, forts, resolus & arrêtés sont ceux auxquels ne se trouvent rien de douteux, [...] où il n'y a rien de choisi & de bien ordonné, ce qui est propre à representer des Heros  qui ne doivent avoir rien que de parfait, car comme les Poëtes leur ont attribué, des vertus surnaturelles, les Peintres & Sculpteurs de l'Antiquité en avoient fait de même, choisissant en plusieurs corps, ce qu'il y avoit de plus beau pour en composer un, qui fût propre à de telles expressions & capable d'entrer en des sujets heroïques & extraordinaires.
En quatriéme lieu, l'on considera une maniere de contours artistes excedants le naturel, que l'on nomma puissans, austeres & terribles, puissans pour ce qu'ils font paroître les figures grandes & majestueuses, & qu'ils forment de grandes parties ; austeres parce qu'ils n'ont rien que de solide & de necessaire & qu'ils ne soustrent point de choses inutiles, [...], cette manière n'étant propre qu'à representer des divinités, que c'étoit ce que les anciens avoient soigneusement pratiqué [...].

Les contours terribles sont pour les Ouvrages éloignés de la vûë, & pour representer des geans.

[...] un Peintre doit éviter autant qu'il sera possible les contours petits & chetifs, à moins d'y être obligé par la necessité des sujets & la varieté du contraste, que l'oeconomie des contours doit servir à dégager la taille & la proportion, [...]. L'on trouva dans le Tableau de Raphaël un illustre exemple [...], qui fit dire que les proportions & les contours ont du rapport avec le mouvement des esprits, qui donna lieu de parler de lexpression, [...]